Démographie de la Grèce

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Démographie de la Grèce
Pyramide des âges de la Grèce en 2005
Pyramide des âges de la Grèce en 2005
Dynamique
Population 10 815 197 hab.
Accroissement naturel 0,18 %
Indice de fécondité 1,50 enfant par
Taux de natalité 9,45 ‰
Taux de mortalité 9,2 ‰
Taux de mortalité infantile 5,43 ‰
Espérance de vie à la naissance 79,24 ans
Âge médian
Homme 39,7 ans
Femme 42,0 ans
Structure par âge
0-14 ans 14,3 %
15-64 ans 66,7 %
65 ans et plus 19,0 %
Rapport de masculinité
À la naissance 106 /100
Moins de 15 ans 106 /100
15-64 ans 100 /100
65 ans et plus 79 /100
Migration
Solde migratoire 3 ‰
Composition linguistique
Grec (officiel) 98,83 % %
Composition ethnique
Grecs 93,17 %
Autres 6,83 %
Composition religieuse
Église orthodoxe de Grèce 98,04 %
Islam 1,25 %
Autres 0,71 %
Évolution démographique

La Grèce a une population recensée de 10 815 197 habitants en 2013[1].

La Grèce présentait un accroissement de 42 500 (0,38 %) habitants entre 2010 et 2011, dont 2 500 dus au solde naturel, le reste provenant de l'immigration. Le taux de fécondité est l'un des plus bas d'Europe (1,28), et le pays serait l'objet d'une dépopulation rapide si une immigration soutenue ne générait un accroissement fort sensible depuis la fin des années 1980.

Toutefois depuis 5 ans , la population baisse (données Eurostat )[2] , frappé par un chomage de masse , de nombreux jeunes grecs quittent le pays[3],[4] .


Historique depuis 1812[modifier | modifier le code]

Année Superficie
en km²
Population
1812 940 000
1840 47 516 850 000
1853 47 516 1 040 000
1870 50 211 1 460 000
1889 63 606 2 190 000
1907 63 211 2 630 000
1920 127 000 5 020 000
1940 127 000 7 340 000
1951 131 957 7 606 215

Lors de son indépendance en 1830, le pays comptait moins d'un million d'habitants, répartis sur un territoire nettement moins important que celui d'aujourd'hui. Tout au long du XIXe siècle et jusqu’à la Première Guerre mondiale, la taille de la Grèce s'accrut considérablement, ce qui provoqua en partie la hausse de son nombre d'habitants. Les données démographiques suivantes doivent donc être mentionnées avec les superficies correspondantes.

Natalité - Mortalité - Fécondité - Mouvement naturel de la population[modifier | modifier le code]

Sources :

  • INED jusqu’à l'année 2002[5].
  • Par après : INSEE[6] et CBS néerlandais[7].
Année Population
1er janvier
Naissances Taux natalité Taux fécondité Nbre de décès Taux mortalité Solde naturel
1951 7 606 215 155 422 20,3 2,46 57 508 7,5 97 914
1960 8 300 399 157 239 18,8 2,21 60 563 7,2 96 666
1965 8 528 503 151 448 17,7 2,24 67 269 7,8 84 179
1970 8 780 401 144 928 16,4 2,40 74 009 8,4 70 919
1975 8 986 169 142 273 15,7 2,32 80 077 8,8 62 196
1980 9 587 543 148 134 15,3 2,23 87 282 9,0 60 852
1981 9 698 500 140 953 14,4 2,09 86 261 8,8 54 692
1982 9 760 200 137 275 14,0 2,02 86 345 8,8 50 930
1983 9 821 100 132 608 13,4 1,94 90 586 9,1 42 022
1984 9 872 100 125 724 12,7 1,82 88 397 8,9 37 327
1985 9 919 501 116 481 11,7 1,67 92 886 9,3 23 595
1986 9 949 100 112 810 11,3 1,60 91 783 9,2 21 027
1987 9 985 326 106 392 10,6 1,50 95 656 9,5 10 736
1988 10 015 863 107 505 10,7 1,50 92 407 9,2 15 098
1989 10 058 103 101 657 10,0 1,40 92 720 9,1 8 937
1990 10 120 892 102 229 10,0 1,39 94 152 9,2 8 077
1991 10 192 911 102 620 10,0 1,38 95 498 9,3 7 122
1992 10 319 672 104 081 10,0 1,38 98 231 9,4 5 851
1993 10 420 059 101 799 9,7 1,34 97 419 9,3 4 380
1994 10 510 996 103 763 9,8 1,35 97 807 9,2 5 956
1995 10 595 074 101 495 9,5 1,32 100 158 9,4 1 337
1996 10 673 696 100 718 9,4 1,30 100 740 9,4 -22
1997 10 744 649 102 038 9,4 1,31 99 738 9,2 2 300
1998 10 808 358 100 894 9,3 1,29 102 668 9,4 -1 774
1999 10 861 402 100 643 9,2 1,28 103 304 9,4 -2 761
2000 10 903 757 103 267 9,4 1,29 105 219 9,6 -1 952
2001 10 931 206 102 282 9,3 1,25 102 559 9,3 -277
2002 10 968 708 103 569 9,4 103 915 9,4 -346
2003 11 006 377 9,5 9,6
2004 11 041 100
2005 11 082 700 9,4 1,28 9,2
2006 11 125 200
2009 11 262 539 9,45 1,37 10,42
Population Naissances Taux natalité Taux fécondité Nbre de décès Taux mortalité Solde naturel

Entre 1950 et 1975, les taux de natalité et de fécondité étaient suffisants pour alimenter une croissance régulière de la population ainsi qu'un flux assez important d'émigration, principalement à destination de l'Europe occidentale, des deux Amériques et de l'Australie. Mais dès 1975, la fécondité des femmes grecques se mit à baisser et atteignit le seuil de non-renouvellement en 1982, suivant avec un léger retard un mouvement de fond atteignant progressivement tous les pays européens. Rappelons que ce seuil fut atteint en Allemagne d'abord, dès 1970, en France en 1975, en Italie en 1977 et en Espagne en 1981. Depuis lors, la fécondité de la Grèce a connu une plongée quasi linéaire et continue, pendant deux décennies pour atteindre un plus bas de 1,25 en 2001. Le nombre de naissances a donc beaucoup chuté lors des années 1980 et 1990, si bien que dès 1996, on pouvait observer certaines années un solde naturel négatif de la population grecque. Les années 2003-2005 semblent montrer une très légère reprise de la fécondité, mais il est trop tôt pour savoir si elle sera durable. Quant à l'immigration, importante depuis 1975 et surtout dans les années 1990, elle semble n'avoir aucun effet sur la tendance de fond.

Projection démographique / Vers un dépeuplement du pays ?[modifier | modifier le code]

Eurostat a publié une projection démographique en 2013 , faisant diminué la population à 8 577 255 en 2060 et à 7 108 055 en 2080 . Cette projection est basé sur un scénario de basse fécondité ( le taux actuel ) et un solde migratoire nul [8]

Nationalité grecque[modifier | modifier le code]

Le code de la nationalité est fondé essentiellement sur le droit du sang : est Grec quelqu'un né au moins d'un parent grec ou d’un grand-parent grec né en Grèce. Pour les non-Grecs d’origine, l’obtention de la nationalité grecque est, comme celle de la plupart des pays de l’Union européenne, longue, coûteuse et soumise à une série de conditions. Toutefois, le droit du sol existe aussi : à une exception près, liée au traité de Lausanne (1923) (voir plus bas), le code grec de la nationalité, à l’instar du code français par exemple, ne reconnaît pas l’origine ethnique des citoyens, et les minorités linguistiques telles que les Arvanites ou les Valaques sont considérées comme membres de droit de l’« helleniki ethniki koinonia », la nation grecque moderne.

La « loi du retour » offre aux ressortissants d’origine grecque (ομογενείς – homogeneis) de tous pays, la possibilité de s’installer en Grèce comme citoyens grecs, moyennant un examen de langue (grec moderne) et d’histoire[9]. Ainsi, les immigrés d’origine grecque provenant du pourtour de la Mer Noire (Pontiques) et d'Albanie où existe historiquement une région ethniquement grecque (l’Épire du nord), peuvent résider en Grèce, munis d'un visa de rapatriement au lieu d'un permis de séjour, et sont dispensés de l’obligation d'avoir un permis de travail. Ils bénéficient d’une procédure simplifiée d'acquisition de la nationalité. En outre, une loi votée en 1991 accorde à certains immigrés d’origine grecque un statut légal privilégié : il s’agit des exilés politiques de la guerre civile (fin des années 1940), des Grecs déchus de leur nationalité pendant la dictature (1967-74), et des Grecs émigrés qui avaient perdu leur nationalité pendant le séjour à l’étranger suite aux lois sur la nationalité en vigueur dans leurs pays d’accueil.

L’installation dans certaines régions du pays (le long des frontières et dans certaines îles) peut être interdite aux étrangers, mais pas aux immigrés d’origine grecque.

Conditions à l'acquisition de la nationalité[modifier | modifier le code]

  • Faire la demande dans la commune de résidence, en présence du maire et de deux témoins grecs. Cependant l'étranger d'origine grecque résidant à l'étranger se contente de déposer sa demande auprès de l'autorité consulaire du lieu de résidence qui fera suivre.
  • Être adulte au moment de la demande.
  • Ne pas avoir été condamné pour une série de crimes définis par le code ou pour tout autre crime, à un an ou plus d'emprisonnement.
  • Avoir légalement résidé en Grèce pendant dix ans (délai abaissé à cinq ans pour les apatrides et les réfugiés), sur les douze années précédant la demande.
  • Avoir une connaissance suffisante du grec et, pour les étrangers qui ne sont pas ethniquement d'origine grecque, de l'histoire et de la civilisation grecques.
  • Payer une taxe se montant à 1 470 euros en 2004.

Le mariage n'entraîne pas l'acquisition de la nationalité : le conjoint étranger devrra suivre la procédure standard. Toutefois aucun délai de résidence n'est imposé dans ce cas.

Nombre de naturalisations[modifier | modifier le code]

Aucune statistique précise n'est disponible. On a calculé que de 1980 à 1995, il y a eu annuellement plus ou moins 10 naturalisations pour mille demandes, la plupart étant des réintégrations de Grecs de la diaspora ayant perdu leur nationalité. C'est fort peu, mais du même ordre de grandeur qu'en Italie, France ou Espagne. On dispose aussi des chiffres suivants fournis par le Ministère de l'Intérieur grec :

Année Effectif -- Année Effectif
1990 1 100 2000 1 000
1991 900 2001 2 100
1992 1 200 2002 2 100
1993 1 800 2003 1 900
1994 300 2004 1 400
1995 3 700 2005 1 500
1996 1 400 2006
1997 2 300
1998 2 500
1999 2 000

Les minorités ethniques[modifier | modifier le code]

Le code grec de la nationalité, comme le code français, ne prend pas en compte l’origine ethnique des citoyens et considère, comme en France, qu’il n’existe qu’une seule et indivisible « helleniki ethniki koinonia » : la nation grecque moderne. Seules en sont exclues, en raison et en application du Traité de Lausanne (1923), les populations musulmanes de Thrace occidentale, considérées selon ce traité comme turques quelles que soient leurs langues et origines. Il est donc difficile de chiffrer l’effectif des minorités ethniques de Grèce, d’autant qu’aucun recensement linguistique n’a été fait depuis 1951. On admet cependant la présence dans le pays d’une douzaine de minorités parlant huit langues :

On constate une baisse importante du nombre des romanophones et des slavophones orthodoxes, qui délaissent leur langue pour le grec, se reconnaissent pour la plupart dans l’« helleniki ethniki koinonia », et évitent toute revendication particulière pour ne pas être accusés de « séparatisme » (d’autant qu'ils ont été instrumentalisés pendant l’Occupation, durant la Seconde Guerre mondiale, par l’Italie et la Bulgarie fascistes, alors membres de l’« Axe », puis pendant la Guerre civile grecque (1946-49) par des communistes tels Dimitri Vlahov qui leur ont promis des « régions autonomes » sur le modèle soviétique). Il est de ce fait difficile d’estimer le nombre réel des « Valaques » (probablement autour de 150 000, bien que leurs sites en revendiquent le double[11]) et des slavophones orthodoxes (Macédoniens ou Bulgares, dont le nombre atteint probablement entre 10 000 et 30 000 locuteurs, en comptant les « Gréco-Macédoniens » hellénophones mais ayant une certaine connaissance de la langue macédonienne[12]).

Quoi qu'il en soit, l'estimation moyenne québécoise de 2004 dénombrait au moins 700 000 personnes faisant partie de minorités ethno-linguistiques en Grèce. Si on additionne les 800 000 étrangers recensés en 2001, on doit admettre qu'un million et demi d'habitants du pays sur un peu plus de 11,4 millions, ne font pas partie de l'ethnie grecque « de souche », soit plus de 13 %.

À ces onze minorités on peut ajouter plusieurs dizaines de milliers de Grecs « de souche hellénique », locuteurs de langues helléniques autres que le grec moderne : les Tsakones du Péloponnèse (parlant un dialecte à traits doriens), les Pontiques parlant le grec pontique (Ποντιακά, Ρωμαίικα) et les Micrasiates parlant cappadocien (Καππαδοκική γλώσσα).

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]