El Jadida

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El Jadida
الجديدة
La forteresse portugaise de Mazagan
La forteresse portugaise de Mazagan
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Doukhala-Abda
Province Province d'El Jadida
Maire Abdelhakim Sojda (FFD) (2009)
Démographie
Population 160 000 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 33° 14′ 00″ N 8° 30′ 00″ O / 33.233333, -8.5 ()33° 14′ 00″ Nord 8° 30′ 00″ Ouest / 33.233333, -8.5 ()  
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Liens
Site web http://www.eljadida.gov.ma/
Les remparts d'El Jadida

El Jadida (الجديدة en arabe) est une ville côtière du Maroc, à 96 km de Casablanca, préfecture de la province d'El Jadida. El Jadida (ou al-Djadīda) est le nom actuel de l'ancienne Mazagão (Mazagan), cité fortifiée édifiée par les Portugais au début du XVIe siècle, qui ne fut reprise par les Marocains qu'en 1769. Les fortifications de la cité portugaise, avec leurs bastions et remparts, constituent un exemple précoce de l’architecture militaire portugaise de la Renaissance. Les édifices portugais encore visibles sont la citerne portugaise, la forteresse portugaise de Mazagan et l'église de l'Assomption, construite dans le style manuélin. Ils offrent un témoignage exceptionnel des influences croisées entre les cultures européenne et marocaine. Dès le début du XIXe siècle, la ville éclata hors des remparts de la cité portugaise. Elle s'étend aujourd'hui très au-delà de ce qui n'est plus qu'un îlot historique au bord de l'Atlantique.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Cité portugaise d'El Jadida

Mouillage apprécié des navigateurs, le site Mazagan est désigné sous le toponyme « Māzighān » par al-Idrīsī (XIIe siècle)[1] et celui de Mesegan ou Mazagem sur certains portulans européens du Moyen Âge. Selon certains auteurs, le mouillage était connu des Européens dès le début de l'ère chrétienne : il se confondrait avec le port de Rutubis évoqué par Pline l'Ancien (Ier siècle après J.-C.) et celui de Rousibis dont parle Ptolémée (IIe siècle après J.-C.)[2]. Quelques historiens soutiennent qu'il correspond au site d'Akra cité dans le "Périple d'Hannon" (Ve siècle av. J.-C.)[3] ). Il ne s'agit là que d'hypothèses.

Les Portugais édifièrent à Mazagan une forteresse - un château flanqué de quatre tours - en 1514, puis en 1542 une ville fortifiée ceinte d'épaisses murailles, qui pouvait accueillir plusieurs milliers d'habitants, tous originaires du Portugal.

Durant plus de deux siècles, Mazagan résista aux assauts des Marocains qui cherchaient à s'en emparer. La présence portugaise prit fin en 1769, quand la ville fut prise par Sidi Mohamed ben Abdellah. À la veille de l'assaut, le commandant de la place reçut de Lisbonne l'ordre d'évacuer la ville. Un accord fut passé avec Mohamed ben Abdellah pour que les Portugais quittent la ville sans crainte d'une attaque. Avant leur départ, ceux-ci décidèrent de miner tous les bastions. Lorsque les Marocains pénétrèrent dans la cité, une série d'explosions détruisit les murailles et fit de nombreuses victimes. Entre la libération de la ville et jusqu'au début du XIXe siècle, la cité fut appelée El-Mehdoûma, « la Ruinée ».

Moulay Abd ar-Rahman, proclamé sultan en 1822, décida de restaurer la cité fortifiée et de l'appeler El Jadida, « la Nouvelle ». Des commerçants européens, surtout des Anglais originaires de Gibraltar, vinrent s'y installer. La ville accueillit de nombreux habitants venus de l'intérieur du pays. Elle déborda rapidement des limites de la cité portugaise, désormais souvent désignée sous le nom de Mellah car les juifs y étaient les plus nombreux. Au début du XXe siècle, El Jadida, que les Européens continuaient à appeler Mazagan, devint un des ports les plus importants du Maroc.

À partir de 1912, sous le protectorat de la France, une ville nouvelle fut créée comprenant un centre d'affaires (administrations, banques, etc.) et des quartiers résidentiels à l'attention des émigrants français.

Les Français ont été charmés par cette belle ville. Elle devint ainsi un centre balnéaire du fait de son climat doux et de ses plages. Après l'Indépendance, en 1956, Mazagan redevient El Jadida.

Le 30 juin 2004, lors de la 28e session du comité du patrimoine mondial, tenue à Suzhou en Chine, la ville marocaine de Mazagan (El Jadida) est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Aujourd'hui El Jadida attire les amateurs d'histoire curieux de découvrir la cité fortifiée par les Portugais, les cinéphiles marchant sur les traces d'Orson Welles ainsi que de nombreux estivants.

Au cours de la période estivale (juillet-août) a lieu le célèbre moussem de Moulay Abdellah Amghar, qui attire plus de cent mille visiteurs.

De nos jours, El Jadida s'est totalement modernisé, il est vrai qu'il reste des quartiers populaires, mais dans son ensemble, la ville s'est transformée. Elle reste très culturelle avec ses monuments, mais aussi touristique avec sa magnifique plage et ses hôtels. Elle devrait devenir l'une des villes les plus touristiques du Maroc car de nombreux projets sont en cours pour faire d'El Jadida une nouvelle ville.

La citerne portugaise[modifier | modifier le code]

La Citerne portugaise

Cette vaste salle souterraine et voûtée faisait partie du château fort construit en 1514 par les Portugais. Elle servit probablement de salle d'armes avant d'être utilisée comme réserve d'eau. Sur un plan carré de 34 m de côté, elle comporte six nefs dont les voûtes d'arêtes reposent sur 25 colonnes et piliers. La travée centrale est percée d'un large oculus par où se déverse la lumière du jour qui produit par réflexion sur l'eau de la citerne, un surprenant effet de miroir imprégnant le lieu d'une étrange atmosphère. La majestueuse citerne portugaise d'El Jadida, qui d'ailleurs fut classée sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2004, séduisit Orson Welles au point qu'il y tourna certaines séquences de son film Othello. Quelques scènes des films le retour de l'étalon noir, produit par Francis Ford Coppola et Harem, d'Arthur Joffé, ont également été tournées ici.

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Située sur la côte de l'océan Atlantique et à proximité de la capitale économique du Royaume, la province d'El Jadida fait partie de la région du Doukkala-Abda. Ses limites sont :

  • La province de Settat au Nord et au Nord-Est
  • La province de Kalaa des Sraghna à l'Est et au Sud-Est
  • La province de Safi au Sud
  • L'océan Atlantique au Nord-Ouest et à l'Ouest

La province d'El Jadida a été créée par décret royal no 701-66 du 10 juillet 1967. Elle est intégrée dans la région économique du centre par dahir no 1-71-77 du 16 juin 1971, et dans la région Doukkala-Abda par décret no 2-97-246 du 17 août 1997. portail Internet officiel: www.eljadida.gov.ma

Démographie[modifier | modifier le code]

El Jadida comptait, en 2004, 144 440 habitants[4]. La population d'El Jadida est estimée à 160 000 Habitants en 2009

Économie[modifier | modifier le code]

Activités portuaires[modifier | modifier le code]

La province d'El Jadida dispose de deux ports : le port d'El Jadida et celui de Jorf Lasfar en eau profonde.

  • Le port d'El Jadida dans le centre ville est réservé à la pêche, aux bateaux de plaisance et aux sports nautiques.
  • Le port de Jorf Lasfar, à 17 km au sud de la ville, est le premier port minéralier d’Afrique. Ouvert au commerce international depuis 1982, le port de Jorf Lasfar constitue l’un des maillons de l’infrastructure portuaire du Maroc. Parmi les grandes entreprises qu'il abrite, on trouve l'OCP, JLEC, ODEP, SONASID ...

Activités Touristiques[modifier | modifier le code]

La province d'El Jadida dispose d'une belle offre hôtelière : le Mazagan Beach Resort du groupe Kerzner International : avec son 5 étoiles de 500 chambres, son golf, son casino, son SPA, ses 8 restaurants et sa large offre de loisir, il est la locomotive de la région. Les hôtels d’Accord complète cette offre avec son Pullman (4 étoiles) et ses 2 Ibis. À cela s’ajoute de nombreux Riads.

Réseau routier[modifier | modifier le code]

La province d’El Jadida dispose d’un réseau classé de 2 012 km de route dont 1 831 km revêtu. C’est le plus long réseau revêtu comparé à celui des autres provinces du Royaume.

L'autoroute reliant El Jadida à Casablanca, d'une longueur de 80 km a été ouverte à la circulation à partir du 4 novembre 2006.

Industrie[modifier | modifier le code]

Situation : route de Marrakech
Aménageur : municipalité d’El Jadida
Superficie : 117 ha
Il est l'un des plus grands ports d'Afrique. Prévu sur une superficie de 500 ha, le parc sera un espace structurant visant à assurer un développement spatial équilibré de la région et constituera le premier parc industriel destiné à abriter les moyennes et les grandes industries ainsi que celles liées aux activités du complexe phosphatier.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La géographie d'Edrisi, traduite et annotée par Pierre-Amédée Jaubert, Paris, 1836-1840, tome 1, p. 220
  2. L'indication de la position astronomique du port de Rousibis fournie par Ptolémée est : 6°40' et 32°10'.
  3. Notamment Jérôme Carcopino, Le Maroc antique, Gallimard, 1943, p. 102.
  4. « Royaume du Maroc – Haut commissariat au Plan – 2004 – Recensement de la population et de l'habitat de 2004 – Population légale du Maroc »
  5. http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=23723

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Feucher, Mazagan (1514-1956). La singulière histoire d'une ville qui fut, tour à tour, portugaise, cosmopolite, française, avant d'être marocaine, Paris, L'Harmattan, 2011.
  • Mustapha Jmahri, Chroniques secrètes sur Mazagan-El Jadida, 1850-1950, Les cahiers d'El Jadida, 2010.
  • Mustapha Jmahri, Mazagan-El Jadida, deux siècles d'histoire consulaire, Les cahiers d'El Jadida, 2011.
  • Joseph Goulven, La place de Mazagan sous la domination portugaise(1502-1769), Paris, Émile Larose, 1917.
  • Laurent Vidal, Mazagão, la ville qui traversa l'Atlantique. Du Maroc à l'Amazonie (1769-1783), Paris, Aubier, 2005.