Camille Mauclair

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Camille Mauclair en 1921.

Camille Mauclair (de son vrai nom : Camille Laurent Célestin Faust), né le 29 novembre 1872 à Paris 5e et mort le 23 avril 1945 dans le 7e arrondissement de Paris[1], est un poète, romancier, historien d'art et critique littéraire français.

Il fut un collaborateur et un vichyste convaincu durant l'Occupation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Disciple de Mallarmé, et parmi les meilleurs historiens du symbolisme, Camille Mauclair collabore à des revues telles que La Conque, La Revue indépendante, La Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg, La Revue blanche, le Mercure de France, Le Coq rouge, les Essais d'art libre, les Entretiens politiques et littéraires, L'Art moderne, L'Ermitage, La Société nouvelle, L'Image, la Nouvelle Revue, la Revue encyclopédique, la Grande Revue, la Revue des revues, et pour des journaux tels que L'Estafette, L'Événement, Gil Blas, La Cocarde, Le Figaro, L’Aurore et La Dépêche de Toulouse. Il collabore aussi à la presse anarchiste. Son œuvre est aujourd'hui considérée assez injustement comme mineure des courants littéraires de son temps auxquels elle apporte néanmoins un éclairage précieux. Critique d'art perspicace durant les années 1890, préfacier régulier des expositions "impressionnistes et symbolistes" de la galerie Le Barc de Boutteville, il considère certains aspects des avant-gardes à partir du fauvisme comme en rupture néfaste avec la tradition classique et n'hésite pas à dénoncer, avec clairvoyance, le caractère mercantile et artificiel d'un certain marché de l'art ; il révèle par exemple, comme témoin, ce qu'il considère comme le « montage » du mythe Cézanne. Avec Paul Fort, il fonde le théâtre d'art qui montera le premier l'œuvre de Maurice Maeterlinck en France (La Princesse Malaine et en 1893, Pelléas et Mélisande) puis avec Lugné-Poe, le théâtre de l'Œuvre. En 1902, il édite les (premières) « œuvres complètes » de Jules Laforgue au Mercure de France.

Proche de tous les milieux littéraires, Mauclair est l'amant de Georgette Leblanc, avant que cette dernière ne se lie avec Maeterlinck. Parmi les beaux portraits de Camille Mauclair, on compte un pastel de Lucien Lévy-Dhurmer.

Durant sa carrière, en tant que critique, auteur et journaliste, il a aussi contribué à la connaissance musicale du public parisien. Défenseur de Richard Wagner, fin connaisseur de la pratique musicale, il livre de belles pages sur les compositeurs et l'orchestre. Plusieurs de ses poésies sont mises en musique dont les trois beaux « Lieder » dus à Ernest Chausson.

Durant la Première Guerre mondiale, horrifié par les crimes allemands, Camille Mauclair, malgré sa formation germanophile et son admiration pour les philosophes allemands et Heinrich Heine, théorise l'influence négative de la culture germanique.

Durant l'Entre-deux-guerres, Camille Mauclair poursuit une activité de polygraphe et consacre aussi de belles pages aux villes qu'il admire, dont Bruges et Venise. Il dénonce ce qu'il considère comme la décadence de l'art français et déplore le règne « de la laideur ».

Antisémite et zélateur du gouvernement de Vichy[modifier | modifier le code]

Adolphe Van Bever et Paul Léautaud, dans leur anthologie Poètes d'aujourd'hui (1900) lui attribuent à tort, comme l'avouera Paul Léautaud dans ses entretiens radiophoniques, une origine sémitique, tandis que G. Jean-Aubry (1905) s'arrête à des origines catholiques et lorraines (avec une ascendance danoise). Quoi qu'il en soit, il ne fut dreyfusard que par fidélité à Clemenceau. À cet égard, il faut voir cependant, p. 124-129 de son autobiographie Servitude et Grandeur littéraires (1922). « Ainsi fus-je Dreyfusard de la première minute, par goût de la vérité ». p. 126.

En 1930, dans son ouvrage La Farce de l'art vivant. Les métèques contre l'art français, il explicite des options nationalistes et réactionnaires partagées par nombre de détracteurs de certaines tendances de l'art moderne, opinions qui prennent la forme d'un antisémitisme violent et issu d'une vague née à la fin du XIXe siècle et dont il était issu et sur lequel il faut prendre garde de ne pas projeter abusivement des problématiques contemporaines ; il y écrit : « Parmi les blancs de l'école de Paris on compte environ 80 % de sémites et à peu près autant de ratés... ».

Comme nombre de personnalités du monde de l'art, il fut un adepte du gouvernement de Vichy (La Crise de l'art moderne, 1944), de 1940 à 1944. Collaborateur occasionnel au quotidien pro allemand Le Matin, de Bunau-Varilla[2], et, encore en 1944, à la revue Grand Magazine illustré de la Race : Revivre, il fut inclus par le Comité national des écrivains dans la liste des auteurs « interdits ».

Son décès, survenu en avril 1945, lui évita sans doute des sanctions plus sévères.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Portrait de Camille Mauclair
par Félix Valloton
paru dans Le Livre des masques
de Remy de Gourmont (vol. II, 1898).
Poésie
  • Sonatines d’automne, 1894
  • Le Sang parle, 1904
  • Émotions chantées, 1926
Romans et contes
  • Couronne de clarté, 1895 Texte en ligne
  • L'Orient vierge, roman épique de l'an 2000, 1897
  • Les Clefs d'or, 1897
  • Le Soleil des morts, 1898
  • L’Ennemie des rêves, 1899
  • Les Mères sociales, 1902
  • Le Poison des pierreries, 1903
  • Les Danaïdes, contes, 1903
  • La Ville lumière, 1904
  • Le Mystère du visage, 1906
  • L'Amour tragique, 1908
  • Les Passionnés, 1911
  • Au pays des blondes, 1924
  • Étreindre, 1925
Varia
  • Éleusis, causeries sur la cité intérieure, 1892
  • Jules Laforgue, 1896
  • L'Art en silence : Edgar Poë, Mallarmé, Flaubert lyrique, le symbolisme, Paul Adam, Rodenbach, Besnard, Puvis de Chavannes, Rops, le sentimentalisme, etc., 1901
  • Les Camelots de la pensée, 1902
  • Fragonard, 1904
  • L'Impressionnisme, son histoire, son esthétique, ses maîtres, 1904
  • Idées vivantes : Rodin, Carrière ; Sada Yacco et Loïe Fuller ; la religion de l'orchestre : l'identité et la fusion des arts, etc., 1904
  • De Watteau à Whistler, 1905
  • Trois Femmes de Flandre, 1905
  • Jean-Baptiste Greuze, 1906
  • Schumann, 1906
  • Trois crises de l'art actuel, 1906
  • La Beauté des formes, 1909
  • Victor Gilsoul, 1909
  • Eugène Delacroix, 1909
  • Essais sur l'émotion musicale. La Religion de la musique, 1909
  • Études sur quelques artistes originaux. Louis Legrand, peintre et graveur, 1910
  • Essais sur l'amour. De l'amour physique, 1912
  • Histoire de la musique européenne : 1850-1914 : les hommes, les idées, les œuvres, 1914
  • Albert Besnard', l'homme et l'œuvre, Paris, Delagrave, 1914
  • Le Vertige allemand, histoire du crime délirant d'une race, 1916
  • Charles Baudelaire : sa vie, son art, sa légende, 1917
  • Auguste Renoir, l'homme et l'œuvre, 1918
  • Essais sur l'émotion musicale. Les Héros de l'orchestre, 1919
  • Pour l'Arménie libre, pages écrites au cours de la grande guerre, 1919
  • Antoine Watteau (1684-1721), 1920
  • L'Art indépendant français sous la Troisième République (peinture, lettres, musique), 1919
  • Essais sur l'amour. La magie de l'amour, 1921
  • Paul Adam, 1862-1920, 1921
  • Servitude et Grandeur littéraires, souvenirs d'arts et de lettres de 1890 à 1900, le symbolisme, les théâtres d'avant-garde, peintres, musiciens, l'anarchisme et le dreyfusisme, l'arrivisme, etc., 1922
  • Florence : l'histoire, les arts, les lettres, les sanctuaires, l'âme de la cité, 1923
  • Claude Monet, 1924
  • La Vie de Sainte Claire d'Assise, d'après les anciens textes, 1924
  • Marie Duhem, Rémy Duhem, 1924
  • L'Art et le ciel vénitiens, 1925
  • Le Génie d'Edgar Poë : la légende et la vérité, la méthode, la pensée, l'influence en France, 1925
  • Histoire de la miniature féminine française : le dix-huitième siècle, l'Empire, la Restauration, 1925
  • Le Mont Saint-Michel, 1927
  • Les Musées d'Europe. Le Luxembourg, 1927
  • La Vie amoureuse de Charles Baudelaire, 1927
  • Naples l'éclatante, Capri, Amalfi, Sorrente, Paestum, Pompéi, Herculanum, 1928
  • Le Charme de Bruges, 1928
  • Henri Le Sidaner, 1928
  • Puvis de Chavannes, 1928
  • Les Musées d'Europe. Lyon (le Palais Saint-Pierre), 1929
  • La Farce de l'art vivant. Une campagne picturale. 1928-1929, 1929
  • La Farce de l'art vivant. Les Métèques contre l'art français, 1930
  • Le Charme de Venise, 1930
  • Corot, 1930
  • Jules Chéret, 1930
  • Fès, ville sainte, 1930
  • La Vie humiliée de Henri Heine, 1930
  • Un siècle de peinture française : 1820-1920, 1930
  • Le Charme de Versailles, 1931
  • Princes de l'esprit : Poë, Flaubert, Mallarmé, Villiers de l'Isle-Adam, Delacroix, Rembrandt, etc., 1931
  • Au Soleil de Provence. L'Azur et les Ifs. Cannes. Antibes. Grasse. Le Var et la Vésubie. La Montagne. La Vie champêtre en Basse-Provence. La Terre antique et médiévale, 1931
  • Le Greco, 1931
  • Fernand Maillaud, peintre et décorateur, 1932
  • La Majesté de Rome, 1932
  • Le Génie de Baudelaire : poète, penseur, esthéticien, 1933
  • Les Couleurs du Maroc, 1933
  • Le Pur Visage de la Grèce, 1934
  • Greuze et son temps. A. Michel, Paris 1935
  • L'Âpre et Splendide Espagne, 1935
  • La Provence, 1935
  • Mallarmé chez lui, 1935
  • Les Douces Beautés de la Tunisie, 1936
  • W. H. Singer Jr. Peintre américain, 1936
  • Visions de Rome, 1936
  • Visions de Florence, 1937
  • L'Ardente Sicile, 1937
  • Degas, 1937
  • Le Cycle de la Méditerranée. L'Égypte, millénaire et vivante, 1938
  • Le Charme des petites cités d'Italie. Pavie, Crémone, Plaisance, Parme, Mantoue, Sirmione, Vérone, Vicence, Padoue, 1939
  • Turner, 1939. Hyperion Press, Paris; in english: Evelyn Byam Shaw
  • De Jérusalem à Istanbul, 1939
  • La Sicile, 1939
  • Normandie, 1939
  • La Hollande, 1940
  • Le Secret de Watteau, 1942
  • Cités et paysages de France, 1944
  • Claude Monet et l'impressionnisme, 1944
  • Auguste Rodin, l'homme et l'œuvre, s. d.
  • Léonard de Vinci, s. d.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 5/2921/1872, avec mention marginale du décès (consulté le 29 juin 2012).
  2. Il y signe divers articles violemment antisémites : entre autres, le 13 décembre 1941 (« La jeune peinture française, libérée des métèques et des juifs, va renouer avec sa vraie tradition »), le 11 décembre 1942 (« Le fantômal État juif-palestinien »), etc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]