Mont Sainte-Odile

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Mont Sainte-Odile
Le couvent du mont Sainte-Odile, commune d’Ottrott
Le couvent du mont Sainte-Odile, commune d’Ottrott
Géographie
Altitude 764 m
Massif Vosges
Coordonnées 48° 26′ 13″ Nord
       7° 24′ 12″ Est
/ 48.43694, 7.40333
48°26′13″N 7°24′12″E / 48.43694, 7.40333
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin

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Mont Sainte-Odile

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Mont Sainte-Odile

Le mont Sainte-Odile[1] (Odilienberg en allemand) est un mont vosgien, situé dans le département du Bas-Rhin, culminant à 764 mètres d'altitude. Il est surmonté par un couvent fondé par sainte Odile, l'abbaye de Hohenbourg, qui surplombe la plaine d'Alsace. Par temps clair, la vue s'étend jusqu'à la Forêt-Noire. Il s'y trouve aussi les vestiges d'une muraille ancienne, le « mur païen ».

Détail de la statue sur le toit du couvent

Haut lieu de la culture alsacienne, c'est un lieu de pèlerinage très fréquenté (1 300 000 visiteurs par an)[2] consacré à sainte Odile, patronne de l'Alsace.

Sommaire

Histoire ancienne : le « mur païen » [modifier]

À l'époque celtique, la montagne est appelée Altitona, la « montagne haute ». C'est un lieu de culte celte.

Proto-celtes, celtes, Romains et Alamans construisent une forteresse au sommet.

Le mur païen, section nord

Le mur païen (en allemand : Heidenmauer, en alsacien d'Heidamür(a)[3]) est une enceinte d'une longueur totale de onze kilomètres faisant le tour du plateau du mont Sainte-Odile pour former une enceinte. Formé d'environ 300 000 blocs cyclopéens, il fait entre 1,60 m et 1,80 m de large et peut atteindre trois mètres de hauteur. Ses origines restent obscures et controversées et source de fantasmes. Certaines origines que l'on attribue au mur tiennent en effet plus des contes et légendes que de faits historiques incontestables. Le qualificatif de païen lui a été donné par Léon IX.

Les chercheurs n'ont pu définir s'il s'agit d'une enceinte défensive ou d'une enceinte cultuelle, et sa période de construction n'a pu être définie que récemment. Après avoir été daté du IIe siècle av. J.-C., voire d'une époque beaucoup plus ancienne (âge du bronze), les analyses réalisées ont permis de le dater beaucoup plus tardivement, du VIIe siècle.

Le mur a été classé au titre des monuments historiques par la liste des monuments historiques de 1840[4] et « site archéologique d’intérêt national » en 1987 (comme le site archéologique d'Alésia ou le mont Beuvray). La qualité de conservation du mur est assez variable. Il a en effet servi de carrière au Moyen Âge et a subi diverses autres dégradations, outrages et vandalismes dont il a pu faire l'objet, notamment les fouilles archéologiques non autorisées.

En 2001, une étude portant sur des tenons en chêne en forme de queue d'aronde[5] retrouvés sur le mur leur ont donné pour date la fin du VIIe siècle, époque de la création du couvent. Cela ne signifie cependant pas que le mur ait été entièrement construit à cette époque, ces tenons pouvant faire partie d'un travail de réfection de l'ouvrage.

Les travaux de restauration du mur païen [modifier]

État après restauration et schéma de fixation des assises
Système des mortaises
Traces des mortaises

Les travaux de restauration, précédés d'une étude préalable[6], ont été programmés dans le cadre de la première « loi de programme relative au patrimoine monumental »[7]. La construction de ce mur en appareil cyclopéen aux blocs liés par des tenons en bois, à double queue d'aronde, suscite certes bien des interrogations de la part des archéologues [8]. Le mur païen aurait été érigé à l'époque proto-celtique ou celtique, c'est-à-dire entre l'an 1000 et l'an 100 environ avant notre ère. Si sa datation demeure incertaine, deux grandes campagnes de restauration sont par contre bien connues, celles du IVe et du Xe siècles de notre ère.

À l'issue d'études minutieuses, la première campagne de travaux sur le « mur païen » a démarré en bénéficiant, au titre du mécénat, d'une participation de la Mutuelle d'assurance des artisans de France (MAAF). Elle a permis la restauration de la porte de Barr et du mur à proximité de la Route Nationale 426. L'étude a esquissé l'essentiel des travaux à réaliser sur les parties jugées prioritaires sur les 10,5 km de mur et inventorié les problèmes liés à sa sauvegarde. Les aspects techniques, doctrinaux et archéologiques ont été très soigneusement examinés.

Les travaux de restauration ont été précédés d'un dessouchage, nettoyage de la végétation et abattage d'arbres. Ils ont été réalisés avec précaution pour ne pas endommager les parements du mur païen et l'enlèvement des terres, pour revenir aux niveaux anciens, a exigé un suivi archéologique méthodique. Après décrottage et dépose de pierres en conservation, les blocs ont été reposés à sec et leur fixation assurée à l'aide de tiges filetées. Pour la fixation de l'assise supérieure, les conditions d'exécution ont été les suivantes :

  • percement par rotopercussion des deux premières assises du mur (environ 80 cm), diamètre 18 mm ;
  • façon de lamage en tête de percement, longueur 80 mm, diamètre 36 mm ; pose de chevilles à expansion* ;
  • pose de tiges filetées 10 mm en inox, longueur 80 cm, avec écrou et rondelle en inox ;
  • calfeutrement supérieur du percement comprenant un bouchon de polystyrène, diamètre 36 mm, longueur 40 mm, et finition au ciment métallique aspect grès, diamètre 36 mm, longueur 40 mm.

Les percements des deux assises s'arrêtent à 10 cm du lit de pose de l'avant-dernière assise. Lors des travaux, l'entreprise veillait à limiter le serrage pour éviter l'éclatement de la pierre. L'assise supérieure est bloquée par un scellement au mortier de chaux (lit 50 % de la surface et joint à 50 % de la hauteur, le scellement devant rester invisible sur les parements extérieurs pour donner l'impression d'une pose à pierre sèche). Le garnissage à la terre végétale de l'assise supérieure (lit 20 % de la surface et joint à 50 % de la hauteur), exécuté de façon à imiter un encrassement naturel, a un intérêt esthétique certain, mais n'est pas sans inconvénient ; il demande un entretien suivi pour éviter la pousse d'arbustes ou d'arbres qui disloqueraient de nouveau le mur.

La réflexion a d'autre part été élargie à la signalisation de l'ensemble des monuments du massif permettant de poser les problèmes de circulation, de secteurs piétons, de parcs à voitures, d'exploitation forestière et du devenir de la carrière de Saint-Nabord (Vosges).

Le site bénéficie du soutien actif de l'Association des Amis du Mont Sainte-Odile (section du Club vosgien) et de l'Association des Amis du mur païen[9].

À l’issue des fouilles archéologiques menées de 1991 à 1994, un programme de restauration, en partenariat avec l’État, le Conseil général et la Région Alsace, a d’autre part été engagé.

L'abbaye de Hohenbourg [modifier]

Article détaillé : Abbaye de Hohenbourg.

Le monastère [modifier]

À la fin du VIIe siècle, à l'époque des rois mérovingiens, l'Altitona est la propriété du duc d'Alsace Etichon-Adalric, père de la future sainte Odile.

Il y fait construire une demeure noble, le château de Hohenbourg[10].

Le monastère est créé vers 700[11], après que le père d'Odile lui a légué le château, qu'elle transforme en couvent.

Très populaire, l'endroit devint un lieu de pèlerinage très fréquenté, notamment par les personnes atteintes de maladies oculaires et accueillit jusqu'à 130 moniales.

Sous la Révolution française, le couvent est vendu comme bien national. L'évêché de Strasbourg le rachète en 1853 et le rétablit à sa vocation monacale.

On peut encore voir le tombeau de sainte Odile dans une chapelle attenante au cloître. Les tombeaux de ses parents, Adalric (aussi appelé Etichon) et Bererswinde, y sont aussi conservés, bien qu'ils soient des ajouts plus tardifs (IXe siècle et XIe siècle). Ces caveaux sont ornés de mosaïques remarquables.

Les chapelles vouées à Sainte-Odile, à la Croix, aux Larmes et aux Anges, ainsi que la bibliothèque et les sculptures du cloître du monastère ont été classés au titre des monuments historiques par la liste des monuments historiques de 1840[12].

La basilique [modifier]

À côté des nombreuses chapelles du Mont, on compte l'église dédiée à l'Assomption de la Vierge Marie. Cette église conventuelle, détruite à de nombreuses reprises par le feu, a été reconstruite en style baroque. La première pierre a été posée en 1687, les travaux sont achevés en 1692. La consécration de l'édifice est célébrée avec faste le 20 octobre 1696 par Mgr Peter Creagh, archevêque de Dublin et primat d'Irlande en exil à Strasbourg.

Le mobilier de l'église sera partiellement détruit lors de la Révolution française, puis reconstitué. Un nouvel orgue est notamment installé en 1862 (l'orgue actuel date de 1964).

En 1924 est inauguré le clocher, remplaçant le petit clocheton qui existait jusqu'alors. Ce clocher est flanqué d'une tourelle que domine une imposante statue de Sainte Odile bénissant l'Alsace. Cette statue est l'œuvre du sculpteur colmarien Alfred Klem. Le clocher contient par ailleurs un ensemble de 31 cloches, dont la plus grande pèse cinq tonnes.

L'église conventuelle Sainte-Odile est elle classée au titre des monuments historiques par arrêté du 22 juillet 1997[12].

Le 16 juin 2006, le Pape Benoît XVI a érigé l'église en basilique mineure. C'est la quatrième basilique mineure du diocèse de Strasbourg.

Le chemin de croix, la source et la chapelle des Rochers [modifier]

Un chemin de croix monumental, réalisé de 1933 à 1935 par le céramiste Léon Elchinger (1871-1942), orne les parois rocheuses du plateau du couvent[13].

La source (ou fontaine) de Sainte-Odile se situe en contrebas du couvent. Son eau aurait la vertu de guérir les maladies des yeux. Selon la légende, c'est Sainte Odile qui l'a fait jaillir en frappant le rocher de son bâton[13].

La chapelle des Rochers, inaugurée en 1927, a été détruite vers 1970, car délabrée ; son soubassement est toujours visible. Elle avait été construite originellement pour représenter l'Alsace à l'Exposition Internationale des Arts décoratifs de Paris en 1925, puis remontée sur le Mont, à proximité de la Porte romaine, et inaugurée en 1927[13].

La catastrophe aérienne du 20 janvier 1992 [modifier]

Article détaillé : Crash du mont Sainte-Odile.

Le 20 janvier 1992 à 19h20, un Airbus A320 assurant le vol 148 Air Inter s'écrase sur une crête proche du mont Sainte-Odile faisant 87 morts et laissant 9 survivants.

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Marie-Thérèse Fischer, Treize siècles d'histoire au mont Sainte-Odile, Strasbourg, Editions du Signe, 2006, 527 p. (ISBN 978-2-7468-1742-5) 
  • Dominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck, Guy Bronner, Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1995, 663 p. (ISBN 2-7165-0250).
    Ottrott : Mur des païens sur la montagne sainte-Odile ; Monastère de Sainte Odile ; Abbaye de Sainte-Odile ; Monastère de Sainte-Odile, Chapelle Sainte-Odile, Chapelle de la Croix,Bibliothèque; Sculptures du cloître; Chapelle des Larmes; Chapelle des Anges… pp. 315 à 318
     

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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Notes et références [modifier]

  1. Mont sainte Odile : Histoire
  2. GEO no 387, mai 2011, p. 94.
  3. journal L'Alsace « Heid »
  4. Notice Mérimée
  5. DRAC d'Alsace, Mur païen du Mont Sainte-Odile, le dossier du mois.
  6. Les études préalables ont été réalisées par Daniel Gaymard, architecte en chef des monuments historiques qui a également assuré la maîtrise d'œuvre des travaux
  7. René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine, septembre 1997, 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4).
    Chapitre VII-2 La conservation intégrée, L’aménagement du territoire. Le site du Mont Sainte-Odile à Ottrott, Bas-Rhin : la restauration du mur païen, pp 164-165
     
  8. Francis Mantz, Le mur païen du Mont Sainte-Odile, Strasbourg 1990.
    • Selon la Revue Le Massif des Vosges, avril-mai 2007, éditée par Comemag, Mulhouse, 68945 : Le Mont Sainte-odile, pp. 312-33 : 65 tenons en bois ont été prélevés et conservés durant les années 1873-1875. Ils seraient datés après le VIIe siècle.
    • Jean-Robert Zimmermann, Le mur païen du Mont Sainte-Odile, Revue « Les Vosges », revue de tourisme trimestrielle éditée par la Fédération du Club Vosgien*, 4/2004 pp. 8 à 10.
    • Robert Will, Topographie historique du Mont Sainte-Odile, dans : Annuaire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Dambach-Barr-Obernai.
    • François Pétry, Robert Will, Le Mont Sainte-Odile, guide archéologique du patrimoine, Paris 1988.
  9. Les Amis du Mont Ste-Odile
  10. En allemand, Hohenburg : « le château d'en haut », Burg impliquant des fortifications et Hohen désignant la hauteur (les bâtiments sont perchés à l'extrémité d'un plateau rocheux d'environ 700 mètres d'altitude).
  11. Date à vérifier.
  12. a et b Monastère de Sainte-Odile, au Mont-Saint-Odile, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. a, b et c J.M. Le Minor, A. Troestler et F. Billmann, Le Mont Sainte-Odile, I.D. L'Édition coll. Découvertes, 2010 (ISBN 978-2-915626-42-1)