Réjane
Réjane
Réjane photographiée par Nadar en 1883.
| Naissance | 5 juin 1856 Paris, |
|---|---|
| Décès | 14 juin 1920 Asnières-sur-Seine |
| Activité principale | Comédienne |
| Activités annexes | Directrice du théâtre de Paris |
| Lieux d'activité | Paris |
| Années d'activité | 1880-1920 |
| Formation | Conservatoire de Paris |
| Maîtres | François-Joseph Regnier |
| Conjoint | Porel |
| Descendants | Jacqueline Porel (petite-fille) Jean-Marie Périer, Anne-Marie Périer, Marc Porel (arrières-petits-enfants) |
Répertoire
- Germinie Lacerteux (1888)
- La Parisienne (1893)
- Madame Sans-Gêne (1893)
Gabrielle-Charlotte Réju dite Réjane est une comédienne française née le 5 juin 1856 à Paris et morte le 14 juin 1920 à Asnières-sur-Seine.
Elle est une des comédiennes françaises les plus populaires du début du XXe siècle, aux côtés de Sarah Bernhardt.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Fille d'un contrôleur, ancien comédien et directeur de troupe, et d'une caissière du théâtre de l'Ambigu, elle devient à quinze ans l'élève de Regnier au Conservatoire. Après un second prix de comédie en 1874[1], elle débute dans des pièces à succès comme Un père prodigue (1880). Influencée par le Théâtre-Libre, elle se tourne ensuite vers le naturalisme et crée Germinie Lacerteux des frères Goncourt (1888), La Parisienne d'Henry Becque (1893). Elle crée aussi en France le rôle principal d'Une maison de poupée d'Henrik Ibsen (1894). Mais c'est le rôle-titre de Madame Sans-Gêne de Victorien Sardou, créée au théâtre du Vaudeville en 1893, qui lui apporte véritablement la célébrité.
Enceinte de son amant, le comédien et directeur de l'Odéon Paul Porel avec lequel elle entretient une liaison depuis plusieurs années (c'est pour elle que Porel accepte de créer Germinie Lacerteux), elle l'épouse en 1893 et lui donne un fils, Jacques, puis une fille, Germaine. Ils s'installent 25, avenue Franklin-Roosevelt (alors « avenue d’Antin »), dans le VIIIe arrondissement
En 1895, sa tournée en Amérique dans le rôle de Madame Sans-Gêne décuple sa notoriété et New York lui fait un triomphe. Le guide Paris-Parisien la considère en 1899 comme une « notoriété de la vie parisienne », « la plus parisienne des comédiennes »[2].
Elle divorce de Porel en 1905 puis rachète l'année suivante le Nouveau-Théâtre de Lugné-Poë, rue Blanche (IXe), qu'elle rebaptise théâtre Réjane après de grands travaux. Elle y donne entre autres la première française de L'Oiseau bleu de Maurice Maeterlinck en 1911 et reprend avec le même succès Madame Sans-Gêne. Elle dirigera le théâtre Réjane jusqu'en 1918, date à laquelle le producteur Léon Volterra rachète la salle et lui donne son nom actuel, le théâtre de Paris.
Malade, elle fait un bref retour sur scène dans La Vierge folle d’Henri Bataille avant de mourir d'une crise cardiaque le 14 juin 1920. Elle repose au cimetière de Passy[3] aux côtés de son ex-mari et de plusieurs de ses descendants et co-latéraux, dont François Périer, mari de sa petite-fille Jacqueline Porel de 1941 à 1947.
Elle habitait à Asnières-sur-Seine au 24, villa Davoust, une « folie » démolie en 1992 malgré l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France. À sa place s'élève aujourd'hui l'école maternelle et élémentaire Réjane.
Albert Besnard a réalisé d'elle un portrait en pied[4].
Marcel Proust [modifier]
Marcel Proust vit Réjane sur scène pour la première fois le soir de la première de Germinie Lacerteux. Réjane disputait alors à Sarah Bernhardt le titre de plus grande actrice de la Belle Époque. Ces deux grandes comédiennes servirent de modèle au personnage de la Berma auquel rêve le Narrateur de À la recherche du temps perdu. Jacques Porel, fils de Réjane, et Marcel Proust devinrent bons amis après la Grande Guerre. Réjane invita Proust à occuper un appartement dans sa maison. Le jour où Proust y emménagea, il reçut les premières épreuves du Côté de Guermantes et ajouta certains traits de la personnalité de Réjane au personnage fictif de la Berma.
Une dynastie d'artistes [modifier]
Réjane et Paul Porel sont les parents de la comédienne Germaine Porel, mariée en 1916 au chirurgien américain Philip Duncan Wilson (1886-1969), et de l'écrivain Jacques Porel (1893-1932), qui épousa en secondes noces la comédienne Jany Holt (1909-2005).
Jacques Porel est le père, avec sa première épouse Anne-Marie Duval (1890-1935), de la comédienne Jacqueline Porel (1918-2012) qui a eu, elle-même, quatre enfants :
- le photographe Jean-Marie Périer (né en 1940), avec le chanteur Henri Salvador (1917-2008)
- le cinéaste Jean-Pierre Périer (1943-1966) et la journaliste Anne-Marie Périer[5], avec le comédien François Périer (1919-2002)
- le comédien Marc Porel (1949-1983), avec le comédien Gérard Landry (1912-1999).
Marc Porel est le père, avec l'actrice et modèle française Bénédicte Lacoste, de la comédienne Bérengère de Lagatinerie (1968-1991), et avec l'actrice italienne Barbara Magnolfi (née en 1955), de Camille[réf. nécessaire].
Théâtre [modifier]
- 1875 : La Revue des deux-mondes de Clairville et Abraham Dreyfus, théâtre du Vaudeville
- 1875 : Madame Lili de Marc Monnier, théâtre du Vaudeville
- 1881 : Odette de Victorien Sardou, théâtre du Vaudeville
- 1883 : Pierrot assassin de Jean Richepin, palais du Trocadéro
- 1883 : Ma camarade de Henri Meilhac et Philippe Gille, théâtre du Palais-Royal
- 1885 : Clara Soleil d'Edmond Gondinet et Pierre Sivrac, théâtre du Vaudeville
- 1887 : Monsieur de Morat d'Edmond-Joseph-Louis Tarbé des Sablons, théâtre du Vaudeville
- 1887 : Le Cœur de Paris, revue, musique Philippe de Massa, Opéra-Comique
- 1888 : Décoré de Henri Meilhac, théâtre des Variétés
- 1889 : Shylock ou le Marchand de Venise de William Shakespeare, théâtre de l'Odéon
- 1890 : Ma cousine de Henri Meilhac, théâtre des Variétés
- 1891 : Amoureuse de Georges de Porto-Riche, théâtre de l'Odéon
- 1892 : Brevet supérieur de Henri Meilhac, théâtre des Variétés
- 1892 : Lysistrata de Maurice Donnay d'après Aristophane, Grand-Théâtre
- 1893 : Madame Sans-Gêne de Victorien Sardou et Emile Moreau, théâtre du Vaudeville
- 1895 : Viveurs de Henri Lavedan, théâtre du Vaudeville
- 1896 : Lysistrata de Maurice Donnay d'après Aristophane, théâtre du Vaudeville
- 1896 : Divorçons de Victorien Sardou et Émile de Najac, théâtre du Vaudeville
- 1897 : La Douloureuse de Maurice Donnay, théâtre du Vaudeville
- 1897 : Le Partage d'Albert Guinon, théâtre du Vaudeville
- 1898 : Pamela, marchande de frivolités de Victorien Sardou, théâtre du Vaudeville
- 1898 : Georgette Lemeunier de Maurice Donnay, théâtre du Vaudeville
- 1899 : Le Lys rouge d'Anatole France, théâtre du Vaudeville
- 1899 : Amoureuse de Georges de Porto-Riche, théâtre du Vaudeville
- 1899 : Madame de Lavalette d'Émile Moreau, théâtre du Vaudeville
- 1899 : La Parisienne de Henry Becque, mise en scène André Antoine, théâtre Antoine
- 1900 : Le Béguin de Pierre Wolff et Georges Courteline, théâtre du Vaudeville
- 1900 : La Robe rouge d'Eugène Brieux, théâtre du Vaudeville
- 1900 : Sylvie ou la Curieuse d'amour d'Abel Hermant, théâtre du Vaudeville
- 1901 : La Pente douce de Fernand Vanderem, théâtre du Vaudeville
- 1901 : La Course du flambeau de Paul Hervieu, théâtre du Vaudeville
- 1902 : La Passerelle de Francis de Croisset, théâtre du Vaudeville
- 1902 : Le Masque de Henry Bataille, théâtre du Vaudeville
- 1902 : Le Joug d'Albert Guinon et Jane Marny, théâtre du Vaudeville
- 1903 : Heureuse de Maurice Hennequin et Paul Bilhaud, théâtre du Vaudeville
- 1903 : Antoinette Sabrier de Romain Coolus, théâtre du Vaudeville
- 1903 : Germinie Lacerteux de Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt, théâtre du Vaudeville
- 1904 : La Montansier de Gaston Arman de Caillavet, Robert de Flers, Henri-Gabriel Ibels, théâtre de la Gaîté-Lyrique
- 1905 : L'Âge d'aimer de Pierre Wolff, théâtre du Gymnase
- 1906 : La Piste de Victorien Sardou, théâtre des Variétés
- 1906 : La Savelli de Max Maurey, Gilbert Thierry, théâtre Réjane
- 1907 : La Course du flambeau de Paul Hervieu, théâtre Réjane
- 1907 : Paris-New York de Francis de Croisset, Emmanuel Arène, théâtre Réjane
- 1907 : Après le pardon de Matilde Serao, Pierre Decourcelle, théâtre Réjane
- 1908 : L'Impératrice de Catulle Mendès, théâtre Réjane
- 1908 : Qui perd gagne de Pierre Veber d'après Alfred Capus, théâtre Réjane
- 1908 : Israël d'Henry Bernstein, théâtre Réjane
- 1909 : Trains de luxe d'Abel Hermant, théâtre Réjane
- 1909 : La Course du flambeau de Paul Hervieu, théâtre Réjane
- 1909 : Le Refuge de Dario Niccodemi, théâtre Réjane
- 1909 : Madame Margot d'Émile Moreau et Charles Clairville, théâtre Réjane
- 1911 : L'Enfant de l'amour de Henry Bataille, théâtre de la Porte-Saint-Martin
- 1913 : Alsace de Gaston Leroux et Lucien Camille, théâtre Fémina
- 1916 : L'Amazone de Henry Bataille, théâtre de la Porte Saint-Martin
- 1918 : Notre image de Henry Bataille, mise en scène Armand Bour, théâtre Réjane
Bibliographie [modifier]
- Le Théâtre n°36, juin 1900 - numéro spécial consacrée à Réjane
- Jacques Porel, Fils de Réjane, Plon, Paris, 1954.
Lien externe [modifier]
- (en) Réjane sur l’Internet Movie Database
Notes et références [modifier]
- Gabriella Asaro, « Réjane, comédienne et interprète de la Belle Époque », L'Histoire par l'image. Consulté le 3 octobre 2011
- Paris-Parisien, Ollendorff, 1899, p. 28
- Tombe de Réjane sur Find-a-grave
- Albert Besnard, Portrait de théâtre, 1898, anc. collection Emil Sauer, localisation inconnue. Cf. Les Œuvres d'Albert Besnard sur le site de l'Académie française.
- Anne-Marie Périer est la troisième épouse du chanteur Michel Sardou.