Démographie du Liban

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Démographie du Liban
Évolution démographique du Liban
Évolution démographique du Liban
Dynamique (2012)
Population 4 140 289 hab.
Accroissement naturel -0,38 %
Indice de fécondité 1,76 enfant par
Taux de natalité 14,92 ‰
Taux de mortalité 6,63 ‰
Taux de mortalité infantile 15,32 ‰
Espérance de vie à la naissance 75,23 ans
Âge médian (2012)
Homme 28,7 ans
Femme 31 ans
Structure par âge (2012)
0-14 ans 23 %
15-64 ans 68 %
65 ans et plus 9 %
Rapport de masculinité (-12.08)
À la naissance 105 /100
Moins de 15 ans 105 /100
15-64 ans 95 /100
65 ans et plus 086 /100
Composition linguistique
Arabe (officiel)  
Français  
Anglais  
Arménien  
Composition ethnique
Arabes 95 %
Arméniens 4 %
Autres 1 %
Composition religieuse
Islam 59,7 %
Christianisme 39 %
Autres 1,3 %

Cet article contient des statistiques sur la démographie du Liban.

Histoire[modifier | modifier le code]

Recensement de 1932[modifier | modifier le code]

Le seul recensement officiel (basé sur l'appartenance communautaire) de la population libanaise fut fait en 1932 sous le mandat français.

Le recensement de 1932 ne prend en compte que les citoyens libanais résidents au Liban en 1932, c’est-à-dire qu'il exclut les Libanais ayant émigré. Certains villages frontaliers avec la Syrie n'auraient pas été pris en compte dans le recensement.

Les résultats de ce recensement avançaient les chiffres suivants.

Total des citoyens libanais : 785 542

Chrétiens[modifier | modifier le code]

  • Maronites : 226 378 soit 28,8 %
  • Grecs orthodoxes : 76 522 soit 9,7 %
  • Grecs catholiques : 46 000 soit 5,9 %
  • Autres (Arméniens en majorité) : 53 463 soit 6,8 %
    • Total : 402 363 soit 51,2 %

Musulmans[modifier | modifier le code]

  • Sunnites : 194 208 soit 27,3 %
  • Chiites : 135 925 soit 67,4 %
  • Druzes : 53 047 soit 6,8 %
    • Total : 383 180 soit 48,8 %

Évolution des principaux indicateurs démographiques[1][modifier | modifier le code]

Période Naissances annuelles Décès annuels Solde naturel annuel Taux de natalité (‰) Taux de mortalité (‰) Solde naturel (‰) Indice de fécondité Taux de mortalité infantile
1950 - 1955 61 000 24 000 38 000 39,9 15,4 24,4 5,74 90,0
1955 - 1960 70 000 23 000 47 000 39,3 12,7 26,6 5,72 72,8
1960 - 1965 77 000 22 000 55 000 37,6 10,7 26,9 5,69 61,1
1965 - 1970 81 000 21 000 59 000 34,5 9,2 25,3 5,34 53,4
1970 - 1975 83 000 21 000 62 000 31,9 8,1 23,8 4,78 47,0
1975 - 1980 85 000 22 000 63 000 30,5 7,8 22,7 4,31 44,2
1980 - 1985 84 000 21 000 62 000 29,5 7,6 21,9 3,90 40,6
1985 - 1990 78 000 21 000 57 000 26,7 7,3 19,4 3,31 36,8
1990 - 1995 80 000 23 000 57 000 24,8 7,1 17,8 3,00 31,4
1995 - 2000 81 000 26 000 56 000 22,6 7,1 15,5 2,70 28,1
2000 - 2005 69 000 27 000 42 000 17,7 6,9 10,8 2,09 25,6
2005 - 2010 66 000 28 000 38 000 15,9 6,9 9,1 1,86 22,7
2010 - 2015 63 000 29 000 34 000 14,8 7,1 7,7 1,81 18,7

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Religions[modifier | modifier le code]

Distribution religieuse de la population en 1991.

Aucun recensement officiel n'a été fait depuis 1932 pour ne pas alimenter les tensions politiques et religieuses. Cependant les estimations les plus fréquentes avancent les chiffres de 35-40 % pour les chrétiens et de 60-65 % pour les musulmans. La véracité de ces estimations est difficile à évaluer, toutes les communautés ayant tendance à surévaluer leurs effectifs : le Hezbollah avance le chiffre de 65 % de musulmans dont 40 % de chiites alors que l'Église maronite cite le chiffre de 50 % pour les chrétiens. Les chiites sont généralement considérés comme étant la communauté la plus nombreuse et ayant eu la progression démographique la plus forte ces dernières décennies.

D'autres éléments sont à prendre en compte dans l'analyse de la démographie libanaise.

La variable palestinienne[modifier | modifier le code]

Les Palestiniens au Liban sont sunnites à plus de 90 % et à 9 % des chrétiens ; ils ne sont pas comptabilisés dans les statistiques démographiques au Liban. Au 31 mars 2005, 400 582 étaient enregistrés sur les listes de l'UNRWA. À la fin de 2007, ce nombre était encore plus élevé; l'UNRWA avait enregistré environ 411 000 réfugiés palestiniens[3]. La plupart des réfugiés palestiniens vivaient dans 12 camps ainsi que dans d'autres refuges improvisés à travers le pays. Une partie de ces Palestiniens ont quitté le Liban, mais aucune étude fiable ne permet de mesurer cette émigration. Leur naturalisation est improbable en raison de l'opposition des différentes communautés : chrétiens, chiites et druzes redoutent de diluer leurs électorats. De plus une partie de l'opinion publique libanaise considère que la naturalisation des réfugiés est un cadeau à Israël (en cela la position du Liban n'est pas différente de la Syrie, de l'Égypte ou des pays du Golfe), car cela reviendrait à reconnaître de fait l'existence de l'État hébreu dans les frontières de la Palestine : les Palestiniens demeurent donc des « invités ». Malgré tout, leur retour dans une Palestine économiquement exsangue est incertain, même après un accord de paix. Du reste la majorité d'entre eux sont des Palestiniens réfugiés après le conflit de 48 et non de celui de 1967, c'est-à-dire qu'ils viennent de territoires qui ne feront pas partie d'un éventuel accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

La diaspora libanaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : diaspora libanaise.

Les chrétiens y sont surreprésentés et un retour partiel, mais improbable, pourrait changer la balance démographique du pays. La diaspora est majoritairement constituée de chrétiens avec une forte représentation chiite. La diaspora n'est pas comptabilisée dans les statistiques et les décomptes officieux de la population globale du pays (près de 3 600 000 personnes). Ce décompte des citoyens expatriés a lieu dans la plupart des pays du monde mais pas au Liban où les expatriés n'ont pas le droit de vote (une des principales revendications des communautés chrétiennes est le droit de vote pour les émigrés). Là encore les effectifs sont sujets à caution. Il y a plus de 10 millions de personnes d'origine libanaise dans le monde[réf. souhaitée] mais ce chiffre prend en compte l'émigration libanaise depuis le XIXe siècle[réf. souhaitée]. Or beaucoup de ces descendants de Libanais ont été assimilés par leur pays d'accueil et ne considèrent plus le Liban comme leur pays, le seul critère de distinction devrait alors être la détention de documents d'identité libanais en bonne et due forme. La diaspora libanaise moderne (post-1975), dont les membres sont susceptibles de jouer un rôle sur la scène politique locale, compterait entre un et deux millions de personnes.

L'émigration a fortement augmenté ces dernières années pour toucher l'ensemble de la société, y compris les communautés musulmanes et druzes (notamment les grandes familles telles que les Hamadé ou Amadet). Les classes moyennes supérieures (c'est-à-dire les personnes éduquées sans être fortunées) et les classes les plus pauvres sont les plus touchées par l'émigration. Selon une étude publiée dans le journal libanais de langue arabe Assafir[4] en 2002, 27 % des Libanais qui choisissent l'expatriation sont des chiites et 30 % des maronites. Les sunnites semblent être les moins enclins à l'expatriation.
De nombreuses actions sont menées par des organismes internationaux, pour fédérer l'ensemble de la diaspora. C'est entre autres l'action de cheikh Khaled Frarid Hamadé à travers le ministère de l'immigration.

Les naturalisés[modifier | modifier le code]

Ce sont des ressortissants arabes (majoritairement syriens mais aussi des palestiniens ou des bédouins) qui ont été naturalisés en masse en 1994 (décret 5247 du 20 juin 1994) dans des conditions qui ont été très contestées par la communauté chrétienne. La plupart ne vivent pas au Liban et une partie a été inscrite sur les listes électorales des régions chrétiennes pour influer sur les élections. Le nombre exact est sujet à contentieux, les estimations allant de 87 000 (ce qui correspond au nombre de naturalisations contestées par le ministre de l'intérieur Elias el-Murr en mai 2003 et non pas à l'ensemble des naturalisations) à plus de 400 000 (Forces libanaises, Ligue maronite). Les chiffres les plus courants se situent entre 150 000 et 300 000 naturalisés.

Autres[modifier | modifier le code]

Depuis 1973, le Liban fait venir d'Asie et d'Afrique des femmes très pauvres qui servent le plus souvent de domestiques. On estime à plus de 200 000 femmes[5], provenant principalement du Sri Lanka, des Philippines, d'Éthiopie, et d'autres du Nigeria, du Soudan et d'Érythrée. Le Liban accueille aussi des ouvriers peu ou pas qualifiés dont 12 000 indiens au Liban[6]. Il existe dans les maisons et les appartements libanais des chambres spéciales au femmes de ménage. Elles sont nourries et logées aux frais de la famille d’accueil, qui leur fournit la plupart du temps des vêtements et du nécessaire du quotidien, mais malheureusement elles sont parfois maltraitées et leur taux de décès est élevé. On les appelle en libanais "serlankiyé" (sri lankaise), indépendamment de leur pays d'origine.

Il existe aussi au Liban quelques ressortissants européens le plus souvent français. Un bon nombre d'entre eux sont des religieux qui enseignent dans une des nombreuses écoles catholiques du Liban.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]