Tchouktches

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple tchouktche. Pour la langue tchouktche, voir tchouktche.

Tchouktches

Description de cette image, également commentée ci-après

Une famille tchouktche au début du XXe siècle

Populations significatives par région
Sibérie (Russie) 15 000
Population totale 15 000
Autres
Langues

Tchouktche

Religions

Chamanisme, animisme

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de répartition

Les Tchouktches (en russe : чукчи, tchouktchi, au pluriel et чукча, tchouktcha, au singulier) sont un peuple paléo-sibérien habitant le nord de l'Extrême-Orient russe sur les rives de l'océan Arctique et de la mer de Béring. Les Tchouktches parlent le tchouktche et se nomment eux-mêmes en tchouktche : Ԓыгъоравэтԓьэт (Lygoravetlat)[1] (soit « le vrai peuple » en tchouktche). Originellement, les Tchouktches vivaient sur la rive nord de la mer d'Okhotsk.

C'est le peuple Tchouktche qui est à l'origine du husky sibérien.

Étymologie et histoire[modifier | modifier le code]

Le nom tchouktche est celui utilisé par les Russes pour décrire cette population. Son origine provient du mot tchouktche chauchu qui signifie « abondant en rennes ».

Au début des années 1920, le nouveau pouvoir soviétique peine à s'imposer dans les régions extrêmes. L'interdiction de la religion, la réorganisation du mode de production économique en collectivités, les tentatives de sédentarisation forcées et l'interdiction du tchouktche mécontentent les populations arctiques. Vers la fin de la décennie les protestations tchouktches se taisent. Les autorités mettent en place 28 sovkhozes en Tchoukotka basés sur l'exploitation des troupeaux de rennes et la chasse aux mammifères marins. Les Tchouktches sont scolarisés et apprennent le russe.

Dans les années 1950, les terres tchouktches sont utilisées pour des projets d'exploitation minière, pétrolifère et gazière menaçant durablement le mode de vie des Tchouktches.

Après la chute de l'Union soviétique, les sovkhozes sont privatisés et l'économie rurale traditionnelle des Tchouktches s'effondre. Depuis, les Tchouktches vivant de cette économie ainsi que les Russes de la région ne survivent que grâce à l'aide humanitaire.

Néanmoins la période soviétique a aussi profondément modifié la structure sociale et économique des Tchouktches. Seule une faible partie des Tchouktches travaillent encore comme berger pour troupeaux de rennes ou chasseurs de mammifères marins. De nombreux Tchouktches sont maintenant poètes, écrivains, docteurs, enseignants ou homme politiques.

Les Tchouktches sont souvent pris pour cible des blagues russes à cause de leur naïveté et de la simplicité de leur mode de vie.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

La majorité des Tchouktches vivent dans le district autonome de Tchoukotka mais certains vivent aussi dans la république de Sakha-Iakoutie, dans l'oblast de Magadan et dans le district autonome des Koriaks (incorporé au kraï du Kamtchatka). Quelques Tchouktches se sont aussi installés dans les villes occidentales de Russie : Moscou, Saint-Pétersbourg ainsi qu'en Europe et en Amérique du Nord. On estime le nombre de Tchouktches de par le monde à 15 000.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Les Tchouktches sont traditionnellement divisés en deux branches :

  • les Anqallyt ou Ankalyn (« les gens de la Mer ») qui vivent sur les côtes, en contact avec les Inuits, et sont des chasseurs, principalement de mammifères marins et pêcheurs. La nourriture de cette population est constituée à plus de 50 % de cétacés (baleine grise, baleine boréale et cachalot, notamment). La pêche est une activité économique importante. Les conventions de la Commission baleinière internationale autorisent la pêche de 140 baleines grises par années.
  • les Tchouktches chavchu qui vivent en nomades dans la toundra avec leurs troupeaux de rennes. Les Tchouktches traditionnels vivent dans des yaranga, sortes de yourtes couvertes de peau. Les rennes leur fournissent du lait, de la viande et des vêtements.

Religion et culture[modifier | modifier le code]

Des danseurs tchouktches pendant le Festival de Confolens

La religion tchouktche est empreinte de chamanisme et d'animisme. Chaque objet a une âme qui peut être soit malveillante, soit bienveillante. Lors de la période soviétique, la religion tchouktche était interdite comme toute autre religion.

Selon une ancienne coutume tchouktche, si un homme vient demander l'hospitalité pour la nuit, l'hôte doit lui prêter sa femme.

La culture tchouktche a été popularisée récemment suite au succès de l'écrivain tchouktche Iouri Rytkheou (1930-2008).

Notes et référence[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Tonolli, 2009, Les dernières chasses des seigneurs de Béring (Documentaire).
  • (en) Patty A. Gray, The Predicament of Chukotka's Indigenous Movement : Post-Soviet Activism in the Russian Far North, Cambridge, 2005
  • (en) Anna Kerttula, Antler on the Sea, 2000, Cornell University Press
  • (en) Waldemar Bogoras, The Chukchee, 1909, Memoirs of the American Museum of Natural History
  • Youri Rytkhèou (trad. Yves Gauthier), La Bible tchouktche ou le dernier chaman d'Ouelen, Actes Sud,‎ 2002, 351 p. (ISBN 2-7427-4117-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :