Guerres de Liège

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Le territoire de la Principauté de Liège (en vert) séparant en deux le territoire des Pays-Bas bourguignons (en orange)

Les guerres de Liège sont 3 rébellions de la Principauté de Liège contre le duché de Bourgogne en expansion dans les années 1460.

Causes[modifier | modifier le code]

Dans la première moitié du XVe siècle, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, devenait souverain d'une grande partie des Pays-Bas, devenant ainsi les Pays-Bas bourguignons.

En 1456, Philippe le Bon essaya d'étendre son influence à la Principauté de Liège. Grâce à ses excellentes relations avec le pape Calixte III, il fait remplacer le prince-évêque Jean de Heinsberg par son neveu de 18 ans Louis de Bourbon. Louis de Bourbon poursuivit ses études à l'Université de Louvain pour 7 années de plus, Philippe le Bon régna alors de facto sur Liège.

Première Guerre de Liège en 1465[modifier | modifier le code]

Entre temps, la résistance de la Principauté s'intensifia. Raes van Heers, chef de file de la résistance, communiqua avec le roi de France Louis XI, qui promit son soutien. Lorsque Louis de Bourbon prit finalement ses fonctions en tant que prince-évêque en 1465, il fut immédiatement déposé par les États de Liège. Raes van Heers fut incapable de contrôler la population rebelle, qui pilla les terres d'Outremeuse qui appartenaient au duc de Bourgogne.

Philippe le Bon envoya une armée sous le commandement de son fils Charles le Téméraire à Liège pour rétablir son autorité. Raes van Heers rassembla une armée de 4 000 hommes, pour la plupart des civils, qui combattit Charles le Téméraire lors de la bataille de Montenaken le 20 octobre 1465. La bataille fut une victoire écrasante pour les Bourguignons. Charles continua à occuper Saint-Trond, où la Paix de Saint-Trond fut signée dans laquelle Liège perdit tous ses droits et Louis de Bourbon reprit son titre de prince-évêque.

Article détaillé : Bataille de Montenaken.

Deuxième Guerre de Liège en 1467[modifier | modifier le code]

Les troubles dans la Principauté liégeoise ne disparurent pas pour autant. En 1466, la ville de Dinant se rebella et Philippe le Bon envoya son fils Charles le Téméraire, qui punit la ville en jetant 800 bourgeois dans la Meuse et en mettant le feu à la ville.

Lorsque Philippe mourut en 1467, des troubles éclatèrent dans la ville de Liège et Louis de Bourbon fut contraint de fuir à Huy. Là aussi, il ne fut pas épargné et dut fuir la Principauté avec l'ensemble des Bourguignons. Une nouvelle fois, Raes van Heers, accompagné du comte Jean de Wilde, seigneur de Kessenich, leva une armée pour faire face à Charles le Téméraire. Mais de nouveau, les renforts promis par Louis XI de France n'arrivèrent jamais, et les troupes de Liège furent vaincues de manière décisive lors de la bataille de Brustem du 28 octobre 1467.

Après la bataille, Charles se rendit à ​​Liège et força la ville à se rendre sur le 12 novembre 1467. La Principauté de Liège est devenue un protectorat bourguignon sous Guy de Humbercourt et toutes les villes dans le comté de Looz furent contraintes de retirer leurs défenses.

Article détaillé : Bataille de Brustem.

Troisième Guerre de Liège en 1468[modifier | modifier le code]

Malgré sa défaite, le peuple de Liège refusa d'accepter la domination bourguignonne. En octobre 1468, 240 combattants de la liberté sous Jean de Wilde, Vincent de Bueren et Gosuin de Streel, envahirent la ville. Dans la confusion, Guy de Humbercourt et l'ensemble de la garnison bourguignonne prirent la fuite de la ville. Liège fut libre et Jean de Wilde occupa le Palais des Princes-Évêques.

Une nuit, une milice liégeoise attaqua Tongres et tua tous les Bourguignons. Après cela, Jean de Wilde commença des négociations avec Guy de Humbercourt. Mais Charles le Téméraire avait d'autres plans : il dirigea une armée en direction de Liège pour mater une fois pour toutes la ville rebelle. Il était accompagné par le roi Louis XI de France. Plusieurs villes sur leur chemin furent pillés, y compris Tongres. Le 22 octobre, les cinq cents hommes d'une milice qui avaient essayé d'arrêter les Bourguignons dans le village de Lantin, furent conduits dans une église et brûlés vifs. Vincent de Bueren organisa la défense de la ville de Liège et obtint quelques succès. Jean de Wilde fut mortellement blessé lors du raid du 26 octobre et mourut deux jours plus tard. Dans la nuit du 29 octobre, les Six cents Franchimontois sortirent furtivement de la ville et attaquèrent les Bourguignons, dans le but de tuer le duc et le roi. Le plan échoua et les 600 hommes, dont Vincent de Bueren et Gosuin de Streel, furent tous tués. Le lendemain, en guise de représailles, la ville de Liège fut mise à sac et incendiée[1]'[2].

Article détaillé : Six cents Franchimontois.

Fin de la domination bourguignonne[modifier | modifier le code]

En 1477, Charles le Téméraire fut tué dans la bataille de Nancy et remplacé par sa fille de dix-neuf ans, Marie de Bourgogne. Marie fut immédiatement attaquée par la France et se tourna vers les États généraux des Pays-Bas. L'aide lui fut accordée mais Marie dut concéder le Grand Privilège, en abandonnant les politiques centralisées de son père et grand-père. Liège en bénéficia également et Marie renonça à tous ses droits sur la Principauté de Liège le 19 mars 1477. Louis de Bourbon resta le prince-évêque jusqu'à son assassinat le 30 août 1482 par Guillaume de La Marck, soutenu par Louis XI de France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve encore à Liège des maisons avec d'imposants colombages qui seraient l'oeuvre de charpentiers bourguignons (Philippe Bodeux, « Les pans de bois, oubliés du patrimoine liégeois », sur LeSoir.be.
  2. En mai 1212, Henri Ier de Brabant a également mis Liège à sac. C'est le début de la guerre entre la Principauté de Liège et le Duché de Brabant (fin en 1214).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]