Alphabet

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Un alphabet (de alpha et bêta, les deux premières lettres de l’alphabet grec, dérivé de l'alphabet phénicien) est un ensemble de symboles destiné à représenter plus ou moins précisément les phonèmes d’une langue.

Chacun de ces symboles, ou graphèmes, est aussi appelé « lettre » ; chaque lettre, en théorie, devrait noter un phonème. Certaines lettres peuvent recevoir un ou plusieurs diacritiques afin d’étendre le stock de graphèmes si celui-ci est insuffisant pour noter les sons de la langue ou permettre d’éviter les ambiguïtés. De la même manière, un alphabet peut être étendu par l’utilisation de digrammes ou encore de lettres supplémentaires.

Les évolutions phonétiques d’une langue se produisant à un rythme différent de l’évolution écrite, l’écriture alphabétique ne garantit en aucune manière une correspondance biunivoque entre les phonèmes et les graphèmes, ainsi en français, /s/ se note aussi bien c, ç, s, ss, sc ou t. A contrario, s peut se prononcer /s/, /z/ ou être muet. Certaines langues, comme le hongrois, ont toutefois une écriture quasi-phonétique. Dans la majorité des cas[réf. nécessaire] (hormis pour le hongrois), ce sont des langues écrites depuis peu dont la transcription au moyen de signes alphabétiques a fait l’objet d’une recherche planifiée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes traces de l'ancêtre de tous les alphabets actuels se situent dans le désert du Sinaï aux alentours du XVe siècle avant J.-C. Cet alphabet est exclusivement consonantique. Les lettres sont initialement représentées par des pictogrammes apparentés aux hiéroglyphes égyptiens mais servent à noter une langue sémitique. Par exemple « A » figurait une tête de taureau avec ses cornes ; on a utilisé ce pictogramme pour noter le son initial du nom qui désignait la chose dans la langue (A=aleph, nom du taureau en Hébreu) ; enfin, on a donné à la lettre alphabétique nouvelle le nom de la chose que figurait le pictogramme originel (aleph est le nom de la lettre A).

Les premiers alphabets de l’histoire sont l’alphabet ougaritique et l’alphabet linéaire (ou alphabet protosinaïtique), deux abjad d’ailleurs déjà classés dans l’ordre alphabétique levantin. Il est suivi par celui des Phéniciens, dont les descendants sont nombreux : aussi bien l’alphabet arabe que l’alphabet latin.

Les deux premières lettres de l’alphabet grec, α (alpha) et β (bêta), ont pour origine les deux premières lettres phéniciennes : le coup de glotte et /b/, dont le nom signifiait vraisemblablement « taureau » et « maison ».

Françoise Briquel-Chatonnet a proposé en 2006 pour les écritures alphabétiques la chronologie suivante :

──o Écritures protosémitiques
  ├─o Alphabet linéaire ou Protosinaïque (XVIe siècle av. J.-C.)
  ├─o Ougaritique (XIIIe siècle av. J.-C.)
? ?
 |└─o Écritures arabiques (début du Xe siècle av. J.-C.)
 |  ├─o Nord-arabiques (Safaïtique, Thamoudéen, etc.) 
 |  └─o Sud-arabiques
 |    └─o Guèze
 |    └─o Himyarite
 └─o Phénicien (XIe siècle av. J.-C. - Xe siècle av. J.-C.)
      ├─o Paléo-hébreu (IXe siècle av. J.-C., remplacé au VIe siècle av. J.-C. par l’Hébreu carré)
      ├─o Punique
      ├─o Araméen (IXe siècle av. J.-C.)
      | ├─o Hébreu carré (VIe siècle av. J.-C.)
      | ├─o Écritures d’Asie centrale (Sogdien, Ouïgour, Mongol, Mandchou, etc.)
      | ├─o Karoshti (IIIe siècle av. J.-C.)
      | ├─o Brahmi (milieu du IIIe siècle av. J.-C.)
      | ├─o Nabatéen (Ier siècle av. J.-C.)
      | └─o Syriaque (Ier siècle apr. J.-C.)
      | :
      |   └─o Arabe (VIe siècle apr. J.-C.)
      └─o Grec (IXe siècle av. J.-C.)
        ├─o Étrusque (VIIIe siècle av. J.-C.)
        | └─o Latin (Ve siècle av. J.-C. - IVe siècle av. J.-C.)
        ├─o Copte (IVe siècle apr. J.-C.)
        ├─o Géorgien (début du Ve siècle apr. J.-C.)
        ├─o Arménien (début du Ve siècle apr. J.-C.)
        └─o Cyrillique (IXe siècle apr. J.-C.)

Alphabets[modifier | modifier le code]

Notes :

  • ont été classées dans cette liste des écritures qui ne sont pas réellement des alphabets mais des abjads, c'est-à-dire des écritures ne notant que les consonnes ou principalement les consonnes, souvent nommés de manière courante alphabets. On se reportera à l'article en question pour plus de détails. Dans ces écritures, de plus, les lettres ont plus ou moins tendance à changer de forme selon le contexte ;
  • les alpha-syllabaires ─ écritures notant les consonnes accompagnées d'une voyelle fondamentale par un seul signe mais indiquant les autres voyelles par un signe annexe ─ sont recensés dans leur propre article, bien qu'on les nomme souvent mais improprement aussi alphabets. Dans ces écritures, les lettres changent souvent de forme selon leur place dans la syllabe ;
  • le fonctionnement du hangul en fait une écriture très originale mais bien alphabétique : les phonèmes sont visuellement regroupés par syllabe mais les blocs syllabiques créés ne constituent pas des graphèmes indépendants.

Alphabets récents et de transcription[modifier | modifier le code]

Les langues dont la notation écrite est récente (nombre de langues africaines), celles dont l'écriture n'est pas latine voire alphabétique (mandarin, japonais) ou celles dont l'écriture est ambiguë et nécessite une explicitation phonétique dans le cadre de textes didactiques sont le plus souvent écrites ou transcrites au moyen de signes alphabétiques (latins pour l'essentiel). Ainsi, certaines langues africaines sont écrites au moyen de l'alphabet pan-nigérian, des langues purement orales le sont de plus en plus grâce à l'alphabet phonétique international (qui permet de noter plus ou moins bien toutes les langues), une langue à écriture non alphabétique comme le mandarin peut être transcrite en pinyin et l'on utilise en phonétique historique des langues romanes la transcription de Bourciez, toutes écritures alphabétiques.

On se reportera à la liste des méthodes de transcription pour plus de détails.

Article détaillé : Alphabet phonétique international.

Alphabets imaginaires[modifier | modifier le code]

Certains auteurs de littérature fantastique et de science-fiction ont développé un alphabet imaginaire pour donner un relief supplémentaire aux peuples et aux cultures qu'ils ont créés :

Alphabets littéraires[modifier | modifier le code]

« Avez-vous remarqué combien l'Y est une lettre pittoresque qui a des significations sans nombre ? – L'arbre est un Y; l'embranchement de deux routes est un Y; le confluent de deux rivières est un Y; une tête d'âne ou de bœuf est un Y; un verre sur son pied est un Y; un lys sur sa tige est un Y; un suppliant qui lève les bras au ciel est un Y. »

Alors qu'il venait d'acquérir vingt-quatre lettrines gravées, un éditeur demanda à Valéry d'y associer vingt-quatre poèmes en prose dont chacun commencerait par une lettre différente. L'écrivain se proposa aussitôt d'y évoquer les vingt-quatre heures du jour, composa le recueil sans tout à fait l'achever, mais ne le publia pas. À certaines lettres de l'alphabet correspondent plusieurs poèmes.

Le sonnet de Rimbaud associe les cinq voyelles de l'alphabet français.

Système de codage[modifier | modifier le code]

Le terme alphabet est parfois utilisé pour désigner divers systèmes de codage :

Par extension, l’alphabet devient un concept mathématique abstrait en théorie mathématique des langages. Mathématiquement, un alphabet est un ensemble, dont les éléments sont appelés lettres, à partir duquel les mots sont engendrés, comme suites de lettres ; cela permet de développer des algorithmes s’appuyant sur cette théorie, avec des applications en informatique notamment (voir la théorie des automates).

Phrases alphabétiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pangramme.

Une phrase contenant les 26 lettres de l’alphabet est nommée pangramme. Voici quelques exemples :

  • 32 lettres : Juge, flambez l'exquis patchwork d’Yvon (Thérèse Amiel)
  • 35 lettres : The quick brown fox jumps over the lazy dog
  • 37 lettres : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume (a la particularité d'être un alexandrin)
  • 39 lettres : Voyez le brick géant que j'examine près du wharf
  • 40 lettres : Portefaix, buvez ce whisky limonade que je goûte
  • 54 lettres : Voix ambiguë d'un chœur qui au zéphyr préfère les jattes des kiwis

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Françoise Briquel-Chatonnet, La Révolution de l'alphabet, Les collections de l'Histoire, 29, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]