Colonne Vendôme

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Colonne Vendôme
Colonne Vendôme de trois-quart dos en 2007.
Colonne Vendôme de trois-quart dos en 2007.
Présentation
Type Colonne commémorative
Date de construction 1810
Destination initiale Commémoration de la bataille d'Austerlitz
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 03″ N 2° 19′ 46″ E / 48.867469, 2.32941448° 52′ 03″ Nord 2° 19′ 46″ Est / 48.867469, 2.329414  

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Colonne Vendôme

La colonne Vendôme est un monument parisien situé au centre de la place du même nom dans le Ier arrondissement de Paris. Elle fut érigée par Napoléon pour commémorer la bataille d'Austerlitz. Au fil des années, elle reçut les noms de colonne d'Austerlitz, puis colonne de la Victoire avant de devenir colonne de la Grande Armée. Elle est communément appelée colonne Vendôme. Il convient de ne pas la confondre avec la colonne de la Grande Armée qui se trouve près de Boulogne-sur-Mer. Elle est classée au titre des Monuments Historiques depuis le 31 mars 1992.

Ce site est desservi par les stations de métro Madeleine, Opéra et Tuileries.

Description[modifier | modifier le code]

La colonne[modifier | modifier le code]

C'est une colonne en bronze de 44,3 mètres de haut et d'environ 3,60 mètres de diamètre moyen, posée sur un socle et surmontée par une statue de Napoléon Ier. Elle a été inspirée par la colonne Trajane située dans le forum Trajan à Rome. Cette inspiration va au-delà d’une simple ressemblance formelle : elle se nourrit de l'idée du cosmopolitisme d’Emmanuel Kant.

Détail de la frise.

Son fût, constitué de 98 tambours de pierre, est recouvert d'une chape coulée avec le bronze de 1 200 canons pris aux armées russes et autrichiennes (chiffre sans doute propagandiste, les historiens dénombrent environ 130 canons pris à Austerlitz) et décorée, à la manière antique, de bas-reliefs représentant des trophées et des scènes de batailles. S'enroulant en continu jusqu'au sommet, cette hélice, longue de 280 m et composée de 425 plaques de bronze.

Les dessins des frises en bas-relief sont commandés en 1806 à Pierre-Nolasque Bergeret (1782- 1863), François Mazois (1783-1826) et Benjamin Zix (1772-1811). Vivant Denon a distribué la réalisation des bas-reliefs à des sculpteurs confirmés et à des jeunes talents : Lorenzo Bartolini, Simon-Louis Boquet (1743-1833), François Joseph Bosio, Jacques-Antoine Bouilliet, Pierre-Charles Bridan, Charles Antoine Callamard (1769-1815), Pierre Cardelli, Mlle Julie Charpentier, Claude Michel, dit Clodion, Charles-Louis Corbet, François-Nicolas Delaistre, Louis Pierre Deseine, Jacques-Edme Dumont, Antoine-Léonard du Pasquier (vers 1748-1831), Augustin Félix Fortin, Jean Joseph Foucou (six des bas-reliefs), Guillaume Francin, fils de Claude-Clair Francin, Edme Gaulle, Antoine-François Gérard, Edme-Étienne-François Gois fils, Jean-Pierre (ou Jean-François) Lorta (1752-1837), Jean-Robert-Nicolas Lucas, Antonio Moutoni, Pierre Petitot, Joseph-Gaspard Picard (1748-1818), Jean- Martin Renaud (1746-1821), Henri-Joseph Ruxthiel, Jean-Baptiste Stouf, Charles-Auguste Taunay, Simon-Louis Boizot, Guillaume Boichot, Pierre-Nicolas Beauvallet[1].

Un escalier intérieur permet d'accéder à une plate-forme située sous la statue sommitale. La statue visible de nos jours date du Second Empire. Elle est due au sculpteur Auguste Dumont et représente Napoléon Ier, en Caesar imperator, drapé dans un manteau court et portant pour attributs de sa gloire, le glaive, la victoire ailée et la couronne impériale de lauriers.

La base de la colonne Vendôme est en granite porphyroïde de Corse[2] (Algajola). L'inscription dédicatoire, rédigée à la manière antique, est la suivante :

NEAPOLIO IMP AVG
MONVMENTVM BELLI GERMANICI
ANNO MDCCCV
TRIMESTRI SPATIO DVCTV SVO PROFLIGATI
EX AERE CAPTO
GLORIAE EXERCITVS MAXIMI DICAVIT

qui peut se lire : Napoléon imperator auguste, a consacré à la gloire de la Grande Armée, cette colonne, monument formé de l'airain conquis sur l'ennemi pendant la guerre d'Allemagne en 1805, guerre qui, sous son commandement, fut terminée dans l'espace de trois mois[3].


Socle et inscription
Socle et, à droite, la dédicace. Socle et, à droite, la dédicace.
Socle et, à droite, la dédicace.


La colonne Vendôme est directement inspirée de la colonne Trajane de la Rome antique qui elle est entièrement en marbre. On trouve aussi à Paris, dans le même style de monument, la colonne de Juillet sur la place de la Bastille.

Les trois statues de Napoléon[modifier | modifier le code]

Napoléon en César, statue réalisée par Auguste Dumont en 1863 (réplique de la statue de Chaudet).

La première statue de Napoléon en César fut réalisée par le sculpteur Antoine-Denis Chaudet (1763-1810). Plus importante commande du gouvernement au sculpteur, il y consacra ses dernières années avant de mourir d'épuisement. La statue fut coulée en 1808 et placée au sommet de la colonne le 5 août 1810. Descendue en 1814 elle est fondue en 1818. Seul le globe de la victoire fut préservé pour être plus tard installé sur la réplique de Dumont.

Sous la monarchie de Juillet une nouvelle statue de l'empereur, en petit caporal, par Charles Émile Seurre, (aujourd'hui dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides), est placée au sommet de la colonne le 28 juillet 1833, en présence de Louis-Philippe. L'effigie mesure 3,50 m de haut.

Napoléon III la fait remplacer par une copie de la première statue en empereur romain de Chaudet, réalisée par le sculpteur Auguste Dumont. C'est cette statue, restaurée en 1875, que l'on peut voir aujourd'hui. À la seule différence que Chaudet avait représenté l'Empereur tenant dans sa main gauche le globe de la victoire et son épée dans sa main droite tandis que Dumont a montré Napoléon tenant son épée de la main gauche et le globe de la victoire provenant de l'ancienne statue de Chaudet dans sa main droite.

Histoire de la colonne[modifier | modifier le code]

La place Vendôme, voulue par Louis XIV, est dessinée par Jules Hardouin-Mansart et comportait en son centre une statue équestre du Roi-Soleil. La place était baptisée place Louis le Grand. En 1792, les révolutionnaires détruisirent la statue, symbole du pouvoir royal.

Le Napoléon de Seurre, aujourd'hui aux Invalides, surmonta la colonne sous la Monarchie de Juillet et la Deuxième République.

C'est en 1800 qu'un décret envisage la construction d'une colonne, au chef-lieu de chaque département, et dédiée aux braves du département. À Paris, une colonne nationale sur la place de la Concorde, dédiée à la Nation et une départementale sur la place Vendôme furent décidées le 20 mars (29 Ventôse an VIII), par Bonaparte Premier Consul. La colonne nationale ne vit jamais le jour, celle projetée sur la place des Piques (place Vendôme) eut un début d'existence : Lucien, frère de Napoléon Bonaparte et ministre de l'Intérieur, posa la première pierre du monument le 14 juillet 1800 (25 Messidor An VIII). Sans aboutir, l'idée fut reprise en 1803 par le Premier Consul qui confirma la construction d'une colonne place Vendôme « à l'instar de celle élevée à Rome, en l'honneur de Trajan », ornée de 108 figures des départements montées en spirale et surmontée de la statue de Charlemagne ». D'abord dédié à la Gloire du Peuple Français, la colonne deviendra rapidement à la gloire de Napoléon Ier. Mais la construction fut lente et il fallut attendre 1805 et la fonte de 1 200 canons pris à l'ennemi, principalement russes et autrichiens, (au total 180 tonnes) pour que le projet, relancé par Vivant Denon, avance. Achevée en 1810 et dédiée à la gloire des armées victorieuses, la colonne fut baptisée colonne de la Grande Armée. Une statue de Napoléon en César par le sculpteur Antoine-Denis Chaudet (1763-1810) fut placée au sommet.

En 1814, lors de l'occupation de Paris par les troupes alliées, la statue fut enlevée à l'initiative du marquis de Maubreuil et de Sosthène de La Rochefoucauld et remplacée par un drapeau blanc fleurdelisé pendant la Restauration. En 1818, elle fut fondue pour réaliser la statue équestre de Henri IV sur le Pont Neuf.

La même année le goguettier Émile Debraux composa une chanson : La Colonne, à la gloire de la colonne et de Napoléon 1er. Elle eut immédiatement un très grand succès. Cette chanson lança son auteur et connut durant longtemps la célébrité[4]. Elle est à présent tout à fait oubliée par le public.

Sous la monarchie de Juillet, une nouvelle statue de l'empereur, en petit caporal, par Charles Émile Seurre, (aujourd'hui aux Invalides), est placée au sommet de la colonne le 28 juillet 1833, en présence de Louis-Philippe, soucieux de capter à son profit un peu de la gloire de l'Empire.

Napoléon III, estimant que cette précieuse statue était en péril au sommet de la colonne, la fit déposer et remplacer en 1863 par une copie de la première statue en empereur romain de Chaudet, réalisée par le sculpteur Auguste Dumont.

La statue de Napoléon à terre en 1871.

Lors de l'insurrection de la Commune de Paris, le peintre Gustave Courbet adresse une pétition au gouvernement de Défense nationale le 14 septembre 1870 demandant « à déboulonner la colonne, ou qu'il veuille bien lui-même en prendre l'initiative, en chargeant de ce soin l'administration du Musée d'artillerie, et en faisant transporter les matériaux à l'hôtel de la Monnaie ». Il n'a en fait que l'intention de la faire reconstruire aux Invalides. La Commune de Paris au pouvoir, les fins en deviennent plus radicales :

« La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : article unique - La colonne Vendôme sera démolie. »

Le 16 mai 1871, la colonne est abattue, non sans difficulté. Les plaques de bronze sont récupérées.

Chute de la colonne Vendôme photo de Franck.

Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide en mai 1873, de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Gustave Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt avant d'avoir payé la première traite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La fondation Napoléon : Autour de la colonne de la Grande armée
  2. Amédée Burat. Géologie appliquée, ou, Traité de la recherche et de l'exploitation des minéraux utiles. 1843 (Livre numérique Google)
  3. Traduction contestée avec un humour ravageur par Alexandre Dumas dans l'une de ses célèbres causeries : [1]
  4. Gaetano Manfredonia, La chanson anarchiste en France des origines à 1914 : dansons la Ravachole !, Éditions L'Harmattan, Paris 1997, page 32 [2].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]