Yolande de France

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Yolande de France
Titre
Duchesse consort de Savoie
29 janvier 146530 mars 1472
(7 ans, 2 mois et 1 jour)
Prédécesseur Anne de Lusignan
Successeur Blanche-Marie Sforza
Régente du duché de Savoie
30 mars 147223 août 1478
(6 ans, 4 mois et 24 jours)
Prédécesseur Amédée IX
Successeur Philibert Ier
Biographie
Dynastie Maison capétienne de Valois
Date de naissance 23 septembre 1434
Lieu de naissance Tours (Touraine)
Date de décès 23 août 1478 (à 43 ans)
Lieu de décès Chambéry (Savoie)
Sépulture Cathédrale de Verceil
Père Charles VII
Mère Marie d'Anjou
Conjoint Amédée IX de Savoie
Enfant(s) Louis
Anne
Charles
Philibert Ier
Marie
Louise
Charles Ier
Jacques Louis
Jean-Claude Galléas

Yolande de France ou Yolande de Valois, née à Tours le 23 septembre 1434, morte à Chambéry le 23 août 1478, fut duchesse consort de Savoie puis régente du duché pour son fils Philibert. Elle est la fille de Charles VII, roi de France, et de Marie d'Anjou.

Mariage et descendants[modifier | modifier le code]

Elle épousa en 1452 Amédée IX (1435 † 1472), duc de Savoie, comte d'Aoste, prince du Piémont, et eut :

  • Louis (1453 † 1453)
  • Anne (1455 † 1480), son contrat du mariage avec Frédéric Ier (1452 † 1504) roi de Naples fut signé le 1er septembre 1478 à la Lande, au diocèse de Chartres. Les célébrations auraient été effectuées plus tard[1].
  • Charles (1456 † 1471), prince de Piémont
  • Philibert Ier (1465 † 1482), duc de Savoie, comte d'Aoste et prince du Piémont
  • Marie († 1511), mariée en 1476 avec Philippe, margrave de Bade-Hachberg (1454 † 1503), puis avec Jacques d'Assay, seigneur du Plessis
  • Louise (1462 † 1503), mariée en 1479 avec Hugues de Chalon, seigneur d'Orbe († 1490)
  • Bernard (1467 † 1467)
  • Charles Ier (1468 † 1490), duc de Savoie, comte d'Aoste et prince du Piémont
  • Jacques Louis (1470 † 1485), marquis de Gex
  • Jean-Claude Galléas (1472 † 1472)

Talent en tant que gouverneur[modifier | modifier le code]

Son mari était peu disposé à gouverner ses états, étant de faible constitution, sujet à l'épilepsie et préférant s'adonner à la piété. Il laissa Yolande, vive et énergique, gouverner afin de mieux faire face aux barons savoyards en opposition ouverte. Veuve, elle assura la régence du duché jusqu'en 1478 au nom de son fils Philibert Ier.

Sa politique[modifier | modifier le code]

Elle eut à faire face à l'ambition de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Traditionnellement, les ducs de Savoie étaient alliés aux confédérés suisses, mais la puissance montante du duc de Bourgogne laissait présager un fructueux accord. Elle pencha pour le Bourguignon[2], qui risquait en outre de la prendre en tenaille par un accord entre la Bourgogne et le Milanais ; son frère Louis XI de France chercha à la renverser et à instaurer Philippe de Bresse comme régent. Toutefois, la duchesse dut payer le prix. Après les défaites du Téméraire à Grandson et Morat en 1476, elle était allée voir le duc de Bourgogne qui lui reprocha une alliance secrète avec la France. Elle refusa. Au comble de la colère, Charles la fit enlever par son capitaine, Olivier de la Marche, et la garda prisonnière au château de Rouvres. Heureusement que le jeune duc Philibert Ier de Savoie avait été caché dans un champ de blé par les fidèles de la duchesse, et il regagna Chambéry[3].

Libération de la duchesse[modifier | modifier le code]

À la suite de la nouvelle, Louis XI dépêcha un certain nombre de troupes sur la frontière de Savoie. Finalement, le roi décida en septembre 1476 d'expédier Charles Ier d'Amboise et deux cents lances, confidentiellement, car il fallait que la libération ne fût pas considérée comme rupture de la trêve avec Charles le Téméraire signé en 1475. Amboise, un des meilleurs diplomates et militants du roi, réussit à libérer la veuve et ses enfants le 2 octobre. Mais, officiellement, c'était Yolande qui avait personnellement demandé à Charles d'Amboise d'envoyer ses gens[4],[5]. Louis XI était tellement joyeux que sa sœur et les enfants furent invités auprès de lui[6]. Le 29 octobre, accompagnés par Amboise, ils arrivèrent au Plessis-du-Parc-lèz-Tours[7]. Louis XI les accueillit, en grande pompe ainsi que chaleureusement, à la porte du château, en lui disant "Madame de la Bourgongne, vous soiez la tres bien venue". Elle lui répondit sagement qu'elle était une bonne Française et prête à obéir au roi en ce qu'il lui plairait de lui commander. Leur séjour ne dura qu'une semaine, car la duchesse comprenait excessivement ceux que le roi pensait, et vice versa. Donc, si "tous deux furent bien joyeulx de departir l'ung de l'aultre" après avoir prêté ensemble le serment, "et sont demourez comme bon frere et bonne seur, jusques a la mort"[8]. Après le décès de Yolande en 1478, c'était Louis XI qui soutint ses enfants, notamment leurs mariages selon ses vues politiques. Ainsi le roi réussit-il à contrôler étroitement, à la fin de son règne, la personne du jeune duc et les états de Savoie[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon deux lettres de Louis XI, ordonnant au seigneur de Bouchage d'amener Anne de Savoie à Montrichard, auprès de la reine Charlotte de Savoie, le mariage y aurait été célébré, après Pâques en 1479 ou 1480. Car le roi avait été en Oise, en mars 1478. "Et, pour ce que la royne s'en est allee a Monstrerichart, je vous prie que lui menez ma niepce, laquelle la fera coucher avecques elle, ou en sa chambre. Dictes a la royne qu'elle se rende ycy mercredy d'apres Pasques, ... Escript au Plessis du Parc lez Tours, le XXIIIIe jour de mars. LOYS. GASSAULT. (secrétaire) (Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome VIII, p.167-168, Librairie Renouard, Paris 1903, d'après Archives nationales, J 893, n°1). Louis XI avait constitué à sa nièce une dot de 12 000 livres de rente, hypothéquée sur les comtés de Roussillon et de Cerdagne à charge d'hommage (p.163-164, note n°2).
  2. http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA14 Lettres patentes de Louis XI, La Croix-Saint-Ouen, le 13 juin 1474, p.14, l.12 "la Duchesse de Savoye"
  3. Jean Favier, Louis XI p.711-712, Fayard, Paris 2001
  4. Jean Favier, Louis XI p.714, Fayard, Paris 2001
  5. À vrai dire, Louis XI écrit au duc de Milan le 9 octobre 1476 : "...Mon frere, a ceste heure ay receu lettres de ma seur, madame de Savoye, qui est arrivee a Langres et s'est eschappee des mains du duc de Bourgogne. Elle avoit envoye devers le gouverneur de Champagne lui prier qu'il lui envoyast des gens, mais il y est alle en personne...". (Archives de Milan, Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI tome VI p.92-93, Librairie Renouard, Paris 1898
  6. La même date, "Mia sorella, ... Ve richiedo, amica mia, veneteve ben tosto. ... Scripta al Plassisso del Barcho a Torse, a di VIIII° octobris (1476)." (traduction contemporaine, Archives de Milan.) Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI tome VI p.93-94, Librairie Renouard, Paris 1898
  7. Paul Murray Kendall, Louis XI p.363, Fayard, Paris 1974
  8. Philippe de Commynes, Mémoires Livre V chapitre IV, GF Flammarion p.166-169 (bilingue), Paris 2007
  9. Henri Dubois, Louis XI, lettres choisies p.13-14 Introduction, Librairie Générale Française, Paris 1996