Robertsau

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Robertsau
Presbytère de l’Église Saint-Louis de la Robertsau
Presbytère de l’Église Saint-Louis de la Robertsau
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Ville Strasbourg
Canton Canton de Strasbourg-5
Fonctions urbaines Vieux Quartier
Étapes d’urbanisation Place militaire dès le XIIe siècle ;
Urbanisation au XIXe siècle ;
Construction du port aux pétroles en 1927
Géographie
Coordonnées 48° 36′ 20″ N 7° 47′ 06″ E / 48.605674, 7.78492948° 36′ 20″ Nord 7° 47′ 06″ Est / 48.605674, 7.784929  
Cours d’eau l'Ill
Site(s) touristique(s) Château de Pourtalès
quartier européen de Strasbourg
Transport
Tramway E
Bus 6 - 15 - 15a - 30 - 70 - 72 - navette
Localisation

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La Robertsau (en allemand Ruprechtsau ; en latin Ruperti Augia) est le quartier le plus septentrional de Strasbourg, autrefois maraîcher et aujourd'hui essentiellement résidentiel.

Administrativement la Robertsau est regroupée avec le Wacken et la cité de l'Ill pour former l'ensemble Robertsau - Wacken[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le quartier couvre 1 810 ha, soit 23 % du territoire communal de Strasbourg (7 826 ha)[2]. Il est délimité à l'ouest par l'Ill, au nord par la forêt de la Robertsau, à l'est par le Rhin et au sud par le canal de la Marne au Rhin. Les quartiers strasbourgeois mitoyens sont le Wacken, le quartier de l'Orangerie, le quartier du Conseil des XV et la cité de l'Ill. À l'ouest se trouvent les communes de Hœnheim, Bischheim et Schiltigheim.

Population[modifier | modifier le code]

Longtemps terre insalubre appréciée des seuls pêcheurs, la Robertsau a connu une croissance démographique continue[3]. D'après les registres paroissiaux, la population du quartier peut être estimée à environ 1 000 personnes en 1700[3]. En 1900 il y en avait 8 000[3].

En 1990 le quartier comptait 18 000 habitants[4]. Lors du recensement réalisé par l'INSEE en 1999, la Robertsau comptait 22 567 habitants, soit 8,5 % de la population strasbourgeoise[2]. En dépit d'une perte de population concernant la cité de l'Ill où sont concentrés 90 % des logements aidés, le quartier enregistre ainsi une progression de 16 % par rapport au recensement précédent (1990), soit trois fois supérieure à celle observée sur l'ensemble de la ville.

Ses habitants sont appelées les Robertsauviens et les Robertsauviennes.

Historique[modifier | modifier le code]

Le chevalier Robert Bock y construisit un château aux alentours de l'an 1200. On lui doit le nom du quartier – nommé Ruprechtsau en allemand –, de son axe principal, la rue Boecklin[2], et celui d'une rue adjacente, la rue du chevalier Robert.

Un fort avancé appelé Fort-Louis fut construit par Vauban sur une île formant la Robertsau. Ce fort était destiné à la défense de la ville de Strasbourg à la veille de la guerre de la ligue d'Augsbourg.

Le site était initialement traversé par de nombreux bras de l'Ill et du Rhin et occupé par une partie de la forêt rhénane, qui subsiste aujourd'hui au nord du quartier. Ses fréquentes inondations ont entraîné une apparition tardive de l'urbanisation, au cours du XIXe siècle. Elle fut le fait de maraîchers, dont les exploitations ont été progressivement remplacées par un habitat pérenne et peu à peu par des villégiatures de riches Strasbourgeois. En septembre 1940, une partie des habitants s'est repliée en Dordogne dont près de 200 à Saint-Martial-d’Albarède [5]. La population actuelle du quartier est caractérisée par des revenus supérieurs à la moyenne de la ville, à l'exception d'une cité sociale, la cité de l'Ill, construite dans les années 1960 dans sa frange nord-ouest.

Le port aux pétroles et le Bassin Albert Auberger, à l'est, sont construits en 1927. Bombardé durant la Seconde Guerre mondiale, le port aux pétroles est agrandi dans les années 1960.

Le nombre d'exploitations maraichères a considérablement chuté depuis les années 1960. On comptait 69 exploitations en 1960, 56 en 1967, 28 en 1984 et une quinzaine au milieu des années 1990[4].

Petits immeubles côtoyant des maisons à colombages dans la rue des Jardiniers

Son isolement, son caractère verdoyant et rural, la proximité des institutions européennes et sa réputation de quartier aisé sont à l'origine de son attractivité et ont favorisé le récent développement du quartier. Cette forte pression foncière se heurte cependant à plusieurs contraintes, à commencer par l'inondabilité du site, que ce soit par remontée de nappe ou par submersion. Les rares terres non-inondables disponibles sont par ailleurs frappées de restrictions, voire d'interdiction d'urbanisation, du fait de la proximité d'installations industrielles et portuaires à l'est (le port aux pétroles) et de leurs périmètres Seveso et de boil over. De plus, la faible accessibilité du quartier (seuls trois ponts routiers permettent d'accéder au quartier et une absence de transport en commun en site propre) imposent de contrôler le développement du quartier pour limiter la saturation de son réseau.

Tram : Robertsau Boecklin terminus de la ligne E

Enfin, la densification récente du quartier a eu pour corollaire l'affaiblissement de ses caractéristiques patrimoniales et urbaines, du fait de la disparition progressive des maraîchers et de certaines villas et maisons vernaculaires au profit de constructions plus banales, voire dans certains cas, de lotissements pavillonnaires au cours des années 1980 et 1990 (quartier de la Renaissance).

Depuis novembre 2007, l'entrée sud de la Robertsau est desservie par la ligne E du tram via les stations Droits de l'Homme et Robertsau Boecklin. Celle-ci devrait être prolongée vers le centre du quartier d'ici 2016. Cette extension pourrait également s'accompagner de deux lignes de Bus à Haut Niveau de Service[6].

Le quartier était jadis traversé par le canal des Français. Construit en 1707, pour un usage militaire, il reliait la Citadelle de Strasbourg à l'Ill au niveau du Fuchs am Buckel. Il perd sa fonction militaire dès 1714[7]. Abandonné, il a quasiment disparu dans les années 1960 provoquant notamment l'asséchement des étangs du Parc de Pourtalès. Un projet de remise en eau est en cours depuis 2012. Son tracé constitue la limite à l’urbanisation du quartier[8][9].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Château de Pourtalès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Pourtalès.
Le château de Pourtalès

Le monument le plus remarquable de la Robertsau est le Château de Pourtalès avec son grand parc de style jardin anglais.

Ferme Bussière[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ferme Bussière.

Au nord du Parc de Pourtalès, cette ancienne ferme accueille aujourd'hui le Centre d'initiation à l'environnement de la ville de Strasbourg.

Maisons à colombages[modifier | modifier le code]

Le quartier a conservé des maisons à colombages dont plusieurs abritent aujourd'hui des restaurants.

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

La Robertsau possède deux églises, l'Église protestante de la Robertsau construite en 1864[10], et l'église catholique – nommée église Saint-Louis de la Robertsau (pour la distinguer de l'église Saint-Louis en ville).

Cimetières[modifier | modifier le code]

Le quartier est doté de deux cimetières, le Cimetière Saint-Louis et le Cimetière Nord. Le Cimetière Saint-Louis et le nouveau monument aux morts se trouvent au début de la Robertsau. Créé au XIVe siècle, c'est à la fois le plus ancien et le plus petit (1 ha) cimetière de Strasbourg[11]. Outre les habitants du quartier, y sont inhumées plusieurs personnalités liées à l'histoire de Strasbourg, telles que le pathologiste Friedrich Daniel von Recklinghausen (1833-1910), Heinrich Ludwig Kayser (1833-1904), fondateur des Neueste Nachrichten – ancêtre des Dernières Nouvelles d'Alsace –, et propriétaire du domaine Kaysersguet, l'éditeur Karl Trübner (1846-1907) ou le philologue Johann Heinrich Hubschmann (1848-1908). Le cimetière privé de la famille de Pourtalès est accolé à la nécropole.

Comme son nom le suggère, le Cimetière Nord est situé plus au nord, à proximité de la cité de l'Ill. Avec une superficie de 18 hectares, c'est le plus grand de la ville. Conçu comme un jardin à la française, il a été créé en 1917[12]. Le cimetière héberge notamment les tombes du défenseur de l'Alsace française Pierre Bucher (1869-1921), de l'historien d'art Hans Haug (1890-1965) et du doyen de la Faculté de Pharmacie Auguste Sartory (1881-1950).

Quartier européen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quartier européen de Strasbourg.

La partie sud de la Robertsau, bordée par l'Ill et le canal de la Marne au Rhin, est intégrée au quartier européen de Strasbourg. Plusieurs bâtiments des institutions européennes s'y trouvent: le Palais des Droits de l'Homme, la Pharmacopée européenne, l'Agora du Conseil de l'Europe ainsi que l'Institut international des droits de l'homme, installé dans un ancien relais postal. La ville a réaménagé l'ancien domaine du Kaysersguet pour en faire un "Lieu d'Europe".

Espaces verts et forêts[modifier | modifier le code]

La Robertsau est parfois surnommée « le jardin de Strasbourg », c'est en effet le quartier le plus vert de la ville. Outre la Forêt de la Robertsau et le Parc de Pourtalès et ses 24 hectares, le parc de la Petite-Orangerie est situé au centre du quartier. ÀA l'entrée sud se trouve le parc de la villa du Kaysersguet nommé parc Henri-Louis Kayser. De nombreux sentiers sont également aménagés au bord des cours d'eau qui traversent le quartier.

Édifices publics[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

La clinique Sainte-Anne

Un hôpital public et une clinique privée sont installés à la Robertsau:

Hôpital de la Robertsau 

Ancien sanatorium Saint-François construit en 1910 et vendu aux Hospices Civils en 1919[13]. Il est composé de 8 bâtiments répartis sur 10 hectares et rattaché aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS).

Clinique Sainte-Anne 

Créé en 1927[14], d'abord en tant que clinique d'accouchement, Sainte-Anne est aujourd'hui un établissement privé à but non lucratif, rattaché au Groupe Hospitalier Saint Vincent/Fondation Vincent de Paul, avec 276 lits, places et postes[15]. Outre sa vocation historique – la maternité où naissent environ 2 000 enfants chaque année –, la clinique accueille de nombreuses autres spécialités chirurgicales et médicales spécialisées.

Éducation[modifier | modifier le code]

Le Collège de la Robertsau

Grâce à l'historien Rodolphe Reuss qui publia en 1879 Les tribulations d'un maître d'école de la Robertsau pendant la Révolution[16], on connaît les déboires de Jean Martin Schwoerer, instituteur à la Robertsau pendant la Révolution française.

L'École européenne de Strasbourg doit emménager dans le quartier en 2015 après la construction d'un nouveau bâtiment situé à proximité des Institutions européennes[17].

Aujourd'hui le quartier est doté de plusieurs écoles et d'un collège, ainsi que de logements destinés aux étudiants.

Écoles 

Plusieurs établissements accueillent des classes maternelles et primaires publiques : École de la Robertsau (rue Adler), École Pourtalès (rue de la Roue), École de la Niederau (rue de la Papeterie), École Édouard Branly (rue de l'abbé Wetterlé au Wacken).

Collège de la Robertsau 

De style néo-gothique, orné de tours et de pignons médiévaux, le bâtiment a été construit en 1902[18].

Enseignement supérieur 

Une cité universitaire (route de la Wantzenau) construite en 1966[19] et une résidence universitaire se trouvent à la Robertsau.

Autres[modifier | modifier le code]

Papeterie de la Robertsau

Le Bureau de Poste de Strasbourg-Roberstau est situé au 58 rue Boecklin. La Piscine de la Robertsau, ouverte en 1977, est située au nord du quartier près de la Clinique Sainte-Anne[20].

Un marché se tient les jeudis et samedis sur la place du Corps-de-Garde[21].

L'ancien Séminaire de la Communauté des Missionnaires du Sacré Coeur, rue de l'Aubépine, abrite aujourd'hui la Compagnie républicaine de sécurité n°37 (CRS). Le bureau de police de Strasbourg-Robertsau se trouve au n°9 rue de la Papeterie. L'ancienne Gendarmerie a été démolie début 2014[22].

La Papeterie LANA est fondée en 1590 dans les Vosges, elle s'implante à la Robertsau en 1872[23].

Enfin le centre culturel Saint-Thomas est installé dans une ancienne maison de campagne pour les séminaristes au sud du quartier[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/39/15_quartiers_Strasbourg.svg
  2. a, b et c ADEUS, Plan local d'urbanisme de Strasbourg 2025, juillet 2009, 12 p. [1]
  3. a, b et c Bernard Irrmann, La Robertsau, côté village, B. Irrmann, Strasbourg, 2008, p. 131 (ISBN 978-2-9528799-0-3)
  4. a et b « Plan d'Occupation des Sols de Strasbourg - Rapport de présentation Robertsau »
  5. F.A. Boddart. Saint-Martial-d'Albarède, village du pays d'Excideuil en Haut-Périgord : le paradoxe du pauvre mais bon terroir, 2012.
  6. http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2013/06/20/politique/le-tram-e-traverser-la-robertsau/
  7. Courrier des lecteurs, DNA du 20/03/2012.
  8. Canal des Français: retour aux sources, DNA du 8/03/2012.
  9. Le miroir de Pourtalès, DNA du 21/11/2014.
  10. E. Basset, Centenaire de l'église protestante de La Robertsau : 1864-1964. Culte solennel à l'occasion du centenaire de la consécration de l'église, le dimanche 21 juin 1964 à 14 heures 30 ; suivi de Aperçu historique sur la paroisse, Strasbourg, 1964, 19 p.
  11. Cimetière Saint-Louis [2]
  12. Cimetière Nord [3]
  13. Les Hospice Civils de Strasbourg, Tome I, 1932
  14. Historique de la clinique Sainte-Anne [4]
  15. Site de la clinique Sainte-Anne [5]
  16. Texte intégral sur Gallica [6]
  17. Site de l'école européenne de Strasbourg.
  18. Clément Keller, « L'architecture scolaire : histoire de la construction des écoles à Strasbourg » (CRDP d'Alsace) [7]
  19. Site de la Cité universitaire de la Robertsau [8]
  20. Piscine de la Robertsau sur le site de la ville.
  21. Marchés et brocantes sur le site de la ville.
  22. Le blog de la Robertsau.
  23. Site de LANA Papier.
  24. Site du centre Saint-Thomas.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond Basset (Pasteur), Centenaire de l'église protestante de La Robertsau : 1864-1964. Culte solennel à l'occasion du centenaire [1864-1964] de la consécration de l'église le dimanche 21 juin 1964 à 14 heures 30 ; suivi de Aperçu historique sur la paroisse, Paroisse de La Robertsau, Strasbourg, 1964, 19 p.
  • Arthur Beyler, Historique de la Robertsau, Strasbourg, 1955, 260 p.
  • Laura Biteaud, De soi à l'autre, comment vivre ensemble ? : analyse sociologique des sociabilités contemporaines dans un quartier strasbourgeois, la Robertsau, Université de Strasbourg 2, 2006, 2 vol. (thèse de Sociologie)
  • Christophe Fischbach, Étude sur la population d'un quartier extra-muros de Strasbourg : la Robertsau, 1800-1870, Université Strasbourg 2, 1990 (mémoire de maîtrise d'Histoire)
  • Pierre Guntz, L'hôpital de la Robertsau des origines à nos jours, Université Strasbourg 1, 1996, 94 p. (thèse de Médecine)
  • Bernard Irrmann, La Robertsau, côté village, B. Irrmann, Strasbourg, 2008, 175 p. (ISBN 978-2-9528799-0-3)
  • Jean-Marie Holderbach, Benoît Jordan, Louis Ludes et al., Strasbourg-Robertsau, cimetière Saint-Louis, Ville de Strasbourg, 2008, 55 p.
  • Jean Mérat, Espace… action. Un scénario urbain entre ville et banlieue, les fronts de la Robertsau, École d'architecture de Strasbourg, 1984, 155 p. (thèse)
  • Pauline de Broglie, comtesse de Pange, « L'Académie de la Robertsau » in L'Abri du souvenir, Cercle culturel, Versailles, 1967, p. 30-32
  • Robert Pfister, Métamorphose d'un village : la Robertsau de 1900 à nos jours, Éd. de la Tour Blanche, Wissembourg, 1984, 260 p. (ISBN 2-86587-000-6)
  • Stéphane Rehlinger, Le cimetière Nord de Strasbourg-Robertsau : conception et réalisation architecturale d'un cimetière, Université Strasbourg 2, 2003, 2 vol., 117 p. + pl. (mémoire de maîtrise d'Histoire de l'art)
  • Théodore Rieger, Gilbert Bronner, Léon Daul et Louis Ludes, Les faubourgs de Strasbourg : de la Belle Époque aux Années Folles, G4J, 2003, 214 p. (ISBN 2-913468-20-9)
  • Freddy Sarg, Aspects de la Robertsau, Oberlin, Strasbourg, 1981, 69 p. (ISBN 2-85369-015-6)
  • Freddy Sarg, Francis Knaus, Jean Willer et Patrick Hamm, La Robertsau et ses quartiers environnants vers 1900, Le Verger, Strasbourg, 1988, 172 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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