Echternach

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne une ville du Luxembourg. Pour le canton du même nom, voir Canton d'Echternach.
Echternach
(lb) Iechternach
(de) Echternach
Blason de Echternach
Héraldique
Localisation de Echternach au Luxembourg
Localisation de Echternach au Luxembourg
Vue de l’ouest
Vue de l’ouest
Administration
Pays Drapeau du Luxembourg Luxembourg
District Grevenmacher
Canton Echternach
Bourgmestre Théo Thiry
Démographie
Gentilé Epternacien(ne)
Population 5 382 hab. (2014)
Densité 263 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 48′ 42″ N 6° 25′ 18″ E / 49.811667, 6.42166749° 48′ 42″ Nord 6° 25′ 18″ Est / 49.811667, 6.421667  
Altitude Min. 154 m – Max. 393 m
Superficie 2 049 ha = 20,49 km2
Localisation

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Echternach
Liens
Site web echternach.lu

Echternach (luxembourgeois : Iechternach) est une ville du Luxembourg d’environ 4 800 habitants et le chef-lieu de son canton dans le district de Grevenmacher, le long de la vallée de la Sûre marquant la frontière avec la Rhénanie-Palatinat allemande.

Elle est surtout connue pour son abbaye et sa procession dansante du mardi de Pentecôte.

Géographie[modifier | modifier le code]

Echternach fait partie de la région naturelle surnommée Petite Suisse luxembourgeoise.

Histoire[modifier | modifier le code]


La procession dansante[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procession dansante d'Echternach.

La procession dansante d’Echternach est une procession religieuse très particulière dans beaucoup d’aspects. Elle trouve son origine dans l’histoire de l’abbaye d’Echternach et dans l’histoire de son fondateur, saint Willibrord (658-739). Cette procession internationale existe en tant qu’hommage au personnage de saint Willibrord. Pourquoi se réfère-t-on à cette procession comme à une procession internationale ? Cela est justifié par le grand nombre de pèlerins qui y prennent part toutes les années. Ce n’est pas seulement un hommage à la personne religieuse de saint Willibrord mais c’est aussi un culte religieux très significatif. La procession dansante d’Echternach a été inscrite depuis le 16 novembre 2010 à la : «  liste représentative de l’héritage culturel immatériel de l’humanité » par l’UNESCO [1].


Cette liste s’inscrit dans un projet de maintien du patrimoine culturel immatériel déjà très fragile à l’origine. L’Unesco tente ainsi de mettre un frein à la mondialisation au profit de la multiculturalité et des traditions représentatives locales [2]. Le fait que cette procession fasse partie intégrante de la liste créée par l’Unesco témoigne de son importance culturelle et de son ancrage dans la tradition de la communauté d’Echternach.


Un intéressant paradoxe se lie à la procession dansante d’Echternach. En effet, bien que relevant de la célébration religieuse et donc du culte religieux, l’Église s’y est fortement opposée. Le caractère païen de cette procession s’écartait des principes religieux les plus fondamentaux. La danse célèbre la joie et la joie n’est pas un élément intégrant de la religion chrétienne et ne doit donc certainement pas prendre la forme d’une célébration. Ce facteur païen a mené à des interdictions successives à travers les siècles mais n’a jamais empêché le développement et l’évolution de cette tradition [3].

Cette procession a été périodiquement menacée par le clergé ainsi que par l’autorité. L’Église s’y est opposée du fait que la procession dansante d’Echternach était une manifestation originale du catholicisme populaire. Populaire revenait presque à dire « paganisme ». De plus, la procession dansante est peu banale car elle consiste en des pas latéraux et en une progression très lente contrairement à ce que l’on considère comme traditionnel, c’est-à-dire, deux pas en avant et un pas en arrière [4]. Techniquement atypique et religieusement inadéquate, cette tradition a eu beaucoup d’opposants. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la procession dansante a été interdite et les raisons en sont évidentes, l’occupation allemande ne pouvait pas laisser de place à l’expression de la culture et de la religion locale.

La première mention de cette procession date de la fin du XVe siècle[4]. Comme toute tradition, la procession dansante d’Echternach a connu une évolution à travers le temps. La musique, la danse ainsi que la composition de la procession a évolué. Il ne faut pas oublier le fait que c’est une tradition religieuse mais aujourd’hui, y prendre part ne nécessite pas un statut exclusif, en effet, des personnes de toutes origines sociales peuvent y prendre part. Aussi, les femmes ont eu l’autorisation officielle d’y participer à partir de 1802 [5]. L'évolution de la danse même peut être constatée à travers les sources que l’on peut retrouver du XXe siècle par exemple. Si l’on regarde des extraits filmés de l’année 1924, on constate que la procession dansante d’Echternach est qualifiée de procession se déplaçant : « Three steps forward-three steps backwards » [6]. Aujourd’hui la procession avance et danse à travers des pas latéraux. Pour ce qui est de la musique, les écrits concernant ce détail sont assez peu nombreux et peu détaillés mais on peut distinguer deux exemples donnés : la procession se déroulant sous des airs de polka [7]ou encore se déroulant sous un air populaire qualifié de « primitif » [8].


Si l’on prend la procession dansante d’Echternach de nos jours et qu’on l’observe plus en détail beaucoup de spécificités sont à dénoter. L’originalité de cette procession dansante réside dans sa progression lente et sa danse latérale mais cela ne s’arrête pas à ces détails. C’est une procession qui commence le matin dans la cour de l’ancienne abbaye et qui est composée non seulement de membres du clergé, de musiciens, de chanteurs et de danseurs mais aussi de simples citoyens venant des alentours d’Echternach. Elle s’achève par un office dans la basilique d’Echternach. Les participants à cette procession sont vêtus de blanc pour la plupart et se joignent à cette procession afin de célébrer le Saint de la ville d’Echternach : saint Willibrord [8].

La procession dansante d’Echternach ne fait pas juste partie du patrimoine culturel d’Echternach ou du Luxembourg mais s’est inscrite dans le patrimoine culturel immatériel mondial. Sa popularité ne cesse de s’accroître et devient de plus en plus inclusive car nombre de pèlerins qui y prennent part de nos jours ne sont plus exclusivement luxembourgeois.


Cette procession rassemble actuellement en moyenne 13 000 personnes chaque année et s’inscrit de plus en plus profondément dans l’histoire culturelle de la ville car nombres d’informations peuvent être retrouvées à son sujet dans le centre de représentation ou musée de l’Abbaye d’Echternach. La préservation de cette tradition n’est plus un souci car elle a acquis une véritable histoire écrite ainsi qu’une notoriété publique à travers l’Unesco. Elle a même donné son nom à un ouvrage qui prend la forme de l’enquête policière : «  La procession d’Echternach » par Hervé Carn.

La villa romaine[modifier | modifier le code]

La villa romaine d’Echternach fait aujourd’hui partie du patrimoine culturel de la commune d’Echternach. Son existence témoigne d’un établissement préalable à la véritable fondation de l’abbaye d’Echternach. Cela étant, il est sensé de l’assimiler à la culture de la ville d’Echternach. L’abbaye d’Echternach qui est devenue aujourd’hui la commune d’Echternach appartenant au Luxembourg avait donc un passé romain. Pour être plus précis le passé d’Echternach aurait une origine gallo-romaine.

Cette villa s’apparente à une grande majorité des villas romaines retrouvées dans le Nord de l’Empire romain. Les constatations archéologiques mènent à croire que les villas romaines situées dans le Nord de l’Empire se rapprochaient quand même significativement du modèle des fermes gauloises. Il restait donc des traces résiduelles de la tradition gauloise dans ces habitations, indiquant que le style romain n’avait pas totalement fait disparaître la culture gauloise.

Les sources qui nous rapportent l’utilité de ces « résidences rurales et servant à l’exploitation agricole » sont les agronomes latins[9]. C’est grâce à eux que l’on a pu comprendre la finalité de ces résidences et leurs fonctions primaires. Il est utile de préciser le fait que ces résidences avaient, selon leur situation géographique, des utilités et des fonctions différentes. Sur le plan archéologique, il n’a pas toujours été aisé de déterminer leur activité précise. Quand il s’agit de l’activité des villas romaines dans le territoire gaulois, beaucoup relève du cadre des suppositions.

Il est intéressant de dénoter que ces villas romaines appartenaient le plus souvent à des Romains voyant un intérêt dans les ressources gauloises ou encore à des bénéficiaires à qui l’on attribuait des terres afin de créer des sortes de colonies. Dans le cas de la villa romaine d’Echternach, le propriétaire n’est pas connu. Aucune trace n’a été retrouvée quant à l’appartenance de cette villa romaine.


Très souvent l’élite gauloise jouait un rôle prépondérant dans la construction de ces villas à travers les territoires gallo-romains fraîchement conquis. Cela s’inscrit donc dans le phénomène d’acculturation de la Gaule romaine. Mais l’acculturation n’était pas la seule finalité de ces villas romaines, on suppose qu’elles pouvaient servir de point de ravitaillement pour les armées ainsi que comme endroit de production pour les propriétés environnantes.


Les environs, les prés, les champs et vestiges d’Echternach appartenaient jadis à l’une des plus importantes et plus riches propriétés rurales de l’arrière-pays de Trèves alors capitale de province romaine. La villa romaine d’Echternach a été découverte à travers les travaux d’installation du lac artificiel que l’on connaît aujourd’hui. Cette découverte et les fouilles archéologiques se rapportant à la villa d’Echternach remontent aux années 1975 à 1976. Ces travaux archéologiques ont permis de dater la villa des années 1970 après J-C et ont été menés par Jeannot Metzler et Johny Zimmer. Ce site n’a pas été de l’ordre des priorités touristiques jusqu’à la fin des années 1990 et n’est donc devenu un centre de représentation qu’une vingtaine d’années après les fouilles archéologiques. En ce qui concerne les détails architecturaux, tout indique que la culture romaine était déjà bien implantée dans les environs d’Echternach. Ce qui pousse à de telles conclusions sont : le marbre importé de Rome, les détails de constructions tels que les cours à péristyle t les système de chauffage installés dans la villa.


Nous entrons ici dans les spécificités de la villa romaine d’Echternach. D’emblée, un fait est incontournable : cette villa romaine relève de la résidence de luxe. Les éléments supportant cette hypothèse sont nombreux et vont des systèmes de chauffage au sol aux mosaïques retrouvées au sol et au fond des bassins. Les portiques, les grandes cours à péristyles ou encore l’ampleur des installations balnéaires sont un signe de richesse et de confort. Cette villa comporte des corps de bâtiment symétriques et un axe traversant la cour, cette cour est entourée par un portique et comporte un bassin. L’architecture qu’ont pu observer les archéologues des fouilles évoquerait le Traité de Vitruve (traité d’architecture écrit par Vitruve).


La villa est constituée d’une partie centrale mesurant 118 m sur 62 m. Cette partie centrale renferme une salle monumentale flanquée de pièces à vivre, de cuisines et de chambres. Autour de cette partie centrale se situent deux cours à péristyle menant à un très grand triclinium et l’autre à l’ensemble balnéaire. Venons en à la « Pars rustica » qui est la zone d’activité économique. Celle-ci se situe symétriquement à gauche et à droite des murs d’enceintes de la villa et se localise au sud de la villa. Elle était composée d’au moins dix bâtiments. À travers des photographies aériennes, il a pu être déterminé qu’il y avait auparavant d’autres installations plus lointaines qui s’associaient à la villa. Ces installations ont été identifiées comme étant des granges, des écuries ou encore des logement d’esclaves. Cependant, cette partie plus lointaine n’a jamais été fouillée à proprement dire et ne fait aujourd’hui pas partie intégrante du musée que l’on retrouve aux abords du lac artificiel d’Echternach[10]. L’hypothèse avancée en ce qui concerne l’activité de la villa romaine d’Echternach est la suivante : la villa se trouvant dans le chemin menant vers Trèves (capitale ou Urbs des Trévires à l’époque) et en s’appuyant sur les éléments retrouvés dans cette même villa, les archéologues qui ont mené les fouilles pensent que cette villa servait à l’élevage de chevaux qui étaient ensuite revendus à l’armée romaine [11].


Les archéologues que sont Jeannot Metzler et Jonny Zimmer s’accordent à dire qu’originellement, la villa fut un travail uniforme mais que cela ne signifie pas qu’elle n’ait pas subi d’altérations ou des changements à travers le temps [12]. Les constatations allant dans le sens de cette hypothèse sont nombreuses : les agrandissements menant à l’installation d’hypocaustes (chauffages), corridors et cours certainement à l’usage artisanal (datant de la seconde moitié du IIe siècle), traces d’incendie datant du début du IIIe siècle siècle qui auraient mené à l’agrandissement de la partie des logis et enfin un autre incendie provoqué par l’incursion des Germains aux alentours de l’année 275 qui a détruit la villa. La villa n’a jamais été reconstruite mais des parties ont été utilisées de manière différente ultérieurement : les bains seraient devenus publics (la construction d’un frigidarium monumental) et les moines de Willibrod auraient utilisé les restes de la villa comme carrière [13].


Afin de se faire une idée concrète de ce à quoi ressemblait cette villa romaine à Echternach, il est recommandé de consulter le travail de reconstitution informatique qui a été réalisé par Didier Bur et Johny Zimmer qui est exceptionnellement détaillé [14].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 10 mai 1940 les armées allemandes envahissent simultanément les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg pour affronter la France et la Grande-Bretagne. C'est ainsi qu'à Echternach, une partie de la 10e Panzerdivision, qui a pour objectif de traverser la Meuse à Sedan, franchit la frontière[15].

La basilique[modifier | modifier le code]

La basilique Saint-Willibrord fut édifiée au XIe siècle à l’emplacement d’une église carolingienne dont elle conserve la crypte. Détruite en grande partie en 1944 lors de la bataille des Ardennes, elle a retrouvé, après sa reconstruction, son allure d’origine. Dans la crypte, une châsse néogothique en marbre surmonte le sarcophage en pierre contenant les reliques de saint Willibrord. La voûte en berceau du chœur présente des vestiges de fresques illustrant des scènes de la vie de la Vierge.

Divers[modifier | modifier le code]

Depuis 2006, une nouvelle auberge de jeunesse a ouvert sur les bords du lac.

Références[modifier | modifier le code]

  1. UNESCO, Liste représentative de l’héritage culturel immatériel de l’humanité, http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?lg=fr&pg=00011
  2. UNESCO, Patrimoine culturel immatériel, http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?lg=fr&pg=00002
  3. LANGINI, Alex, La Procession dansante d’Echternach : son origine et son histoire, Société d’embellissement et de Tourisme, 1977, 79 p.
  4. a et b BONNET, Serge, Langini Alex. La Procession dansante d'Echternach. Son origine et son histoire, Archives des sciences sociales des religions, Vol. 48, no 48-2, 1979, p. 308
  5. IECHTERNACH.lu, Old Postcards, http://www.iechternach.lu/old%20postcards2.html
  6. BRITISH PATHE, Dancing Procession of Echternach, http://www.britishpathe.com/video/dancing-procession-of-echternach
  7. ECHTERNACH, Procession dansante, http://www.echternach-tourist.lu/procession-dansante
  8. a et b WILLIBRORD.lu, Procession dansante : Aspects historiques, http://www.willibrord.lu/2/Procession-dansante/Aspects-historiques
  9. Ministère de la Culture et de la Communication France, Villa, Villae, http://www.villa.culture.fr
  10. Institut européen des itinéraires culturels, Villa romaine d’Echternach, http://www.routes-granderegion.eu/index.php?pn=site_detail&id=6&PHPSESSID=vqlyiuvkvg
  11. METZLER, Jeannot, Echternach. Une grande villa romaine, Archeologia, no 158, 1982, p. 38-50
  12. METZLER, Jeannot, Ausgrabungen in Echternach, Publication du Ministère des affaires culturelles et de la ville d’Echternach, 1981, 394 p.
  13. RUMPF, Andréa, La Villa romaine d’Echternach, 2004, http://villasromaines.free.fr/archéologie/echternach/images/echternach.pdf
  14. BUR, Didier, ZIMMER, Johny Dossier patrimoine antique : La reconstitution virtuelle de la villa gallo-romaine d’Echternach, Luxembourg, Monumental, 2002, p. 96-99
  15. Jean-Yves Mary, Le corridor des Panzers, tome I, p. 62, Heimdal

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]