Philippe III de Bourgogne

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Philippe le Bon
Philippe le Bon portant le collier de l'Ordre de la Toison d'or et le chaperon à cornette pendante
Philippe le Bon portant le
collier de l'Ordre de la Toison d'or
et le chaperon à cornette pendante
Titre
Duc de Bourgogne
Comte de Flandre, d'Artois et de Bourgogne

&&&&&&&&&&01744547 ans, 9 mois et 5 jours
Prédécesseur Jean Ier de Bourgogne
Successeur Charles le Téméraire
Duc de Brabant et de Limbourg
14301467
Prédécesseur Philippe de Brabant
Successeur Charles le Téméraire
Comte de Hollande, de Zélande et de Hainaut
14331467
Prédécesseur Jacqueline de Hainaut
Successeur Charles le Téméraire
Duc de Luxembourg
14441467
Prédécesseur Élisabeth de Goerlitz
Successeur Charles le Téméraire
Biographie
Dynastie Maison de Valois
Date de naissance
Lieu de naissance Dijon
Date de décès (à 70 ans)
Lieu de décès Bruges
Père Jean Ier de Bourgogne
Mère Marguerite de Bavière
Conjoint Michelle de France,
Bonne d'Artois,
Isabelle de Portugal
Enfant(s) Charles le Téméraire

Philippe III de Bourgogne

Philippe III de Bourgogne[1], dit « Philippe le Bon » (Dijon, 1396 - Bruges, 1467), prince français de la troisième branche bourguignonne de la dynastie capétienne, la maison capétienne de Valois, et duc de Bourgogne et des Pays-Bas bourguignons de 1419 à 1467 et autres titres.

Né à Dijon le , il est le fils unique du duc de Bourgogne Jean sans Peur et de Marguerite, fille du duc Albert de Bavière. Il est le père du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui lui succède.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le règne du duc Philippe est marqué par : son alliance décevante avec l'Angleterre (traité de Troyes du ), l'ascension irrésistible de Charles VII au trône de France (1429), la réconciliation (aux allures de retournement d'alliance) de la Bourgogne avec la couronne de France (traité d'Arras du ), l'accroissement du domaine héréditaire des ducs de Bourgogne (avec notamment la constitution entre 1429 et 1433 des Pays-Bas bourguignons, renforcés en 1443 du duché de Luxembourg), enfin l'acquisition d'une indépendance de fait pour ce qu'on appelle aujourd'hui l'État bourguignon.

Enfance[modifier | modifier le code]

Son enfance s'est sans doute passée au Château de Rouvres près de Dijon, puis à Paris où il vécut quelque temps à la cour, mais c'est au Prinsenhof de Gand qu'il passa l'essentiel de sa jeunesse. Il se familiarisa aux mœurs et à la langue de ses sujets Thiois, et avait d'ailleurs des précepteurs flamands. Il était en revanche peu doué pour l'allemand et le latin, et c'est surtout par les livres qu'il découvrit le français. À sept ans, son grand-père Philippe le Hardi le fiança à sa cousine d'un an plus âgée Michelle de France (1395 -1422), fille du roi Charles VI et de la reine Isabeau de Bavière. Ils se marièrent en 1409 (à treize et quatorze ans) et eurent une fille, Agnès de Bourgogne qui mourut en bas âge.

À quinze ans, son père lui donna le gouvernement de la Flandre et de l'Artois. À la veille de la bataille d'Azincourt (1415), le jeune prince de dix-neuf ans voulait rejoindre ses oncles, mais son père et ses conseillers l'en empêchèrent[2].

Suites de l'assassinat de Jean sans Peur[modifier | modifier le code]

Philippe le Bon

Philippe devient duc de Bourgogne le , à la mort de son père, Jean sans Peur, poignardé sur ordre de son ennemi, le dauphin Charles (futur roi Charles VII de France). Il décide de maintenir l'alliance avec l'Angleterre contre les rois de France afin de venger le meurtre de son père Jean sans Peur avec l'aide du roi Henri V d'Angleterre. Le duc de Bourgogne Philippe Le Bon, le roi Charles VI de France (souffrant de grave folie) et le roi Henri V d'Angleterre forment une triple alliance contre le dauphin (le futur Charles VII), dont ils mettent la légitimité en cause (il serait né d'une liaison de sa mère, Isabeau de Bavière, avec Louis d'Orléans, frère du roi de France Charles VI). Tous trois signent le désastreux (pour la France) traité de Troyes le , dans la cathédrale de Troyes. Le 2 juin suivant, conformément à ce traité et dans la même cathédrale, Henri V d'Angleterre épouse Catherine de Valois, fille légitime de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière. Il est convenu qu'après la mort de Charles VI de France, Henri V d'Angleterre deviendra roi de France par son mariage avec la seule héritière légitime du trône de France ; en attendant, il régente le pays et... se borne à confirmer à Philippe le Bon, comme signataire du traité, les villes de la Somme (notamment les châtellenies de Péronne, Roye et Montdidier) qui garantissaient la dot de Michelle de France, alors femme du duc[3].

Philippe de Bourgogne assiège Montereau avec l'aide d'Henri V d'Angleterre, exhume le cadavre de son père (Jean sans Peur, assassiné lors d'une entrevue sur le pont de Montereau), et le fait enterrer dans la chartreuse de Champmol de Dijon, auprès de son grand-père, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. En tant que Pair de France, Philippe le Bon demande ensuite réparation pour le meurtre de son père, devant le lit de justice. Le chancelier Nicolas Rolin plaide pour Philippe le Bon, mais Henri V d'Angleterre refuse de sanctionner les meurtriers, trahissant ainsi la promesse faite à Rouen.

L'alliance avec l'Angleterre[modifier | modifier le code]

Le , Henri V d'Angleterre meurt et, avant de mourir, demande à son frère, le duc de Bedford, de confier la régence de son successeur, Henri VI d'Angleterre, au duc de Bourgogne Philippe le Bon. Celui-ci refuse.

Le 1er septembre 1422, Henri VI d'Angleterre devient roi d'Angleterre à l'âge de dix mois. En attendant sa majorité, son oncle (le duc de Bedford, frère de son père) devient régent du royaume d'Angleterre. Le , le roi de France Charles VI meurt à son tour. C'est ainsi que Henri VI d'Angleterre devient roi d'Angleterre et roi de France à l'âge de un an. Le duc de Bedford devient également régent du royaume de France. Le dauphin Charles de France est écarté du trône.
Cette situation marque le début de la seconde phase de la guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre. L'alliance entre la Bourgogne et l'Angleterre est renforcée en 1423 lorsque le duc de Bedford, Jean de Lancastre, épouse Anne de Bourgogne, fille du duc de Bourgogne Jean sans Peur et sœur de Philippe le Bon.
Ce rapprochement anglo-bourguignon n'a d'ailleurs pas forcément fait l'unanimité des deux camps ou partis : certains princes anglais (notamment le duc de Gloucester, les comtes de Suffolk et de Salisbury) auraient même, de 1424 à 1426, tramé un complot visant à attenter à la vie du duc de Bourgogne[4].

Constitution des Pays-Bas bourguignons[modifier | modifier le code]

Au décès de Jean IV de Brabant, le , époux de Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut, de Zélande, de Hollande et dame de Frise, Philippe le Bon profita de la situation pour se voir confier le gouvernement du comté de Hainaut en tant qu’héritier présomptif de Jacqueline (Jacqueline était la cousine germaine de Philippe le Bon, la mère de celui-ci étant Marguerite de Bavière-Straubing, fille du duc Albert) et prêta serment à Ste-Waudru de Mons : le duc de Bourgogne est mentionné dans les actes, à partir de cette époque, comme s’instituant « héritier (ou, hoir) du comté de Hainaut. »[5].

En 1429, à la mort du marquis Jean, Philippe le Bon prend possession du comté de Namur, dans les Pays-Bas du Sud, que le marquis lui avait vendu en viager en 1421 pour 132 000 couronnes d'or avec usufruit jusqu'à sa mort.
Le , Philippe le Bon devient duc de Brabant, de Lothier, de Limbourg et marquis du Saint-Empire, en succession de Philippe de Saint-Pol.

Le , Philippe le Bon devient comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande et seigneur de Frise après la « trahison » de Jacqueline de Bavière. Celle-ci ne conservant que le titre de « comtesse d'Ostrevant » (Hainaut), avec les revenus afférents[6]. Ces possessions, réunies avec les autres possessions bourguignonnes du Nord (Artois, Flandre, Brabant, Namur, Limbourg), forment désormais les Pays-Bas bourguignons, même si d'autres États viendront les agrandir.

En juin 1441, il confirme à l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, la Charte du duc Eudes qui promet de ne rien usurper sur St-Martin[7].

Enfin en 1443 la mort de la tante de Philippe le Bon, la duchesse Elisabeth de Goerlitz du Luxembourg, permet au duc de prendre possession du Luxembourg.

Remarque : Pour tous ses fiefs "impériaux", la vassalité de Philippe le Bon à l'empereur romain-germanique du temps est contestable en fait et en droit[8] ; il n'est donc pas abusif d'en parler comme d'un duc (ou prince) souverain[9][10].

La Bourgogne dans la guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Le , Jeanne d'Arc arrive à Orléans, parvient à galvaniser, par sa ferveur religieuse, les troupes et les chefs de guerres du dauphin de France, Charles VII. Elle contraint d'abord le duc de Bedford (régent de Henri VI d'Angleterre) et ses troupes à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au . Le , Jeanne d’Arc escorte militairement le dauphin de France Charles VII, traversant le duché de Bourgogne jusqu'à la cathédrale de Reims, où il est sacré roi de France par le duc archevêque de Reims Renault de Chartres. Bien que premier pair de France, Philippe le Bon qui avait clairement oeuvré pour que la couronne de France échoit non pas à Charles VII mais à son rival Henri VI d'Angleterre, est notoirement absent de cet événement. Jeanne d'Arc lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix.

Le , Henri VI d'Angleterre, qui revendique le trône de France par sa mère, Catherine de Valois, est à son tour sacré roi de France à la cathédrale Notre-Dame de Paris, à l'âge de dix ans : la France a deux rois (et cela va durer jusque 1453 où les droits d'Henri VI d'Angleterre à la couronne de France seront définitivement révoqués en application de la loi salique) !

En 1435 à Arras des discussions s'ouvrent sur la fin de la guerre de Cent Ans et le rétablissement de la paix entre la France et l'Angleterre. Sont présents les rois d'Angleterre, du Portugal, de Pologne, de Sicile, d'Écosse, le duc Philippe le Bon et son épouse Isabelle de Portugal. Le chancelier Nicolas Rolin, fondateur des Hospices de Beaune, est l'âme et le cerveau de ces négociations. Les Anglais refusent l'annulation du traité de Troyes et quittent la négociation. La paix d'Arras est signée le . Charles VII de France fait amende honorable pour le meurtre de Jean sans Peur et jure de punir les coupables. Charles VII confirme les territoires conquis par Philippe le Bon avec l'aide des Anglais. Le duc de Bourgogne obtient, en outre, la rupture du lien de vassalité qui le rattachait au roi de France.

Les Anglais, furieux contre leur ancien allié, menacent Philippe le Bon. En retour, celui-ci tente de reprendre Calais, mais le siège ayant tourné au désastre pour ses troupes, Philippe le Bon se retire en Flandre.

Capture et supplice de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Le , les troupes bourguignonnes du comte Jean II de Luxembourg-Ligny et du comte de Guise assiègent Compiègne, que Jeanne d'Arc tente de défendre. Au cours d'une sortie, les Bourguignons la font prisonnière et Philippe le Bon la livre au duc de Bedford, régent de France et d'Angleterre, pour la somme de 10 000 livres. Celui-ci la confie alors à un collaborateur des Anglais, l'évêque de Beauvais Pierre Cauchon, qui inculpe Jeanne d'Arc d'hérésie chrétienne. Le , Jeanne d'Arc, après avoir été jugée par un tribunal ecclésiastique présidé par Cauchon, est déférée au bras séculier et brûlée vive en place du Vieux-Marché à Rouen.

Dernières années et décès[modifier | modifier le code]

Philippe le Bon et Isabelle de Portugal (huile sur panneau, Musée des Beaux-Arts de Gand)

En 1437 une révolte éclate à Bruges contre Philippe le Bon. Il manque d'y laisser la vie, mais finalement pacifie la ville avec l'aide de Gand et d'Ypres. En 1439, Philippe signe la paix de Gravelines avec Henri VI d'Angleterre, ce qui permet une reprise du commerce entre le royaume insulaire et la Flandre. En 1453, c'est au tour des Gantois de se soulever; ils sont écrasés à Gavere.

Philippe III de Bourgogne est désormais le plus puissant prince de la chrétienté et le duché de Bourgogne au faîte de sa puissance. On peut même parler d'Etat bourguignon.

Le , Philippe le Bon donne le banquet du Faisan à Lille, où, à la suite de la prise de Constantinople par les Turcs, le , il fait le vœu (pieux et qui le restera) de lancer une nouvelle croisade.

Début septembre 1456, le dauphin Louis (le futur Louis XI de France) passe en Bourgogne pour s'y mettre à l'abri de la vindicte de son père. Il fuit à Bruxelles où Philippe le Bon tient une cour fastueuse dans le château des ducs de Brabant. Mais ce qui intéresse le Dauphin de France ce n'est pas tant le faste de la cour de Bruxelles (qui contraste avec la gestion avaricieuse de la cour de Paris par Charles VII) que la protection de celui que l'on surnomme le grand duc d'Occident. Le 15 octobre 1456 le dauphin obtient l'asile de Philippe qui lui alloue comme résidence le petit château de Genappe, à 20 km de Bruxelles, ainsi qu'une pension annuelle de 36 000 puis 48 000 livres. Un enfant lui naîtra à Genappe qui ne vivra pas longtemps et est inhumé dans l'église de Hal, au sud de Bruxelles. Commentaire cinglant et prémonitoire de Charles VII : « Mon cousin de Bourgogne a donné asile à un renard qui, un jour, lui dévorera ses poules ». Le dauphin de France restera à Genappe jusqu'à la mort de son père qu'il apprendra le .

Le , Philippe le Bon s'éteint à Bruges à l'âge de 71 ans. Charles le Téméraire hérite du duché de Bourgogne, comme de tous les autres titres et fiefs burgundo-flamands de son père, devenant ainsi le nouveau souverain de l'État bourguignon.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariages[modifier | modifier le code]

Isabelle de Portugal (1397-1471), mère de Charles le Téméraire
Antoine, Grand Bâtard de Bourgogne (1421–1504)

En juin 1409, à l'âge de treize ans, il est marié à Michelle de Valois alors âgée de 14 ans, fille du roi Charles VI de France. Cette première épouse meurt le à Gand, à l'âge de vingt-six ans.

Le , à Moulins-Engilbert, Philippe le Bon se remarie avec Bonne d'Artois, fille du comte Philippe d'Artois. Cette deuxième épouse meurt le 17 septembre de l'année suivant son mariage. Elle ne lui donnera aucun enfant.

À Bruges, le 7[11],[12] ou le [13], Philippe le Bon épouse en troisième noces Isabelle, seule fille survivante du roi Jean Ier de Portugal. De ce mariage, trois enfants sont issus dont Charles le Téméraire, futur successeur.
C'est au cours des festivités célèbrées à l'occasion de ce mariage qu'il crée le prestigieux ordre de la Toison d'or[14].

Descendance[modifier | modifier le code]

  1. Avec Michelle de Valois:
    • Agnès de Bourgogne ;
  2. Avec Isabelle de Portugal:
    • Antoine (1430-1432), sans postérité ;
    • Josse (né et mort en 1432), sans postérité ;
    • Charles le Téméraire, qui lui succède, et descendance ;
  3. De ses nombreuses maîtresses :
    • Corneille bâtard de Bourgogne (v. 1420 - mort en 1452), également dit le Grand Bâtard de Bourgogne, seigneur d'Elverdinge, de Vlamertinge, de Neuve-Église et de Pierrefort, capitaine et gouverneur général de Luxembourg. Il laisse des enfants naturels : Jérôme et Jean, et postérité ;
    • Antoine bâtard de Bourgogne (v. 1421-1504), relève le nom de Grand Bâtard de Bourgogne à la mort de son frère, seigneur de Tournehem, auteur du rameau des Bourgogne-Beveren, né de Jeanne de Presle de Lizy ;
    • Marie de Bourgogne (1426 - 15 août 1475), de Jeanne Chastellain (on dit aussi de Jeanne Presle de Lizy, susmentionnée). Elle épousa par contrat de mariage le 17 septembre 1447 suivi d'un traité passé à Bruxelles le 30 septembre 1448, Pierre de Bauffremont comte de Charny, chambellan de Philippe de Bourgogne.
    • Marguerite, morte vers 1455 ;
    • David (v. 1427-1496), né de Jeanne Chastellain, évêque de Thérouanne (depuis 1451), puis d'Utrecht (depuis 1456). Sa mère Jeanne Chastellain (de Castellana) dite de Bosquiel demoiselle de Quéry la Motte (Pas de Calais) épousa en 1442, Étienne de Bours dit Maillotin, gouverneur de Gorgues et de Dunkerque (+ 1450). Elle mourut le 14 juillet 1462 ;
    • Anne (v. 1435 - † 1508), gouvernante de Marie de Bourgogne, épouse 1°) Adrien de Brosse; 2°) Adolphe de Clèves-Ravenstein (1425-1492) ;
    • Raphaël de Mercatel (v. 1437 - † 1508), fils de Marie de Belleval. Abbé de Saint-Bavon-de-Gand et de Saint-Pierre d'Oudenburg, évêque de Rosen, d'où postérité ;
    • Baudouin de Lille (v. 1446 - † 1508), vicomte d'Orbec, seigneur de Fallais, Peer, Baudour, Sainte-Anne, Lovendegem, Zomergem et Fromont, dont postérité, auteur de la branche des seigneurs de Fallais ;
    • Philippe de Bourgogne (évêque d'Utrecht) (1464-1524), dit Philippe de Bourgogne-Blaton, amiral de Flandre (en) (1498-1517), évêque d'Utrecht (1517-1524), d'où quatre fils bâtards : Jean, Philippe, Olivier[15] et Baudouin ;
    • Jean (1438-1499), 25e prévôt par le chapitre de Saint-Donat à Bruges (1483), il laisse deux fils bâtards : Arnould et Jacques ;
      Armoiries de Philipe III
    • Marie (ou Marion), religieuse ;
    • Catherine ;
    • Antoine, mort jeune, sans postérité ;
    • Josse-Antoine ;
    • Philippe, mort jeune, sans postérité ;
    • Cornélie (+ v. 1428) ;
    • Madeleine ;
    • Marie, religieuse ;
    • Catherine (+ après 1515), abbesse ;
    • Catherine, religieuse ;
    • Jossine (+ jeune) ;
    • Yolande (+ 3 novembre 1470) ;
    • Jérôme ;
    • Baudouin, cité en 1461-63 ;
    • Arthur, mort jeune, sans postérité ;
    • André.

Caractère[modifier | modifier le code]

En politique, Philippe le Bon prenait le temps de la réflexion et s'entourait d'avis avant d'agir.
Il pouvait être effrayant dans ses colères, mais il pardonnait vite, aimait la bonne chère et était grand amateur de maîtresses (trente connues). Sa facilité à pardonner (et non pas, comme le roi de France Jean II le Bon, son adresse à manier l'épée) serait à l'origine de son surnom louangeur[Note 1].
Cependant, le duc garda un ressentiment certain contre la couronne de France, commanditaire de l'assassinat de son père Jean sans Peur. Le décès de celui-ci provoqua chez Philippe une tristesse très profonde : les représentations le montrent quasiment toujours en pourpoint noir, signe de deuil.

Philippe le Bon, le mécène[modifier | modifier le code]

Miniature, illustration des Chroniques de Hainaut. Philippe le Bon et son fils Charles reçoivent l'hommage de l'auteur des Chroniques du Hainault

Grand amateur d'art, Philippe le Bon encouragea les sculpteurs et surtout les peintres. Philippe le Bon contribue également à faire modifier le Palais des ducs de Bourgogne de Dijon par une façade flamboyante, des logis ducaux, une grande salle des festins et des cuisines ducales de 30 cuisiniers. Il est à noter que Philippe le Bon devint membre de la chambre de rhétorique Den Boeck de Bruxelles en 1437[16].

  1. Les sculpteurs
  2. Les peintres
  3. Les musiciens
  4. Les écrivains

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En page 179 de l'ouvrage de Joseph Calmette "Les Grands Ducs de Bourgogne" (Albin Michel, impression du 11 juin 1976), une note de l'auteur dit ceci : "Il est probable que sa facilité à pardonner est à l'origine de l'épithète louangeuse. Pour plus de détails sur les premiers textes qui ont appliqué au troisième duc le qualificatif de Bon, voir l'article spécial, sur ce sujet, de Bonenfant, L'origine du surnom de Philippe le Bon, dans les Annales de Bourgogne, 1944, pp. 100-103."
    Voilà aussi ce qu'écrit l'historiographe Chastellain, juste après la mort du duc Philippe à Bruges, quand la nouvelle se répand en ville et que celle-ci prend le deuil (car Philippe était aimé) : « C'était pitié d'entendre toutes sortes de gens crier et pleurer, se lamenter et le regretter, les uns louant sa vie passée, les autres pleurant sa mort rapide : "Ah! Bon duc notre père, vous avez apaisé les guerres autour de nous et même parmi nous. -- Vous avez nourri la paix et l'union entre vos peuples, vous avez rétabli la justice et le commerce!" » (Georges Chastellain, Oeuvres, éd. H. Kervyn de Lettenhove, Académie royale de Belgique, Bruxelles, 1863-1868, t. V, p. 228).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Philippe III sur le site Medieval Lands
  2. Paul Bonenfant, Philippe le Bon, sa politique, son action, De Boeck & Larcier, 1996, p. 27
  3. Joseph Calmette, Les Grands Ducs de Bourgogne (Albin Michel, 1949 et juin 1976) p. 184
  4. In « Mémoire historique », intitulé Projet d'assassinat de Philippe-le-Bon par les Anglais, 1424-1426, publié par l'Académie royale de Belgique, cité par Bulletin de la Commission historique du département du Nord, volume 10
  5. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVeXVe s.) », Bruxelles, éd. G. G. Sury, dép. lég., 2010 (2e éd.), p. 189 : - A Mons, le 23 juin 1427, Philippe (le Bon) duc de Bourgogne, etc., bail, mambour et gouverneur du comté de Hainaut et s’instituant « héritier du comté de Hainaut », confirme Jacques de Liévin, chevalier, dans son office de châtelain des ville et châtellenie de Bouchain. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, no  d’ordre (cote) 1471, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 311. (Vidimus s.d. (fin juin 1427) relatant un parchemin de Mons, en date du 23 juin 1427.) ; - A Mons, en avril 1427 : les États de Hainaut élisent Philippe le Bon duc de Bourgogne régent du Hainaut. In, Chambre des Comptes à Lille : série B1189, pièce de parchemin no 15521 (parchemin comportant 199 sceaux et contre-sceaux appendus des États de Hainaut, (Noblesse, Clergé, Bonnes Villes), référencée « Musée 16 » aux A.D.N. à Lille.
  6. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVeXVe s.) », Bruxelles, Edit. G. G. Sury, dép. lég., 2010 (2e éd.), p. 191 : - A Haarlem, 15 avril 1433, Philippe (le Bon), duc de Bourgogne, de Lothier, de Brabant et de Limbourg, comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne, de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de Namur, ordonne à Guy Guilbaut, son conseiller, trésorier et gouverneur général des finances, de payer annuellement à Jacqueline de Bavière, en exécution des termes du traité relatif au transport des comtés de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de la seigneurie de Frise, la somme de 500 écus de Bourgogne, dits clinquarts, à prendre sur les revenus du comté d’Ostrevant. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, no  d’ordre (cote) 1617, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 341. (Vidimus du 3 mai 1434 relatant un parchemin du 15 avril 1433 à Haarlem) - A Sint Maartensdijk, , la duchesse Jacqueline de Bavière, comtesse de Hollande, de Ponthieu et d’Ostrevant, donne quittance au duc de Bourgogne, d’une somme de 500 écus d’or, dits Philippus de Bourgogne, montant de la première annuité de la rente qu’elle perçoit sur les revenus d’Ostrevant. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, no  d’ordre (cote) 1670, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 352. (Or. sur pch. ; sc. ébréché. (Sint Maartensdijk, 2 décembre 1434)
  7. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte 149.
  8. "Les relations dynastiques entre Bourgogne et Autriche de 1285 à l'avènement du duc Charles" Jean Richard (Université de Dijon) voir surtout les pages 9 à 12 de cette communication http://195.220.134.232/numerisation/tires-a-part-intranet/0000005396238.pdf
  9. "Par ses mariages et ses héritages, Philippe le Bon est devenu un des plus puissants et des plus riches parmi les souverains européens. |...| Il règne sur les Pays-Bas (bourguignons) qui sont probablement, à cette époque, la contrée la plus prospère (d'Occident), dotée d'industries florissantes, extrêmement peuplée, et dont l'activité commerçante et manufacturière paraît exercer une sorte de monopole, presque, dans les 'affaires' européennes." (extrait de "Charles le Téméraire" de Marcel Brion, pages 38-39, collection Marabout université, Librairie Jules Tallandier, 1977)
  10. En cette fin 1430, juste après que Philippe le Bon a recueilli la succession brabançonne, la Bourgogne est partout gagnante, cf. Pirenne H., Histoire de Belgique (La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1948), II, p.227 : "Si l'on songe qu'il avait acheté le Namurois en 1421, qu'il était tout-puissant dans l'évêché d'Utrecht, qu'il soutenait en Gueldre le duc Arnold d'Egmont contre son compétiteur Adolphe de Juliers, qu'il disposait à son gré des évêchés de Cambrai et de Tournai et menaçait ouvertement le Luxembourg ; si l'on considère que, sûr du consentement de ses nouveaux sujets dans les régions qu'il venait de s'annexer, il n'avait à craindre aucun rival et qu'enfin, échappant tout à la fois à la suzeraineté du roi de France, contre lequel il soutenait une guerre victorieuse, et à celle du roi des Romains qui, en revendiquant pour l'Empire le Brabant, le Hainaut, la Hollande, la Zélande et la Frise, l'obligeait à y prendre les allures d'un prince indépendant, on comprendra sans peine de quel ascendant jouit dès lors ce fondateur d'un État nouveau créé en moins de quinze ans et qui renfermait les plus grandes villes et les plus riches territoires de l'Occident."
  11. Henri Pirenne, Histoire de Belgique, BiblioBazaar, LLC, 2008, p. 448
  12. Paul Bonenfant, A.-M. Bonenfant-Feytmans, Philippe le Bon: sa politique, son action, De Boeck Université, 1996, p. 46
  13. Georges Bordonove Les Grandes Heures de l'Histoire de France - Jeanne d'Arc et la Guerre de Cent Ans, Éditions Pygmalion, 1994, p. 195
  14. Marie-Thérèse Caron, Denis Clauzel, Le banquet du faisan, Artois presses université, 1997, p. 123
  15. Il sera page de l'empereur Charles Quint en 1532. (cité par Patrick Van Kerrebrouck, in "Les Valois" - 1990, page 611.)
  16. Jean Duverger, Brussel als kunstcentrum in de XIVe en de XVe eeuw, Anvers/Gand, 1935, pp. 73-83

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Bonenfant, Philippe le Bon, Bruxelles, 1944, 2e éd.
  • Paul Bonenfant, Philippe le Bon. Sa politique, son action, textétudes présentées par A.-M. Bonenfant-Feytmans, De Boeck Université, Collection Bibliothèque du Moyen Âge, 1996, 452 pages, [lire en ligne].
  • Emmanuel Bourassin, Philippe le Bon, Taillandier, 1983.
  • Yvon Lacaze, « Le rôle des traditions dans la genèse d'un sentiment national au XVe siècle. La Bourgogne de Philippe Le Bon », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 129-2, 1971, p. 303-385, [lire en ligne].
  • Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing - Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut (XIVeXVe s.) », Bruxelles, éd. G. G. Sury, dép. lég., © 2010 (2e éd.)
  • (en) Richard Vaughan, Philip the Good : The Apogee of Burgundy, Londres, 1970.
  • Jacques Paviot, « Emblématique de la maison de Bourgogne sous Philippe le Bon (1419-1467) », Actes du colloque Héraldique, sigillographie et sociétés savantes, 26 et 27 octobre 2006, Bulletin de liaison des sociétés savantes, no 12, mars 2007, pp. 11-13.
  • Serge Grafteaux, Philippe le Bon, dans la trilogie Le défi des ducs, 1980, édité par Jean-Pierre Delarge

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Jean sans Peur
Blason Ducs Bourgogne (ancien).svg Duc de Bourgogne Transparent.gif
1419-1467
Charles le Téméraire
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1419-1467
Blason Comte-de-Flandre.svg Comte de Flandre Transparent.gif
1419-1467
Jean III de Namur
Namur Arms.svg Comte de Namur Transparent.gif
1429-1467
Philippe de Saint-Pol
Armoiries Brabant.svg Duc de Brabant et de Limbourg Limburg New Arms.svg
1430-1467
Jacqueline de Hainaut
Hainaut Modern Arms.svg Comte de Hollande et de Hainaut Transparent.gif
1433-1467
Élisabeth de Goerlitz
Arms of Luxembourg.svg Duc de Luxembourg Transparent.gif
1444-1467