Barbara Cassin

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Barbara Cassin

Philosophe occidental

Philosophie contemporaine

Naissance 24 octobre 1947
Boulogne sur Seine
École/tradition Philosophie continentale, Histoire de la philosophie
Principaux intérêts Sophistique, rhétorique, philosophie du langage.
Idées remarquables logologie, histoire sophistique de la philosophie
Œuvres principales L'effet sophistique Vocabulaire européen des philosophies (dir.)

Laure Sylvie Barbara Cassin est une philologue helléniste et germaniste et une philosophe française, spécialiste de la rhétorique. Directrice de recherche au CNRS, traductrice, et directrice de collections consacrées à la philosophie, elle prend en 2006 la direction du Centre Léon-Robin puis, en 2010, la présidence du Collège International de Philosophie. Elle dirige la revue Rue Descartes et la Revue des femmes-philosophes.

Synthèse de l'héritage heideggerien et du « tournant linguistique »[1], sa relecture de l'histoire de la philosophie antique à la lumière de la sophistique, en premier lieu celle de Gorgias, interroge les oppositions et contributions de celle ci à l'émergence, depuis Parménide jusqu'à Simplicius, d'un discours ontologisant qui puisse fonder sa vérité sur un monde qui serve de référence, les Idées éternelles pour Platon, la Nature vivante en acte pour Aristote. De Kant à Wittgenstein en passant par Freud et Lacan, elle retrouve les arguments de cette « logologie » du sophiste à l'assaut des certitudes de l' « ontologie » dans la critique du discours scientifique et quantificateur que la philosophie contemporaine a voulu élaborer à partir du principe aristotélicien de non contradiction mais à la logique duquel ne se plie pas la sémantique de l'intentionnalité du phénoménologue. Les exemples de l'analyse de la grammaire de l'inconscient comme de la dialectique des commissions vérité et réconciliation, la conduit à déconstruire les arrière mondes qui tentent de masquer ce qu'elle appelle l'effet sophistique, c'est-à-dire le rôle fondateur, partant thérapeutique (« logos-pharmakon »), de la parole pour l'être humain, en tant que sujet individuel dans le cas de la psychanalyse, en tant que société dans le domaine politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation (1964-1974)[modifier | modifier le code]

Élève du poète Michel Deguy en hypokhâgne et de l'ami français de Martin Heidegger, Jean Beaufret, dont elle suit les cours de khâgne au lycée Condorcet, Barbara Cassin obtient en 1968 à la Sorbonne sa maitrise en philosophie sous la direction de Ferdinand Alquié. Son mémoire aborde les fondements logiques de l'ontologie à travers la correspondance que Leibniz et Arnauld ont échangé sur ce sujet[2]. C'est en passionnée de la pensée de Heidegger qu'elle rencontre celui ci[3] au Séminaire du Thor[4], à l'organisation duquel elle participe[5] et qui se tient le mardi 9 septembre 1969 chez René Char[6], figure exemplaire de l'intellectuel résistant[7].

Tout en continuant ses études dans l'université en restructuration de l'après mai 1968, elle travaille occasionnellement comme traductrice[8]. Elle est en particulier sollicitée par Gallimard pour participer à la traduction de La crise de la culture : huit exercices de pensée politique d'Hannah Arendt, où l'auteur interroge ce que sont devenues la tradition, l'histoire, la liberté, la vérité, la politique, l'éducation dans une modernité dont le discours ne se fonde plus sur l'autorité. L'opération est renouvelée deux ans plus tard pour Vies politiques du même auteur, où est évoqué le passé nazi de Martin Heidegger.

L'étudiante s'inscrit en 1971 aux séminaires du Centre Léon Robin de la Sorbonne et du Centre de recherches philologiques de l'université de Lille. C'est là qu'elle prépare, tout en prenant en charge à l'université de Saint Denis un cours de formation permanente à destination de mathématiciens, son doctorat auprès de Heinz Wismann, Pierre Aubenque et Jean Bollack. Sous la direction de celui ci, elle soutient en 1974 une thèse sur le traité pseudo-aristotélicien Sur Melissus, Xénophane et Gorgias[9]. Remarqué par le jury, où siègent également Jacques Brunschwig et Jean-Paul Dumont, ce travail sera remanié et publié six ans plus tard sous le titre Si Parménide[10].

Professeur de philosophie (1974-1984)[modifier | modifier le code]

Elle prépare le CAPES tout en assurant, de 1974 à 1976, une vacation de pédagogue pour adolescents psychotiques à l’hôpital de jour Etienne Marcel, à Paris, où Françoise Dolto supervise depuis dix ans la prise en charge des tout petits[11]. Cette rencontre avec la langue absolument étrangère, intraduisible, des fous, aussi déterminante qu'avec Heidegger[6], amène le psychanalyste Jacques Alain Miller à lui confier de 1975 de 1979 la charge d'un cours du Département de Psychanalyse de l'université de Vincennes à Saint Denis. Entretemps, grâce à deux bourses de l'Office allemand d'échanges universitaires, elle étudie en 1976 à l'université de Fribourg, où avait enseigné Martin Heidegger, et en 1978 à l'université d'Heidelberg.

Elle obtient le certificat de professeur et, affectée chaque année de 1979 à 1984 dans un établissement différent, enseigne la philosophie successivement au lycée François Villon à Paris, au lycée Youri Gagarine de Chaumont sur Marne, au lycée Salengro d'Avion, près de Lens, au lycée Lamarck d'Albert, autre ville de Picardie, puis au lycée Fénelon de Cambrai. Elle fait également un passage au Lycée Poncelet de Saint-Avold.

Durant ce cursus, elle exerce pendant trois années, de 1980 à 1982, comme maître de conférences à l’ENA, où elle est chargée de la méthodologie des séminaires, et de 1981 à 1984, elle travaille comme chargée de cours au Centre de recherches philologiques de l’université de Lille. En 1983, Pierre Aubenque lui délègue l'organisation du séminaire sur la pensée antique au sein du Centre Léon Robin de la Sorbonne.

Chercheuse au Centre Léon Robin et au Ciph (1984-1992)[modifier | modifier le code]

En septembre 1984, elle organise avec Monique Canto le colloque Qu'est-ce que la sophistique ? au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle[12]. Simultanément son emploi au Centre Léon Robin est entériné par une embauche au CNRS. Désormais attachée de recherche détachée de l'unité UMR 8061, elle se voit confier par Pierre Aubenque, outre le séminaire afférent dont elle s'est occupé précédemment, l'ensemble des études sur la pensée antique. Entrée d'emblée au conseil d'administration, elle montera tous les échelons de la carrière d'un chercheur du CNRS jusqu'à obtenir celui de directeur de recherche en 1996 et prendre la direction du centre en 2006.

Parallèlement, cette même année 1984, elle prend en charge un des séminaires du Collège International de Philosophie, où elle devient directrice de recherche de 1988 à 1992 et siège au conseil de 1990 à 1993. À plusieurs reprises, elle collabore avec Michel Narcy. Ensemble, ils traduisent et éditent en 1989 le livre Γ de la Métaphysique d'Aristote[13].

En 1990, elle est sollicitée par les animateurs de la revue 34 Letras, Gilles Deleuze et Félix Guattari, pour préparer la fondation à Sao Paulo de la maison d'édition Editora 34. Du 10 au 13 octobre, elle réunit à la Sorbonne, pour un colloque financé par le CNRS et intitulé Les Stratégies contemporaines d'appropriation de l'Antiquité, Elizabeth Anscombe, Pierre Aubenque, Jacques Brunschwig, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Umberto Eco, Paul Ricoeur, entre autres[14], autour d'un questionnement, qui est le sien, sur les liens entre pensée antique et monde contemporain[15], la rémanence de celle-là dans celui ci[16].

Cette même année 1990, elle s'engage dans le projet de construction d'une philosophie européenne en adhérant à la Librairie européenne des idées du Centre national du livre. En 1991, elle initie avec Alain Badiou aux éditions du Seuil une série de publications bilingues d’œuvres philosophiques au sein de la collection Points-Essais. L'année suivante, cette codirection s'étend à la collection L’Ordre philosophique.

Le Vocabulaire européen et L'effet sophistique (1993-2001)[modifier | modifier le code]

De 1993 à 2000, elle coordonne, au sein du groupe de recherche GDR 1061 du CNRS, une centaine de chercheurs mobilisés à l'élaboration d'un dictionnaire qui définisse les variations sémantiques subies par les concepts philosophiques à travers leurs emplois dans différentes langues et différents contextes. Ce travail se concrétise en 2004 par la publication du Vocabulaire européen des philosophies (VEP).

En 1994, elle soutient en Sorbonne une thèse de doctorat d'état sous la direction de Pierre Aubenque[17]. Unanimement louée par le jury, cette thèse, dont Si Parménide aura servi de prolégomènes[18], est publiée sous le titre L'effet sophistique dans la prestigieuse collection de la NRF[19]. Outre une confrontation entre des auteurs de l'Antiquité (Homère, Parménide, Gorgias, Antiphon, Aristote) et des enjeux contemporains (Frege, Heidegger, Arendt, Lacan, Perelman, Habermas), l'ouvrage offre de nombreux documents, dont des traductions de textes parfois partiellement inédits en français : le Traité du non-être de Gorgias et son Eloge d'Hélène dans leur intégralité, les Tétralogies d'Antiphon, ou encore des extraits de Comment On Ecrit l'Histoire de Lucien de Samosate.

À la suite de l'élection de Nelson Mandela, trois ans après l'abolition de l'apartheid, elle fonde à l'université du Cap une école de rhétorique, devenue depuis l'Association de rhétorique et de communication de l'Afrique du Sud[20] (ARCSA), avec son collègue du Ciph Philippe-Joseph Salazar, dont la thèse avait été censurée dix ans plus tôt par le gouvernement d'Afrique du Sud, et en demeure la vice présidente[21] et une des correspondantes pour la France[22].

A partir de 1995, elle siège en tant que représentante élue au Comité national du CNRS (CoCNRS).

Quelles formes de discours pour quel monde ? (2002-2006)[modifier | modifier le code]

De 2002 à 2006, le CNRS lui confie le pilotage d'un Projet International de coopération scientifique (PICS 1455) avec l'Afrique du Sud intitulé Rhétoriques et démocraties. Corollairement, l'Institut Max Planck la charge de définir le programme de philosophie que la Commission européenne[23] a décidé de mettre en ligne sur le site European Cultural Heritage on line[24] (ECHO). Son équipe réalise de décembre 2003 à juin 2004, en collaboration avec les éditions du Robert et du Seuil, la maquette de la future version en ligne du Vocabulaire européen des philosophies[25].

Entretemps, elle retrouve, en 2005, le Centre national du livre, qu'elle avait quitté en 1997 au bout de sept années, s'inscrivant à la commission « Philosophie et théologie », et rejoint à la Sorbonne Jonathan Barnes, qui l'avait fait connaître en 1983 par un commentaire de son Si Parménide, dans l'animation d'un séminaire de master de deuxième année. L'année suivante, elle prend en charge elle-même pour deux ans ce même séminaire et publie Google-moi : la deuxième mission de l'Amérique, un ouvrage sur le moteur de recherche de Google. Elle y dénonce les effets paradoxaux d'une diffusion de masse dont l'algorithme, basée à l'inverse de son propre projet ECHO sur une quantification de la popularité, tend à occulter les qualités les plus heuristiques d'une base de données.

En 2006 et 2007, elle participe à un programme d'études, intitulé Corpus et financé par l'Agence nationale de la recherche, sur les données et les outils de la recherche en sciences humaines et sociales et intègre le groupe d'experts conseillés du ministre européen de l'éducation de la commission Barroso, Ján Figel'. Le successeur de ce dernier, Leonard Orban, prolongera cette mission jusqu'en 2008.

La langue, enjeu politique (2007-2010)[modifier | modifier le code]

De 2007 à 2009, le CNRS lui confie une seconde mission de coopération internationale. Intitulée Traductions croisées / traditions croisées, dont l'objet est de conduire avec l'Ukraine une étude critique de l'influence de la langue sur les conceptions philosophiques.

En mai 2007, à la suite du refus de publier Le Perçu de François Wahl, Barbara Cassin et Alain Badiou démissionnent des éditions du Seuil[26]. En septembre, ils fondent chez Fayard la collection Ouvertures dont l'objectif revendiqué est de « délimiter la philosophie en explorant ses bords »[27].

En 2008, elle quitte la commission "Philosophie et théologie" du Centre national du livre pour présider durant deux années la commission "Philosophie, psychanalyse, sciences religieuses". Elle entre au conseil d’administration du Collège International de Philosophie, dont elle présidait le conseil scientifique depuis 2003, et participe au partenariat (« UMI », c'est-à-dire unité mixte internationale) nouvellement organisé entre l'InSHS, Institut des sciences humaines et sociales du CNRS, et l'Université de New York autour d'un sujet d'études intitulé Transitions, translations, durabilité. Pour quatre années, elle entre au bureau de la Conférence des présidents (CPCN) du Comité national du CNRS (CoCNRS), où elle a été élue jusqu'en 2004, et préside une des instances de celui ci, la commission XXXV chargée d'évaluer les chercheurs en philosophie, littérature, histoire des sciences et musicologie.

À ce titre, elle dénonce publiquement le « démantèlement » de la recherche française et le dénigrement pratiqué par le président de la République Nicolas Sarkozy à l'encontre du CNRS[28]. A l'initiative du psychanalyste Roland Gori, elle rassemble les protestations de professionnels de la médecine, de l'éducation et de la culture subissant le même sort, L'Appel des appels, pour une insurrection des consciences[29].

En 2009, elle rejoint pour deux années André Laks au pilotage d'un projet financé par l'ANR sur les « présocratiques grecs, présocratiques latins ». Simultanément, le CNRS lui confie la responsabilité d'un groupement de recherche international (GDRI) intitulé Philosopher en langues. Comparatisme et traduction et l’Unesco celle d'un nouveau « réseau des femmes-philosophes » et de sa Revue des femmes-philosophes[30].

Elle abandonne la présidence du Centre Léon Robin pour prendre en décembre 2010 celle du conseil d’administration du Collège International de Philosophie, devenant ainsi le responsable éditorial de la revue de l'établissement, Rue Descartes et devient une des correspondantes pour la France du programme brésilien d'échanges « pour le perfectionnement des personnels de niveau supérieur » (CAPES). Elle délivre dans ce cadre un enseignement synthétisant quarante années d'une recherche consacrée à déterminer comment la langue et le récit d'Homère ont façonné la pensée occidentale, Les origines du langage philosophique - stratégies rhétoriques et poétiques de la sagesse antique

Engagements personnels (2011-2014)[modifier | modifier le code]

En 2011, elle fait partie du comité des fondateurs de l'Institut de psychanalyse[31] de l'hôpital Sainte Anne, dont le chef de service lacanien Françoise Gorog prend la direction, et entre au conseil scientifique du Labex TransferS, émanation de Normale et du Collège de France affectée à la promotion et l'étude des échanges culturels, notamment par l'informatique, où elle prend en charge trois des programmes de recherche.

En 2012, elle fonde chez Autentica Editora à Sao Paulo la collection Simul et en assure une part de la direction .

Membre de l'école doctorale Concepts et langage de la Sorbonne, elle consacre désormais une grande partie de son temps au nouage du discours et de la politique que réalisent en Afrique les commissions vérité et réconciliation.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Livres publiés[modifier | modifier le code]

Direction d'ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Le Plaisir de parler  : études de sophistique comparée, Paris, Minuit, 1986.
  • Positions de la sophistique, coll. "Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie", Vrin, Paris, 1986. 342 p. (ISBN 978-2-7116-0918-5).
  • Nos Grecs et leurs modernes : les stratégies contemporaines d'appropriation de l'Antiquité, Paris, Seuil, 1992.
  • Avec O. Cayla et Ph.-J. Salazar, "Vérité, réconciliation, réparation", Paris, Seuil, "Le Genre humain", 2004
  • Avec D. Cohen-Levinas, "Vocabulaires de la voix", Paris, L'Harmattan, 2009
  • Avec Roland Gori et Christian Laval, L'Appel des appels - Pour une insurrection des consciences, Paris, Mille et une nuits, "Essai", 2009.
  • Avec Carlos Lévy," Genèses de l'acte de parole dans le monde grec, romain et médiéval", Turnhout, Brépols, 2011
  • Derrière les grilles : Sortons du tout-évaluation, Paris, Fayard/Mille et une nuits, 2014.

Direction de numéros de revues[modifier | modifier le code]

  • "Des Grecs", Rue Descartes, n°1-2, 1991.
  • "De l'intraduisible en philosophie", Rue Descartes, n°14, 1995.
  • "Ce que les philosophes disent de leur langue", Rue Descartes, n°26, 1999.
  • Sous la dir. de Barbara Cassin, Olivier Cayla et Philippe-Joseph Salazar, "Vérité, réconciliation, réparation", Le genre Humain, 43, 2004.

Articles et contributions diverses[modifier | modifier le code]

Liste partielle

  • "Encore Hélène : une sophistique de la jouissance", Littoral 15/16, mars 1985, p.161-176.
  • "Du faux, ou du mensonge à la fiction", dans Le Plaisir de parler, p.3-29.
  • "Du sophisme chez Freud", Confrontation, 15, printemps 1986, p. 7-17.
  • "Peut-on être autrement présocratique", Revue de philosophie ancienne, iv, n°2, 1987.
  • "Le doigt de Cratyle", Revue de philosophie ancienne, v, n°2, 1987, p.139-150.
  • "Le chant des sirènes dans le poème de Parménide", in Pierre Aubenque (dir.), Études sur Parménide, t.II, Paris, Vrin, 1987, p. 163-169.
  • En collaboration avec Michel Narcy, «Parménide sophiste. La citation aristotélicienne du fragment XVI» in Pierre Aubenque (dir.), Études sur Parménide, t.II, Paris, Vrin, 1987, p. 277-293.
  • ""Parle si tu es un homme", ou l'exclusion transcendantale", Les Études philosophiques, 2, 1988, p. 145-155.
  • "Homonymie et amphibolie ou le mal radical en traduction", Revue de métaphysique et de morale, 1, 1989, p. 171-178.
  • "Dire ce qu'on voit, faire voir ce qu'on dit", Cahiers de l'École des sciences philosophiques et religieuses, Des lieux du voir, Facultés universitaires Saint-Louis, 5-1989, p.7-37.
  • "La grande illusion : pour servir à une mise en scène de l'Hélène d'Euripide", Recherches sur la philosophie et le langage, XII "Hommage à Henri Joly", 1990.
  • "Bonnes et mauvaises rhétoriques de Platon à Perelman", in M. Meyer et A. Lempereur (éds), Figures et conflits rhétoriques, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1990.
  • "Les muses et la philosophie", in Pierre Aubenque (dir.), Études sur le Sophiste de Platon, Naples, Bibliopolis, 1991, p.292-316.
  • "Aristote avec et contre Kant", in M. A. Sinacoeur (dir.), Penser avec Aristote, Toulouse, Erès, 1991, p. 341-366.
  • "De l'organisme au pique-nique: quel consensus pour quelle cité?", dans Nos Grecs et leurs modernes, p. 114-148.
  • "Aristote et le linguistic turn", dans Nos Grecs et leurs modernes, p. 432-452.
  • "Que veut dire: dire quelque chose?", Sémiotiques, II, 1992, p. 75-91.
  • "Logos et politique. Politique, rhétorique et sophistique chez Aristote", in Aristote politique. Études sur la Politique d'Aristote, études présentées dans le cadre d'un séminaire (1986-1988) du Centre Léon Robin, sous la direction de Pierre Aubenque, Paris, P.U.F., coll. "Épiméthée", 1993, p.367-398.
  • "De l'objet de la sensation au sujet de la phrase", Actas del Primer Congreso Internacional de Ontologia, Categorias e inteligibidad global, coordinador Victor Gomez Pin, Université autonome de Barcelone, Bellaterra, 1994, p.179-187.
  • "Philosophia enim simulari potest, eloquentia non potest, ou le masque et l'effet", Rhetorica, Volume XIII, 2, Spring 1995, p. 105-124.
  • "Enquête sur le logos dans le De Anima", dans Corps et âme, Sur le De Anima d'Aristote, Gilbert Romeyer-Dherbey (dir.), études réunies par Cristina Viano, Paris, Vrin, 1996, p.257-293.
  • "Procédures sophistiques pour construire l'évidence", in Carlos Lévy et Laurent Pernot (dir.), Dire l'évidence, Paris-Montréal (Québec), l'Harmattan, coll. "Cahiers de philosophie de l'Université de Paris XII-Val-de-Marne", 1997, p.15-29.
  • "Sophistique, performance, performatif", Bulletin de la société française de philosophie, Octobre -Décembre 2006.
  • (avec Alain Badiou) "De la corrélation créatrice entre le grand et le petit", préface à Heidegger, Ma chère petite âme, Lettres de Martin Heidegger à sa femme Elfride, 1915-1970, Éditions du Seuil, "L'ordre philosophique", 2007,
  • Relativité de la traduction et relativisme, dans La Pluralité interprétative, sous la dir. de Alain Berthoz, Carlo Ossola et Brian Stock, Paris, Collège de France, 2010 (Conférences) (en ligne).

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Hannah Arendt, La Crise de la culture, trad. collective sous la direction de Patrick Lévy, Paris, Gallimard, 1972.
  • Hannah Arendt, Vies politiques, trad. collective, Paris, Gallimard, 1974.
  • Peter Szondi, Poésie et poétique de l'idéalisme allemand, trad. collective sous la direction de Jean Bollack, Paris, Minuit, 1975.
  • Dir. A. Soulez, Manifeste du Cercle de Vienne et autres écrits, PUF, Paris, 1985.
  • Aristote, Sur Melissus, Xénophane et Gorgias dans Si Parménide, (voir plus haut).
  • Aristote, Métaphysique IV, trad. en collaboration avec Michel Narcy, dans La Décision du sens, (voir plus haut).
  • Jan Lukasiewicz, «Le principe de contradiction chez Aristote», trad. en collaboration avec Michel Narcy, , Rue Descartes, Paris, n° 1-2, 1991, p. 9-32.
  • Parménide, Sur la nature ou sur l'étant, introduction, établissement du texte, traduction et commentaire, Paris, Seuil, 1998.
  • Richard Broxton Onians, Les origines de la pensée européenne, trad. de l'anglais par Barbara Cassin, Armelle Debru et Michel Narcy, Paris, Éd. du Seuil, "L'ordre philosophique", 1999.

Concepts clefs[modifier | modifier le code]

Histoire sophistique de la philosophie[modifier | modifier le code]

« Je propose d'appeler Histoire sophistique de la philosophie celle qui rapporte les positions, non pas à l'unicité de la vérité, qu'elle soit éternelle ou progressivement constituée en mode hégelien (la vérité comme telos, dans un temps orienté, ou “comme si” orienté), mais celle qui les rapporte aux instantanés du kairos, occasion, opportunité, grâce à des mêkhanai, procédés, ruses, machines, permettant de happer le kairos par son toupet »[33][nb 1].

Logologie[modifier | modifier le code]

Terme repris de Novalis, la logologie nomme la théorie sophistique où le dire effectue le monde (avec, notamment, Gorgias dans le Traité du non-être), par opposition (et comme conséquence poussée du Poème de Parménide) à l'ontologie. L'être est un effet de dire (L'Effet sophistique).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Badiou, Logique des Mondes, p.567, coll. "L'ordre philosophique", Seuil, Paris, 2006.
  2. B. Cassin, Conviction et démonstration dans la polémique philosophique entre Leibniz et Arnauld, Sorbonne, Paris, 1968.
  3. F. Fédier, Soixante deux photographies de Martin Heidegger, Gallimard, Paris, 1999.
  4. D. Janicaud, Heidegger en France, vol. I, Albin Michel, Paris, 2001.
  5. B. Cassin, Séminaire du Thor, in Questions IV, pp. 291-297, Gallimard, Paris, 1976.
  6. a et b C. Briffard, Le vocabulaire européen des philosphes, dictionnaire des intraduisables. Entretien avec Barbara Cassin, philosophe et philologue, directeur de recherche au CNRS, in Texto!, vol. XI, n° 2, Institut Ferdinand de Saussure, Paris, juin 2006 (ISSN 1773-0120).
  7. H. Arendt, Préface, in H. Arendt, La Crise de la culture. Huit exercices de pensée politique, Gallimard, Paris, 1954.
  8. Pindare, Olympiques, in Revue de Poésie n° 40, Paris, février 1971.
    G. W. Leibniz, Les deux labyrinthes, textes choisis par A. Chauve, PUF, Paris, 1973, 238 p.
    P. Szondi, Poésie et politique de l'idéalisme allemand, in J. Bollack, Sens commun, vol. XXIX, Éditions de Minuit, Paris, 1975 (ISBN 9782707300522), 344 p.
  9. B. cassin, "De M.X.G.", édition, traduction et commentaire., université de Lille III, Lille, 1974.
  10. S. Cassin, Si Parménide. Le traité anonyme De Melisso Xenophane Gorgia. Edition critique et commentaire., in J. Bollack, Cahiers de philologie, IV, Presses universitaires de Lille, Lille, 1980, 646 p. (ISBN 2-85939-151-7).
  11. J. Dupont, Présentation en ligne de la revue du Centre Etienne Marcel, Le Coq Héron - Éditions Érès, Paris, 28 janvier 2009.
  12. B. Cassin & al., Positions de la sophistique, coll. "Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie", Vrin, Paris, 1986. 342 p. (ISBN 978-2-7116-0918-5).
  13. B. Cassin & M. Narcy, La Décision du sens. Le livre Gamma de la Métaphysique d’Aristote, introduction, texte, traduction et commentaire, Vrin, Paris, 1989, 296 p.
  14. Col. Nos Grecs et leurs modernes. Les stratégies contemporaines d’appropriation de l’Antiquité, Seuil, Paris, 1992.
  15. B. Cassin, De l’organisme au pique-nique : quel consensus pour quelle cité?, in Nos Grecs et leurs modernes, op. cité.
  16. B. Cassin, Aristote et le linguistic turn, in Nos Grecs et leurs modernes, op. cité.
  17. B. Cassin, Sophistique et critique de l’ontologie, Sorbonne, Paris, 1994.
  18. É. Alliez, Barbara Cassin, « Aristote et le logos Conte de la phénoménologie ordinaire », in Futur Antérieur n° 39-40, Éditions Inculte, Paris, septembre 1997.
  19. L'effet sophistique, Gallimard, Paris, 1995 (ISBN 9782070730230)
  20. ARCSA
  21. Membres honoraires de Rhetoric Africa.
  22. Correspondants étrangers de Rhetoric Africa.
  23. Septième Programme-cadre pour la recherche et le développement technologique (PCRD) Accroître le potentiel humain – Base de connaissances socio-économiques.
  24. ECHO.
  25. L. Catach, G. Gauvin & F. Lhostis, Présentation du VEP, Dictionnaires Le Robert, Paris, 2004.
  26. Seuil franchi, in Libération, Paris, 17 mai 2007.
  27. A. Beuve-Méry & J. Birnbaum, Divorce philosophique, in Le Monde des livres, Le Monde, Paris, 4 octobre 2007.
  28. Motion du 4 février 2009.
  29. R. Gori, Ch. Laval & B. Cassin, L'Appel des appels, pour une insurrection des consciences, coll. "Les mille et une nuits", Fayard, Paris, 2009.
  30. Revue des femmes-philosophes n° 0, Unesco, Paris, 2010.
    Revue des femmes-philosophes n° 1 "La quadrature du cercle", Unesco, Paris, novembre 2011.
    Revue des femmes-philosophes n° 2 "Printemps arabes, printemps durables. Ce que les femmes philosophes pensent du (nouveau) monde arabe, ce que les femmes philosophes du (nouveau) monde arabe pensent.", Unesco, Paris, novembre 2012.
  31. Présentation de l'Institut de psychanalyse.
  32. B. Cassin, Ensaios sofisticos, Siciliano, Sao Paulo, 1990, 311 p.
  33. L'Effet sophistique, p. 19, Gallimard, Paris, 1995.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cet extrait reprend mot pour mot un passage d'une intervention antérieure : « Aristote et le linguistic turn », in Nos Grecs et leurs modernes, p. 434.
  2. Un compte-rendu critique du Si parménide.
  3. Dans ce numéro de revue consacré aux représentantes féminines de la philosophie française contemporaine (Claude Imbert, Françoise Dastur, Marie-José Mondzain, Monique David-Ménard, Antonia Soulez, Isabelle Stengers, etc.) Stanley Cavell présente le travail de Barbara Cassin à la lumière d'Austin et de Wittgenstein. À noter au sein de ce même numéro, la traduction anglaise d'un article de Barbara Cassin "Who's Afraid of the Sophists? Against Ethical Correctness".

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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