Démographie de la Russie

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Démographie de la Russie
Évolution démographique de la Russie (1950-2013)
Évolution démographique de la Russie (1950-2013)
Dynamique
Population (2014) 143 666 931 hab.
Accroissement naturel 0,22 %
Indice de fécondité 1,72 enfant par
Taux de natalité 13,3 ‰
Taux de mortalité 13,1 ‰
Taux de mortalité infantile 7,2 ‰
Espérance de vie à la naissance 68,98 ans
Âge médian
Homme 35,0 ans
Femme 41,3 ans
Structure par âge
0-14 ans 15,2 %
15-64 ans 72,0 %
65 ans et plus 12,8 %
Rapport de masculinité
À la naissance 106 /100
Moins de 15 ans 105 /100
15-64 ans 92 /100
65 ans et plus 44 /100
Migration
Solde migratoire 1,83 ‰
Composition linguistique
Russe  
Langues minoritaires  
Composition ethnique
Russes 79,8 %
Tatars 3,8 %
Ukrainiens 2,0 %
Bachkirs 1,2 %
Tchouvaches 1,1 %
Autres ou non-spécifiés 12,1 %
Composition religieuse
Église orthodoxe russe 79,6 %
Autres chrétiens 3,1 %
Islam 7,1 %
Judaïsme 0,1 %
Sans religion ou autres 10 %

La population de la Russie s'établit à presque 145,6 millions d'habitants en 2014 (Entrée de la Crimée), avec un taux d'urbanisation de 74 %. La population a atteint un sommet historique à 148 689 000 en 1991, juste avant l'éclatement de l'Union soviétique ; il s'est ensuivi un déclin démographique prononcé avec une diminution de sa population d'environ 0,5 % par an, par la combinaison d'une baisse de la natalité et d'une augmentation de la mortalité. Mais cette baisse démographique a ralenti depuis le milieu des années 2000, et depuis 2009, la population du pays augmente légèrement, notamment du fait de l'immigration et d'une hausse de la natalité.

En 2013, la Russie connaît un accroissement naturel positif pour la première fois depuis 1992[1].

La Russie a une forte diversité ethnique, grâce à environ 160 différentes nationalités sur son sol. Selon le recensement de 2002, les Russes constituent 80 % de la population totale, tandis que six autres nationalités ont une population supérieure à 1 million : les Tatars (3,8 %), les Ukrainiens (2 %), les Bachkirs (1,1 %), les Tchouvaches (1,1 %), les Tchétchènes (0,9 %) et les Arméniens (0,8 %).

La densité de peuplement de la Russie est de 8 habitants par km². Le peuplement est plus dense dans la partie européenne du pays. Il existe 12 villes avec plus d'un million d'habitants en Russie, d'ouest en est : Saint-Pétersbourg, Moscou, Rostov-sur-le-Don, Nijni Novgorod, Volgograd, Samara, Oufa, Kazan, Perm, Iekaterinbourg, Tcheliabinsk et Novossibirsk.

Démographie historique[modifier | modifier le code]

Carte des populations ethniques dans l'atlas général de Vidal de La Blache.

Recensement de 1897[modifier | modifier le code]

La Russie impériale était au XIXe siècle, l'état le plus peuplée du monde occidental, devant les États-Unis et l'Allemagne. D'après les chiffres du recensement de 1897 concernant les nationalités de l'Empire, la population se montait à 122 666 000 habitants dont 44,32 % de Russes, 17,81 % d'Ukrainiens, 6,71 % de Polonais, 10,82 % de turcophones, 4,03 % de Juifs, 2,78 % de Finnois, 2,46 % de Lituaniens et de Lettons, 1,46 % d'Allemands[2], 1,34 % de populations caucasiennes, 1,07 % de Géorgiens, 0,93 % d'Arméniens, 0,62 % d'Iraniens, 0,28 de Mongols et 0,73 de diverses autres populations.

Avant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Du début du XXe siècle jusqu'en 1940, le pays fut caractérisé par une mortalité élevée et d'une mortalité infantile élevée, de par la prévalence des maladies infectieuses. L'espérance de vie fut faible notamment pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), la guerre civile russe (1917-1922), la famine de 1932-1933 et la collectivisation (1930-1953).

Pendant la Première Guerre mondiale et la guerre civile, la fécondité diminua fortement, mais au milieu des années 1920, la vie des populations civiles fut alors redevenue normale ce qui a pu permettre une période de forte fécondité. Mais dans les années 1930, une baisse brutale de la fécondité s'amorça, tandis que la mortalité restait élevée. Selon AG. Vishnevsky, les pertes démographiques durant la période 1926-1940 s'élèveraient à 9 millions de personnes.

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Évolution des principaux indicateurs démographiques (natalité, mortalité et accroissement naturel entre 1950 et 2008.

Après 1945, l'Union soviétique grâce à la diffusion des antibiotiques, connut une chute de la mortalité infantile et par conséquent, une forte augmentation de l'espérance de vie et une croissance naturelle d'environ 1 % par an, et dès 1955, la population atteint son niveau d'avant-guerre. Cependant, le déclin de la fécondité était rapide et réduisit progressivement la croissance naturelle. D'autant que la mortalité des populations actives diminua, surtout chez les hommes, ce qui tend à diminuer petit à petit l'espérance de vie malgré la baisse de la mortalité infantile. De plus, la plus grande partie de cette croissance démographique était située en Asie centrale, en Transcaucasie, en Biélorussie, en Moldavie, en Lituanie et en Estonie, mais pas en Russie où le taux de fécondité passa en dessous du niveau de la reproduction simple des générations dès 1967. Une augmentation de la fécondité se produisit en 1982, mais elle s’écroula dés 1990.

Démographie contemporaine[modifier | modifier le code]

La population russe atteint son apogée après l'éclatement de l'Union soviétique avec 148 millions d'habitants. À la suite de cela, la Russie voit sa population baisser continuellement pendant une quinzaine d'années. Cette baisse est d'environ 750 000 à 800 000 personnes par an au cours de la fin des années 1990 et au début des années 2000. La population russe atteint son minimum en 2008 avec 142,7 millions d'habitants. Depuis cette date, la population augmente légèrement chaque année.

Évolution de la population totale de la Russie depuis 2004[3] :

Année Population Évolution
2004 144 067 312
2005 143 518 816 - 0,38 %
2006 143 049 632 - 0,33 %
2007 142 805 120 - 0,17 %
2008 142 742 368 - 0,04 %
2009 142 785 344 + 0,03 %
2010 142 849 472 + 0,04 %
2011 142 960 908 + 0,08 %
2012 143 056 383 + 0,07 %
2013 143 347 097 + 0,20 %
2014 143 666 931 + 0,22 %

Évolution de la natalité et de la mortalité depuis 2003 :

Année Taux de natalité
(pour 1000 habitants)
Taux de mortalité
(pour 1000 habitants)
2003 10,2 16,4
2004 10,4 15,9
2005 10,2 16,1
2006 10,3 15,1
2007 11,3 14,6
2008 12,0 14,5
2009 12,3 14,1
2010 12,5 14,2
2011 12,6 13,5
2012 13,3 13,3
2013 13,3 13,1

Natalité[modifier | modifier le code]

Le taux de natalité en Russie a augmenté depuis 1999, date de son plus faible taux de natalité avec 8,27 naissances pour 1000 habitants, pour arriver en 2013 à un taux de 13,3 naissances pour 1000 habitants[4]. Dans son discours au Conseil de la Fédération, en mai 2006[réf. nécessaire], le président Vladimir Poutine a confirmé la mise en place d'une politique nataliste. Cette politique permettrait notamment aux mères de bénéficier d'une « prime de maternité » conséquente (1 250 000 roubles, soit 17 350 €, pour la naissance d'un second enfant et 1 300 000 roubles (18 825 €) pour le troisième). De plus, depuis février 2006, des « certificats de naissance » ont été introduits dans les maternités : remplis lors de la naissance d'un enfant, ils permettent à la mère de toucher sa « prime de maternité », et à la sage-femme de bénéficier d'une « prime d'assistance » de 10 000 roubles (294 €) pour chaque enfant né dans son service.

Depuis 2006, une stabilisation puis une remontée du taux de natalité s'observe, résultat tant de l'amélioration du niveau de vie (le PIB, divisé par deux entre 1990 et 1998, a retrouvé son niveau de 1990 en 2006) que des politiques natalistes du gouvernement et de la structure des âges du pays, les enfants nés avant le déclin démographique de 1990 étant maintenant en âge de procréer.

En 2009, la population russe a augmenté pour la première fois depuis 1995, sous l'effet conjugué d'un accroissement de la natalité et d'une baisse de la mortalité[5].

Fécondité[modifier | modifier le code]

Le taux de fécondité en Russie de 1990 à 2008

Le taux de fécondité de la Russie est passé de son plus bas historique à 1,17 en 1999 à 1,54 10 ans plus tard en 2009. En 2008, 7 des sujets fédéraux de la Russie avaient des taux de fécondité au-dessus de 2,1 enfants par femme (le minimum requis pour assurer le remplacement de la population). Ces sujets fédéraux sont la Tchétchénie avec un taux de fécondité de 3,40, la république de Touva avec un taux de 2,68, l'Aga-Bouriatie avec un taux de 2,64, la république de l'Altaï avec un taux de 2,48, la Bouriatie-Oust-Ordaavec un taux de 2,73, l'Évenkie avec un taux de 2,41, le kraï de Perm avec un taux de 2,12. Parmi ces sujets fédéraux, trois ont une majorité ethnique russe (la république de l'Altaï, l'Évenkie et la Bouriatie-Oust-Orda).

Chez 12 autres sujets fédéraux, l'ISF (Indice synthétique de fécondité) était suffisamment élevé pour assurer un remplacement de population dans les zones rurales, mais pas dans les zones urbaines. Ces sujets fédéraux sont les suivants: République de Bouriatie avec un taux de 1,71 en milieu urbain et 2,29 dans les zones rurales, République de Sakha (1,71 / 2,54), la Tchoukotka (1,71 / 2,73), la Nénétsie (1,76 / 2,87), la Taïmyrie (1,38 / 3,94), l'Iamalie (1,56 / 2,70), la Khakassie (1,49 / 2,35), république des Komis (1,27 / 2,23), Karatchaïévo-Tcherkessie (1,45 / 2,10), l'oblast de Tioumen (1,59 / 2,2), Koriakie (1,27 / 2,34) et l'oblast d'Irkoutsk (1,59 / 2,39). Parmi ces sujets fédéraux, tous sauf deux ont une majorité de Russes ethniques (les exceptions étant la République de Sakha et la Karatchaïévo-Tcherkessie).

Dans la plupart des sujets fédéraux de la Sibérie et l'Extrême-Orient russe, les taux de fécondité sont élevés, mais pas assez pour assurer le remplacement de la population. Par exemple, le krai de Transbaïkalie avaient un indice synthétique de fécondité de 1,82, ce qui est supérieur à la moyenne nationale, mais moins que les 2,1 nécessaires au remplacement de la population. Dans cette région les zones rurales ont tout autant une plus forte fécondité par rapport aux zones urbaines. La différence est évidente dans l'oblast de Tioumen avec un ratio de 1,59 / 2,20, l'oblast autonome juif (1,50 / 1,86), Oudmourtie (1,40 / 2,21), Kabardino-Balkarie (1,28 / 1,82), l'oblast d'Amour (1,37 / 1,85), Kraï de Perm (1,40 / 2,15), Kraï de Khabarovsk (1,35 / 1,84), et l'oblast de Kaliningrad (1,32 / 1,74).

Les âges médians sont fortement corrélés avec les taux de fécondité et les groupes ethniques. Par exemple, en 2002, dans le groupe ethnique des Ingouches ayant l'âge médian le plus bas, les femmes de 35 ans ou plus avaient, en moyenne, 4,05 enfants. Dans le groupe ethnique des Juifs ayant l'âge médian le plus élevé, les femmes de 35 ans ou plus avaient en moyenne que 1,37 enfant. Ainsi les Juifs ont à la fois l'âge médian le plus élevé et le plus faible taux de fécondité, ce qui est une conséquence de l'émigration juive.

Année Fécondité Année Fécondité Année Fécondité Année Fécondité Année Fécondité Année Fécondité
1960 2,52 1970 1,99 1980 1,89 1990 1,89 2000 1,20 2010 1,59
1961 2,45 1971 2,03 1981 1,91 1991 1,73 2001 1,22 2011 1,61
1962 2,36 1972 2,04 1982 2,04 1992 1,55 2002 1,29 2012 1,69
1963 2,27 1973 2,01 1983 2,11 1993 1,39 2003 1,32 2013 1, 75 [6]
1964 2,18 1974 2 1984 2,06 1994 1,39 2004 1,34
1965 2,13 1975 1,98 1985 2,05 1995 1,35 2005 1,29
1966 2,1 1976 1,97 1986 2,18 1996 1,28 2006 1,31
1967 2,04 1977 1,95 1987 2,23 1997 1,23 2007 1.41
1968 1,99 1978 1,92 1988 2,12 1998 1,24 2008 1,49
1969 1,97 1979 1,9 1989 2,01 1999 1,17 2009 1,54

Avortement[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980 seulement entre 8 à 10 % des femmes mariées en âge de procréer russe utilisaient des méthodes de contraception hormonale et intra-utérine, à rapporter aux 20 à 40 % des pays développés. Cela a conduit à des taux d'avortement plus élevés en Russie : dans les années 1980, la Russie comptait 120 avortements pour 1 000 femmes en âge de procréer, contre seulement 20 ‰ dans les pays occidentaux. Cependant, après l'effondrement de l'Union soviétique, de nombreux changements ont eu lieu, telles que la dé-monopolisation du marché pour les médicaments contraceptifs et la libéralisation des médias, qui conduisirent à une conversion rapide vers des pratiques plus efficaces de contrôle de la grossesse. Le taux d'avortement a décru dans la première moitié des années 1990 pour la première fois dans l'histoire de la Russie, même en dépit de taux de fécondité en baisse. Depuis le début des années 1990 à 2006, le nombre d'avortements moyen par femme a chuté de près de 2,5 points, passant de 3,4 à 1,2. En 2004, la proportion de femmes en âge de procréer utilisant des méthodes de contraception hormonale ou intra-utérine, a été d'environ 46 % (29 % avec l'intra-utérine, 17 % avec l'hormonal).

Malgré de nets progrès dans la planification familiale, le nombre d'enfants souhaités au moment voulu pour une grande partie de familles de Russie n'a pas été encore atteint. Selon une étude de 2004, les grossesses en cours ont été qualifiées de « souhaitée et opportune » par 58 % des répondants, tandis que 23 % les ont décrits comme « désirée, mais intempestive », et 19 % ont dit qu'elles étaient « indésirables ». La part des grossesses inattendues reste nettement plus faible dans les pays développés, tels que les Pays-Bas, dont le pourcentage de grossesses non-désirées il y a 20 ans était déjà deux fois plus faible que dans la Russie d'aujourd'hui.

Mortalité[modifier | modifier le code]

L'espérance de vie des hommes et des femmes en Russie depuis 1950
La pyramide des ages de la Russie en 2009

Années 1990[modifier | modifier le code]

L'augmentation de la mortalité dans les années 1990 est en grande partie attribuable au vieillissement de la population puisque les précédentes générations du troisième âge ont été peu nombreuses à cause des pertes massives dans les années 1930 et 1940.

Ce pic s'explique par divers facteurs : l'alcoolisme, des équipements de santé déficients, une production de médicaments insuffisante, une dégradation du niveau de vie[7]. La Russie a connu, pendant la période de transition économique, marquée par la « thérapie de choc », un bouleversement social qui s'est traduit par quatre fois plus de morts violentes que les États-Unis à la même période[7] : en effet, elle se classait alors au deuxième rang mondial pour les homicides (15,06 pour 100 000 habitants en 2009[8]) et troisième pour les suicides (26,47 pour 100 000 habitants en 2009)[9]. L'arrivée, plus tardive qu'à l'ouest, de certaines épidémies comme le SIDA explique aussi la situation : à la fin de 2005, la Russie enregistrait près de 350 000 infections au VIH[10].

Une étude du Lancet (2009) établit une corrélation entre la brutalité de la transition (privatisations rapides et massives, augmentation corrélative du chômage) et l'augmentation de la mortalité. En effet, à partir de 1992, la Russie privatisa massivement, la thérapie de choc étant mise en œuvre de façon complète à partir de 1994 : à cette époque, plus de 50 % du secteur public (112 625 entreprises d'État) avaient été privatisées[11].

Dans un contexte de privatisations hâtives et d'inflation persistante, la transition s'est d'abord traduite par une quasi-division par deux du produit intérieur brut, ce qui a fait naître des controverses sur le rôle joué par le Fonds monétaire international (FMI) [12]. Le chômage, qui s'élevait à moins de 0,1 % de la population active au début des années 1990, avait grimpé à 0,8 % en 1992 et jusqu'à 7,5 % en 1994[11], quatre fois plus vite qu'en Biélorussie (0,5 % en 1992 et 2,1 % en 1994), qui a adopté une méthode plus graduelle de libéralisation[11]. Dans le même temps, souligne cette étude comparative entre pays post-communistes du Lancet (2009), le taux de mortalité augmenta quatre fois plus vite en Russie qu'en Biélorussie[11]. L'étude constate une corrélation entre les privatisations massives et rapides et l'augmentation du chômage, et entre celle-ci et l'augmentation des taux de mortalité[11]. Elle attribue ainsi une augmentation de plus de 18 % de la mortalité en Russie attribuable aux privatisations massives et au chômage, donnant un accès difficile aux soins, induisant une augmentation de l'alcoolisme et des comportements alcooliques dangereux[11] avec des ingestions de substances toxiques, etc. En Biélorussie, l'augmentation du taux de mortalité attribuable aux privatisations, plus progressives, aurait été de 7,7 % [11].

En 2011[modifier | modifier le code]

En 2011 55,6 % des décès en Russie, soit 1 069 970 morts ont été causés par des maladies cardiovasculaires. La deuxième cause de mortalité avec 15 % des décès sont les cancers avec 289 459 morts. Les causes externes de décès, comme les suicides (1,6 %), les accidents de la route (1,3 %), les meurtres (1,1 %), les intoxications accidentelles avec de l'alcool (1,1 %) et les noyades accidentelles (0,5 %), ont couté 187 861 vies au total, ce qui représente 9,9 % des décès. Les autres causes principales de décès sont les maladies du système digestif (4,5 %), les maladies respiratoires (3,8 %), les maladies infectieuses et parasitaires (1,7 %), et la tuberculose (1,0 %). Le taux de mortalité infantile en 2011 était de 7,3 pour 1000 décès, en baisse par rapport au taux de 7,5 pour 1000 en 2010.

En 2010, l'espérance de vie moyenne en Russie était de 63,03 années pour les hommes et de 74,87 années pour les femmes. L'espérance de vie moyenne russe est de 68,98 années à la naissance, soit 9 ans de moins que la moyenne de l'Union européenne, ou des États-Unis. Les principaux facteurs ayant contribué à cette faible espérance de vie est la proportion élevée chez les hommes en âge de travailler d'accidents, d'intoxication alcoolique, de crimes violents, et de maladies cardiaques. Quelques maladies infectieuses sont également impliquées à ce constat, telles que le VIH et la tuberculose, qui sont devenues plus répandues en Russie depuis les années 1990 en raison de la détérioration du système de santé.

Récemment cependant, l'espérance de vie en Russie a recommencé à augmenter. Entre 2005-2010, l'espérance de vie masculine en Russie a augmenté de quatre années, augmentant l'espérance de vie globale de 3 ans à 68,67.

Composition ethnique et culturelle[modifier | modifier le code]

Groupes ethniques[modifier | modifier le code]

La fédération de Russie est un état pluri-ethnique avec environ 170 groupes ethniques. Les principaux groupes ethniques sont les Russes et les Tatars. Près de 1,6 % de la population est d'origine étrangère.

Le groupe ethnique le plus nombreux sont les Russes, selon le recensement de 2002, ils seraient 115,9 millions soit 79,8 % de la population totale, puis viennent les Tatars avec 5,6 millions d'habitants, soit 3,8 % de la population, puis les Ukrainiens avec 2,9 millions d'habitants soit 2 % de la population, les Bachkirs avec 1,7 million d'habitants soit 1,2 % de la population, les cinquième - Tchouvaches avec 1,6 million d'habitants soit 1,1 % de la population, les Tchétchènes avec 1,4 million d'habitants soit 0,9 % de la population et les Arméniens 1,1 million d'habitants soit 0,8 % de la population.

Depuis 1989, il y a eu des changements importants dans la composition ethnique de la Russie de par les différences de fécondité, et de migrations. La part des Russes est passée de 81,5 % à 79,8 % depuis cette date.

Le nombre de citoyens de Russie s'élevait à 142,4 millions de personnes soit 98 % de la population. Le reste est partagé entre 1 million de citoyens de pays étrangers et de 0,4 million de personnes apatrides.

Liste des dix plus grands groupes ethniques en 2010[modifier | modifier le code]

Groupe ethnique Recensement 2002 Recensement 2010 Religion principale
Population % Population %
Russes 115 889 107 80,6 % 111 016 896 80,9 % Christianisme orthodoxe
Tatars 5 554 601 3,9 % 5 310 649 3,9 % Islam sunnite
Ukrainiens 2 942 961 2,0 % 1 927 888 1,4 % Christianisme orthodoxe
Bachkirs 1 673 389 1,16 % 1 584 554 1,15 % Islam sunnite
Tchouvaches 1 637 094 1,14 % 1 435 872 1,05 % Christianisme orthodoxe
Tchétchènes 1 360 253 0,95 % 1 431 360 1,04 % Islam sunnite
Arméniens 1 132 033 0,79 % 1 184 435 0,86 % Christianisme
Avars 814 473 0,57 % 912 090 0,66 % Islam sunnite
Mordves 843 350 0,59 % 744 237 0,54 % Christianisme orthodoxe
Kazakhs 653 962 0,46 % 647 732 0,47 % Islam sunnite

Liste détaillée (en 2002)[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Le russe était la langue officielle de l'Empire russe jusqu'en 1917. Au cours de la période soviétique, la politique envers les langues des différents groupes ethniques a fluctué dans la pratique. L’État a contribué à l’élaboration des alphabets et de la grammaire de langues qui manquaient précédemment de forme écrite. Bien que chacune des républiques constitutives eût sa propre langue officielle, le rôle unificateur et un statut supérieur étaient réservés au russe.

Le russe a perdu son statut dans la plupart des nouvelles républiques à la suite de la dissolution de 1991 de l’Union soviétique. En Russie, cependant, le statut dominant de la langue russe persiste : aujourd’hui, 97 % des élèves des écoles publiques de la Russie reçoivent leur éducation uniquement ou principalement en langue russe, même si la Russie est composée d'environ 80 % populations de souches Russes.

Bien que la Constitution de la Fédération de Russie reconnaisse le russe comme seule langue officielle, les républiques et les districts autonomes peuvent déclarer une ou plusieurs autres langues officielles. Il y a plus de 100 langues parlées en Russie, dont beaucoup sont en danger d’extinction.

Migration[modifier | modifier le code]

Immigration et émigration en Russie en 1998 et 2009

La Russie est le deuxième pays au monde qui accueille le plus grand nombre d'immigrés (après les États-Unis). En 2008, la Russie comptait quelque 10 millions d’immigrés[13].

La structure démographique de la Russie a progressivement changé au fil du temps. En 1970, l'Union soviétique avait la troisième plus grande population de Juifs dans le monde, estimée à 2 150 000, juste derrière celle des États-Unis et d'Israël. Depuis 2002, en raison de l'émigration des Juifs, leur nombre est tombé à 230 000. Une importante émigration des autres minorités existe aussi. Ce sont principalement les peuples européens comme les Allemands, les Tchèques, les Grecs... Les principales destinations sont les États-Unis pour les Juifs, les Biélorusses, les Tchétchènes, les Turcs meskhètes, les Ukrainiens, etc, Israël pour les Juifs, l'Allemagne pour les Allemands et les Juifs, la Pologne pour les Polonais et les Juifs, le Canada pour les Finlandais et les Ukrainiens, la Finlande pour Finlandais, la France pour les Juifs, les Arméniens et les Roms et le Royaume-Uni.

Dans le même temps, la Russie connaît un flux important d'immigration. En moyenne, 300 000 immigrés légaux entrent dans le pays chaque année, dont environ la moitié sont des Russes ethniques des autres républiques de l'ancienne Union soviétique. En outre, il y aurait quelque 10 millions de clandestins de l'ex-État soviétique en Russie. Il y a ainsi un afflux significatif de Géorgiens, d'Arméniens, d'Azéris, de Tadjiks, et d'Ukrainiens dans les grandes villes de Russie. Cette immigration est parfois perçue de façon très défavorable par des Russes et donne même lieu à des sentiments xénophobes. Des Chinois immigrent aussi dans l'Extrême-Orient et dans le sud de la Sibérie.

Religion[modifier | modifier le code]

La religion la plus répandue en Russie est le christianisme orthodoxe, représenté par l'Église orthodoxe russe. Depuis la fin du régime soviétique, environ 114 millions de personnes se considèrent comme des chrétiens orthodoxes de l'Église orthodoxe russe, ce qui représente près de 80 % de la population. Toutefois, la grande majorité des orthodoxes sont peu pratiquants et ne vont pas à l'église régulièrement. La religion orthodoxe est alors vue comme un symbole de l'héritage de la culture russe. L’archevêque Vsevolod Tchapline a publié selon les données de l'église orthodoxe en 2014, une augmentation de la fréquentation de la messe parmi les croyants, notamment des jeunes ménages. Au début des années 2000 le taux de fréquentation des églises était de 57 % contre de 79 % en 2013.

La deuxième religion du pays est l'islam avec environ 10 millions de croyants (soit environ 7 % de la population) selon le recensement ethnique et religieux de 2012. La majorité des musulmans vit dans la région Volga-Oural et le Caucase du Nord, même si Moscou, Saint-Pétersbourg et la Sibérie occidentale ont également des petites communautés musulmanes. Tout comme le judaïsme, l'islam a connu une baisse d'adhérents (bien que moins importante) due principalement à la forte campagne d'évangélisation lancée par le Kremlin depuis les années 1990 mais aussi de par l'augmentation des mariages mixtes, une proportion non négligeable d'athéisme parmi ces minorités et d'avant tout en conséquence du déclin démographique qui n'a pas épargné des minorités ethniques à majorité musulmanes telles que les Tatars, les Bashkirs, les Kabardes...
En termes d'accroissement démographique seule une région à majorité musulmane connaît un renouvellement des générations (taux de fécondité supérieur à 2,10 enfants par femme.) la Tchétchénie avec un taux de fécondité de 3,38 en 2009, qui s'explique en raison du phénomène de baby boom qui a touché la région depuis la fin de la Guerre de Tchétchénie en comparaison ou le taux de fécondité n'était que de 2,32 enfants par femme en 1992.

Le bouddhisme est traditionnellement présent pour les régions de la Bouriatie, de la République de Touva et de la Kalmoukie, sa croissance reste assez élevée compte tenu de la démographie élevée de ces trois régions en comparaison de la tendance nationale, au cours de l'année 2009 le taux de fécondité enregistré était respectivement de 2,80 pour la république de Touva, 1,96 pour la Kalmoukie et de 1,69 pour la Bouriatie. Elle est par ailleurs selon le dernier recensement ethnique et religieux de 2010 la deuxième religion la plus pratiquée par la population slave se considérant étant ethniquement russe, après le christianisme, tout particulièrement dans les milieux urbains.

Les pratiques païennes et panthéistes sont avant tout pratiquées en Sibérie, en Extrême-Orient, en Yakoutie et Tchoukotka.

Les autres branches du christianisme qui sont présentes en Russie comprennent le catholicisme romain (environ 1,6 % de la population), les baptistes, les pentecôtistes, les luthériens et les autres églises protestantes (totalisant ensemble environ 1,5 % de la population) et les Vieux Croyants. Il y a aussi encore une certaine présence du judaïsme.

La répartition des religions dans le pays est essentiellement fondée sur les différents peuplements ethniques. Les Slaves sont en grande majorité chrétiens orthodoxes et les peuples turcophones sont majoritairement musulmans, bien que plusieurs groupes turcs en Russie ne le soient pas.

Population active[modifier | modifier le code]

La main-d'œuvre russe subit des changements considérables. Même si bien éduquée et qualifiée, elle est en grande partie mal assorties aux besoins en rapide évolution de l'économie russe. Le taux de chômage en Russie a été de 8,1 % en 2009. Le chômage est plus élevé chez les femmes et les populations jeunes. À la suite de l'éclatement de l'Union soviétique et la dislocation économique qu'elle engendre, le niveau de vie a chuté dramatiquement. Cependant, depuis la crise économique de 1998, le niveau de vie est revenu à un niveau comparable. À partir de 2007 environ 15 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, contre 40 % en 1999. Le salaire annuel moyen en Russie était de 7,680 $ (environ 13,800 $ PPP) en mai 2008, en hausse de 455 $ par an depuis août 1999.

Urbanité et Ruralité[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2002, 74 % des Russes sont urbains et 26 % vivent en milieu rural, ce ratio est identique à celui de 1989. Mais ce ratio ne prend pas en compte le phénomène de métropolisation qui touche la Russie. Un tiers des habitants de la Russie sont concentrés dans les villes de plus d'un million d'habitants: Moscou, Saint-Pétersbourg, Novosibirsk, Iekaterinbourg, Nijni Novgorod, Samara, Kazan, Tcheliabinsk, Rostov-sur-le-Don, Oufa, Volgograd et Perm. De plus, plus de 60 % de la population russe est concentrée dans trois districts fédéraux : celui Central (26 %), celui de Volga (22 %) et celui du Sud (16 %).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Russia's Population is Growing For The First Time Since The Early 1990's
  2. Il existait plusieurs populations d'origine allemande en Russie : les Germano-Baltes, les Allemands de la Volga, les Allemands de Bessarabie,etc.
  3. gks.ru
  4. (en) The World Factbook, « Russia », CIA,‎ 2009 (consulté en 4.7.2009)
  5. Première hausse de la population russe depuis 1995 (Poutine), Ria Novosti, 30 décembre 2009.
  6. http://french.ruvr.ru/2014_02_04/Demographie-russe-la-population-ne-baisse-plus-6741/
  7. a et b Jean Radvanyi, La nouvelle Russie, Paris, Collection U, Armand Colin, 2004, 3e édition mise à jour, (ISBN 2-200-26687-1), p. 61
  8. (fr) Les morts violentes dans le monde, dans le numéro 395 de novembre 2003 de la publication Population et Société de l'Ined [PDF]
  9. [1]
  10. "L’épidémie de SIDA dans le monde", dans le Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA 2006, page 9 et page 37, [lire en ligne], consulté le=23-12-2008
  11. a, b, c, d, e, f et g David Stuckler, Lawrence King, Martin McKee, « Mass privatisation and the post-communist mortality crisis: a cross-national analysis », The Lancet, 2009; 373: 399–407 (Published Online); January 15, 2009; DOI:10.1016/S0140-6736(09)60005-2. Compte-rendu dans The Financial Times: Andrew Jack, Soviet sell-offs led to deaths, says study, 15 janvier 2009.
  12. Joseph Stiglitz, La grande désillusion, 2002
  13. Marie Jégo, « Les immigrés en Russie, victimes expiatoires de la crise », dans Le Monde du 14-12-2008, [lire en ligne], mis en ligne le 13 décembre 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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