Daniel Bovet

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Daniel Bovet

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Naissance 23 mars 1907
Fleurier ((Suisse)
Décès 8 avril 1992 (à 85 ans)
Rome (Italie)
Nationalité Drapeau de Suisse Suisse
Drapeau d'Italie Italien
Champs Médecine, physiologie, neurochimie, biologie
Institutions Institut Pasteur
Institut supérieur de la santé (it)
Université de Sassari
Université Sapienza de Rome
Diplôme Université de Genève
Renommé pour Découverte des sulfamides
Découverte des antihistaminiques
Découverte des curarisants
Distinctions Prix Nobel (1957)

Daniel Bovet, né le 23 mars 1907 à Fleurier et mort le 8 avril 1992 à Rome, est un médecin d'origine suisse, naturalisé italien en 1947. Il a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1957 pour sa découverte de médicaments bloquant l'action de certains neurotransmetteurs.

Il est connu pour sa découverte, en 1935, des propriétés antibactériennes des sulfamides et pour celle, en 1937, de l'antihistamine qui bloque le neurotransmetteur histamine et qui est utilisée dans le traitement des allergies. Parmi les domaines de ses recherches, avec la chimiothérapie et la neuropharmacologie, il faut encore citer la pharmacologie du curare.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Pierre Bovet, est un psychologue connu pour avoir longtemps dirigé l'Institut Jean-Jacques Rousseau à Genève.

Descendant de Jean Monod, Daniel Bovet obtient un diplôme de l'université de Genève en 1927 et son doctorat en 1929.

De 1929 à 1947, il travaille au laboratoire de chimie thérapeutique de l'Institut Pasteur à Paris dirigé par Ernest Fourneau[1]. En 1930 il obtient le titre de docteur ès sciences de l'université de Genève Entre 1931 et 1933, il participe avec l'équipe d'Ernest Fourneau à des travaux sur la chimiothérapie du paludisme, de la leishmaniose et de la maladie du sommeil. Il montre l'action de molécules qui ont servi à l'étude du système nerveux.

C'est là que, partant en 1933 de l'observation des propriétés antihistaminiques d'un dérivé du dioxane[2],[3], le pipéroxane, il aboutit en 1937, avec Anne-Marie Staub, à la découverte de celles du 1571 F, un dérivé de la diéthylamine[4],[5], ouvrant ainsi la voie de la chimiothérapie antihistamique moderne. Et c'est encore dans le laboratoire de chimie thérapeutique d'Ernest Fourneau que, en 1935, avec les époux Tréfouël et Federico Nitti, il isole le sulfanilamide, agent actif du Prontosil de Domagk. En découvrant ainsi les propriétés thérapeutiques des sulfamides, il ouvre une autre voie, celle de la sulfamidothérapie.

Entre 1939 et 1942, il succède à Ernest Fourneau à la direction du laboratoire de chimie thérapeutique de l'Institut Pasteur. Entre 1942 et 1947, il travaille au Département de recherche pharmaceutique de Rhône-Poulenc. En 1946 il reconnaît qu'un composé préparé par l'Institut Pasteur a des propriétés curarisantes, premier curarisant de synthèse utilisable pour l'homme et permettant un progrès dans l'anesthésie.

Ayant épousé Filomena Nitti (1909-1994), fille de Francesco Saverio Nitti et sœur de Federico, son collègue à l'Institut Pasteur, il part en 1947 pour l'Institut supérieur de la santé (it) à Rome où il ouvre un laboratoire de chimie thérapeutique avec l'accord de l'Institut Pasteur. Il y poursuit ses travaux de pharmacologie. En 1964, il devient professeur à l'université de Sassari en Italie De 1969 à 1971, il est directeur du laboratoire de psychobiologie et psychopharmacologie du Conseil national de la recherche à Rome, avant de devenir professeur à l'université de Rome « La Sapienza ». Il prend sa retraite en 1982.

En 1947, il obtient la nationalité italienne. Il devient membre de l'Accademia Medica di Roma en 1955. Il devient membre étranger de la Royal Society en 1962. Il est élu membre étranger de l'Académie des Sciences en 1964.

Il reçoit le prix Nobel de médecine en 1957.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre de l'Institut Pasteur, p. 7, décembre 2013, no 83
  2. Ernest Fourneau et Daniel Bovet, « Recherches sur l’action sympathicolytique de nouveaux dérivés du dioxane », C. r. Soc. biol., vol. 113, 1933, p. 388.
  3. Ernest Fourneau et Daniel Bovet, « Recherches sur l’action sympathicolytique d'un nouveau dérivé du dioxane », Arch. int. pharm. et thérap., vol. 46, 1933, pp. 178-191.
  4. Daniel Bovet et Anne-Marie Staub, « Action protectrice des éthers phénoliques au cours de l'intoxication histaminique », dans C. r. Soc. biol., vol. 124, 1937, pp. 547-549.
  5. Daniel Bovet et Anne-Marie Staub, « Action de la thymoxyéthyldiéthylamine (929 F) et des éthers phénoliques sur le choc anaphylactique du cobaye », dans C. r. Soc. biol., vol. 125, 1937, pp. 818-823.