Royaume de Westphalie

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51° 18′ 31″ N 9° 29′ 59″ E / 51.3085, 9.49961

Royaume de Westphalie
Königreich Westphalen de

1807 – 1813

Drapeau Blason
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Carte du Royaume de Westphalie.

Informations générales
Statut Monarchie, membre de la Confédération du Rhin
Capitale Cassel
Monnaie franc et thaler de Westphalie, autres monnaies allemandes
Histoire et événements
7 juillet 1807 Traité de Tilsit
19 octobre 1813 Bataille de Leipzig et dissolution
Roi
(1e-De) 1807-1813 Jérôme-Napoléon Ier

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le royaume de Westphalie (en allemand : Königreich Westphalen) était un État membre de la Confédération du Rhin.

Il avait pour capitale Cassel, et pour bornes :

Il n'avait de l'ancien cercle de Westphalie que l'évêché de Paderborn, Horn, Bielefeld et quelques autres districts, mais il y joignait partie des cercles du Haut-Rhin et de Basse-Saxe. Il comprenait ainsi en tout le sud du Hanovre (le reste était à l'Empire français), le duché de Brunswick, la Hesse-Cassel, les principautés de Magdebourg et de Verden.

Ses principales villes, outre Cassel, étaient Paderborn, Marbourg, Heiligenstadt, Gœttingue, Halberstadt, Bernbourg, Hanovre, Brunswick, Magdebourg, Celle, Verden, Salzwedel

Origines[modifier | modifier le code]

Déjà au début de l’année 1806, après la victoire sur la troisième coalition, Napoléon et Talleyrand envisagèrent de créer un ou deux États sur les rives du Rhin en Westphalie, composés de territoires de différents princes, dont la Prusse, qui en tant que nouvel alliée de la France devait être dédommagée pour ces cessions territoriales. Par ailleurs, la Prusse se vit céder le Hanovre, fief anglais, que les Français occupaient depuis la rupture de la paix d’Amiens en 1803. Ces projets initiaux expliquent probablement le nom donné au royaume créé en 1807. Après le revirement de la politique prussienne et l’éclatement de la guerre, les armées de Napoléon occupèrent une grande partie de la Prusse et les États de ses alliés que furent le duché de Brunswick et l’Electorat de Hesse. Pendant les négociations d’armistice après la bataille d'Iéna, Napoléon comptait laisser à la Prusse certaines provinces sur la rive gauche de l’Elbe, telles que le duché de Magdebourg et la Vieille Marche mais le roi de Prusse, tablant sur le soutien efficace de son allié russe, se rétracta et la guerre se poursuivit. Après la bataille d’Eylau en février 1807, Napoléon semble avoir décidé d’enlever à la Prusse toutes ses provinces à l’ouest de l’Elbe et maintint cette décision après sa victoire de Friedland le 14 juin 1807 pendant les négociations de paix de Friedland. Toutes les cessions prussiennes, le duché de Brunswick, le landgraviat de Hesse et la partie méridionale du Hanovre furent intégrés dans le nouveau royaume de Westphalie. Cet État, nettement plus grand qu’initialement prévu et s’étendant beaucoup plus à l’est, devait servir de barrière contre la Prusse devenue l’ennemie impitoyable. Le royaume de Westphalie fut formé par Napoléon Ier en 1807, dans le but d'offrir au reste de l'Allemagne le modèle d'un État constitué d'après les principes essentiels de la Révolution française.

Territoire[modifier | modifier le code]

Selon le décret impérial du 18 août 1807, le royaume comprenait les territoires suivants :

  • La principauté de Brunswick-Wolfenbüttel (Fürstentum Braunschweig-Wolfenbüttel) ;
  • La partie de la Vielle-Marche de Brandebourg (Altmark) située sur la rive gauche de l'Elbe ;
  • La partie du duché de Magdebourg (Herzogtum Magdeburg) située sur la rive gauche de l'Elbe ;
  • La ville libre de Halle
  • La principauté de Hildesheim (Fürstentum Hildesheim) ;
  • La ville de Goslar (Stadt Goslar) ;
  • L’évêché d'Halberstadt (Fürstentum Halberstadt) ;
  • Hohenstein ;
  • La principauté de Quedlinbourg (Fürstentum Quedlinburg) ;
  • Le comté de Mansfeld (Grafschaft Mansfeld) ;
  • L'Eichsfeld, avec Trefurth ;
  • La ville de Mühlhausen (Stadt Mühlhausen) ;
  • La ville de Nordhausen (Stadt Nordhausen) ;
  • Le comté de Stolberg (Grafschaft Stolberg) ;
  • L'électorat de Hesse-Cassel (Kurfürstentum Hessen ou Kurhessen), avec Rinteln et Schaumbourg, non compris Hanau, Schmalkalden et Catzenellnbogen du Rhin ;
  • Göttingen et Grubenhagen, avec les enclaves de Hohenstrein et d'Elbingerode ;
  • La principauté d'Osnabrück (Fürstentum Osnabrück) ;
  • La principauté de Paderborn (Fürstentum ou Erbfürstentum Paderborn) ;
  • La principauté de Minden (Fürstentum Minden) ;
  • Le comté de Ravensberg (Grafschaft Ravensberg) ;
  • Le comté de Rietberg (Grafschaft Rietberg) ou Rietberg-Kaunitz.

Organisation[modifier | modifier le code]

Napoléon fit élaborer une constitution fixant les principes d’organisation du royaume, calquée sur le modèle français. Ainsi les 29 anciennes provinces et villes historiques appartenant aux princes déchus ou dépossédés furent organisées en départements, districts, cantons et communes. Les nouvelles unités territoriales - départements, districts et cantons - constituaient une rupture avec les anciennes provinces, cercles et seigneuries. Comparées aux autres territoires germanophones organisés à la française, tels les départements de la rive gauche du Rhin, les départements hanséatiques ou le grand-duché de Berg, les circonscriptions westphaliennes étaient relativement petites. Les cantons westphaliens n’avaient en moyenne que Les communes westphaliennes étaient formées d’un ou de plusieurs villages, mais respectaient plus souvent le cadre villageois que celles des départements hanséatiques ou du grand-duché de Berg. À la fin de l’année 1808, le gouvernement nomma des maires de canton chargés d’encadrer les maires de communes, ce qui n’était pas prévu par la constitution.

Les réformes[modifier | modifier le code]

Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie.

Le frère de Napoléon Jérôme Bonaparte fit abolir le servage, établir l'égalité devant la loi et proclamer la liberté de culte. Le territoire fut organisé selon le modèle français. Jean-Baptiste-Moïse Jollivet servit comme ministre des Finances et contribua à la construction du modèle d'État avec les autorités. Les nouvelles unités territoriales - départements, districts et cantons - constituaient une rupture avec les anciennes provinces, cercles et seigneuries. Le pouvoir seigneurial fut supprimé. Les redevances seigneuriales et les corvées que les paysans devaient faire sur les domaines seigneuriaux ne furent supprimées que lorsqu’on les considérait comme « personnelles », découlant du servage ou de l’arbitraire seigneurial. Les obligations dites réelles, considérées comme conséquence de la concession de bien-fonds, ne furent pas abolies mais déclarées rachetables. Ce rachat devait se faire en trente ans. Pour racheter à jamais une redevance perpétuelle, le redevable devait payer un multiple de la redevance : 20 ou 16 fois selon les cas. Ses besoins financiers incitèrent le gouvernement westphalien à diminuer ultérieurement le montant à payer pour accélérer le rachat.

Acceptation par la population[modifier | modifier le code]

Localisation du royaume de Westphalie au sein de la Confédération du Rhin

En 1811, Jérôme écrivit à son frère une lettre alarmante sur l’état de l’opinion publique, perçue comme très hostile par le jeune roi. En réalité, l’acceptation du nouvel État et des réformes variait d’une région à l’autre et d’un groupe social à l’autre. Alors que dans l’ancienne Hesse l’hostilité était grande, la majeure partie de la population semble plutôt avoir accepté le nouveau régime et ceci jusqu’à la défaite militaire française.

Un contingent du royaume participa à la Campagne de Russie. En septembre 1813, les troupes russes assiégèrent Cassel et s'emparèrent de la ville ; au 1er octobre, ils ont conquis tout le royaume. Mais trois jours plus tard, Jérôme revint avec les soldats français et réussit à reprendre la capitale. L'électeur de Hesse-Kassel arriva peu après et les Russes assiégèrent de nouveau la ville. Les Prussiens occupèrent le royaume après la bataille de Leipzig. Le royaume fut alors dissout et ses débris retournèrent à leurs souverains primitifs (Hanovre, Prusse, Brunswick, Hesse-Cassel, etc.) sauf pour les Kaunitz-Rietberg et les Stolberg-Wernigerode qui furent annexés à la Prusse.

Sources[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Royaume de Westphalie » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Jacques-Olivier Boudon, Le roi Jérôme: frère prodigue de Napoléon (1784-1860), Fayard, 2008, ISBN 978-2-213-61223-2

Herbert A.L. Studies in Napoleonic statesmanship Germany, Greenwood Press New York 1969 ISBN 0837113024

Nicola-Peter Todorov, L’administration du royaume de Westphalie de 1807 à 1813. Le département de l'Elbe, Editions universitaires européennes, 2010, ISBN 978-613-1-54964-9

Liens externes[modifier | modifier le code]