Jean-Loup Dabadie

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Jean-Loup Dabadie au festival de Deauville 2009.

Jean-Loup Dabadie est un homme de lettres français né le 27 septembre 1938 dans le 14e arrondissement de Paris, journaliste, romancier, auteur de sketches et de chansons, auteur et metteur en scène dramatique, traducteur, scénariste et dialoguiste. Il est élu à l'Académie française le 10 avril 2008 au fauteuil de Pierre Moinot, occupé de 1960 à 1981 par René Clair.

Le talent de Jean-Loup Dabadie lui a permis de faire plusieurs carrières simultanément : scénariste, romancier, parolier, dramaturge, journaliste. Peu d’auteurs peuvent revendiquer autant de titres. Pour ses chansons, cet homme toujours souriant connut de nombreux succès grâce à la diversité de ses interprètes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Marcel Dabadie, né le 10 février 1913, qui fut aussi parolier (Maurice Chevalier, Julien Clerc, Les Frères Jacques), Jean-Loup Dabadie voit le jour à Paris en 1938. Il passe son enfance à Grenoble chez ses grands-parents, puis poursuit ses études, au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Louis-le-Grand. Par la suite, étudiant en Lettres à Paris, le jeune homme se passionne déjà pour l’écriture.

En 1957, alors qu’il n’a que dix-neuf ans, Jean-Loup Dabadie publie son premier roman, intitulé Les Yeux secs, aux éditions du Seuil, suivi l’année suivante par Les Dieux du foyer. Pendant ses débuts de romancier, le jeune auteur amorce une carrière de journalisme grâce à Pierre Lazareff, dirigeant de Candide. Au cours de cette période, il collabore à la création de la revue Tel quel, avec Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier, et il écrit des critiques de films et des reportages pour Arts.

Sketches, télévision, cinéma et théâtre[modifier | modifier le code]

Déjà fort occupé, Jean-Loup Dabadie écrit dès 1962 pour la télévision. Il fait alors équipe avec Jean-Christophe Averty et Guy Bedos pour les émissions produites par Michèle Arnaud (Histoire de sourire et Les Raisins verts). Vient, ensuite, le temps du service militaire, pendant lequel Jean-Loup est affecté dans un régiment de parachutistes à Tarbes. Sous-Lieutenant à Saumur, école de Cavalerie avec le capitaine Shiffer escadron 502A.

Au cours de son service, l’auteur envoie quelques sketches à Guy Bedos, dont Bonne fête Paulette et Le boxeur. Peu après, en 1963, alors que Jean-Loup regarde la télévision, il a l’honneur de voir Guy interpréter ses deux sketches. Cette nouvelle collaboration donnera naissance à d’autres joyaux de l’humour tel que Monsieur Suzon, Un jeune homme de lettres ou Dernier dans la première.

Jean-Loup Dabadie amorce, pendant les années soixante, une brillante carrière de scénariste. Il collabore, au fil des années, avec les plus grands réalisateurs français : Claude Sautet (Les choses de la vie, César et Rosalie, Une histoire simple), Yves Robert (Clérambard, Salut l’artiste, Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis), Claude Pinoteau (Le Silencieux, La Gifle, La Septième Cible), François Truffaut (Une belle fille comme moi, 1971).

La carrière de l’auteur fut également marquée par le théâtre. En effet, Jean-Loup Dabadie a signé plusieurs pièces dont La Famille écarlate (1967), Le Vison voyageur (1969), Madame Marguerite (1974) et Double mixte (1986).

Les débuts dans la chanson[modifier | modifier le code]

Après tous ces métiers reliés à l’écriture, il n’est pas étonnant que Jean-Loup Dabadie se lance dans l’écriture de chansons. Dès 1967, il écrit, sur une musique de Jacques Datin, qu’il considère comme son parrain, Le petit garçon pour Serge Reggiani. L’interprète, qui a toujours su choisir des auteurs et des compositeurs de qualité, enregistrera pendant sa carrière plusieurs autres joyaux signés Dabadie : Et puis (1968), De quelles Amériques (1970), L’Italien (1971), Hôtel des voyageurs (1972), Les mensonges d’un père à son fils (1972), Le vieux couple (1972).

C’est à la même époque que Régine, qui vient de se lancer dans la chanson et se cherche un répertoire de qualité (elle a chanté Gainsbourg et Frédéric Botton, également) enregistre une chanson de Dabadie : Il m’a laissé deux cigarettes (1968). L’année suivante, en 1969, elle enregistre L’accident et, en 1970, Les filles de la rue d’Amérique. Plus tard, la chanteuse récidivera en chantant Moi mes histoires (1978).

De plus en plus d’interprètes[modifier | modifier le code]

La charnière des années 1960/1970 voit les interprètes de Jean-Loup Dabadie se multiplier considérablement. D’abord, Michel Polnareff collabore avec l’auteur dès 1969, ce qui donne Tous les bateaux, tous les oiseaux et Ring a ding. Cette collaboration se poursuit, au cours des années suivantes, avec beaucoup de succès : Dans la maison vide (1970), Holidays (1972), On ira tous au paradis (1972)[1], Lettre à France (1977), Jour après jour, Nos mots d’amour.

Mireille Mathieu chante également Jean-Loup Dabadie, avec plus ou moins de succès : C’est la vie mais je t’aime (1970), Pour toi (1970), L’homme qui sera mon homme (1971) et C’était dimanche (1972). Autre grande vedette, Claude François chante Je danse (1971) et Nina nana (1972), du même auteur. Parmi les autres interprètes de cette époque figure Marcel Amont (Dagobert, 1970, L’école), Michèle Arnaud (La maison), Barbara (Marie-Chenevance, 1971), Dalida (Le clan des Siciliens, 1970), Juliette Gréco (Ta jalousie, 1974), Marie Laforêt (La ballade de Clérambard) et Dominique Walter (Les années 1970, 1969, L’enfant sur la montagne). Enfin, en 1974, il écrit le texte qui consacre le retour de Jean Gabin à la chanson, Maintenant je sais (qui est plutôt un monologue, qu'une chanson).

Au milieu des années 1970, Jacques Dutronc, qui diversifie ses auteurs, collabore également avec Jean-Loup Dabadie : J’comprends pas (1975) et Mais surtout sentimentale (1975). Petula Clark interprète Dans la ville, en 1973 et Nicole Croisille La femme et l’enfant, en 1977. Cette dernière interprète également d’autres chansons de l'auteur (David, Au revoir et merci). Cependant, cette période est surtout marquée, pour Jean-Loup Dabadie, par sa collaboration avec Julien Clerc.

Collaborations nouvelles[modifier | modifier le code]

En effet, ce dernier amorce alors un virage et a besoin de nouveaux paroliers. En 1976, Jean-Loup lui écrit la chanson Le cœur trop grand pour moi et, en 1978, Ma préférence, qui deviendra un classique du répertoire de l'interprète. La collaboration entre Julien Clerc et Jean-Loup Dabadie donnera naissance, au fil des années, à d’autres magnifiques classiques de la chanson : L’assassin assassiné (1980), Femmes, je vous aime (1982), Je suis mal et Elle danse ailleurs (1997), entre autres.

Par ailleurs, au début des années 1980, Robert Charlebois, qui amorce, lui aussi, un virage dans sa carrière, se tourne lui aussi vers Dabadie : Nuage no 9 (1979), Meurs pas (1982), Les chiffres parlent (1982). Pendant cette période, l’auteur signe également les dernières chansons d’Yves Montand (L’addition, 1980, Valentin). Johnny Hallyday ajoute à son tour des chansons de Jean-Loup Dabadie à son répertoire, dont J’ai épousé une ombre, en 1983.

Ces années, où ne cesse de s’allonger la liste des interprètes de Dabadie, nous ont laissé d’autres beaux fleurons de la chanson dont, entre autres, L’homme au bras fermés, que chante Alice Dona, en 1980. Aussi, plusieurs artistes ayant jadis connu leur heure de gloire tentent-ils de renouveler leur répertoire grâce à la désormais prestigieuse plume de l'auteur dont Sacha Distel (Donne-moi la main encore, 1982), Patrick Juvet (Rêves immoraux, Le saturnien, 1982) et Nicoletta (Un homme, 1981).

Michel Sardou, est quant à lui, toujours au sommet de la gloire, après des années 1970 difficiles. Jean-Loup Dabadie lui écrit plusieurs succès qui s’ajoutent à la longue liste de ceux que Sardou a déjà remportés : Chanteur de jazz (1985), L’acteur (1987), Tous les bateaux s’envolent (1987), Féminin comme, Salut, Road book...

Plus récemment[modifier | modifier le code]

Les années 1990 n’arrêtent pas l’auteur qui écrit pour les enfants (Petit bateau, 1997 par Sylvie Vartan). Richard Cocciante, qui avait déjà interprété Jean-Loup Dabadie, enregistre Être aimé, en 1993. La même année, l’auteur écrit Tout le temps, tout le temps pour Elsa.

Enfin, d’autres interprètes ont jalonné la carrière de parolier de Jean-Loup Dabadie, dont Didier Barbelivien, Liane Foly (La Chanson d'Hélène (chanté par Romy Schneider et Michel Piccoli dans le film Les Choses de la vie), La Bicyclette bleue), Jessé Garon' et Henri Salvador.

Pendant sa carrière, Jean-Loup Dabadie aura été récompensé à plusieurs reprises : le grand prix Vincent Scotto en 1972, le grand prix de la Sacem en 1984 et le Grand prix de la chanson française en 2000. Deux de ses films ont reçu le prix Louis-Delluc (La Gifle et Les Choses de la vie). Enfin, ce qui fait la force de Jean-Loup Dabadie, c’est d’avoir su toucher plusieurs aspects de l’écriture.

Après un échec en 1989 où il avait récolté 13 voix, il est élu le 10 avril 2008 à l'Académie française au fauteuil de Pierre Moinot (fauteuil no 19), par 14 voix sur 25[2]. Par lui, l'Académie renoue avec le cinéma, qui n'y était guère représenté depuis la mort en 1981 de René Clair, élu au même fauteuil en 1960. Il est intronisé par ses pairs le 12 mars 2009[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'édition[modifier | modifier le code]

  • 1957 : Les Yeux secs (Seuil)
  • 1958 : Les Dieux du foyer (Seuil)
  • 1960 : Du côté de Barcelone de Luis Goytisolo, traduction de Jean-Francis Reille et Jean-Loup Dabadie (éditeur ?)
  • 1961 : Villa Milo de Xavier Domingo, traduit de l'espagnol par Bernard Savigny et Jean-Loup Dabadie (éditeur ?)
  • 2009 : Conversations avec Jean-Loup, avec Véronique Dabadie

Collaborateur des revues Candide, Tel Quel, Arts.

La scène[modifier | modifier le code]

Collaborateur de Jean-Christophe Averty avant d'écrire des sketches pour Guy Bedos, puis pour le couple que ce dernier forme avec Sophie Daumier.

Guy Bedos
  • Le boxeur
  • Bonne fête, Paulette
  • Monsieur Suzon
  • Un jeune homme de lettres
  • Dernier dans la première
  • La drague
  • La police avec nous
Sylvie Joly
Michel Leeb
Pierre Palmade
Muriel Robin
Jacques Villeret

Théâtre[modifier | modifier le code]

Auteur
Adaptation

La chanson[modifier | modifier le code]

Liste sélective :

Marcel Amont
Michèle Arnaud
  • La maison
Barbara
  • 1971 : Marie-Chenevance
Didier Barbelivien
Gérard Berliner
Isabelle Boulay
Robert Charlebois
  • 1979 : Nuage no 9
  • 1982 : Meurs pasLes chiffres parlent
Petula Clark
  • 1973 : Dans la ville
Julien Clerc
Richard Cocciante
  • 1986 : Le Mot France
  • 1993 : Être aimé
Nicole Croisille
  • 1977 : La Femme et l’enfant
  • 1978 : Au revoir et merci
  • David
Dalida
  • 1970 : Le Clan des Siciliens
Sacha Distel
  • 1982 : Donne-moi la main encore
Alice Dona
  • 1980 : L'Homme aux bras fermés
Jacques Dutronc
  • 1975 : J'comprends pasMais surtout sentimentale
Elsa
  • 1993 : Tout le temps, tout le temps
Liane Foly
  • La Chanson d'Hélène
  • La Bicyclette bleue
Claude François
Jean Gabin
  • 1974 : Maintenant, je sais
Jessé Garon'
  • 1988 : Être jeune
Juliette Gréco
  • 1974 : Ta jalousie
Johnny Hallyday
  • 1983 : J'ai épousé une ombre
Patrick Juvet
  • 1982 : Rêves immorauxLe Saturnien
Marie Laforêt
  • La ballade de Clérambard
Mireille Mathieu
  • 1970 : C'est la vie mais je t'aimePour toi
  • 1971 : L'homme qui sera mon homme
  • 1972 : C'était dimanche
Enrico Macias
  • 2003 : Album Oranges amères de 2003 : Le voyageLa rumeur
Nana Mouskouri
  • 2002 : pour l'album Fille du soleil
Yves Montand
  • 1980 : L'addition
  • Valentin
Nicoletta
Michel Polnareff
  • 1968 : Jour après jourPourquoi faut-il se dire adieu ?Ring-a-dingJ'ai du chagrin MarieL'affreux Jojo
  • 1969 : Tous les bateaux, tous les oiseauxDans la maison vide
  • 1970 : Un train ce soirAvec Nini
  • 1971 : Ça n'arrive qu'aux autresNé dans un ice-creamPetite petiteNos mots d'amourÀ minuit, à midi
  • 1972 : HolidaysOn ira tous au ParadisJe cherche un job
  • 1977 : Lettre à FranceMademoiselle de
  • 1978 : Une histoire lamentableJ'ai tellement de choses à dire
Serge Reggiani
  • 1967 : Le petit garçon
  • 1968 : Et puis
  • 1970 : De quelles Amériques
  • 1971 : L'Italien
  • 1972 : Hôtel des voyageursLes mensonges d'un père à son filsLe vieux couple
  • 2002 : Le temps qui reste, album collectif Autour de Serge Reggiani
  • "La chanson de Paul"
Régine
  • 1968 : Il m'a laissé deux cigarettes
  • 1969 : L'accident
  • 1970 : Les filles de la rue d’Amérique
  • 1978 : Moi mes histoires
Henri Salvador
Michel Sardou
  • 1981 : Les mamans qui s'en vontMauvais homme
  • 1984 : Parce que c'était lui parce que c'était moi
  • 1985 : Chanteur de jazz
  • 1987 : L'acteurTous les bateaux s'envolent
  • Féminin commeSalutRoad book
  • "Maman ?" (sketche avec Jackye Sardou
Sylvie Vartan
  • 1997 : Petit bateau
Dominique Walter
  • Les années 1970L'enfant sur la montagne

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Jean-Loup Dabadie est scénariste, sauf mention particulière.

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Marié depuis le 20 décembre 1997 avec Véronique Bachet, il a eu trois enfants de précédents mariages : Clémentine, Clément et Florent[5]. Florent Dabadie (ja) est un présentateur et reporter de télévision et radio au Japon, après avoir été l'interprète de Philippe Troussier lorsqu'il était entraîneur de l'équipe du Japon de football de 1998 à 2002.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ode à la liberté d'expression, cette chanson recrée une ambiance d'une grande manifestation fraternelle grâce à la présence de 20 choristes lors de son enregistrement.
  2. Stéphane Davet, Alain Beuve-Méry, « Dabadie à l'Académie française : mon copain sous la Coupole », sur LeMonde.fr, Le Monde interactif,‎ 13 mars 2009 (consulté le 11 avril 2012)
  3. Retransmission intégrale de la réception de Jean-Loup Dabadie sous la Coupole sur Canal Académie
  4. Jean-Loup Dabadie reçoit une Victoire de la musique honorifique, AFP, 28 février 2009
  5. « Jean-Loup Dabadie. Un nouvel immortel à l'Académie », sur Larousse.fr,‎ 23 novembre 2008 (consulté en 22 décembre 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]