Georges Lapassade

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Georges Lapassade en 2003

Georges Lapassade est un philosophe et un sociologue français, né le 10 mai 1924 à Arbus, dans le Béarn, et mort le 30 juillet 2008 à Stains.

Intérêts[modifier | modifier le code]

Il s’intéresse à la psychanalyse (il a fait deux analyses, une avec Elsa Breuer et l'autre avec Jean Laplanche) et à la biologie (il travaille avec Georges Canguilhem). Il participe à la revue Arguments dirigée par Kostas Axelos et Edgar Morin et s’intéresse à la psychothérapie institutionnelle. Il reprend à Félix Guattari le syntagme « analyse institutionnelle » pour désigner une sociologie d’intervention, avec la collaboration de René Lourau. Il est une des figures importantes de la psychosociologie, de l’ethnologie et de la pédagogie. Ses actions en milieu étudiant durant les années 1958-1968 ont eu un impact important dans l'avènement des évènements de mai 1968. Il introduit en France l’ethnométhodologie. C’est le premier sociologue français à avoir travaillé sur le rap. Il se penche ensuite sur les phénomènes d’états modifiés de conscience.

Il a participé à une étude fondatrice sur l'Université de Québec à Montréal avec Alain Cognard. Il a été longtemps enseignant et chercheur à l'Université de Paris VIII, où il dirigeait toujours un séminaire hebdomadaire au cours des dernières années de son existence.

Une cible des situationnistes[modifier | modifier le code]

Dans l'opuscule situationniste de 1966, intitulé De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier, écrit par des membres de l’Internationale situationniste et des étudiants de Strasbourg, dont Mustapha Khayati. Voici l'extrait : "Dans son application, il (l'étudiant) se croit. D'avant-garde parce qu'il a vu le dernier Godard, acheté le dernier livre argumentiste, participé au dernier happening de Lapassade, ce con.".

Dans le livre de 1967, Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem, on peut lire : « Pour les artistes, au sens strict du terme, la voie de la récupération absolue est toute tracée. Ils entreront avec les Lapassade et consorts dans la grande corporation des spécialistes. Le pouvoir saura les récompenser d'ainsi déployer leur talent pour habiller de couleurs neuves et séduisantes le vieux conditionnement à la passivité. »

Dans le numéro 9 de la revue "Internationale Situationniste" d'août 1964, on peut lire en caractères gras et sur une demi page : «Monsieur Georges Lapassade est un con»

Œuvres[modifier | modifier le code]

Recherches institutionnelles[modifier | modifier le code]

  • L'Analyseur et l'Analyste, Gauthiers-Villars, 1971
  • L'Autogestion pédagogique, Gauthiers-Villars, 1971
  • Groupes, organisations, institutions, Gauthiers-Villars, 1975
  • Socianalyse et potentiel humain, Gauthiers-Villars, 1975

Essais[modifier | modifier le code]

  • L'Entrée dans la vie, Minuit, 1963
    Il s'agit de sa thèse d'État.
  • Le Livre fou, Épi, 1971
  • Clefs pour la sociologie (en collaboration avec René Lourau), Seghers, 1971
  • La Bio-énergie, Delarge 1974
  • Essai sur la transe, Éditions universitaires, 1976
  • avec Georges Canguilhem, Jean Piquerol, Jacques Ulmann, Du développement à l’évolution au XIXe siècle, 1962, Paris, PUF/Quadrige, 2003 (ISBN 2-130-53835-5)
  • Le Corps interdit (en collaboration avec René Schérer), E.S.F., 1977
  • Le Rap ou la fureur de dire (avec Philippe Rousselot), Paris, Loris Talmont, 1990.
  • Les États modifiés de la conscience, PUF, Paris, 1987,
  • La Transe, Que sais-je ? PUF, 1990
  • Guerre et paix dans la classe, Armand Colin, 1993

Récits[modifier | modifier le code]

  • Le Bordel andalou, L'Herne, 1971
  • L'Arpenteur, Épi, 1971
  • Les Chevaux du diable, Delarge, 1974
  • Joyeux tropiques, Stock, 1978
  • L'autobiographe, Duculot, 1980
  • La Dissociation
  • Les Chants de Mogador ; Chroniques d'Essaouira, Transhumance, 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]