Perche (province)

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Blason de la province du Perche
Blason
Informations générales
Statut Province du royaume de France jusqu'à la Révolution
Capitale Corbon, Bellême, Mortagne ou Nogent-le-Rotrou
Histoire et événements
IXe siècle Premier comte attesté : Hervé Ier
1227 Saint-Louis rattache le comté au domaine royal
1790 Suppression de la province du Perche
Comtes
(1er) ? - ? Hervé Ier
(Der) 1217-1226 Guillaume du Perche
Comtes en appanage
(1er) 1268-1283 Pierre Ier d'Alençon
(Der) mort en 1377 Robert d'Alençon

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le comté du Perche[1] est une ancienne province de la France. Sa capitale fut selon les époques Corbon, Bellême, Mortagne ou Nogent-le-Rotrou.

Le comté est une province connue presque un millénaire durant, avant de finir absorbée dans les départements à la Révolution française.

Le Perche est né au Xe siècle de terres bocagères qui n'avaient pas été incluses dans le duché de Normandie à sa formation. Plusieurs seigneurs furent alors installés à Mortagne et Nogent pour défendre les terres du Maine et du comté de Blois. Le comté du Perche était délimité au nord par la Marche d'Alençon, frontière avec le duché de Normandie, à l'est par le comté de Chartres, au sud par le Perche-Gouët et à l'ouest par le Maine.

Lors de la Révolution, la province du Perche fut répartie essentiellement entre les départements d’Eure-et-Loir et de l’Orne, mais également, pour une petite partie, sur celui de l’Eure (comme Verneuil-sur-Avre)[2].

L'histoire de cette ancienne province n'est pas à confondre avec la région naturelle du Perche, à laquelle on se réfère de manière générale.

Article détaillé : région naturelle du Perche.
Perche et Perche-Gouët en bleu.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
« D'argent à trois chevrons de gueules. »

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

Le nom du Perche est mentionné sous les formes saltus Particus, silva Perticus avant le VIe siècle, pagus quem Pert[ic]ensem vocant au VIe siècle, pagus pertensis au VIe siècle, pagus Perticus (sans date), pagus Perticus vers 815, Particus saltus au IXe siècle, silva Perticus en 1045, [le] Perche en 1160 - 1174, Perche en 1238, foresta de Pertico en 1246, [le] Perche en 1308[3],[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

On peut y voir l'origine partielle de l'appartenance des coutumes du Perche au groupe de celles du pays de Chartres et de l'Orléanais.

La forte identité du Comté tient en partie à son droit coutumier avant la Révolution : « la coutume du Perche » ou plutôt « les coutumes du Perche », distinctes de la coutume de Normandie, de celle du Maine et celles de l'Île-de-France[5].

Le comté se constitua par la fusion du comté de Mortagne, de la vicomté de Châteaudun et la seigneurie de Nogent-le-Rotrou.

Le château médiéval Saint-Jean à Nogent-le-Rotrou

La proximité de la Normandie en fait du Xe siècle au XVe siècle une province stratégique pour les rois de France.

En 1227, il fut inclus dans le domaine royal français. Une partie du comté du Perche fut alors démembrée pour constituer le comté d'Alençon au profit de Pierre Ier d'Alençon, fils de France. Cependant il réintégra le domaine royal en 1283. Il fut, une seconde fois, en partie adjoint au comté d’Alençon pour Charles II d'Alençon, comte d’Alençon et du Perche en 1326. La maison d'Alençon s'éteint en 1525 et le duché d'Alençon et comté du Perche font retour au domaine royal.

La Renaissance est un temps fort de l’histoire percheronne : la région se couvre de manoirs (Courboyer, Alleray, Bois-Doublet…), et l’industrie locale (étamines à Nogent, tanneries à Cormenon, minerais…) approvisionne Paris. Le principal ministre d’Henri IV, Sully, est marquis de Nogent-le-Rotrou, où il est enterré. Le Perche est aussi la région natale du poète Rémy Belleau, membre de la Pléiade, mené par Pierre de Ronsard, le Vendômois.

Un mouvement d'émigration vers la Nouvelle-France s'amorce à partir de plusieurs provinces de France tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles. La première vague de cette émigration, le renommé mouvement d'émigration percheronne, durera une trentaine d'années à partir de 1634, partant de migrants de régions du Nord et de l'Ouest du Perche axées autour des lieux suivants : Tourouvre, Mortagne, Igé, et Saint-Cosme-de-Vair[6],[7]. En une trentaine d’années, plus de 300 émigrants[Note 1], laboureurs et exerçant divers métiers liés à la construction (maçon, menuisier, charpentier, briquetier, etc.), vont ainsi entreprendre le grand voyage. Quelques-uns vont revenir au pays, mais la grande majorité choisit de s’établir sur les rives du fleuve Saint-Laurent pour y défricher et faire prospérer les terres nouvelles.

Il est estimé que tout au plus soixante-dix des premiers couples percherons à émigrer en Nouvelle-France au XVIIe siècle ont eu une influence démographique dominante à travers les générations de sorte que les descendants de ces migrants représente environ un septième de la population québécoise d’expression française d'aujourd'hui[8],[9].

Leur descendance au début du XXe siècle est estimée à 80 000 familles et 300 000 descendants directs[10], aujourd’hui à 1 500 000 personnes au Canada – beaucoup plus sans doute si on tient compte d’un important essaimage dans toute l’Amérique du Nord (Nouvelle-Angleterre et Louisiane, plus particulièrement). La famille qui compte le plus de descendants est la famille Tremblay qui remonte entièrement à un seul ancêtre Pierre Tremblay, natif de Randonnai. Le nombre total de ses descendants portant le patronyme Tremblay est estimé à environ 180 000 en Amérique du Nord[11], dont plus de 80 000 au Québec[12], sans compter les descendants des femmes qui se sont mariées.

L’une des plus petites provinces du royaume à la fin de l’Ancien Régime, où elle est intégrée dans le gouvernement de Maine-et-Perche, avec le Maine.

Voir aussi : Liste des comtes du Perche

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le nombre d'émigrants varie considérablement d'une référence à l'autre ; deux des références les plus fiables : S.-A. Lortie auteur de L'Origine des immigrants français de 1608 à 1700 (1903) donnant un chiffre de 238 pour une période trois fois plus longue et Le Programme de recherche en démographie historique de l'Université de Montréal (1991) mettant le chiffre comparable à Lortie à 217.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ou, plus rarement, aussi appelé Grand-Perche ou Haut-Perche en opposition avec le Perche-Gouët qui était le Petit-Perche ou le Bas-Perche.
  2. Des parties de la région naturelle du Perche ont rejoint les départements de la Sarthe (comme Montmirail) ou de Loir-et-Cher (comme Le Gault) mais ne faisaient pas partie du comté du Perche mais de la province du Perche-Gouët.
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume I, librairie Droz, 1990. p. 398
  4. Dominique Fournier, « Notes de toponymie normande : Promenons-nous dans les bois… (au sujet de quelques noms de bois et de forêts en Normandie) » in Histoire et Traditions Populaires no 136 (mars 2017), p. 17-32
  5. Jean-François Lemarignier, la France médiévale : institutions et sociétés, Armand Colin-collection U 1970
  6. Charbonneau, Hubert (1970), Tourouvre-au-Perche aux XVIIe et XVIIIe siècles : Étude de démographie historique, Cahier no  55, Presses universitaires de France, p. 10-18
  7. Gervais Carpin (1999). Le Reseau du Canada, Étude du mode migratoire de la France vers Ier Nouvelle-France (1628-1462) Vol. 1, Charte 7, Lieux d'origine des 270 émigrants identifiés provenant du Perche ou intégrés à un des pôles d'attraction percherons, Thèse présentée à la Faculté des études supérieures de L'Université Laval pour l'obtention du grade de Philosophiæ Doctor (Ph-D.), p. 480
  8. Montagne, Mme Pierre (1965), Tourouvre et les Juchereau, un chapitre de l'émigration percheronne au Canada, Société canadienne de généalogie, Québec, no  13
  9. Sirois-Belle, Maud (2009) Nos ancêtres percherons, Société généalogique de Drummondville v. #14-4, p. 16
  10. de Romanet, Vte; Tournouer, M. H. (1905). Chronique et correspondance de la province du Perche et des Percherons du Canada, published 1905 by L. Fournier à Mortagne, France; 2 v. en 1; Open Library OL24635213M, p. 73
  11. Paul Sérant, Le Peuplement de la Nouvelle-France, dans Enquête sur l'histoire no 11, été 94, p. 54.
  12. Louis Duchesne (2006). Les noms de famille au Québec aspects statistiques et distribution spatiale, Québec: Institut de la statistique du Québec, (ISBN 2-550-47116-4), p. 20.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Siguret, Histoire du Perche, édition des Amis du Perche, Ceton, 2000, 606 p.
  • (en) Kathleen Thompson, Power and Border Lordship in Medieval France. The County of the Perche, 1000-1226, Woodbridge et Rochester, The Boydell Press, 2002, 226 p., présentation en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]