Moresnet neutre

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50° 43′ 49″ N 6° 00′ 48″ E / 50.73028, 6.01333 ()

Moresnet Neutre

18161919

Drapeau
Drapeau de Moresnet[1]

Hymne : Amikejo Marsch[2]

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Carte du Moresnet
Légende :

1. Pays-Bas en 1830 (Province de Limbourg)
2. Belgique (province de Liège)
3. Moresnet
4. Prusse (Province rhénane)
a. Ancienne frontière belgo-prussienne en 1843
b. Route Aix-la-Chapelle - Liège
c. Actuelle frontière germano-belge depuis 1919
Informations générales
Langue Francique ripuaire
Espéranto[3]
allemand
français
néerlandais
Religion Christianisme
Monnaie Franc français (FRF)
Fuseau horaire UTC +1 (été +2)
Démographie
Population 256 hab
Superficie
Superficie 3,44 km2

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Moresnet Neutre était un minuscule territoire européen d'environ 3,5 km2 de 1816 à 1919 situé à environ 7 km au sud-ouest d'Aix-la-Chapelle, au sud du point où les frontières de l'Allemagne des Pays-Bas, et depuis 1830 de la Belgique, se rencontrent au sommet du Vaalserberg[4],[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte du Moresnet neutre

En 1816, le Royaume de Prusse et le royaume des Pays-Bas, ne trouvèrent pas d'accord sur l'exercice de la souveraineté sur la municipalité de Moresnet, notamment à cause de la mine de smithsonite très importante d'Altenberg (Vieille Montagne). La municipalité a été scindée en trois parties : Moresnet, intégré aux Pays-Bas, Neu-Moresnet, qui est devenu prussien et la partie intermédiaire, qui devint neutre et fut contrôlée conjointement par les deux États.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la mine de zinc de Moresnet neutre était considérée comme la plus riche d’Europe. Plus de deux millions de tonnes de minerai de zinc en avaient été extraits en cinq siècles.

Lorsque la mine de la Vieille Montagne fut épuisée en 1885, l’existence même de Moresnet neutre fut remise en question. Plusieurs propositions furent avancées pour y amener de nouvelles activités économiques, telle la création d’un casino ou d’un service postal émettant ses propres timbres, bien que cette dernière idée fut repoussée par le gouvernement local.

L’initiative la plus remarquable fut avancée par le docteur Wilhelm Molly, qui proposait de faire de Moresnet une micronation sous forme du premier État utilisant officiellement l’espéranto, sous le nom d’Amikejo, « Lieu d’amitié ».

Cependant, ni la Belgique ni la Prusse (ou plus exactement l'Allemagne en 1871) n’avaient abandonné leurs revendications sur le territoire et vers 1900, à la suite du refus de la Belgique d’ouvrir des négociations sur son statut, les Allemands s’orientèrent vers une politique plus agressive, incluant plusieurs actions de sabotage et d’obstruction administrative. En 1914, pendant le début de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne envahit la Belgique et annexa Moresnet en 1915.

À la fin de la guerre, le Traité de Versailles établit en 1919 la souveraineté belge sur Moresnet neutre, ainsi que sur le village allemand voisin de « Neu-Moresnet ». Ces territoires furent de nouveau annexés par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale mais furent restitués à la Belgique en 1944.

Après l'annexion à la Belgique en 1920, la commune prit le nom de La Calamine ou Kelmis ; elle fusionne en 1977 avec Neu-Moresnet et Hergenrath.

La tour Roi Baudouin construite à Moresnet à proximité immédiate (environ 50 mètres) du tripoint de Vaalserberg s’élève à 50 mètres ; elle offre de nos jours un panorama sur la colline qui marque les trois frontières entre la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas. Cette colline constitue avec ses 322,20 mètres d'altitude le point culminant de ce dernier pays.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Selm Wenselaers, De laatste Belgen. Een geschiedenis van de Oostkantons, Meulenhoff/Manteau (2008)
  • Vies de zinc. Portraits de travailleurs, image d'entreprise, Exposition à la Maison de la Mettalrurgie, Liège (octobre 2012 - juin 2013) consacrée aux albums dits de Saint-Paul de Sinçay, du nom du directeur général de la Société anonyme des Mines et Fonderies de Zinc de la Vieille-Montagne.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]