Robertsau

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Robertsau
Presbytère de l’église catholique Saint-Louis
Presbytère de l’église catholique Saint-Louis
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Ville Strasbourg
Canton Canton de Strasbourg-5
Fonctions urbaines Vieux Quartier
Étapes d’urbanisation Place militaire dès le XIIe siècle ;
Urbanisation au XIXe siècle ;
Construction de la cité de l'Ill dans les années 1960.
Géographie
Coordonnées 48° 36′ 20″ N 7° 47′ 06″ E / 48.605674, 7.784929 ()48° 36′ 20″ Nord 7° 47′ 06″ Est / 48.605674, 7.784929 ()  
Cours d’eau l'Ill
Site(s) touristique(s) Château de Pourtalès
Transport
Tramway E
Bus 6 - 15 - 15a - 30 - 70 - 72 - navette
Localisation

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La Robertsau (en allemand Ruprechtsau ; en latin Ruperti Augia) est le quartier le plus septentrional de Strasbourg, autrefois maraîcher, aujourd'hui essentiellement résidentiel.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le quartier couvre 1 810 ha, soit 23 % du territoire communal de Strasbourg (7 826 ha)[1]. Il est délimité à l'ouest par l'Ill, au nord par la forêt de la Robertsau, à l'est par le Rhin et au sud par le canal de la Marne au Rhin. Les quartiers strasbourgeois mitoyens sont le Wacken et le quartier européen, la Neustadt et l'Île aux Épis. À l'ouest se trouvent les communes de Hœnheim, Bischheim et Schiltigheim.

Population[modifier | modifier le code]

Longtemps terre insalubre appréciée des seuls pêcheurs, la Robertsau a connu une croissance démographique continue[2]. D'après les registres paroissiaux, la population du quartier peut être estimée à environ 1 000 personnes en 1700[2]. En 1900 il y en avait 8 000[2].

Lors du recensement réalisé par l'INSEE en 1999, la Robertsau comptait 22 567 habitants, soit 8,5 % de la population strasbourgeoise[1]. En dépit d'une perte de population concernant la Cité de l'Ill où sont concentrés 90 % des logements aidés, le quartier enregistre ainsi une progression de 16 % par rapport au recensement précédent (1990), soit trois fois supérieure à celle observée sur l'ensemble de la ville.

Historique[modifier | modifier le code]

Le chevalier Robert Bock y construisit un château aux alentours de l'an 1200. On lui doit le nom du quartier – nommé Ruprechtsau en allemand –, de son axe principal, la rue Boecklin[1], et celui d'une rue adjacente, la rue du chevalier Robert.

Un fort avancé appelé Fort-Louis fut construit par Vauban sur une île formant la Robertsau. Ce fort était destiné à la défense de la ville de Strasbourg à la veille de la guerre de la ligue d'Augsbourg.

Le site était initialement traversé par de nombreux bras de l'Ill et du Rhin et occupé par une partie de la forêt rhénane, qui subsiste aujourd'hui au nord du quartier. Ses fréquentes inondations ont entraîné une apparition tardive de l'urbanisation, au cours du XIXe siècle. Elle fut le fait de maraîchers, dont les exploitations ont été progressivement remplacées par un habitat pérenne et peu à peu par des villégiatures de riches Strasbourgeois. En septembre 1940, une partie des habitants s'est repliée en Dordogne dont près de 200 à Saint-Martial-d’Albarède [3].La population actuelle du quartier est caractérisée par des revenus supérieurs à la moyenne de la ville, à l'exception d'une cité sociale (la Cité de l'Ill), construite dans les années 1960 dans sa frange ouest.

Petits immeubles cotoyant des maisons à colombages dans la rue des Jardiniers

Son isolement, son caractère verdoyant et sa réputation de quartier aisé sont à l'origine de son attractivité et ont favorisé le récent développement du quartier. Cette forte pression foncière se heurte cependant à plusieurs contraintes, à commencer par l'inondabilité du site, que ce soit par remontée de nappe ou par submersion. Les rares terres non-inondables disponibles sont par ailleurs frappées de restrictions, voire d'interdiction d'urbanisation, du fait de la proximité d'installations industriello-portuaires à l'est (le port aux pétroles) et de leurs périmètres Seveso et de boil over. De plus, la faible accessibilité du quartier (peu de ponts franchissant ses frontières naturelles et une absence de transport en commun en site propre) imposent de contrôler le développement du quartier pour limiter la saturation de son réseau.

Tram : terminus de la ligne E (Boecklin)

Enfin, la densification récente du quartier a eu pour corollaire l'affaiblissement de ses caractéristiques patrimoniales et urbaines, du fait de la disparition progressive des maraîchers et de certaines villas et maisons vernaculaires au profit de constructions plus banales, voire dans certains cas, de lotissements pavillonnaires au cours des années 1980 et 1990 (quartier de la Renaissance).

Depuis novembre 2007, l'entrée de la Robertsau est reliée au centre-ville par la ligne de tram E.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Château de Pourtalès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Pourtalès.

Le monument le plus remarquable de la Robertsau est le Château de Pourtalès avec son grand parc de style jardin anglais.

Kaysersguet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kaysersguet.

Maisons à colombages[modifier | modifier le code]

Le quartier a conservé des maisons à colombages dont plusieurs abritent aujourd'hui des restaurants.

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Églises[modifier | modifier le code]

La Robertsau possède deux églises, l'église protestante construite en 1864[4], et l'église catholique – nommée église Saint-Louis de la Robertsau.

Cimetières[modifier | modifier le code]

Vestiges de l'ancien monument aux morts au cimetière Saint-Louis (Alfred Marzolff)
Centre funéraire et plan d'eau du Cimetière Nord

Le quartier est doté de deux cimetières, le Cimetière Saint-Louis et le Cimetière Nord. Le Cimetière Saint-Louis et le nouveau monument aux morts se trouvent au début de la Robertsau. Créé au XIVe siècle, c'est à la fois le plus ancien et le plus petit (1 ha) cimetière de Strasbourg[5]. Outre les habitants du quartier, y sont inhumées plusieurs personnalités liées à l'histoire de Strasbourg, telles que le pathologiste Friedrich Daniel von Recklinghausen (1833-1910), Heinrich Ludwig Kayser (1833-1904), fondateur des Neueste Nachrichten – ancêtre des Dernières Nouvelles d'Alsace –, et propriétaire du domaine Kaysersguet, l'éditeur Karl Trübner (1846-1907) ou le philologue Johann Heinrich Hubschmann (1848-1908). Le cimetière privé de la famille de Pourtalès est accolé à la nécropole.

Comme son nom le suggère, le Cimetière Nord est situé plus au nord, à proximité de la Cité de l'Ill. Avec une superficie de 18 hectares, c'est le plus grand de la ville. Conçu comme un jardin à la française, il a été créé en 1917[6]. Le cimetière héberge notamment les tombes du défenseur de l'Alsace française Pierre Bucher (1869-1921), de l'historien d'art Hans Haug (1890-1965) et du doyen de la Faculté de Pharmacie Auguste Sartory (1881-1950).

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

La Robertsau abrite un hôpital public et une clinique privée.

Hôpital de la Robertsau 
La clinique Sainte-Anne

L'Hôpital est une composante des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS).

Clinique Sainte-Anne 

Créé en 1927[7], d'abord en tant que clinique d'accouchement, Sainte-Anne est aujourd'hui un établissement privé à but non lucratif, rattaché au Groupe Hospitalier Saint Vincent/Fondation Vincent de Paul, avec 276 lits, places et postes[8]. Outre sa vocation historique – la maternité où naissent environ 2 000 enfants chaque année –, la clinique accueille de nombreuses autres spécialités chirurgicales et médicales spécialisées.

Éducation[modifier | modifier le code]

Grâce à l'historien Rodolphe Reuss qui publia en 1879 Les tribulations d'un maître d'école de la Robertsau pendant la Révolution[9], on connaît les déboires de Jean Martin Schwoerer, instituteur à la Robertsau pendant la Révolution française.

Aujourd'hui le quartier est doté de plusieurs écoles et d'un collège, ainsi que de logements destinés aux étudiants.

Écoles 
Le Collège de la Robertsau

Plusieurs établissements accueillent des classes maternelles et primaires publiques : École de la Robertsau (rue Adler), École Pourtalès (rue de la Roue), École de la Niederau (rue de la Papeterie), École Édouard Branly (rue de l'abbé Wetterlé, Wacken).

Collège de la Robertsau 

Orné de tours et de pignons médiévaux, le bâtiment a été construit en 1902[10].

Enseignement supérieur 

Une cité universitaire (route de la Wantzenau) construite en 1966[11] et une résidence universitaire ont élu domicile à la Robertsau.

Économie[modifier | modifier le code]

Papeterie fondée en 1590

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c ADEUS, Plan local d'urbanisme de Strasbourg 2025, juillet 2009, 12 p. [1]
  2. a, b et c Bernard Irrmann, La Robertsau, côté village, B. Irrmann, Strasbourg, 2008, p. 131 (ISBN 978-2-9528799-0-3)
  3. F.A. Boddart. Saint-Martial-d'Albarède, village du pays d'Excideuil en Haut-Périgord : le paradoxe du pauvre mais bon terroir, 2012.
  4. E. Basset, Centenaire de l'église protestante de La Robertsau : 1864-1964. Culte solennel à l'occasion du centenaire de la consécration de l'église, le dimanche 21 juin 1964 à 14 heures 30 ; suivi de Aperçu historique sur la paroisse, Strasbourg, 1964, 19 p.
  5. Cimetière Saint-Louis [2]
  6. Cimetière Nord [3]
  7. Historique de la clinique Sainte-Anne [4]
  8. Site de la clinique Sainte-Anne [5]
  9. Texte intégral sur Gallica [6]
  10. Clément Keller, « L'architecture scolaire : histoire de la construction des écoles à Strasbourg » (CRDP d'Alsace) [7]
  11. Site de la Cité universitaire de la Robertsau [8]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond Basset (Pasteur), Centenaire de l'église protestante de La Robertsau : 1864-1964. Culte solennel à l'occasion du centenaire [1864-1964] de la consécration de l'église le dimanche 21 juin 1964 à 14 heures 30 ; suivi de Aperçu historique sur la paroisse, Paroisse de La Robertsau, Strasbourg, 1964, 19 p.
  • Arthur Beyler, Historique de la Robertsau, Strasbourg, 1955, 260 p.
  • Laura Biteaud, De soi à l'autre, comment vivre ensemble ? : analyse sociologique des sociabilités contemporaines dans un quartier strasbourgeois, la Robertsau, Université de Strasbourg 2, 2006, 2 vol. (thèse de Sociologie)
  • Christophe Fischbach, Étude sur la population d'un quartier extra-muros de Strasbourg : la Robertsau, 1800-1870, Université Strasbourg 2, 1990 (mémoire de maîtrise d'Histoire)
  • Pierre Guntz, L'hôpital de la Robertsau des origines à nos jours, Université Strasbourg 1, 1996, 94 p. (thèse de Médecine)
  • Bernard Irrmann, La Robertsau, côté village, B. Irrmann, Strasbourg, 2008, 175 p. (ISBN 978-2-9528799-0-3)
  • Jean-Marie Holderbach, Benoît Jordan, Louis Ludes et al., Strasbourg-Robertsau, cimetière Saint-Louis, Ville de Strasbourg, 2008, 55 p.
  • Jean Mérat, Espace… action. Un scénario urbain entre ville et banlieue, les fronts de la Robertsau, École d'architecture de Strasbourg, 1984, 155 p. (thèse)
  • Pauline de Broglie, comtesse de Pange, « L'Académie de la Robertsau » in L'Abri du souvenir, Cercle culturel, Versailles, 1967, p. 30-32
  • Robert Pfister, Métamorphose d'un village : la Robertsau de 1900 à nos jours, Éd. de la Tour Blanche, Wissembourg, 1984, 260 p. (ISBN 2-86587-000-6)
  • Stéphane Rehlinger, Le cimetière Nord de Strasbourg-Robertsau : conception et réalisation architecturale d'un cimetière, Université Strasbourg 2, 2003, 2 vol., 117 p. + pl. (mémoire de maîtrise d'Histoire de l'art)
  • Théodore Rieger, Gilbert Bronner, Léon Daul et Louis Ludes, Les faubourgs de Strasbourg : de la Belle Époque aux Années Folles, G4J, 2003, 214 p. (ISBN 2-913468-20-9)
  • Freddy Sarg, Aspects de la Robertsau, Oberlin, Strasbourg, 1981, 69 p. (ISBN 2-85369-015-6)
  • Freddy Sarg, Francis Knaus, Jean Willer et Patrick Hamm, La Robertsau et ses quartiers environnants vers 1900, Le Verger, Strasbourg, 1988, 172 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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