Assia Djebar

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Assia Djebar

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Assia Djebar, vers 1992.

Nom de naissance Fatima-Zohra Imalayène
Activités Écrivain, poète, académicienne française
Naissance (77 ans)
Cherchell
Langue d'écriture français
Distinctions membre de l'Académie française

Signature

Signature de Assia Djebar

Assia Djebar (arabe : آسيا جبار), née Fatima-Zohra Imalayène à Cherchell le , est un écrivain algérien d'expression française, auteur de romans, nouvelles, poésies et essais. Elle a écrit également pour le théâtre, et a réalisé plusieurs films.

Son œuvre a pour thèmes l'émancipation des femmes, l'histoire, l'Algérie considérée à travers sa violence et ses langues. Assia Djebar est considérée comme l'une des auteurs les plus célèbres et influentes du Maghreb. Elle est élue à l'Académie française en 2005.

« J’écris, comme tant d’autres femmes écrivains algériennes avec un sentiment d’urgence, contre la régression et la misogynie. »

— Assia Djebar

Biographie[modifier | modifier le code]

Assia Djebar naît dans une famille de petite bourgeoisie traditionnelle algérienne[1]. Son père, Tahar Imalhayène est un instituteur (issu de l’École normale musulmane d’instituteurs de Bouzaréah) originaire de Gouraya. Sa mère, Bahia Sahraoui, appartient à la famille berbère des Berkani (issue de la tribu des ait Menasser du Dahra). Assia Djebar passe son enfance à Mouzaïaville (Mitidja), étudie à l'école française puis dans une école coranique privée. À partir de 10 ans, elle étudie au collège de Blida, en section classique (grec, latin, anglais) et obtient son baccalauréat en 1953, puis elle entre en hypokhâgne à Alger.

En 1954, elle entre en khâgne à Paris (lycée Fénelon). L'année suivante, elle entre à l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, où elle choisit l'étude de l'histoire. À partir de 1956, en raison de la guerre d'Algérie, Assia Djebar ne passe pas ses examens (grèves des étudiants algériens). En 1957, elle publie son premier roman, La Soif. L'année suivante, elle quitte l'école, épouse l'écrivain algérien Walid Garn puis quitte la France.

À partir de 1959, elle étudie et enseigne l'histoire moderne et contemporaine du Maghreb à la Faculté des lettres de Rabat. Le 1er juillet 1962, elle retourne en Algérie. Elle est professeur d'histoire à l'université d'Alger, jusqu'en 1965, où l'enseignement de l'histoire et de la philosophie passe en langue arabe.

De 1966 à 1975, elle réside le plus souvent en France (Paris), et séjourne régulièrement en Algérie. Elle épouse l'écrivain Walid Carn (pseudonyme d'Ould-Rouis Ahmed), avec lequel elle a écrit la pièce Rouge l'aube, puis se remarie avec Malek Alloula. Dans la décennie 1970, elle ne publie pas d'œuvre romanesque, mais se tourne vers le cinéma.

De 1995 à 2001, elle est directrice du Centre d'études françaises et francophones de Louisiane aux États-Unis. En 1999, elle est élue membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Depuis 2001, elle enseigne au département d'études françaises de l'université de New York. Le 16 juin 2005, elle est élue au fauteuil 5 de l'Académie française, succédant à Georges Vedel, et y est reçue le 22 juin 2006. Elle est docteur honoris causa des universités de Vienne (Autriche), de Concordia (Montréal), d’Osnabrück (Allemagne).

Les œuvres d'Assia Djebar ont été traduites en 21 langues. Assia Djebar vit en France et aux États-Unis, où elle enseigne la littérature française.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Signature d'Assia Djebar
  • La Soif, roman (1957)
  • Les Impatients, roman (1958)
  • Les Enfants du Nouveau Monde, roman (1962)
  • Les Alouettes naïves, roman (1967)
  • Poèmes pour l'Algérie heureuse, poésie (1969)
  • Rouge l'aube, théâtre (1969)
  • Femmes d'Alger dans leur appartement, nouvelles (1980)
  • L'Amour, la fantasia, roman (1985)
  • Ombre sultane, roman (1987)
  • Loin de Médine, roman (1991)
  • Vaste est la prison, roman (1995)
  • Le Blanc de l'Algérie, récit (1996)
  • Ces voix qui m'assiègent: En marge de ma francophonie, essai (1999)
  • La Femme sans sépulture, roman (2002)
  • La Disparition de la langue française, roman (2003)
  • Nulle part dans la maison de mon père, roman (2007)
Filmographie
  • La Nouba des femmes du Mont Chenoua (1978)
  • La Zerda ou les chants de l'oubli (1982)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • WorldCat
  • Calle-Gruber, Mireille : « Refaire les contes dans la langue adverse. Assia Djebar, Oran, langue morte ». In: Ruhe, Ernstpeter: Assia Djebar. Studien zur Literatur und Geschichte des Maghreb. Band 5. Würzburg: Königshausen & Neumann, 2001, p. 157–167
  • Calle-Gruber, Mireille : Assia Djebar, ou la résistance de l'écriture : regards d'un ecrivain d'Algérie, Maisonneuve & Larose, 2001
  • Beïda Chikhi, Les Romans d'Assia Djebar, Alger, OPU, 1990. Édition augmentée et refondue en 2002.
  • Beïda Chikhi, Assia Djebar: histoires et fantaisies, Paris, PUPS, 2006 (accompagné de documents, d'illustrations et d'un index)
  • Clerc, Jeanne-Marie : Assia Djebar : écrire, transgresser, résister. Paris/Montréal : L’Harmattan, 1997 (analyse complète des textes qui ont été publiés jusqu'en 1997)
  • Déjeux, Jean: Assia Djebar : romancière algérienne, cinéaste arabe, Sherbrooke Univ. Press, 1980
  • Grandguillaume, Gilbert : « La relation Père-Fils dans l’Amour la Fantasia d’Assia Djebbar et Bandarshah Tayeb Salah ». In : Littératures maghrébines, colloque Jacqueline Arnaud, Paris XIII. Paris : L’Harmattan, 1990, Vol. 10, T. 1, p. 167–173 ; sur Internet : http://grandguillaume.free.fr/ar_fr/bandarshah.html. Dernière interrogation: 29/06/2005
  • Geyss, Roswitha: Bilinguisme littéraire et double identité dans la littérature maghrébine de langue française: le cas d'Assia Djebar et de Leila Sebbar. Université de Vienne: Mémoire de fin d'études (Diplomarbeit zur Erlangung des Magistergrades für Philosophie). S/D Zohra Bouchentouf-Siagh. Vienne: 2006 400 p.
  • Hornung, Alfred, Ernstpeter Ruhe : Postcolonialisme et autobiographie. Albert Memmi, Assia Djebar, Daniel Maximim. Amsterdam – Atlanta : Studies in comperative literature 20, Series Editors C.C. Barfoot and Theo D’haen, 1998
  • Kirsch, Fritz Peter : « Quelques réflexions sur l’Histoire dans les œuvres narratives d’Assia Djebar ». In : Chroniques allemandes no 8-2000 : Assia Djebar en pays de langue allemande. Centre d’études et de recherches allemandes et autrichiennes contemporaines (CERAAC) de l’université Stendhal-Grenoble III, p. 91–103
  • Okresek, Christine : Re-dire l’Histoire. Travail fictionnel et recherches historiques dans trois romans d’Assia Djebar (L’Amour, la fantasia – Vaste est la prison – Le Blanc de l’Algérie). Université de Vienne: Mémoire de fin d'études (Diplomarbeit zur Erlangung des Magistergrades für Philosophie). S/D Zohra Bouchentouf-Siagh. Vienne: 1997
  • Redouane Najib (sous la direction de) et Yvette Benayoum-Szmidt, "Assia Djebar" Colloque, L'Harmattan, 2008, (ISBN 9782296051942)
  • Rezzoug, Simone : « Émergence d’une parole féminine dans l’histoire: le dernier roman d’Assia Djebar ». In : présence de femmes. Itinéraires d’apprentissage. Alger : Hiwer, 1987, p. 106–110
  • Ringrose, Priscilla : « Sistre and the Semiotic : Reinscribing Desire into Language ». In: Ruhe, Ernstpeter: Assia Djebar. Studien zur Literatur und Geschichte des Maghreb. Band 5. Würzburg: Königshausen & Neumann, 2001, p. 91–105
  • Ruhe, Ernstpeter : « Fantasia en Alsace. Les Nuits de Strasbourg d’Assia Djebar ». In : Chroniques allemandes no 8-2000 : Assia Djebar en pays de langue allemande. Centre d’études et de recherches allemandes et autrichiennes contemporaines (CERAAC) de l’Université Stendhal-Grenoble III, p. 105–121
  • Rocca, Anna: Assia Djebar : le corps invisible, voir sans être vue, L'Harmattan, 2005
  • Thiel, Veronika: Assia Djebar : la polyphonie comme principe générateur de ses textes. Université de Vienne: Mémoire de fin d'études (Diplomarbeit zur Erlangung des Magistergrades für Philosophie). S/D Zohra Bouchentouf-Siagh. Vienne: 2005. Preaesens, 2005

Anecdote[modifier | modifier le code]

Le nom de plume Assia Djebar signifie « consolation » (Assia en dialecte) et « intransigeance » (en arabe : Djebar)[2].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Déjeux, Assia Djebar, écrivain algérien cinéaste arabe
  2. Mireille Calle-Gruber, « Une existence surabondante dans le cœur ».


Précédé par Assia Djebar Suivi par
Georges Vedel
Fauteuil 5 de l’Académie française
2005-
Membre actuel