Andreï Makine
Andreï Makine, né le 10 septembre 1957 à Krasnoïarsk en Sibérie, est un écrivain d'origine russe et de langue française. Il a également publié des romans sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde.
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Biographie [modifier]
Né en Sibérie, il passe son enfance et son adolescence dans un orphelinat de sa région natale, ses parents ayant disparu, probablement déportés. Dès l’âge de 3 ans, il est élevé en français par sa grand-mère en Sibérie et bénéficie donc des deux cultures. Il demeure tout particulièrement marqué par quatre écrivains français : Baudelaire, Nerval, Proust et Hugo. Comme François Cheng et Ionesco, il choisit tout naturellement la France comme patrie.
Bien qu’ayant eu une scolarité erratique, il se révèle un brillant élève en philosophie et en français, deux matières qu'il étudie depuis l’école primaire. Boursier, il rédige une thèse de doctorat sur la littérature française contemporaine à l’université de Moscou.
En 1987, il demande l’asile politique en France, où il va mener d'abord une vie très précaire. À 30 ans, il s'installe donc à Paris. Il est d'abord assistant de russe au lycée Jacques-Decour et dépose une thèse de doctorat sur Ivan Bounine (1870-1953) à la Sorbonne. Son premier roman La Fille d’un héros de l’Union soviétique paraît en 1990. À partir de là il commence une grande carrière littéraire et choisit le français comme langue d'écriture. Il obtient en 1995 les prix Goncourt, Goncourt des lycéens et Médicis pour son roman Le Testament français. Son français est extrêmement classique, son style poétique. Pour Makine, la France est une langue, mais aussi une culture. D’autre part, il affirme que le style est avant tout une vision d’un passé, celui de la France qu’il représente par un travail minutieux de la langue.
Le Testament français est un roman autobiographique, le narrateur et l’auteur ont vécu les mêmes expériences : le sentiment d’inadaptation, la double culture, le drame et le malheur. Avec ce roman, Makine paie une dette envers sa grand-mère, la France et tous les écrivains qui ont fait de lui un Français.
L’Union soviétique est représentée comme un territoire de souffrance avec les déportations, les morts. La France est à la fois un objet de fascination et de rejet. Son héritage est une charge accablante.
Andreï Makine vit actuellement à Paris, mais se tient, autant que possible, à l’écart de la vie littéraire et se consacre entièrement à la littérature. L’obtention du Goncourt lui vaut, entre autres, d'obtenir la nationalité française en 1996, ce qui lui avait été préalablement refusé.
Le 19 novembre 2008, Andreï Makine assiste à la première « mise en voix » intégrale de sa pièce Le Monde selon Gabriel au théâtre CREA à Amsterdam. Dans cette « mise en voix » de Murielle Lucie Clément, il participe en prêtant sa voix pour la lecture du prologue. L'œuvre est créée le 15 mai 2009 dans une mise en scène de Murielle Lucie Clément.
En 2011, il révèle qu'il a publié des romans sous le nom de Gabriel Osmonde[1].
Références [modifier]
- D'après lefigaro.fr du 30 mars 2011.
Œuvres [modifier]
Sous le nom d'Andreï Makine :
- 1990 : La Fille d'un héros de l'Union soviétique
- 1992 : Confession d'un porte-drapeau déchu
- 1994 : Au temps du fleuve Amour
- 1995 : Le Testament français
- 1998 : Le Crime d'Olga Arbélina
- 2000 : Requiem pour l'Est
- 2001 : La Musique d'une vie
- 2003 : La Terre et le ciel de Jacques Dorme
- 2004 : La Femme qui attendait
- 2006 : Cette France qu'on oublie d'aimer
- 2006 : L'Amour humain
- 2007 : Le Monde selon Gabriel
- 2009 : La Vie d'un homme inconnu
- 2011 : Le Livre des brèves amours éternelles
- 2013 : Une femme aimée
Sous le nom de Gabriel Osmonde :
- 2001 : Le Voyage d'une femme qui n'avait plus peur de vieillir, Albin Michel
- 2004 : Les 20 000 Femmes de la vie d'un homme, Albin Michel
- 2006 : L'Œuvre de l'amour, Pygmalion
- 2011 : Alternaissance, Pygmalion
Prix [modifier]
- 1995 : prix Goncourt, prix Goncourt des lycéens et prix Médicis (ex æquo avec Vassilis Alexakis) pour Le Testament français
- 1998 : prix Eeva Joenpelto (Finlande) pour Le Testament français
- 2000 : grande médaille de la Francophonie
- 2001 : prix RTL-Lire pour La Musique d'une vie
- 2005 : prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco pour l'ensemble de son œuvre
- 2005 : prix Lanterna Magica du meilleur roman adaptable à l’écran pour La Femme qui attendait
- 2013 : prix Casanova pour Une femme aimée
Liens externes [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- Andreï Makine. Présence de l'absence: une poétique de l'art par Murielle Lucie Clément
- Le Monde selon Gabriel
- Entrevue de Jean-Louis Tallon avec Andreï Makine, « Andreï Makine: L'écriture est une vision », 2002, Horspress
- La Plume francophone, dossier n° 11 : Andreï Makine (Le Testament français, La Femme qui attendait, Le Crime d'Olga Arbélina)
- Documentation critique sur l'œuvre d'Andreï Makine
- Site personnel de Murielle Lucie Clément, auteur d'une thèse de doctorat: Andreï Makine. Présence de l'absence: une poétique de l'art (photographie, cinéma, musique) et de nombreux articles sur cet auteur.
- Andreï Makine : « Nous n’avons pas créé d’image positive »