Roussillon (province)

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43° 54′ 09″ N 5° 17′ 37″ E / 43.90255, 5.2935 ()

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Roussillon
Rosselló (ca)

Gouvernement du Roussillon
Intendance du Roussillon

16591790

Informations générales
Statut province du royaume de France
Capitale Perpignan
Langue catalan et français
Religion catholique
Roi de France et de Navarre
1659 - 1715 Louis XIV
1774 - 1790 Louis XVI
Intendant du Roussillon
1661 - 1669 Charles Macqueron
1778 - 1790 Louis de Saint-Sauveur

Entités précédentes :

  • Gouvernement des comtés du Roussillon et de Cerdagne (en partie)

Entités suivantes :

Carte de la province du Roussillon par Nicolas de Fer (1706)

En France, sous l'Ancien Régime, le Roussillon (en catalan : Rosselló) était une province du royaume, qui a existé de 1659 jusqu'à la création du département des Pyrénées-Orientales en 1790[1].

Le Roussillon était un gouvernement et une intendance.

Dépourvu d'états provinciaux, le Roussillon n'était pas un pays d'états.

Le Roussillon était, en matière de gabelle, un pays de salines et, en matière de traites, une des provinces réputées étrangères.

Géographie[modifier | modifier le code]

La plaine du Roussillon est irriguée par trois fleuves, du sud vers le nord, le Tech, la Têt et l'Agly. Surplombée par le célèbre pic du Canigou, ses principales ressources sont l'agriculture (vin, primeurs et fruits) et le tourisme (notamment à Argelès-sur-Mer sur la côte sableuse, et Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère sur la Côte Vermeille).

Territoire[modifier | modifier le code]

La province du Roussillon, avec le Roussillon propre et ses dépendances, dans ses limites du XVIIIe siècle et les communes actuelles.

La province de Roussillon correspondait à la partie du Gouvernement des comtés de Roussillon et Cerdagne (catalan : Governació dels comtats de Rosselló i Cerdanya), acquise par le Royaume de France en vertu du traité de paix, dit traité des Pyrénées, signé le 7 novembre 1659, sur l'île des Faisans, située au milieu du fleuve côtier Bidassoa.

La province de Roussillon comprenait le comté de Roussillon et une partie de l'ancien comté de Cerdagne.

La partition du comté de Cerdagne : « audit Seigneur Roy Catholique, demeureront tout le Principat de Catalogne, & tout le Comté & Viguerie de Cerdagne, en quel que part que soient situées les Villes, Places, Bourgs, Hameaux, & lieux qui composent ledit Principat de Catalogne, & ledit Comté de Cerdagne, à la réserve de la Vallée de Carol (dans laquelle se trouve le Chasteau de Carol, & la Tour Cerdane) & d'une continuation de Territoire, laquelle donne communication depuis ladite Vallée de Carol, jusques au Capcir de la Viguerie de Conflent, ensemble trente- trois Villages, lesquels demeureront à sa Majesté Très-Chrestienne, & doivent estre composés de ceux qui seront dans ladite Vallée de Carol, & de ceux qui se trouveront dans ladite communication, de Carol au Capsir ; & s'il n'y a pas tant de Villages en ladite Vallée, & en ladite communication, ledit nombre de tente-trois sera supplée par d'autres Villages dudit Comté de Cerdagne, qui se trouveront estre les plus contigus : Et afin qu'il ne puisse arriver de contestation sur la qualité desdits Villages, on est demeuré d'accord, que pour Villages, se doivent entendre ceux qui ont esté censez de là, par le passé, & avec Jurisdiction, en cas qu'ils se trouvassent présentement détruits, pourveu que chacun desdits Villages au quelques maisons qui soient habitées ; laquelle susdite Vallée de Carol, avec le Chasteau de Carol, & la Tour Cerdane, comme aussi lesdits Villages, jusques au nombre de trente-trois, en la manière cy-dessus dite, demeureront au Seigneur Roy Tres-Chrestien, & à la Couronne de France, pour y estre unis & incorporez à jamais ; aux mesmes, clauses & conditions de cession & renonciation de la part de sa Majesté Catholique, contenus dans l'Article quarante-troisième du Traité de Paix : comme si elles estoient icy particulièrement, spécifiées, & énoncées mot à mot ».

La liste des trente-trois villages de Cerdagne fut fixée par le traité signé à Llivia, le 12 novembre 1660. Il s'agit de :

  • Angoustrine (catalan : Angostrina), ancienne commune réunie à Villeneuve-des-Escaldes en 1973 pour former l'actuelle commune d'Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes
  • Bajande (catalan : Bajanda) : ancienne commune, incorporée à Estavar en 1822[2]
  • Bolquère (catalan : Bolquera) : actuelle commune[3]
  • Caldégas (catalan : Càldegues) et Onzès (catalan : Oncès), comptés pour un village
  • Carol, « comprenant toute sa vallée avec tous les lieux qu'elle renferme », comptée pour deux villages : ancienne commune correspondant aux actuelles communes de Latour-de-Carol[4], de Porta, créée en 1837[5], et de Porté-Puymorens, créée en 1860[6]
  • Dorres (catalan : Dorres) : actuelle commune[7]
  • Égat (catalan : Èguet) : actuelle commune[8]
  • Enveitg (catalan : Enveig), « comprenant tous ses coteaux et toutes ses montagnes, et toute l'étendue de sa juridiction avec tous les lieux qui en dépendent », comptés pour deux villages : actuelle commune d'Enveitg[9]
  • Estavar (catalan : Estavar) : actuelle commune d'Estavar, à l'exception de l'ancienne commune de Bajande
  • Eyne (catalan : Eina) : actuelle commune d'Eyne[10]
  • Hix (catalan : Ix) : actuelle commune de Bourg-Madame (catalan : La Guingueta d'Ix)[10]
  • La Perche (catalan : La Perxa) : ancienne commune incorporée à La Cabanasse (catalan : La Cabanassa) entre 1795 et 1800[11]
  • Llo (catalan : Llo) : actuelle commune de Llo, à l'exception de l'ancienne commune de Rohet, incorporée entre 1790 et 1794[12]
  • Nahuja (catalan : Naüja) : actuelle commune de Nahuja[13]
  • Odeillo (catalan : Odelló) : ancienne commune associée à Via en 1900 et formant, depuis 1957, l'actuelle commune de Font-Romeu-Odeillo-Via[14]
  • Osséja (catalan : Oceja) : actuelles communes d'Osséja[15] et de Valcebollère (catalan : Vallcebollera), créée en 1832, incorporée en 1972 et rétablie en 1974[16]
  • Palau (catalan : Palau) : commune de Palau-de-Cerdagne, depuis 1936[17]
  • Palmanil (catalan : Palmanill) : ancien lloch de l'actuelle commune de Targassonne
  • Planès (catalan : Planès), compté pour deux villages : actuelle commune de Planès[18]
  • Ro (catalan : Ro) : ancienne commune incorporée à Saillagouse en 1822[19]
  • Rohet (catalan : Roet) : ancienne commune, incorporée à Llo entre 1790 et 1794
  • Saillagouse (catalan : Sallagosa) : actuelle commune de Saillagouse, à l'exception des anciennes communes de Rô et Védrigans, incorporées en 1822[20]
  • Sainte-Léocadie (catalan : Santa Llocaia) et Llus (catalan : Llus), comptés pour un village : actuelle commune de Sainte-Léocadie
  • Saint-Pierre-des-Forçats (catalan : Sant Pere dels Forcats) : actuelle commune de Saint-Pierre-des-Forçats
  • Targassonne (catalan : Targasona) : pour Targassonne et Vilalta, actuelle commune de Targassonne[21]
  • Ur (catalan : Ur) et Flori (catalan : Florí), comptés pour un village : actuelle commune d'Ur[22]
  • Vedrinyans (catalan : Vedrinyans) : ancienne commune, incorporée à Saillagouse en 1822[23]
  • Via (catalan : Vià) : ancienne commune
  • Vilar d'Ovansa (catalan : Vilar d'Ovança) : actuelle commune de Mont-Louis[24]
  • Villeneuve (catalan : Vilanova) et Les Escaldes (catalan : Les Escaldes), comptés pour un village : ancienne commune de Villeneuve-des-Escaldes, associée à Angoustrine en 1973 pour former la commune d'Angoustrine-Villeuneuve-des-Escaldes[25]

Le territoire de la province de Roussillon recouvrait celui de l'actuel département des Pyrénées-Orientales, à l'exception des vingt-huit actuelles communes suivantes : Ansignan (occitan : Ancinhan), Bélesta (occitan : Belhestar), Campoussy (occitan : Camporsin), Caramany (occitan : Caramanh), Cassagnes (occitan : Cassanhes), Caudiès-de-Fenouillèdes (occitan : Caudièrs de Fenolhet), Felluns (occitan : Felhunhs), Fenouillet (occitan : Fenolhet), Fosse (occitan : Fòssa), Lansac (occitan : Lançac), Latour-de-France (occitan : La Tor de Trinhac ou La Tor de França), Lesquerde (occitan : L'Esquerda), Maury (occitan : Maurin), Montalba-le-Château (occitan : Montalban del Castelh), Pézilla-de-Conflent (occitan : Pesilhan de Conflent), Planèzes (occitan : Planesas), Prats-de-Sournia (occitan : Prats de Sornhan), Prugnanes (occitan : Prunhanas), Rabouillet (occitan : Rebolhet), Rasiguères (occitan : Rasiguèras), Saint-Arnac (occitan : Çantarnac), Saint-Martin (occitan : Sant Martin de Fenolhet), Saint-Paul-de-Fenouillet (occitan : Sant Paul de Fenolhet), Sournia (occitan : Sornhan), Trévillach (occitan : Trevilhac), Trilla (occitan : Trilhan), Vira (occitan : Viran) et Le Vivier (occitan : Le Vivièr).

Subdivisions[modifier | modifier le code]

La partie de la province de Roussillon correspondant à l'ancien comté de Roussillon était divisée en deux vigueries, savoir :

  • La viguerie de Roussillon (catalan : vegueria de Rosselló), dont le chef-lieu était Perpignan (catalan : Perpinyà) ;
  • La viguerie de Conflent (catalan : vegueria de Conflent), dont le chef-lieu était Villefranche-de-Conflent (catalan : Vilafranca de Conflent).

La viguerie de Roussillon comprenait une sous-viguerie, savoir :

  • La sous-viguerie de Vallespir (catalan : sots-vegueria de Vallespir).

La viguerie de Conflent comprenait une sous-viguerie, savoir :

  • La sous-viguerie de Capcir (catalan : sots-vegueria de Capcir), dont le chef-lieu était Puyvalador (catalan : Puigbalador).

La partie de l'ancien comté de Cerdagne relevant de la province de Roussillon formait une viguerie, savoir :

  • La viguerie de Cerdagne (catalan : vegueria de Cerdanya), dont le chef-lieu était Saillagouse (catalan : Sallagosa)

Divisions ecclésiastiques[modifier | modifier le code]

Les paroisses du Roussillon — à l'exception de Vingrau et de Tautavel — et du Vallespir relevaient du diocèse d'Elne, dont le siège avait été transféré à Perpignan en 1601.
Les paroisses de Vingrau et Tautavel dépendaient de l'archevêché de Narbonne.
Les paroisses de Cerdagne de la haute vallée du Sègre (catalan : Segre) relevaient du diocèse d'Urgel et, ainsi, de l'archidiocèse de Tarragone. L'évêque d'Urgel avait besoin d'une permission du roi de France pour y faire ses visites.
Les autres paroisses de Cerdagne — à savoir : Saint-Pierre-des-Forçats, Planès, La Perche et La Cabanasse — relevaient du diocèse d'Elne.
Les paroisses du Capcir — c'est-à-dire de la haute vallée de l'Aude — relevaient du diocèse d'Alet, créé par le pape Jean XXII, par démembrement du diocèse de Narbonne, le 18 février 1318.
Le clergé du Roussillon se divisait en clergé exempt et clergé non exempt.
Le clergé non exempt comprenait l'évêque, des chapitres, communautés ecclésiastiques, bénéficiers simples, curés et marguilliers. Il y avait, en Roussillon et Conflent, treize archiprêtrés.
Le clergé exempt comprenait les abbayes bénédictines de Saint-Michel de Cuxa (catalan : Sant Miquel de Cuixà), Sainte-Marie d'Arles, Saint-Martin du Canigou — qui appartenaient à la congrégation de Tarragone) et Saint-Génis des Fontaines — dépendance de l'abbaye Sainte-Marie de Montserrat — ainsi que le prieuré et chapitre de Corneilla-de-Conflent et autres, qu'on appelait détachés, les couvents et communautés religieuses, etc.
Par lettres patentes du 8 octobre 1759, le clergé exempt et le clergé non exempt furent réunis en un bureau diocésain composé de commissaires pris dans les deux corps pour la formation des rôles et la répartition des impositions.

Histoire[modifier | modifier le code]

Autrefois intégré au Royaume de Majorque et à la Couronne d'Aragon, ce territoire a été rattaché à la couronne de France lors du traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659. Avant ce traité, la frontière entre les royaumes de France et d'Aragon suivait plus au nord, la ligne des citadelles du vertige (voir Châteaux forts et traité de Corbeil).

Pour l'histoire du Roussillon jusqu'à 1659, voir : Comté de Roussillon.

La réunion à la France met à mal les acquis traditionnels, ce qui provoque toute une série de révoltes[26].

En décembre 1661, Louis XIV rétablit la gabelle, abolie depuis 1292. Les habitants de Prats-de-Mollo se révoltent, entraînant bientôt tout le Haut Vallespir. De nombreux agents du fisc et gabelous sont massacrés. Deux bataillons sont dépêchés pour rétablir l'ordre. Ils sont mis en déroute, car ils sont confrontés aux difficultés du terrain et à la proximité de la frontière, qui offre une solution de repli aux insurgés. La révolte dure de 1667 à 1675. Lorsqu'elle est enfin étouffée, la répression est terrible. On a appelé par la suite cet événement la révolte des Angelets[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carrere, J.B., Description de la Province de Roussillon, Paris, chez Lamy,‎ 1788, 438 p. (lire en ligne)
  2. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=2460
  3. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=4767
  4. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=6970
  5. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=27650
  6. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=27660
  7. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=12093
  8. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=12520
  9. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=12681
  10. a et b http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=13373
  11. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=61924
  12. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=19765
  13. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=24501
  14. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=25444
  15. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=25848
  16. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=38619
  17. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=26069
  18. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=27031
  19. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=29287
  20. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=35119
  21. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=37093
  22. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=38438
  23. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=39185
  24. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=23647
  25. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=40016
  26. « Histoire du Roussillon : chronologie des évènements historiques », sur histoireduroussillon.free.fr.
  27. « La révolte des Angelêts : le Vallespir entre en rébellion contre Louis XIV », sur histoireduroussillon.free.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]