Edmond Aman-Jean

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aman.
Edmond Aman-Jean, Autoportrait, œuvre non sourcée.[réf. nécessaire]

Edmond Aman-Jean, pseudonyme d'Amand Edmond Jean, né à Chevry-Cossigny le 12 novembre 1858[1] et mort à Paris le 23 janvier 1936, est un peintre, graveur et critique d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Miss Ella Carmichael (1906), Paris, Petit Palais.

Fils d’Edmond Joseph Jean, industriel chaufournier, et de Céline Elisabeth Leblanc, Edmond Aman-Jean est l'élève d'Henri Lehmann[2] à l'École des beaux-arts de Paris, ainsi que le condisciple de Georges Seurat, avec lequel il partage un atelier[3]. Il se lie aussi avec les peintres symbolistes Alphonse Osbert et Alexandre Séon.

Il obtient en 1886 une bourse de voyage et part en Italie pour étudier les primitifs italiens avec Henri Martin et Ernest Laurent, ce qui renforce son goût pour les anciens et pour le décor. Avec Seurat, il travaille comme assistant à la réalisation du Bois sacré de Puvis de Chavannes (musée des beaux-arts de Lyon), dont on retrouve notamment l'influence dans sa Sainte Geneviève (musée des beaux-arts de Brest) acquise par le collectionneur parisien Simon Hayem[4].

Proche des milieux littéraires symbolistes, il exécute un portrait de Verlaine à l'hôpital Broussais[5], œuvre peinte en hiver à l'époque où le poète y soignait sa syphilis, témoignage de l'amitié qui lie les deux hommes depuis leur rencontre jusqu'à la mort du poète en 1896. Verlaine dédiera un sonnet à l'artiste pour le portrait qu'il a aimé, et séjournera les années suivantes chez le couple[6]. Il est l'un des premiers à répondre favorablement à Joséphin Peladan, auquel il écrivit en 1892 : « Vous êtes le seul en France à pouvoir parler Esthétique et Art[réf. nécessaire] ». Il expose aux deux premiers Salons de la Rose-Croix esthétique.

Edmond Aman-Jean épouse Thadée Jacquet[7], fille d'un préfet de l'Empire, elle-même peintre, qu'il représenta dans plusieurs de ses tableaux, tout comme leurs deux enfants François Aman-Jean et Céline Aman-Jean.

Albert Besnard le fait nommer à la Légion d'honneur en 1900. Il est promu au grade de Commandeur en 1933[8].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1900, sans en en faire partie, il sera proche du groupe de jeunes peintres de la Bande noire[9].

Ayant partagé un net intérêt avec Seurat et Séon pour les théories chromatiques et le divisionnisme, il pratique toutefois au début de sa carrière un synthétisme aux couleurs sourdes. Son goût pour la fresque et la tapisserie, auxquelles on compare souvent ses œuvres de cette période, l'incline à peindre sans modelé, alliant des à-plats aux teintes subtiles à des motifs décoratifs.

Son inspiration s'attarde sur des figures de femmes rêveuses, aux attitudes délicates. En 1896, Gustave Geffroy évoquait ses figures languissamment peintes dans des colorations effacées, ravivées par un détail, une fleur au corsage ou à la chevelure, des yeux trop translucides, enchâssés comme des pierres précieuses[10].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de la Seine-et-Marne en ligne, acte de naissance 5MI4823, vue 187/253, acte 23
  2. Élève d'Ingres.
  3. Seurat exécutera plusieurs portraits de son ami.
  4. Dont le peintre Jules Bastien-Lepage a fait le portrait (musée municipal d'Hazebrouck).
  5. Verlaine à l'hôpital Broussais, 1892, huile sur toile, 125,5 × 70 cm, Metz, musées de la Cour d'or.
  6. De Puvis de Chavannes à Picasso, vers l'Art moderne, Flammarion.
  7. Portrait à l'eau-forte par Albert Besnard, no 116 du catalogue Godefroy et buste par Charlotte Dubray.
  8. « Dossier de l'ordre de la Légion d'honneur d'Amand Edmond Jean », base Léonore, ministère français de la Culture
  9. Composée de Lucien Simon, Charles Cottet, André Dauchez, Emile-René Ménard et René-Xavier Prinet, ainsi surnommés par la critique d'art car ils rejetaient les harmonies claires des toiles des peintres impressionnistes.
  10. David-Jean Jumeau-Lafond, Les Peintres de l'Âme, le Symbolisme idéaliste en France.
  11. Notice sur le site du musée d'Orsay
  12. Notice sur le site du musée d'Orsay

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :