Bugey
| Bugey | |
Le Grand Colombier, 1 538 m, point culminant du Bugey. |
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| Subdivision administrative | Rhône-Alpes |
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| Subdivision administrative | Ain |
| Ville(s) principale(s) | |
| Superficie approximative | 2 231 km2 |
| Commune(s) | 171 |
| Population totale | 175 341 hab. (2008[1]) |
| Région(s) naturelle(s) voisine(s) |
Dombes Bresse Pays de Gex Côtière |
| Région(s) et espace(s) connexe(s) | Arrondissement de Belley et arrondissement de Nantua |
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Situation du Bugey en France |
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Le Bugey est une région géographique et historique située principalement dans l'Ain, entre Lyon et Genève. Il fait partie des quatre principales régions naturelles du département de l'Ain avec la Bresse, la Dombes et le Pays de Gex. Il est subdivisé en deux sous-régions : le Haut-Bugey et le Bas-Bugey.
Ses habitants sont les Bugistes ou les Bugeysiens[Note 1].
Sommaire |
Géographie [modifier]
Frontières du Bugey [modifier]
Les frontières du Bugey sont délimitées par le coude du Rhône de l'est au sud ; à l'ouest, la rivière d'Ain marque la bordure occidentale. Les confins de la partie nord sont sujets à controverse. Le baron Achille Raverat, dans son ouvrage[2] publié en 1867 et traitant des vallées du Bugey, définit la limite nord à la Valserine ; l'usage généralement accepté est d'incorporer les communes du département de l'Ain au Bugey. La petite région du Revermont, étant située à l'ouest de la rivière l'Ain, ne fait pas partie du Bugey. La frontière entre Ain et Jura est donc celle du Bugey.
Haut-Bugey [modifier]
Le Haut-Bugey, ou « Bugey Noir », est la partie nord de la région du Bugey. Il forme approximativement un triangle entre les villes d'Oyonnax au nord, Poncin à l'ouest et Bellegarde-sur-Valserine à l'est. Il correspond à peu près à l'arrondissement de Nantua.
Bas-Bugey [modifier]
Le Bas-Bugey ou « Bugey blanc », est la partie sud de la région du Bugey. Le Bas-Bugey se trouve au sud de la ligne imaginaire Poncin-Bellegarde-sur-Valserine. Il correspond à peu près à l'arrondissement de Belley.
Petit-Bugey [modifier]
Le Petit-Bugey fait partie du Bugey historique, le « pagus Bellicensis » qui dépendait de l'évêché de Belley et, dès le XIe siècle, de la Maison de Savoie. Il est situé au sud-ouest de la Savoie. Les limites du Petit Bugey étaient formées par le Rhône, le canal de Savière, la Crête du mont du Chat et de la chaîne de l'Épine et le cours du Guiers. Le Petit-Bugey comprenait donc aussi une partie du canton de Ruffieux.
Par le traité de Lyon en 1601, le duc de Savoie avait perdu la majeure partie du Bugey, sauf cette partie situé sur la rive gauche du Rhône et qui est restée savoyarde. Malgré cette scission, le Petit-Bugey a continué à faire partie du diocèse de Belley jusqu'en 1804, date de sa réunion au diocèse de Chambéry par le Concordat. Ces principales villes sont Saint-Genix sur Guiers, Pont-de-Beauvoisin, Yenne, les Échelles et Novalaise : il fait partie du territoire baptisé en 1985 « Avant-pays savoyard ».
Le cas du Valromey [modifier]
Une des principales transitions géographiques entre Haut-Bugey et Bas-Bugey se réalise dans la vallée du Valromey, vallée drainée par le Séran. Le Valromey s'ouvre au sud, à Artemare ; au nord, il se poursuit par le plateau de Retord.
Cette région historique était à l'origine autonome et distincte du Bugey ; d'ailleurs le Bugey et le Valromey ont tous deux été explicitement adjoints à la France à la suite du traité de Lyon, du 17 janvier 1601.
Aujourd'hui, assimilé au Bugey, le Valromey n'en garde pas moins une certaine spécificité, de par sa double polarisation, à la fois vers le Haut-Bugey et vers le Bas-Bugey. Si on retient la simplification administrative présentée ci-dessous, sur les seize communes actuelles qui composent le Valromey, treize communes se rattacheraient du Bas-Bugey : Artemare, Belmont-Luthézieu, Brénaz, Champagne-en-Valromey, Chavornay, Lochieu, Lompnieu, Ruffieu, Songieu, Sutrieu, Talissieu, Vieu et Virieu-le-Petit ; pour trois communes au Haut-Bugey : Hotonnes, Le Grand-Abergement et Le Petit-Abergement. Ce constat rend donc impossible une adjonction totale du Valromey contemporain, à l'une ou l'autre des deux subdivisions du Bugey.
Climat [modifier]
Le Bugey connait des étés chauds propres à un climat semi-continental[3], propices à la culture de certains cépages, mais avec des précipitations importantes. Les hivers sont marqués par l'influence montagnarde, un peu adoucis par les dernières influences océaniques venant buter sur les montagnes, apportant des précipitations importantes au pied des reliefs.
Oyonnax est la commune la plus peuplée du Bugey et est située dans le massif du Jura à une altitude de 540 mètres[4]. Elle est située dans le Haut-Bugey. La température moyenne dans la commune est de 9,6 °C avec des valeurs moyennes minimale variant entre -2 °C en janvier et 24 °C en juillet et en août. 980 mm de précipitations ont été mesurées. Le tableau ci-dessous détaille ces données pour l'année 2007 :
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | -2 | -1 | 1 | 3 | 7 | 11 | 12 | 11 | 9 | 6 | 2 | -1 | 5 |
| Température moyenne (°C) | 1 | 2 | 5 | 9 | 13 | 17 | 19 | 18 | 15 | 10 | 5 | 2 | 9,6 |
| Température maximale moyenne (°C) | 3 | 6 | 9 | 13 | 18 | 22 | 24 | 24 | 21 | 14 | 8 | 4 | 13,8 |
| Précipitations (mm) | 74 | 74 | 74 | 61 | 71 | 84 | 66 | 79 | 79 | 74 | 89 | 81 | 980 |
La station météorologique d'Ambérieu-en-Bugey est située en plaine à une altitude de 250 mètres et se trouve dans le Bas-Bugey. La température moyenne mesurée est de 10,7 °C avec des valeurs moyennes variant entre -1,7 °C en janvier et 26,2 °C en juillet. 1 153 mm de précipitations réparties sur toute l'année ont été mesurées. Le tableau ci-dessous détaille ces données entre 1961 et 1990 :
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | -1,7 | -0,3 | 1,4 | 4,2 | 8,3 | 11,2 | 13,4 | 12,9 | 10,5 | 7,1 | 2,3 | -0,8 | 5,7 |
| Température moyenne (°C) | 1,8 | 3,7 | 6,4 | 9,6 | 13,8 | 17,1 | 19,8 | 19,1 | 16,3 | 11,8 | 6,1 | 2,5 | 10,7 |
| Température maximale moyenne (°C) | 5,3 | 7,8 | 11,4 | 15,1 | 19,3 | 23,1 | 26,2 | 25,3 | 22,0 | 16,4 | 9,9 | 5,7 | 15,6 |
| Précipitations (mm) | 93,8 | 86,9 | 100,8 | 93,9 | 111,5 | 98,2 | 66,5 | 91,6 | 98,1 | 102,7 | 107 | 102,1 | 1 153 |
Géologie [modifier]
D'un point de vue géomorphologique[7], le Bugey est un relief montagneux, partiellement karstifié, qui est la prolongation méridionale du Jura, composé:
- d'une bordure occidentale formant une structure complexe faite de reliefs et de vallées souvent discontinues
- de la partie nord-est présentant une alternance de monts et de vaux plus régulière
- de la cluse de l’Albarine -Les Hôpitaux coupant en oblique la partie sud
- de la cluse de Nantua coupant la partie nord
- du bassin de Belley se poursuivant jusqu’à Culoz
La datation des roches calcaires du Bugey se situe entre le jurassique pour les anticlinaux et le crétacé pour les synclinaux.
Le socle primaire est composé de roches métamorphiques, de grès et de schistes. On y trouve en particulier des formations lacustres charbonneuses du Carbonifère puis une épaisse série continentale au Permien constituée d'une alternance de « schistes » (shales) et de grès.
Sur ce socle ancien reposent en discordance des argiles, gypses et grès du Trias qui affleurent peu.
La série du Trias est de « type germanique », c'est-à-dire formée de 3 formations[7] :
- le Buntstandstein, en dessous, constitué de grès et de conglomérats continentaux à côtiers.
- le Muschelkalk, à dominante calcaire comprenant des dolomies et de l’anhydrite
- le Keuper, en dessus, caractérisé par des argilites bariolées (vertes, violettes, rouges…) intercalées de niveaux de gypse.
La série jurassique est à dominance calcaire
- Le Jurassique inférieur (Lias) comprend notamment des couches marneuses fossilifères et un banc à oolithes ferrugineuses ou phosphatées.
- Le Jurassique moyen est formé de calcaires massifs qui forment les reliefs. Les couches du Bajocien et du Bathonien comprennent des calcaires biodétritiques (composée d’au moins 50% de débris des squelettes d’organismes vivants), oolithiques, à silex, à polypiers. Le Bathonien supérieur et le Callovien présentent des niveaux plus marneux.
- Le Jurassique supérieur est à dominance marneuse à la base (Oxfordien), et calcaire au sommet (Kimmeridgien, Tithonien).
- La limite Jurassique-Crétacé est représentée par un faciès lagunaire-lacustre (Purbeckien), caractérisé par des calcaires plus ou moins bréchiques et des marnes à charophytes
Les terrains du Crétacé inférieur affleurent surtout dans la partie orientale. Il s’agit de calcaires spathiques et oolithiques à intercalations marneuses puis de marnes et calcaires à glauconie et enfin de calcaires compacts de faciès urgonien à polypiers et rudistes.
Les dépôts tertiaires sont visibles à l’Est dans la région de Bellegarde, dans le bassin de Belley, et le long de la bordure occidentale où ils sont chevauchés par la série secondaire. Ce sont des dépôts détritiques lacustres (sables, grès argileux, argiles, galets…) datés de l’Oligocène et des molasses marines et dépôts lacustres du Miocène. Des alluvions fluviatiles anciennes, comme dans la région d’Ambérieu, sont datées de la fin du Tertiaire (Villafranchien).
Le Quaternaire est représenté par des éboulis, des alluvions fluviatiles et surtout des dépôts glaciaires présents dans les structures synclinales (Hauteville, Valromey, bassin de Belley). Ce sont des sables, galets, argiles, blocs erratiques.
Les plissements sont bien visibles selon les affleurements et les falaises. Certains sont assez remarquables lorsque l'on remonte la vallée de l'Albarine, au niveau de Saint-Rambert-en-Bugey.
Ce massif continue au-delà du Rhône, en Savoie, et constitue le « Petit Bugey » qui est désormais connu comme Avant-Pays savoyard.
Le point culminant du Bugey est le Grand Colombier 1 538 mètres. C'est aussi l'un des plus hauts sommets du massif du Jura.
Histoire [modifier]
Héraldique [modifier]
| Blasonnement :
De gueules au lion d'hermine.
On retrouve le blason du Bugey en quartier de celui du département de l'Ain avec ceux de la Bresse (d'azur au lion contourné d'hermine), du Pays de Gex, (d'azur aux trois morailles d'or rangées en pal et au chef d'argent chargé d'un lion issant de gueules), des Dombes, ( d'azur aux trois fleurs de lys d'or et au bâton péri en bande de gueules) et la croix tréflée de l'ordre de Saint-Maurice[8]. |
Étymologie [modifier]
Les premières mentions du pays du Bugey apparaissent dans des chartes sous le nom de pagus Bellicensis dont l'adjectif est issu de Bellicium, le nom d'époque de la commune de Belley car le Bugey dépend alors de l'évêché de Belley.
Vers 1195, et par le jeu des vocalisations transformant la racine Bel- en Beu- et l'adoucissement du c en z[9], pagus Bellicensis devient Terra de Beuzeis[10].
Les mentions de Beugesium apparaissent en 1294[11],[12] et Byougesium en 1303[13].
Viennent ensuite les mentions Beugeys en 1372[14] ; Terra Beugesii au XVe siècle[15] ; Beugeuis en 1563[16] ; Beugey en 1613[17] ; Pays de Beugeys en 1613 et Bugey en 1722[18],[12].
Repères historiques [modifier]
Préhistoire [modifier]
Les premières traces d'homo sapiens dans la région du Bugey remontent à l'Âge de la pierre où des gisements ont été retrouvés dans des grottes[19] à proximité d'Ambérieu-en-Bugey[20]. Les glaciers alpins qui couvraient alors la région se retirent durant le Paléolithique permettant à Homo sapiens de s’implanter dans les différentes grottes de la région comme celles des Hotteaux à Rossillon[21].
Protohistoire [modifier]
Quelques tombeaux, sous forme de murgers, datant des Âges du bronze et du fer sont également découverts[19]. Les hypothèses attribuent leur confection à des peuplades venues d'Asie.
Durant l'époque gauloise, les territoires du Bugey sont partagés entre différents peuples : les Séquanes dans le Haut-Bugey, les Ambarres sur une partie ouest[19], les Allobroges dans le Bas-Bugey et les Helvètes.
Antiquité [modifier]
En 58 av. J.-C. le Bugey est occupé par l'Empire romain[22]. Durant la présence romaine, le Bugey bénéficie de sa situation géographique privilégiée[22] ; en effet, la région se trouve à proximité de la péninsule italienne d'une part, et de Lugdunum, alors capitale des Gaules, d'autre part. Des marques de ce développement sont encore visibles dans le Bugey : par exemple, la voie romaine à Belley, ou encore l'aqueduc romain de Vieu. Dans le Haut-Bugey, le temple romain d'Izernore témoigne de la présence romaine. Vers l'An 450, les invasions barbares mettent fin à l'Empire romain. Le peuple burgonde envahit pacifiquement le Bugey et en prend possession. Le territoire appartient ainsi au Royaume de Bourgogne entre le Ve et Xe siècles[19].
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Crâne magdalénien découvert dans la grotte des Hoteaux par Joseph Tournier et Charles Guillon
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Monnaie d'or ambarre
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Ruines gallo-romaine d'Izernore
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Le royaume Burgonde au Ve siècle
Moyen Âge [modifier]
La christianisation progresse et le diocèse de Belley est créé au début du VIe siècle. De grandes abbayes bénédictines telles celles de Nantua, Saint-Rambert, Ambronay ou Saint-Benoît s'établissent dans les vallées.
En 843, le Traité de Verdun attribue le Bugey au royaume de Lothaire, l'un des trois fils de Louis le Pieux.
En 1077, le comte Amédée II de Savoie reçoit de l'empereur Henri IV du Saint-Empire la confirmation de ses droits sur la seigneurie du Bugey.
La maison de Savoie conforte alors sa domination sur la région : en 1272, elle reçoit la Bresse en dot puis le Revermont cédé par le duc de Bourgogne. Cet expansionnisme se heurte à la politique du Dauphiné qui convoite les mêmes régions. Une guerre d'un demi-siècle oppose les deux camps. De nombreux châteaux forts hérissent la contrée : Château des Allymes, de Saint-Denis, Château-Gaillard[23]. Également ignoré jusqu’à la fin du Moyen Âge du Royaume de France et du Saint-Empire romain germanique, le Bugey est livré aux querelles, à la guerre et à la violence. Les Traités de Paris (1354-1355) mettent fin à la guerre, laissant à la Savoie tous les territoires dauphinois de la rive droite du Rhône ainsi que le Pays de Gex.
Époque moderne [modifier]
Le Bugey, au commencement du XVIe siècle, est un petit pays protégé par son isolement, qui garde une certaine indépendance[24]. La maison de Savoie est au faîte de sa puissance. Le Bugey reste pourtant divisé. Au temps de César, il était partagé entre plusieurs tribus gauloises; il l’est, quatorze siècles plus tard, entre trois maisons féodales[24].
Marguerite d'Autriche reçoit les Pays de l'Ain en héritage. Après sa mort, François Ier, neveu des ducs savoyards, revendique et conquiert la Savoie en 1536. Le Bugey est donc français jusqu'en 1559 où un traité restitue la Savoie et les Pays de l'Ain à son duc[23]. Le Bugey restera savoyard jusqu'en 1601. Henri IV reconquiert le pays et détruit un grand nombre de châteaux. Le 17 janvier 1601, le traité de Lyon met fin au conflit et donne à la France et à la Bourgogne le Bugey, la Bresse et le Pays de Gex.
Révolution française [modifier]
Au XVIIIe siècle, les routes et la petite industrie se développent. Aux premières heures de la Révolution française, Jean Anthelme Brillat-Savarin, né à Belley dans le Bas-Bugey, est député du tiers état à l'Assemblée constituante où il représente d'ailleurs, la région de Belley. Ainsi, il participe aux débats concernant la création du département de l'Ain, le 25 janvier 1790.
Époque contemporaine [modifier]
Le 133e régiment d'infanterie de ligne est caserné en 1914 à Belley, fort de Pierre-Châtel, au fort des Rousses et au fort l'Ecluse proche de Bellegarde. À la mobilisation, il met sur pied son régiment de réserve, le 333e Régiment d'Infanterie
Après l'armistice du 22 juin 1940, le Bugey se trouve en zone libre, mais à proximité de la ligne de démarcation.
L'armée secrète est particulièrement active dans l'Ain: sur les huit camps de maquisards recensés en 1943[25], un certain nombre se situe dans le Bugey. Le plus ancien d'entre eux, le camp de Chougeat, qui regroupait une soixantaine de maquisards sous le commandement de Charles Bletel a été établi dès mars 1943[26].
Le capitaine Henri Romans-Petit conduira la première action de d'envergure du maquis de l'Ain et du Haut-Jura:
Le 11 novembre 1943, 200 maquisards défilent en armes à Oyonnax pour le vingt-cinquième anniversaire de l'Armistice de 1918, après s'être procuré des uniformes par la prise du dépôt d'intendance des Chantiers de la jeunesse à Artemare.
À la suite du défilé, les représailles allemandes s’abattirent sur la région, notamment à Oyonnax où le maire Paul Maréchal et son adjoint, Auguste Sonthonnax, furent fusillés le 11 décembre 1943[27].
Cet acte d'insoumission, relayé par la presse anglo-saxonne, aurait achevé de convaincre Winston Churchill d'armer la Résistance française[28].
Les villes d'Oyonnax et de Nantua ont reçu la Médaille de la Résistance [Note 2].
Culture et patrimoine [modifier]
Éléments d'architecture bugiste [modifier]
Le Bugey étant une région typiquement calcaire, riche en carrière, les constructions bugistes sont traditionnellement construite en pierres, montées au mortier de chaux. Les pierres sont soit apparentes, soit jointoyés [29]. Lorsque les façades sont enduites à la chaux, les encadrements des portes et fenêtres, en pierres de taille, restent le plus souvent apparents.
Les portes des écuries sont typiques de la région et sont en général formées de 2 ventaux qui encadrent une porte de service. Ces vantaux s'ouvrent eux-même en 2 parties: le haut ouvert seul permet l'aération pendant que le bas reste fermé pour empêcher les animaux de sortir, ou bien le haut fermé seul permet de faire de l'ombre pour garder le frais. Le linteau des portes des granges et des écuries sont le plus souvent formés d'une poutre en bois cintrée, soutenue par des pierre de taille[30].
Les toits à 2 pans sont très inclinés. Dans le sud du Bugey, la silhouette caractéristique des habitations est définie par les pignons couverts de lauzes disposées en escaliers (pignon à pas d’oiseaux ou pignon à redents). Sous le large avant-toit des habitations, particulièrement sur le plateau, se trouve une plateforme en bois qui sert à entreposer le bois. Le dreffia est le nom patois de ces réserves à bois.
Les grangeons, petits bâtiments typiquement bugiste, sont construit dans la vigne. Ils abritent le pressoir et les outils du vigneron. Ils possède des murs de pierres droits, une charpente de bois, un toit de tuiles, parfois un étage mansardé.
Les alignements de pierres planes, des lauzes, fichées debout en terre, forment des limites de propriétés typiques du Bugey
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Le travail de Lupieu (Commune de Saint-Rambert-en-Bugey)
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Le lavoir de Marchon, prés d'Arbent
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Le four banal de Blanaz
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Pignon à redents, ou à pas d'oiseau, d'une maison de Brégnier-Cordon
Le village bugiste comporte :
- Le four banal, constitué d'une large voute ouverte, couverte de lauzes, au fond de laquelle se trouve le foyer proprement dit. Deux bancs de pierre contre les murs, sous la voûte, complètent l'édifice. Ces fours sont souvent encore utilisés dans le cadre d'animations locales.
- Le lavoir, le plus souvent accolé à un abreuvoir et formé de 2 plans inclinés en pierre se faisant face sous un abri.
- Le travail, pour le ferrage des bêtes
Gastronomie [modifier]
L'Ain est un haut lieu de la gastronomie. Outre le fait que le Bas-Bugey est la patrie de Jean Anthelme Brillat-Savarin (gastronome français et auteur de la Physiologie du goût, né le 2 avril 1755 à Belley), le Bugey compte nombre de spécialités gastronomiques : des fromages, des vins mais également des recettes.
Grandes tables du Bugey [modifier]
De 1933 à 1937, le restaurant La mère Bourgeois à Priay, tenu par Marie Bourgeois, est le premier restaurant du département de l'Ain à obtenir les 3 étoiles du Guide Michelin.
Fromages du Bugey [modifier]
- le Chevret, également connu sous la dénomination tome de Belley.
- le ramequin fabriqué dans le canton de Saint-Rambert-en-Bugey.
- le comté, dont la zone d'appellation d'origine contrôlée concerne un grand nombre de communes du Haut mais également du Bas-Bugey.
- le Bleu de Gex : l'aire de fabrication de l’AOC Bleu de Gex empiète sur la région du Haut-Bugey.
- la Tracle, un mélange de fromage, d'alcool et d'aromate.
-
Préparation du ramequin, spécialité de Saint-Rambert-en-Bugey.
-
Le Bleu de Gex est également produit en Bugey.
Vins du Bugey [modifier]
Le vignoble du Bugey compte trois appellations pour cinq dénominations géographiques :
- appellation bugey[31], dont :
- dénomination cerdon ;
- dénomination manicle ;
- dénomination montagnieu ;
- appellation roussette du Bugey, dont :
- dénomination montagnieu ;
- dénomination virieu-le-Grand ;
- appellation seyssel (en partage avec le vignoble de Savoie).
Alcool [modifier]
Le marc du Bugey est un alcool issu de raisins distillés vieilli au moins 3 ans (on trouve des marc de 30 ans d’âge) en récipients de bois avant d'être livré à la consommation.
Autres spécialités du Bugey [modifier]
- Les bugnes, qui sont une petite pâtisserie de la famille des beignets, associée à la période de Mardi gras.
- Dans le Haut-Bugey, on peut citer la sauce Nantua dont le nom vient de la ville de Nantua ; elle accompagne principalement les quenelles.
- Une spécialité de Saint-Genix-sur-Guiers (Petit Bugey) : le Gâteau de Saint-Genix.
- Les diots du Bugey sont des saucisses fraîches finement hachées à base de porc, réputée en Savoie et en Haute-Savoie, elles se consomment dans le Bugey arrosées de vin et cuites sur un feu de sarments de vigne[32].
- La tarte à la gomme est un flan sur une pâte briochée, spécialité de Bellegarde sur Valserine.
- La tarte à la lie de noix, galette couverte de purée de pommes de terre et de poireaux cuits dans la lie de noix, spécialité de Peyriat et des communes environnantes.
Le Bugey dans la littérature [modifier]
- Honoré de Balzac célèbre la beauté des paysages du Bugey dans[33] La Peau de chagrin :
« Raphaël ne supportait son fardeau qu'au milieu de ce beau paysage, il y pouvait rester indolent, songeur, et sans désirs. Après la visite du docteur, il alla se promener et se fit débarquer à la pointe déserte d'une jolie colline sur laquelle est situé le village de Saint-Innocent. De cette espèce de promontoire, la vue embrasse les monts de Bugey, au pied desquels coule le Rhône, et le fond du lac ; mais de là Raphaël aimait à contempler, sur la rive opposée, l'abbaye mélancolique de Hautecombe. »
— Honoré de Balzac, La Peau de chagrin[33]
- Jean Anthelme Brillat-Savarin écrit à propos de Belley et du Bugey :
« Belley, capitale du Bugey, pays charmant où l'on trouve de hautes montagnes, des collines, des fleuves, des ruisseaux limpides, des cascades, des abîmes, vrai jardin anglais de cent lieues carrées (…) »
— Jean Anthelme Brillat-Savarin, Physiologie du goût[34]
- André Chagny imagine au XXe siècle dans Les origines du Bugey : histoire et légende, une origine mythique au nom de Bugey pouvant se résumer ainsi :
« Bugia est la compagne de Bel, petit-fils de Noé. À l'occasion de leur départ à travers le monde, Japhet, le père de Bel, donne à Bugia un petit sachet en lui indiquant qu'elle doit l'ouvrir seulement quand ils auront trouvés le pays de leurs rêves. Après une longue route, Bugia et Bel arrivent dans un endroit plaisant qui séduit Bugia. Bel décide de nommer l'endroit du nom de sa bien-aimée ; alors, Bugia vide sur le sol le contenu du sachet et le lendemain matin, le Bugey s’éveille couvert de vignobles, de fleurs et d’arbres formant ainsi une nature luxuriante. »
— André Chagny, Les origines du Bugey : histoire et légende
- Honoré d'Urfé, seigneur de Virieu-le-Grand, marquis du Valromey est l'auteur du premier roman-fleuve de la littérature française, L'Astrée. L'œuvre se déroule principalement dans le Forez, mais l'auteur est une figure historique du Valromey et donc implicitement du Bugey.
- Abraham de Vermeil, né à Cerdon vers 1555, est un poète baroque.
- Gertrude Stein et Alice B. Toklas se sont abritées à Bilignin, hameau de Belley, pendant la Seconde Guerre mondiale. L'action de Les Guerres que j'ai vues de Gertrude Stein se situe essentiellement à Bilignin.
- Roger Vailland habita le hameau Les Allymes et s'inspirera de la vie des paysans et des ouvrier du Bugey pour plusieurs de ces romans (qui ont tous fait l’objet d’adaptations pour le cinéma et la télévision):
- "Un jeune homme seul", qui conte la lutte des cheminots d’Ambérieu (rebaptisé "Sainte-Marie des Anges" dans son roman)
- "Beau masque",qui romance la lutte des ouvrières de Saint-Rambert-en-Bugey
- "325.000 francs", qui dénonce l’exploitation des travailleurs du plastique d’Oyonnax ("Bionnas" dans le roman)
Lieux de mémoire [modifier]
- Le Mémorial des maquis de l'Ain et de la Résistance est située sur la commune de Cerdon, situé dans le Haut-Bugey. Sa construction est décidée par l'Association des anciens du maquis de l'Ain présidée par le colonel Henri Romans-Petit et débute le 26 juin 1949 pour une inauguration le 29 juillet 1951[35]. Elle est financée par l'État français, le département de l'Ain et des dons privés. Le corps d'un maquisard inconnu y est inhumé lors d'une cérémonie présidée par Gaston Monnerville le 20 mai 1954 puis un cimetière réunissant 88 maquisards est ensuite créé puis inauguré le 24 juin 1956 par le Général de Gaulle. La citation de Louis Aragon issue du dernier vers de La Chanson du franc-tireur de Louis Aragon « Où je meurs renaît la Patrie » est gravée sur le monument[36].
- Le musée départemental d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de l'Ain et du Haut-Jura est un musée situé à Nantua, en haut-Bugey, dont le thème est celui de la France durant la Seconde Guerre mondiale et plus spécialement l'histoire de la Résistance et des maquis de la région[37]. Il est inauguré le 12 août 1986[38].
-
Mémorial des Maquis de l'Ain et de la Résistance à Cerdon -
Le musée de la Résistance et de la Déportation à Nantua -
La tombe du colonel Romans-Petit
à Oyonnax -
La stèle commémorative du maquis de l'Ain
à Aranc
Données et statistiques [modifier]
Divisions administratives [modifier]
Le Bugey fait partie du département de l'Ain. Sa division correspond peu ou prou à un des types de division administrative du département, l'arrondissement. En effet, le territoire du Haut-Bugey s'apparente fortement à celui de l'arrondissement de Nantua ; le territoire du Bas-Bugey à celui de l'arrondissement de Belley.
L'arrondissement de Nantua regroupe 7 cantons pour 64 communes, pour une population totale d'environ 84 461 habitants[1] en 2008. Les villes les plus importantes sont : Oyonnax, Bellegarde-sur-Valserine, Hauteville-Lompnes et Nantua. L'arrondissement de Belley regroupe 9 cantons pour 107 communes, pour une population totale d'environ 90 880 habitants[1] en 2008. Les villes les plus importantes sont : Ambérieu-en-Bugey, Belley et Lagnieu.
Données démographique [modifier]

Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
Références [modifier]
- Populations légales 2008 des arrondissements du département, sur site de l'Insee, 2008. Consulté le 1er avril 2011.
- Achille Raverat, Les vallées du Buge. : Excursions historiques, pittoresques et artistiques dans le Bugey, la Bresse, la Savoie et le Pays de Gex., vol. 2, 1867
- Selon le WWF et la National Geographic, le climat semi-continental (appelé aussi climat océanique dégradé) correspond à l'écorégion terrestre Western European broadleaf forests (forêt de feuillus de l'Europe occidentale). Source : WWF Wildfinder.
- Ville d'Oyonnax, sur cartesfrance.fr. Consulté le 11 décembre 2011. « L'altitude de la mairie d'Oyonnax est de 540 mètres environ »
- Base de données météo Météo123 et Météo France
- Archives climatologiques mensuelles d'Ambérieu de 1961 à 1990, sur le site infoclimat.fr.
- ([PDF] Lire en ligne), u-picardie.fr : géologie du Bugey.
- Blason du Bugey, sur labanquedublason2.com. Consulté le 14 décembre 2011.
- Adolphe Gros et Joseph Désormaux, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La fontaine de Siloé, 2004, 519 p. (ISBN 2-8420-6268) [présentation en ligne], p. 349
- Guigue, Cartulaire de Beaujeu, p. 5i
- Mémoires, société historique de Genève, t. XIV, p. 24o
- Édouard Philipon et Paul Lucien, Dictionnaire topographique du département de l'Ain comprenant les noms de lieu anciens et modernes, 1851, 636 p. [lire en ligne], p. 71-72
- Mémoires, société historique de Genève, t. IX, p. 21 3
- Samuel Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugey, La fontaine de Siloé, 1650, 259 p. [lire en ligne]
- Archives de l'Ain, H 357
- Archives de la Côte d'Or, B 10453, f° 177 r
- visites pastor., f° 121 r°
- Archives de l'Ain, H 358
- Historique de la région du Bugey, sur vignobletiquette.com. Consulté le 14 décembre 2011
- Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Tourisme et vignoble en France, Petit futé, 2011, 22e éd., 864 p. (ISBN 978-2-7469-2947-0), p. 641
- Robert Vilain, Culoz (Ain) : Un gisement mésolithique avec sépulture dans le Bugey [lire en ligne], p. 450-461
- Aperçu de l'histoire du Bugey, sur cc-belley-bas-bugey.com. Consulté le 7 avril 2011
- Histoire de l'Ain, sur ain.fr. Mis en ligne le 23 janvier 2012
- Sébastien Castellion, sa vie et son œuvre, sur http://fr.wikisource.org/. Mis en ligne le 23 janvier 2012
- Le profil des camps fin 1943. Consulté le 11 septembre 2010
- Charles Bletel. Consulté le 6 avril 2011
- Paul Maubourg, Les mauvais souvenirs : Mémoires d'un orphelin de guerre d'Oyonnax, Oyonnax, 2007, 152 p. (ISBN 2-9520740-2-5) p. 43
- Paul Maubourg, Les mauvais souvenirs : Mémoires d'un orphelin de guerre d'Oyonnax, Oyonnax, 2007, 152 p. (ISBN 2-9520740-2-5) p. 42
- [PDF]www1.archi.fr Fiches-conseils en architecture, urbanisme et environnement du Bugey.
- [1]
- Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- vinsdubugey.net, Extrait de Bugey-magazine n°9 février 1992, Isabelle Roux.
- La Peau de chagrin, Honoré de Balzac, éd. Furne, vol.14, p.201.
- Jean Anthelme Brillat-Savarin, Physiologie du goût, vol. 4, t. 1, Just Tessier, libraire, 1834, 4e éd., 390 p. [lire en ligne (page consultée le 4 avril 2011)], p. 30, note de bas de page.
- Mémorial des maquis de l'Ain et de la Résistance. Consulté le 4 février 2011
- Le monument à la mémoire des Maquis de l’Ain au Val d’Enfer à Cerdon, sur portraits-monuments-ain.fr. Consulté le 4 février 2011
- Musée d'histoire de la Résistance et de la Déportation de l'Ain et du Haut-Jura, sur maquisdelain.org. Consulté le 4 février 2011
- [PDF] Fréquentation des musée en France en 2008, sur culture.gouv.fr. Consulté le 5 avril 2011
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Le bugey composé du Haut-Bugey et du Bas-Bugey
- La centrale nucléaire du Bugey
- La ligne du Haut-Bugey
- Avant-Pays savoyard