René Bazin

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René Bazin

René Bazin, né à Angers le et mort à Paris le [1], est un écrivain français, à la fois juriste et professeur de droit, romancier, journaliste, historien, essayiste et auteur de récits de voyages.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une licence de droit à Paris, René Bazin suit les cours de la Faculté catholique d’Angers et obtient un doctorat en droit (1877). En 1882, il tient la chaire de droit criminel. En 1876, il se marie avec mademoiselle Aline Bricard ; le couple aura deux fils, dont le romancier et traducteur Louis-René Bazin, et six filles. Toute sa vie, il est porté par les valeurs que représentent la Monarchie et que l'Église continue à défendre. En 1915, il est élu président de la Corporation des Publicistes Chrétiens, qui se fait appeler aussi Syndicat des journalistes français, et en 1917, il fonde le Bureau Catholique de la Presse[2].

L'œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

« Si loin que je remonte dans mes souvenirs, je me trouve écrivant des vers, soit au collège, soit, plus tard, entre deux cours de droit, sur un banc du jardin du Luxembourg. Je tenais aussi un journal de mes impressions et de ce qu'on croit être des pensées quand on est jeune. »

René Bazin devient rédacteur en second au journal L'Étoile et commence à rédiger Stéphanette son premier roman, qui est publié, en 1883, en feuilleton, par L'Union, journal local. Ce roman, ainsi que le suivant (Ma tante Giron, 1885) paraît, en un seul volume, en 1884, à la maison d'édition Retaux-Bray, à Paris.

À partir de 1885, le succès de son roman Ma tante Giron lui ouvre les portes du milieu littéraire parisien. Il rencontre Léon Lavedan, directeur du Correspondant (et père d’Henri Lavedan), ainsi que Georges Patinot, directeur du Journal des débats, qui accepte de publier, en feuilleton, le roman Une tache d'encre.

Dès 1885, des lectures publiques de ses romans ont lieu à la conférence Saint-Louis, cercle d'étudiants de la faculté catholique d'Angers.

En novembre 1887, il rencontre Ludovic Halévy, membre de l’Académie française, qui l’oriente vers Calmann-Lévy, éditeur célèbre dont la diffusion permet à René Bazin d'élargir son public. Calmann rachète les droits du roman Ma tante Giron, puis publie en mai 1888, en un seul volume, Une tache d'encre, roman qui, grâce à l'influence de Ludovic Halévy, est couronné par l'Académie française.

Plusieurs fois lauréat de l’Académie française, il publie des livres de voyages et collabore à La Revue des Deux Mondes ainsi qu’à divers autres journaux. Après 1870, il est l'un des écrivains de la « Revanche » avec Les Oberlé et Le Guide de l'Empereur. Il est élu membre de l'Académie française en 1903, après le succès des Oberlé (1901). Il est aussi membre de l'Académie de Stanislas[3].

En 1909 un séjour à Hostel sur la commune de Belmont-Luthézieu, chez le beau-père de Paul Claudel, lui inspire le roman Le mariage de Mademoiselle Gimel se déroulant à Linod sur la commune voisine de Vieu. Le roman est librement adapté de faits réels.

En 1919, après la guerre, dans Les Nouveaux Oberlé, il écrit un tableau, tout en nuances, de la découverte de la France par un jeune Alsacien qui a choisi de combattre dans l'armée française.

À l'exception notable des deux Oberlé, les romans de René Bazin ont le plus souvent pour cadre le milieu rural et paysan de l'ouest de la France qu'il évoque avec une grande richesse de vocabulaire.

Il y décrit, le plus souvent, la lutte du catholicisme et des valeurs traditionnelles contre la ville, le progrès, l'athéisme, la contagion révolutionnaire, s'inscrivant ainsi dans la mouvance agrarienne, dont une des dérives a été, 50 ans plus tard, le régime de Vichy. Aujourd'hui certains aspects de l'écologie ne sont pas loin de la vision de René Bazin. Avec Paul Bourget, Henry Bordeaux et Maurice Barrès, il fait partie des « 4 B », auteurs de référence des milieux traditionalistes de l'époque.

Ainsi La Terre qui meurt, publié en 1898[4], évoque le drame d'un domaine agricole doublement abandonné : d'une part, par le grand propriétaire qui va à Paris, et qui, ruiné, doit vendre jusqu'à ses meubles, et d'autre part par les fils du métayer chargé de l'exploitation agricole. L'un émigre en Amérique, l'autre devient cheminot. Cependant, la terre finalement ne « meurt » pas, puisque le valet Jean Nesmy, accepté comme gendre par le métayer après quelques réticences, reprend finalement l'exploitation.

Ce livre a connu un très grand succès et en 1936 a été un des tout premiers à être filmé en couleurs.

René Bazin rédigea la plupart de ses livres dans sa propriété des Rangeardières, près d'Angers, sur la commune de Saint-Barthélemy-d'Anjou où il fut élu au conseil municipal en 1904.

Hervé Bazin, également écrivain, était le petit-neveu de René Bazin.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Stéphanette (1884)
  • Ma tante Giron (1885)
  • Une tache d’encre (1888) Mode Image en ligne
  • Les Noellet (1890)
  • Le guide de l'Empereur (1890)
  • À l’aventure : croquis italiens (1891) Mode Image en ligne
  • Contes en vers (1891)
  • La Sarcelle bleue (1892)
  • La Légende de sainte Béga (1892)
  • Madame Corentine (1893)
  • Sicile : croquis italiens (1893) Mode Image en ligne
  • Les Italiens d'Aujourd'hui (1894) Mode Image en ligne
  • Humble Amour (1894) Mode Image en ligne
  • Terre d’Espagne (1895) Mode Image en ligne
  • En province (1896)
  • Contes de bonne Perrette (1897)
  • De toute son âme (1897)
  • Histoire de vingt-quatre sonnettes (1898)
  • La Terre qui meurt (1898) Texte en ligne Mode Image en ligne
  • Les Personnages de roman (1899)
  • Croquis de France et de l'Orient (1899)
  • Le Guide de l'Empereur : histoire de pauvres gens (1901)
  • Les Oberlé (1901)
  • L'Enseigne de vaisseau Paul Henry, défenseur de la mission de Pékin (1902)
  • Donatienne (1903) Texte en ligne
  • Récits de la plaine et de la montagne (1904)
  • Le Duc de Nemours (1905)
  • L'Isolée (1905) Image en ligne
  • Questions littéraires et sociales (1906)
  • Le Blé qui lève (1907) Texte en ligne Mode Image en ligne
  • Mémoires d'une vieille fille (1908)
  • Le Mariage de Mademoiselle Gimel, dactylographe (1909)
  • La Barrière (1910) Texte mutiformat Texte en ligne
  • Douce France (1911)
  • Davidée Birot (1912) Texte en ligne
  • Nord-Sud, Amérique, Angleterre, Corse, Spitzberg, notes de voyage (1913)
  • Gingolph l'abandonné (1914)
  • Pages religieuses, temps de paix, temps de guerre (1915)
  • Aujourd'hui et demain, pensées du temps de la guerre (1916)
  • La Campagne française et la guerre (1917)
  • Notes d'un amateur de couleur (1917)
  • La Closerie de Champdolent (1917)[5]
  • Les Nouveaux Oberlé (1919)
  • Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara (1921) Texte en ligne
  • Il était quatre petits enfants : histoire d'une famille française (1922) ; trad. en anglais par Margery Williams (Juniper Farm, 1928)
  • Contes et Paysages (en province) (1923)
  • Le Conte du triolet (1924) Mode Image en ligne
  • Baltus le Lorrain (1926) Texte en ligne
  • Paysages et pays d'Anjou (1926)
  • Fils de l'Église (1927)
  • Les Trois Peines d'un rossignol (1927)
  • Pie X (1928)
  • Le Roi des archers (1929)
  • Magnificat (1931)
  • Champdolent (1931)
  • La Faneuse endormie et autres nouvelles (1949)

Adaptations[modifier | modifier le code]

La Terre qui meurt fut adapté une première fois au cinéma muet par Jean Choux en 1926[6], puis au parlant par Jean Vallée dix ans plus tard[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mathias Burgé, Mémoire de la décadence, décadence de la mémoire : l'incroyable oubli de René Bazin, Mémoire de Master 2 d'Histoire culturelle sous la direction de Pascal Ory, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2012, 416 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « René Bazin », Encyclopædia Universalis en ligne (consulté le 21 mai 2013)
  2. Biographie [1]
  3. (fr) « BAZIN René », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 23 octobre 2013)
  4. http://www.academie-francaise.fr/Immortels/base/publications/oeuvres.asp?param=498
  5. Revue des deux mondes, juillet 1917, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4318712/f5.image.r=Clohars%20Fouesnant.langFR
  6. voir La Terre qui meurt
  7. voir La Terre qui meurt


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