Félicien Marceau

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Louis Carette connu sous le nom de plume de Félicien Marceau, né le à Cortenbergh, en Belgique, mort le [1],[2], à l'âge de 98 ans, est un auteur dramatique, romancier, scénariste et essayiste français d'origine belge, membre de l'Académie française, dont il est le doyen à sa mort.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

En 1914, ses parents sont pris en otages par les Allemands occupants. Il fait ses études à Louvain, d'abord au collège de la Sainte-Trinité, puis à l'université de Louvain.

Nommé en 1936 à l'Institut national de radiodiffusion, il en donne sa démission en mai 1942 à la suite de divergences de vue avec l'occupant au sujet de Radio Bruxelles[3]. Il évoque ce passé en 1968 dans Les années courtes, un livre de mémoires.

S’étant illustré par ses activités antisémites et pro-nazies qui lui ont valu, en  janvier et octobre 1946, d’être condamné par contumace à 15 ans de travaux forcés[4] par le Conseil de guerre de Bruxelles et d’être déchu de sa nationalité, il fuit la Belgique. Il ira dans un premier temps en Italie puis en France où il prendra un nouveau nom et adopte la nationalité française en 1959, avec l'approbation de Charles de Gaulle.

Pendant ses années belges, il publie quelques romans et un essai littéraire, mais sa vraie carrière littéraire débute à Paris. En 1953, à l'occasion de la publication de ses nouvelles italiennes, En de secrètes noces, Thierry Maulnier remarque : « Une réflexion ironique, mais plus encore sereinement tendre, sur les hommes et leurs vies qu'ils tiennent serrées comme autant de poignées d'eau, sur leurs volontés et leur sort ; le coup d'œil du moraliste et celui du peintre, la connaissance des êtres et l'amour des paysages humains — voilà qui compose un ensemble où transparaît discrètement un homme et où s'impose un écrivain que l'on ne peut confondre avec aucun autre. »

D'autres nouvelles, des romans denses et légers et un grand essai, désormais classique, sur Balzac (Balzac et son monde, 1955-1970) viennent confirmer ce jugement — un jugement que résume Marcel Arland dans La Nouvelle Revue française, pour qui Félicien Marceau est « un écrivain d'esprit et de talent » qui a « de l'aisance, du piquant, un humour légèrement pincé, un trait net qui précise le personnage, le limite, le pousse parfois à la caricature. »

Au théâtre, Félicien Marceau a écrit une pièce qui a fait date, L’Œuf, montée par André Barsacq au Théâtre de l'Atelier en 1956. L’Œuf n'est pas une pièce avec « scènes à faire », mais un monologue illustré de saynètes. Elle est reprise en 1972 par Guy Bedos, qui présente la pièce dans Italiques[5].

Félicien Marceau est par ailleurs auteur de deux ouvrages sur Giacomo Casanova : Casanova ou l'anti-Don Juan et Casanova ou l'insolente liberté.

Proche des Hussards, Félicien Marceau est lauréat de plusieurs prix littéraires, dont le Prix Goncourt en 1969 pour son roman Creezy et le Prix littéraire Prince-Pierre-de-Monaco pour l'ensemble de son œuvre en 1974.

Élu à l'Académie française le , au fauteuil 21, où il a succédé à Marcel Achard, il en était le doyen d'âge depuis la mort de Jacqueline de Romilly le 18 décembre 2010.

À l'annonce de son élection, le poète Pierre Emmanuel (élu en 1968 au 4e fauteuil), se déclara démissionnaire en réaction à l'attitude de Félicien Marceau durant l'Occupation. L'Académie, selon sa coutume, n'entérina pas cette démission et attendit la mort du poète pour le remplacer en 1985 par Jean Hamburger.

Il meurt le 7 mars 2012 à l'âge de 98 ans, et est inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Période belge

  • 1942 - Cadavre exquis, roman (réédition en 2011).
  • 1942 - Le Péché de Complication, roman.
  • 1943 - Naissance de Minerve, essai.

Période française

Traductions[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Monographie[modifier | modifier le code]

Films tirés de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/03/07/97001-20120307FILWWW00422-info-figaro-mort-de-l-academicien-felicien-marceau.php
  3. Céline Rase, Les ondes en uniforme. La propagande de Radio Bruxelles en Belgique occupée (1940-1944), Louvain-la-Neuve, Faculté d’histoire, UCL, 2008-2009.
  4. http://www.liberation.fr/culture/2014/04/10/alain-finkielkraut-elu-a-l-academie-francaise_994669
  5. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 9 mars 1972
Précédé par Félicien Marceau Suivi par
Marcel Achard
Fauteuil 21 de l’Académie française
1975-2012
Alain Finkielkraut