Drosophile

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La drosophile (du grec drosos : la rosée et philos : qui aime) est un insecte holométabole diptère radiorésistant également appelée mouche du vinaigre, bien qu'appartenant au genre désigné par le terme plus général mouche des fruits.

Identification[modifier | modifier le code]

La drosophile se reconnaît à son corps brun-roux et à ses antennes paraissant pectinées aux soies fourchues.

  • Poids moyen : 0,54 mg
  • Taille : 2 à 4 mm de longueur

Biologie et distribution[modifier | modifier le code]

Les drosophiles sont présentes sur quasiment toute la surface du globe. Visibles toute l'année, elles sont souvent importunes (par exemple : dans les fabriques de jus de fruits ou de confitures ou en brasserie où elles peuvent tomber dans les récipients et transmettre des micro-organismes[réf. nécessaire]). Elles sont attirées par les fruits dans lesquels elles pondent leurs œufs et où leurs larves se développent. Les drosophiles ont un cycle de vie relativement court. Leur longévité ne dépasse pas les 30 jours à 29 °C et leur cycle de reproduction est d'environ 10 jours.

Réponse immunitaire[modifier | modifier le code]

La réponse immunitaire de la drosophile a été très largement étudiée ces deux dernières décennies.[réf. nécessaire]

Nom[modifier | modifier le code]

Le nom « drosophile » est une adaptation scientifique moderne du grec δρόσος, drósos, « rosée », + φίλος, phílos, « qui aime ».

Utilisation[modifier | modifier le code]

En raison de sa facilité d'élevage, la drosophile est l'espèce modèle dans la recherche en génétique. Elle a d'ailleurs permis à Thomas Hunt Morgan et Hermann Joseph Muller d'établir la correspondance entre la carte génétique des mutations et la localisation chromosomique de celles-ci[1]. Depuis, la drosophile est devenue un outil d'étude de nombreux processus développementaux et physiologiques, qu'elle permet d'analyser aux niveaux moléculaires et cellulaires. Notamment, la drosophile est devenue un modèle génétique pour la compréhension des mécanismes de bases du système immunitaire inné. Le biologiste et prix Nobel Jules Hoffmann a ainsi mis en évidence avec son équipe l'existence chez la drosophile de récepteurs Toll à certains champignons permettant d'activer la synthèse de certaines molécules antifongiques[2],[3]. Cette découverte a participé à la mise en évidence de récepteurs "Toll-like" ou récepteurs de type Toll chez les mammifères, dont il est maintenant admis qu'ils jouent un rôle essentiel dans la réponse immunitaire innée chez les mammifères, et dans l'activation et l'orientation de la réponse du système immunitaire adaptatif.

La drosophile la plus commune dans les laboratoires est Drosophila melanogaster, mais de nombreuses autres espèces, comme Drosophila simulans, sont également étudiées. Elles sont alors considérées comme animaux domestiques. Le génome de D. melanogaster est aujourd'hui entièrement (en) séquencé et annoté. Il a une taille d'environ 180 mégabases, distribuées sur 4 paires de chromosomes. Il code environ 15 000 gènes.

La drosophile est utilisée dans le programme officiel de terminale scientifique, en France, dans la matière SVT, dans le chapitre « méiose, fécondation, brassage allélique ». Elle est utilisée pour voir comment ségrégent les gènes (test-cross, hybridation).

Utile, le piège a drosophiles (simple, très peu coûteux et efficace) : une coupelle contenant quelques centimètres (3 à 5) de jus de pomme + du vinaigre de cidre (environ la moitié de la quantité précédente) + très peu (de quelques gouttes à un petit jet) de liquide vaisselle. Attention elles se noient dans le liquide, une surveillance assidue est nécessaire pour espérer les récupérer vivantes.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Drosophila melanogaster

Le genre comporte près de quatre cents espèces[4] par conséquent la liste suivante n'est pas complète :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://bio.m2osw.com/gcartable/drosophile.htm
  2. Mangin L, Jules Hoffmann, médaille d'or 2011 du CNRS, Pour la Science, 22 septembre 2011
  3. The road to Toll, de Lemaitre B. in Nat Rev Immunol. 2004 Jul;4(7):521-7. PMID: 15229471
  4. http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/zoologie-2/d/drosophile_8224/

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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