Félix Baciocchi (1762-1841)

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Félix Baciocchi
Image illustrative de l'article Félix Baciocchi (1762-1841)

Naissance 18 mai 1762
Ajaccio (Corse)
Décès 28 avril 1841 (à 78 ans)
Bologne
Origine Corse
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Blason Elisa Bonaparte (1777-1820).svg Grand-duché de Toscane
(1809-1814)
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17781848
Conflits Guerres révolutionnaires
Commandement Toscane (1809-1814)
Distinctions Grand collier de la Légion d'honneur
Prince de Piombino
Prince de Lucques
Autres fonctions Sénateur
Famille Époux d'Élisa Bonaparte,
Beau-frère de Napoléon Ier,
Oncle de Félix Baciocchi (1803-1866).

Félix Baciocchi, né le 18 mai 1762 à Ajaccio, mort le 28 avril 1841 à Bologne, prince français, était un général d'Empire et homme politique français d'origine corse des XVIIIe et XIXe siècles. Époux d'Élisa Bonaparte, il fut créé prince de Lucques et de Piombino.

Biographie[modifier | modifier le code]

Félix Baciocchi, à l'arrière-plan, et sa femme sur une pièce de monnaie.
Portrait de Félix Baciocchi par Joseph Franque (huile sur toile, vers 1805).

Début de carrière et mariage avec Élisa Bonaparte[modifier | modifier le code]

Felice-Pasquale naquit le 18 mai 1762. Il appartenait à l'une des plus anciennes et des plus nobles familles de cette île et était le fils cadet de François Baciocchi (1716-1787), propriétaire, membre du Conseil des anciens d'Ajaccio, et de Flaminia Benielli (1719-1769). Parent de Joseph Antoine Baciocchi-Adorno qui le guide vers une carrière militaire. il entre fort jeune au service, il est d'abord sous-lieutenant au régiment de Royal-Corse en 1778, puis lieutenant aux chasseurs royaux corses en 1788, avant de passer dans les armées du Var et d'Italie en 1794. Militaire sans génie particulier, Baciocchi vint cependant à bout d'une magnifique conquête : celle d'Élisa Bonaparte (1777-1820). Il n'était que simple capitaine d'infanterie en 1796, lorsqu'il demanda à Napoléon Bonaparte, qui venait d'être nommé général en chef de l'armée d'Italie, la main de sa sœur. Napoléon refusa : le mariage n'en fut pas moins célébré à Marseille, le 5 mai 1797, et le général Bonaparte, alors à Léoben, accepta le fait accompli.

Sa carrière prend alors une tournure plus brillante, quoiqu'elle n'atteigne pas les sommets auxquels parviendra celle de Joachim Murat, autre beau-frère de Napoléon Bonaparte. Le général Bonaparte « adopta » son beau-frère et le fit, sans qu'il ait eu à tirer l'épée, colonel du 26e régiment d'infanterie légère. Il devint ensuite membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII puis officier du même ordre le 25 prairial suivant.

Sous le Premier Empire[modifier | modifier le code]

Arrivé au trône, Napoléon l'envoya présider le collège électoral du département des Ardennes, qui proposa sa candidature au Sénat conservateur. L'Empereur le fit également membre du Sénat conservateur le 8 frimaire an XIII, le nomma général de brigade le 11 novembre 1804 et grand-cordon de la Légion d'honneur le 15 ventôse de la même année (6 mars 1805).

En 1805, Napoléon voulut donner une couronne à sa sœur Élisa : il lui offrit la principauté souveraine de Piombino[1] par le décret du 27 ventôse an XIII (18 mars 1805). Peu après, le 15 prairial an XIII (4 juin 1805), le « conseil des Ducs » (Sénat) de la petite république de Lucques demanda à Napoléon, en sa qualité de roi d'Italie, de confier le gouvernement de la République à un membre de sa famille et de le rendre héréditaire dans la descendance naturelle de celle-ci. En conséquence, Napoléon choisit le mari d'Élisa, Félix Baciocchi, et le choix fut ratifié par Lucques, le 25 prairial (14 juin). Baciocchi fut nommé prince de Lucques par la constitution du 4 messidor (23 juin)[2]. Le couronnement du prince Baciocchi et de sa femme eut lieu le 12 messidor (1er juillet 1805). Reconnaissant la haute supériorité de sa femme, Baciocchi lui laissa l'entière direction des affaires et se contenta d'un rôle qui oscillait entre ceux d'aide de camp et de prince consort. Mari complaisant, il supporta avec sérénité les infidélités de sa femme et se satisfit de la voir gouverner les états qu'elle tenait de l'Empereur. En 1809, un sénatus-consulte du 2 mars ayant érigé en grande dignité de l'Empire les départements de l'ex-royaume d'Étrurie, l'Empereur nomma la princesse de Piombino et de Lucques grande-duchesse de Toscane. Le prince fut fait quant à lui général de division et commandant de la 29e division militaire à Florence.

Bienveillant, humain, doux, libéral, juste, aimant et protégeant les arts et les gens de lettres les plus recommandables, Félix Baciocchi laissa, en Toscane et partout où il a été connu, une mémoire honorée. Talleyrand eut à son égard un de ses mots cruels : le prince, dépossédé de Piombino, se plaignait de ne plus savoir quel nom prendre : « Prenez donc celui de Baciocchi, il est vacant », lui répondit le ministre des Relations extérieures. Alors que son absence de Paris lui avait évité d'avoir à voter la déchéance de l'Empereur avec le reste du Sénat (1814), Félix Baciocchi éprouva le besoin de publier une proclamation par laquelle il se ralliait à cette décision.

Exclu du royaume de France[modifier | modifier le code]

Après les événements de 1814, Baciocchi suivit la princesse Élisa à Bologne, le prince et la princesse, trompés dans les espérances que la position du roi Joachim leur avait fait concevoir, fixèrent leur résidence à Bologne, qu'ils durent quitter pour se retirer à Trieste puis en Allemagne. Établis à Villa Vicentina (Province d'Udine - région Frioul-Vénétie julienne), la princesse y mourut, le 6 août 1820. La loi du 1er janvier 1816 avait exclu Baciocchi à perpétuité du royaume de France, comme membre de la famille Bonaparte, et une ordonnance royale du 2 mars de la même année avait prescrit de le radier des registres matricules de l'ordre de la Légion d'honneur. Il obtint plus tard la permission de retourner à Bologne, où il mourut le 28 avril 1841 et fut inhumé en la chapelle Baciocchi de la Basilique San Petronio.

Félix et Élisa avaient eu de leur mariage Élisa Napoléone Baciocchi, née le 3 juin 1806, décédée le 3 février 1869 à Colpo (Morbihan), devenue comtesse Camerata d'Ancône; c'est à cette jeune nièce que l'Empereur constitua, en 1808, une dotation de 150 000 francs, sur laquelle il voulut que 100 000 francs par an fussent placés en rentes sur le Grand Livre de la Dette publique de la France, avec clause d'immobilisation jusqu'à la majorité civile ou au mariage de la donataire, rente qui fut confisquée sur ordre de Louis XVIII au profit du Trésor public.

États de service[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Hommages, honneurs, mentions,...[modifier | modifier le code]

Lorenzo Bartolini fils d'un maréchal-ferrant toscan, fut appelé à Carrare par Élisa; il exécuta en 1808 un premier buste de Félix Baciocchi; le travail de la chevelure, les délicats passages dans le marbre contrastant avec la sévérité de la forme en hermès firent que le buste reçut l’agrément d’Elisa pour devenir le portrait officiel de son époux.

Plusieurs exemplaires furent aussitôt exécutés, dont celui qui conservé au musée du château de Versailles; la Bibliothèque Marmottan de Boulogne (92) en conserve un exemplaire (reprod. par César Garçon, ds "L'Empire Marmottan" - "Décoration Internationale", n°78, février 1985, p.97).

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fils cadet de François Marie Baciocchi (17161779), propriétaire, membre du Conseil des Anciens d'Ajaccio et de Flaminia Benielli (17191769), Félix épousa le 1er mai (ou le 5) 1797, à Marseille (Bouches-du-Rhône), Élisa Bonaparte, sœur de Napoléon, malgré les réticences de ce dernier.

Le couple eut en tout cinq enfants, dont un seul survécut à ses parents :

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason fam it-fr Baciocchi.svg Armes anciennes des Baciocchi : D'or, au pin de sinople, fruité de trois pièces du champ, issant d'un brasier de gueules.[4]
Supports : deux lions.
Devises :
  1. DALLE CENERI SUAE OGNIOR RIVASCE
    (Renaît toujours de ses cendres)
  2. JAMAIS MESQUIN.
Coat of Arms of Félix Baciocchi.svg Armes du prince de Lucques et Piombino : Coupé d'argent sur gueules (Lucca) ; au chef de prince souverain brochant.[5]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 3, Bureau de l'administration,‎ 1844 (lire en ligne) ;
  • « Félix Baciocchi (1762-1841) », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] , passage AZEMA_BAILLOT ;
  • (de) Die europäischen Verfassungen seit dem Jahre 1789, 3.Bd., F.A. Brockhaus, Leipzig,‎ 1833 ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La principauté de Piombino avait été cédée à la France par le royaume de Naples (traité de Florence du 29 mai 1801).
  2. En cas de décès, la principauté devait revenir à Élisa et après elle, à sa descendance mâle légitime, par ordre de primogéniture. ; Source : Titres souverains, Grands Ducs et Princes sur www.histoire-empire.org.
  3. « Notice no LH/87/64 », base Léonore, ministère français de la Culture
  4. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments
  5. www.napoleon-empire.net

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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