Louis Bertrand (écrivain)

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Louis Bertrand en habit vert en 1926

Louis Bertrand, né à Spincourt (Meuse) le 20 mars 1866 et mort le 6 décembre 1941 au Cap d'Antibes, est un romancier et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès sa sortie de l'École normale supérieure, il est nommé au lycée d’Aix-en-Provence où il réussit l'agrégation de Lettres classiques en juin 1889. Il a pour élève le futur poète Joachim Gasquet. Il est ensuite nommé au lycée de Bourg-en-Bresse, où il reste deux années, puis à divers établissements d’Alger de 1891 à 1900. Il y obtient son doctorat des Lettres en 1897.

Il fut ardemment dreyfusard. Évolua par la suite à droite et se convertit au catholicisme.

Il s'inséra difficilement dans l'institution scolaire ; on raconte qu'un jour il interdit l'accès de sa classe à son proviseur sous prétexte que celui-ci ne portait pas la tenue d'apparat exigée par un vieux règlement et qu'il traita de haut l'inspecteur général envoyé sur ces entrefaites.

Sa désinvolture lui valut d'être déplacé en 1901 au lycée de Montpellier, mais il démissionna bientôt pour se consacrer à la littérature, vers laquelle il se tournait de plus en plus depuis 1897.

Son séjour en Algérie de 1891 à 1900 a nourri l'inspiration d'une partie de son œuvre abondante aujourd'hui tombée dans un oubli complet.

Il fut élu à l’Académie française en 1925 au fauteuil de Maurice Barrès, dont il prononça un éloge qu'une partie de la presse jugea trop tiède, déclenchant une polémique. Il est également membre de l'Académie de Stanislas[1].

À Paris, il « habitait l'immeuble qui jouxte l'hôtel Baignères au 42, rue du Général-Foy. C'était un homme de lettres et uniquement un homme de lettres, phénomène qui n'était naguère pas rare. Cet état s'accompagnait, chez Louis Bertrand, d'une grande vanité et de convictions idéologiques furieuses. »[2] A ce titre, son roman paru en 1907, L'Invasion, décrit une Marseille submergée par l'immigration italienne. En 1936, encore, la parution de son essai biographique Hitler suscite la polémique, l'écrivain dressant un portrait louangeur du maître du IIIe Reich, reprenant à son compte la vision raciale du nazisme et justifiant l'antisémitisme au nom de la lutte contre bolchevisme. Toutefois, sous l'Occupation, Louis Bertrand vit retiré et ne participe pas au débat public. Et ce, jusqu'à son décès intervenu à la toute fin de l'année 1941.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans
  • Le Sang des races, 1899
  • La Cina, 1901
  • Le Rival de Don Juan, 1903
  • Pépète et Balthazar ou Pépète le bien-aimé, 1904
  • Le jardin de la mort, 1905
  • L’Invasion, 1907
  • Mademoiselle de Jessincourt, 1911
  • Le Sens de l'Ennemi, 1917
  • Sanguis martyrum, 1918
  • L’Infante, 1921
  • Cardenio, 1922
  • Les Bains de Phalère
  • La Concession de Madame Petigand
  • Le Roman de la Conquête, 1930
Essais
  • La Grèce du soleil et des paysages, 1908
  • Le Mirage oriental, 1910
  • Le Livre de la Méditerranée, 1911 (édition définitive: 1923)
  • Devant l’Islam, 1923
Ouvrages historiques et biographiques
  • La fin du classicisme et le retour à l'antique, 1897
  • Saint Augustin, 1913
  • Sanguis Martyrum, 1918
  • Flaubert à Paris ou le mort vivant, 1921
  • Louis XIV, 1923
  • Sainte Thérèse, 1927
  • Philippe II, une ténébreuse affaire, 1929
  • Hitler, 1936
  • Histoire de Napoléon, illustrations d'Albert Uriet, Tours, Mame
  • Histoire d'Espagne, 1936

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Louis Bertrand », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 23 octobre 2013)
  2. André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens. II. Le quartier Monceau, Paris, Pierre Horay, 1954, p. 235

Lien externe[modifier | modifier le code]