Singapour

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République de Singapour

Republic of Singapore (en)

新加坡共和国 (zh)

Republik Singapura (ms)

சிங்கப்பூர் குடியரசு (ta)

Drapeau
Drapeau de Singapour
Blason
Armoiries de Singapour
Description de l'image Location Singapore ASEAN.svg.
Devise nationale Majulah Singapura (en malais)
(en français : En avant, Singapour)
Hymne national Majulah Singapura
(Puisse Singapour progresser)
Administration
Forme de l'État République
Président Tony Tan
Premier ministre Lee Hsien Loong
Langues officielles anglais
mandarin
malais
tamoul
Capitale Singapour

1° 17′ N 103° 51′ E / 1.283, 103.85

Géographie
Plus grande ville Singapour
Superficie totale 719,1[1] km2
(classé 190e)
Superficie en eau 1,4 %
Fuseau horaire UTC +8
Histoire
Indépendance De la Malaisie
Date
Démographie
Gentilé Singapourien
Population totale (2015) 5 535 000[2] hab.
(classé 115e)
Densité 7 697 hab./km2
Économie
PIB nominal (2009) en augmentation$ 177,13 milliards[3] (44e)
PIB (PPA) (2009) en augmentation $ 239,97 milliards[4] (45e)
PIB nominal par hab. (2013) 55 182$ [5] (8e)
PIB (PPA) par hab. (2013) 78 762$ [5] (3e)
IDH (2015) en augmentation 0,912 (très élevé) (11e)
Monnaie Dollar de Singapour (SGD​)
Divers
Code ISO 3166-1 SGP, SG​
Domaine Internet .sg
Indicatif téléphonique +65

Singapour, en forme longue la République de Singapour (en anglais Singapore et Republic of Singapore, en mandarin Xīnjiāpō, 新加坡 et Xīnjiāpō Gònghéguó, 新加坡共和国, en malais Singapura et Republik Singapura, en tamoul Ciṅkappūr, சிங்கப்பூர் et Ciŋkappūr Kudiyarasu, சிங்கப்பூர் குடியரசு), est une cité-État d’Asie du Sud-Est. Sa superficie est de 719,1 km2. Elle comprend 64 îles, dont la principale est Pulau Ujong (584,8 km2). Cette île est très densément urbanisée, mais la végétation luxuriante – même en plein centre-ville – a valu à Singapour le surnom de « ville jardin ». Cette abondance de verdure découle en partie d'un climat équatorial, uniformément chaud et orageux tout au long de l'année. Sa densité est la plus élevée d'Asie et la deuxième au plan mondial.

Singapour est situé sur une île à l'extrême sud de la péninsule Malaise, dont il est séparé au nord par le détroit de Johor, et borde au sud le détroit de Singapour. Il est connu et souvent montré en exemple pour son extraordinaire réussite économique. Après l'indépendance, en 1965, Singapour a su devenir, avec très peu de ressources naturelles et des problèmes socio-économiques importants – émeutes raciales, chômage massif, difficultés de logement et d'accès à l'eau –, l'un des pays les plus développés et les plus prospères du monde, en termes d'économie, d'éducation, de santé, de sécurité et d'urbanisme. La ville, cité souveraine, est un réduit chinois au cœur même du monde malais : la population est majoritairement composée de Chinois (74,3 %). De cette confrontation ethnique sont nés en partie les troubles qui ont accéléré son retrait de la Malaisie, le 9 août 1965[6].

Dans les années 1980, le pays fait partie des Quatre dragons asiatiques, des États en transition et au développement économique effréné. En 2011, Singapour est le troisième pays au monde en termes de PPA par habitant après le Qatar et le Luxembourg[7]. Plaque tournante commerciale et financière entre la zone Pacifique et l'Europe, la ville doit son essor à sa situation maritime exceptionnelle à l'extrémité Est du détroit de Malacca : « C'est la cité marchande aux confins de l'Orient », le deuxième port au monde (après Shanghai) en termes d'exportations et de trafic maritime. La population singapourienne dispose d'un très haut niveau de vie et la Cité-État est souvent surnommée « La Suisse d'Asie »[8]. En 2009, Singapour affichait ainsi la plus forte concentration de millionnaires rapportés à la population totale devançant Hong Kong, la Suisse, le Qatar et le Koweït[9]. Présentant une stabilité politique remarquable, Singapour est considéré aujourd'hui comme une « démocratie autoritaire », avec la même famille au pouvoir depuis l'indépendance. La Cité-État est donc considérée comme un pays pratiquant le libéralisme économique sans le libéralisme politique.

Le centre-ville est situé au sud de l'île, à l'embouchure de la rivière de Singapour (Singapore River). Il comprend un centre d'affaires qui a fait de la ville la quatrième place financière au monde, ainsi que différents quartiers ethniques (chinois, malais, et indien) et une grande zone commerciale autour d'Orchard Road.

Géographie[modifier | modifier le code]

Singapour la nuit.
Singapour sur la carte.
Article détaillé : Géographie de Singapour.

Singapour se situe entre la Malaisie au nord et l’Indonésie au sud. Pulau Ujong, l'île principale, est justement reliée à cette péninsule Malaise par deux ponts. Le premier, la chaussée Johor-Singapour, arrive à la ville frontalière de Johor Bahru en Malaisie. Le second, le Malaysia-Singapore Second Link, à l’ouest, connecte la périphérie de Johor Bahru aux quartiers de la région de Tuas.

Outre l'île principale, l'État singapourien est aussi formé de 64 autres petites îles dont les plus importantes sont l'île de Jurong (industrielle), l’île de Sentosa (à vocation touristique), Pulau Ubin, et la plus grande, Pulau Tekong. Bien que Singapour ne soit qu'une seule ville, les limites administratives correspondent aux circonscriptions électorales. Celles-ci sont revues à chaque élection législative pour prendre en compte l'évolution démographique.

De nombreux réservoirs d'eau potable (Bukit Timah, MacRitchie…) ont été disséminés dans l'île pour permettre à l'État une autonomie d'approvisionnement en cas de conflit avec son voisin malaisien, dont il dépend actuellement à 80 % pour l'eau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Singapour.

« Tumasik » (de « tasik », « mer » en javanais), l'ancien nom de l'île où se trouve Singapour, est attesté dès le XIVe siècle. Le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 dans le royaume javanais de Majapahit, le mentionne parmi les quelque cent « contrées tributaires » du royaume. En réalité, le territoire contrôlé par Majapahit ne s'étendait que sur une partie de l'est et du centre de Java. Les « contrées tributaires » étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s'assurer que ces comptoirs ne s'adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume.

Il semble que Tumasik ait été un objet de contentieux entre Majapahit et le royaume d'Ayutthaya (l'actuelle Thaïlande), auquel la ville finit par prêter allégeance. À la fin du XIVe siècle Parameswara, un prince de Palembang dans le sud de l'île indonésienne de Sumatra qui refusait la suzeraineté de Majapahit après une attaque de celui-ci en 1377, se serait exilé à Tumasik. Il aurait assassiné le gouverneur de la cité et rebaptisé la cité « Singapura » (« ville du lion » en sanskrit)[10] (en fait, il n'y a jamais eu de lion sur l'île mais des tigres, il existe bien en revanche un lion asiatique, Panthera leo persica). Les explorateurs étaient probablement tombés sur un fauve de la jungle et l'ont assimilé à un lion. L'animal symbolique de Singapour est un lion à queue de poisson, le Merlion. Ayutthaya serait ensuite intervenu, obligeant Parameswara à quitter la cité.

Après cette attaque d'Ayutthaya, l'activité commerciale de Singapour cesse. L'île devient un repaire de pirates qui entretient des relations avec le sultanat de Malacca fondé par Parameswara, et sombre dans l'oubli, presque vide d'habitants. Elle entre dans le domaine colonial néerlandais vers 1685 (Indes néerlandaises). Mais le territoire n'est pas mis en valeur, les Néerlandais se concentrent alors sur Malacca.

Un capitaine britannique, Alexander Hamilton, raconte qu'en 1703, le sultan Abdul Jalil de Johor lui offre l'île de Singapura. Hamilton décline l'offre. Parmi les motivations supposées derrière cette offre, sont évoqués la nouvelle situation créée par l'assassinat du précédent sultan en 1699, la détérioration des liens entre le sultanat et leurs alliés traditionnels, les Orang Laut (gens de la mer) et le désir de contrebalancer la domination des Hollandais de la VOC dans la région[11].

En 1810-1811, quand le royaume des Pays-Bas tombe sous domination napoléonienne, Singapour, l'actuelle Malaisie, ainsi que certaines parties de l'Indonésie (ces dernières pour une très courte période) dont Java et surtout la côte ouest de Sumatra, sont occupés par la Grande-Bretagne.

Après le traité de Vienne de 1815, les régions au sud de Singapour (futures Indes néerlandaises et Indonésie) sont restituées aux Pays-Bas, (confirmation par le traité de Londres de 1824), tandis que les régions au nord (Singapour et future Malaisie), passent sous contrôle britannique, ce qui est effectif dès 1817. L'île passe alors nominalement sous le contrôle du sultan de Johor. Les militaires britanniques envisagent de construire un port, fondations de la future ville que sera Singapour.

Le , Sir Thomas Stamford Raffles fonde un poste de commerce qui deviendra Singapour.

En 1819, le Britannique sir Thomas Stamford Raffles acheta — pour 33 000 dollars espagnols (pesos) — l'île au Sultan de Johor, Hussein Shah, et en prit le contrôle pour faire face à une éventuelle domination commerciale des Néerlandais dans la région. Le Traité de Londres de 1824 entre les Britanniques et les Néerlandais accorde à ces derniers le contrôle des territoires revendiqués par les Européens au sud de Singapour. En 1826, Singapour, Malacca et Penang constituent les colonies des détroits ou Straits Settlements. Ainsi, Singapour devint une base navale britannique importante, qui permettait de contrôler le passage à travers le détroit de Malacca tandis que les Néerlandais reviennent définitivement dans certaines zones de Java et Sumatra au début de 1826. En effet, une grande part des ressources économiques des Indes néerlandaises sont sous contrôle des Britanniques, dont les investissements sont les plus visibles à Sumatra (surtout sur la côte ouest). Les Néerlandais seront en effet durant quelques années maintenus plus au sud, pour éviter toute tentative colonialiste française. Les Britanniques renonceront définitivement à la colonisation de Sumatra vers 1850, au bénéfice des Néerlandais. Ces derniers, très fragilisés, ne seront pleinement maîtres de l'Indonésie qu'au début du XXe siècle.

Plus au nord, on retrouve donc les colonies de Malaya (Malaisie) et Singapour, qui deviennent une seule colonie (Straits Settlements = établissements du détroit).

Cependant, cet arrangement plaça la colonie sous la bureaucratie étendue et la hiérarchie complexe de la Compagnie britannique des Indes orientales. Plus tard, des commerçants firent pression sur les Britanniques pour réformer la législation car il y avait un besoin croissant de nouvelles mesures contre le crime et la piraterie. Singapour a été déclaré « colonie de la couronne » en 1867, ce qui signifie une domination de la couronne britannique sur Singapour qui durera jusqu'à l'indépendance en 1965, hormis la parenthèse de l'occupation japonaise.

Carte allemande de Singapour, du sud de l'État malaisien de Johor et des îles indonésiennes de Batam et Bintan en 1888
Troupes de l'Armée impériale japonaise victorieuses défilant dans le centre-ville de Singapour après la capitulation britannique.

Durant la colonisation britannique, l'immigration se développa. En effet, les Britanniques firent venir dans la région des travailleurs chinois et indiens pour développer le commerce et travailler dans les plantations d'hévéas. Vu l'interdiction faite aux étrangers d'acheter des terres agricoles en Malaisie, ces communautés s'installèrent à Singapour, qui était alors surnommée en Angleterre « le Gibraltar de l'Extrême-Orient ». Pour défendre les intérêts britanniques en Asie de l’Est, la stratégie de Singapour fut imaginée, devant faire de la ville une grande base navale capable de résister à une offensive japonaise, mais cette stratégie fut un échec.

Durant la Seconde Guerre mondiale, à partir du , l’île est soumise à l'expansionnisme du Japon Showa et intégrée dans la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, à la suite d'une invasion dirigée depuis les terres, alors que les défenses de la ville étaient orientées surtout vers la mer. Ce dispositif était appelé « Syonan-To » (en français « lumière des Sud »). Au cours des massacres dits « de Sook Ching », on estime qu'entre 20 000 et 100 000 Chinois furent tués en tant qu'« éléments anti-Japonais » pendant l'occupation. Les historiens locaux appellent cette période « les années les plus sombres de l'histoire de Singapour ». L'armée impériale japonaise y implanta également l'unité de recherche bactériologique 9420, une filiale de l'unité 731, où des chercheurs nippons pratiquaient des expérimentations sur des cobayes humains. Dans le même temps, un camp de prisonniers de guerre existait à Singapour, appelé « camp de Changi ». Des militaires britanniques, américains et australiens, principalement, capturés dès 1942 ou durant la guerre, y furent détenus. Les pertes humaines y furent nombreuses, à cause de l'hygiène déplorable et de la famine essentiellement.

L'Empire britannique récupéra Singapour seulement le .

En 1959, les Britanniques dotent Singapour d’une Constitution propre et Lee Kuan Yew est élu Premier ministre. Son parti, le People's Action Party (« Parti d'action populaire ») propose alors l’intégration à la Fédération des États de Malaisie, ce qui fut fait le . Peu après, les Malais de la péninsule forcent Singapour à quitter la Fédération (contre le gré de Lee Kuan Yew), dès 1964, des troubles éclatent, et l’indépendance de la République de Singapour vis-à-vis de la Fédération est proclamée le [12].

En 1997[13], comme les autres États asiatiques, Singapour fait face à un afflux massif de capitaux étrangers[14] qui se retirent ensuite, déstabilisant la monnaie puis l'économie des pays[15].

Politique[modifier | modifier le code]

Le Parlement de Singapour
Bannière électorale du PAP ornée du logo du Parti

La Constitution singapourienne est inspirée par le parlementarisme britannique, cependant le Parlement de Singapour est unicaméral, c'est le pouvoir législatif de Singapour. Il comprend 89 membres pour un mandat maximum de cinq ans. Le Premier ministre est le chef du gouvernement. Le président de la République de Singapour est le chef d'État de la nation. Le Dr Benjamin Henry Sheares (1907-1981) a été président de la République du 2 janvier 1971 jusqu'à sa mort, le 12 mai 1981[16].

Dans les faits, le Parti d'action populaire (PAP) domine la politique singapourienne depuis l'indépendance. Le mode de gouvernement se rapproche plus de l'autoritarisme que d’une démocratie multipartiste[17].

Depuis 1965, seulement trois premiers ministres, tous membres du PAP, se sont succédé : Lee Kuan Yew, le père de la Singapour moderne jusqu'en 1990, Goh Chok Tong de 1990 à 2004, et enfin Lee Hsien Loong, le fils de Lee Kuan Yew, depuis le 12 août 2004. Quant au président, théoriquement élu au suffrage universel direct pour un mandat de six ans, sa réélection le n'en était pas vraiment une car elle s'est faite sans vote : en effet, Sellapan Rama Nathan était le seul candidat au jour de l'élection, les autres candidats ayant été disqualifiés parce qu'ils ne remplissaient pas les critères nécessaires... des critères mis en place par le gouvernement et qui incluent l'obligation d'avoir eu un poste important dans le service public. Le président actuel, Tony Tan Keng Yam, a été élu le 1er septembre 2011.

L'économie de marché singapourienne est reconnue internationalement comme un modèle de réussite tout en étant transparente et exempte de corruption[18].

Singapour est membre de l'ASEAN (Association des nations d’Asie du Sud-Est) et elle est couverte par les Five Power Defence Arrangements en cas d'agression contre elle.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Singapour[19] est de type équatorial, caractérisé par une chaleur humide tout au long de l'année ainsi que des précipitations élevées, souvent sous forme d'orages. Les températures oscillent généralement entre 24 °C, le matin, et 32 °C, l'après-midi. Les températures record sont respectivement de 19 °C et 36 °C. Le temps est très changeant : un soleil radieux peut laisser la place à une violente averse en l'espace de quelques minutes et inversement. Juillet et février sont les mois les plus ensoleillés, et décembre le plus couvert.

De novembre à janvier sévit la mousson de nord-est, lorsque des vents chargés d'humidité apportent des pluies abondantes, et par conséquent des températures un peu plus basses (un peu en dessous de 30 °C en décembre) et un ciel plus couvert. La mousson de sud-ouest, de juin à septembre, est nettement plus insignifiante sur le plan des précipitations bien qu'elle apporte parfois quelques orages matinaux violents du nom de « Coups de Sumatra ». Les températures y sont alors très légèrement moindres que de février à mai, période la plus chaude de l'année où les températures dépassent fréquemment 32 °C, allant parfois jusqu'à 36 °C comme c'est déjà arrivé au mois de mars.

La durée du jour est pratiquement constante au cours de l'année, avec des journées de 12 heures en décembre comme en juin. Par conséquent, il n'y a pas à Singapour d'heure d'été, mais le fuseau horaire choisi agit en pratique comme une heure d'été permanente : le soleil se lève et se couche tous les jours à environ 7 heures et 19 heures respectivement. Les orages, accompagnés de précipitations, sont très fréquents : la zone est l'une où il y a le plus d'orages au monde.

Relevé météorologique de Singapour
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 23 24 24 24 25 25 25 24 24 24 24 23 24
Température maximale moyenne (°C) 30 31 32 32 32 31 31 31 31 31 30 30 31
Précipitations (mm) 239 173 187 183 172 168 159 180 172 201 253 281 2 368
Ce tableau est sujet à caution car il ne cite pas ses sources.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2013 (chiffre de la FAO, 2014). Population en milliers d’habitants.
Article détaillé : Démographie de Singapour.

En 2015, Singapour compte 5,535 millions d'habitants[2], contre moins de 1 000 000 habitants[20] en 1947, répartis par communautés dans les ruelles des anciens quartiers malais, chinois ou indien. En 1957, la cité-État comptait 1 445 900 habitants, et en 1980, 2 413 900.

Après Monaco, Singapour a la densité de population la plus élevée au monde.

La diversité ethnique de la population singapourienne est importante : les Chinois composent 74,3 % de la population ; les Malais qui constituent le peuple autochtone représentent 13,3 % ; les Indiens forment 9,1 % et le reste provenant de divers pays notamment d’Occident (3,3 %). Les métis eurasiens sont reconnus comme une ethnie et, comme les autres ethnies, portent cette mention sur leur carte d'identité. Les cartes d'identité singapouriennes portent plus exactement la mention de la « race ».

Le problème le plus inquiétant auquel le pays est confronté tient au programme de contrôle de la natalité. Imaginé dans les années 1970, le slogan « Deux, c'est assez » a été suivi avec beaucoup de succès. Trop, même. Aujourd'hui, les Singapouriens ne se reproduisent tout simplement plus assez et le pays a besoin d'immigrants pour assurer sa croissance démographique. En conséquence, Singapour est en 2015 l’État possédant l'un des plus faibles taux de fécondité au monde à 1,24 enfant par femme[2].

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Singapour présente une grande variété de types d’habitats. La cité-État a fait construire par le Housing and Development Board (HDB), maître d'œuvre de la politique de l'habitat et de l'urbanisation, des milliers de logements collectifs pour une grande partie de la population. Dans chaque bloc HDB, la mixité sociale est de règle, mais le mélange culturel est savamment dosé : les habitants sont « rangés » par immeuble en fonction de quotas ethniques. 85 % des habitants vivent dans ces logements publics communément appelés « HDB » ; il faut être de nationalité singapourienne ou être résident permanent (PR) pour y avoir droit. Les blocs d'habitation, construits par le HDB, alternent avec des zones pavillonnaires, des maisons individuelles (même dans la City) ou des villas cossues. Les immeubles collectifs du HDB sont de bonne qualité et bien entretenus. Ils ne dépassent en général pas 25 étages.

Avec les immeubles de bureaux, il y a plus de 480 gratte-ciel à Singapour, qui est la ville d'Asie du sud-est qui comprend le plus de gratte-ciel après Bangkok.

Environ un quart du territoire est constitué de zones non bâties. Quelques réserves (Bukit Timah, Sungei Buloh Wetland Reserve, entre autres) représentent ce qui reste de la forêt primaire. La partie ouest de l'île a été volontairement conservée à l'état naturel, parfois même, vidée de ses habitants. Cette politique a un triple objectif : conserver des zones naturelles, favoriser les captages et les réservoirs d'eau douce, et enfin, il s'agit d'un terrain idéal pour l'entrainement des forces armées singapouriennes à la guerre de jungle.

D'autres zones vertes sont réparties sur l'île, parfois en pleine ville : Bukit Batok Nature Park, Pasir Ris Town Park, l'ensemble constitué par Mount Faber Park, Telok Banglah Heights et Pasir Panjang, etc.

Les zones vertes de l'île servent d'habitat à un certain nombre d'animaux en liberté. On peut y observer par exemple des varans (notamment dans le détroit de Johor et au Chinese Garden), des serpents (couleuvres) et lézards (scinques et ocellés), des tortues d'eau et des singes.

L’approvisionnement en eau est assuré, encore partiellement, au moyen de réservoirs disséminés sur tout le territoire de l’île. Certains sont totalement naturels (Upper Seletar Reservoir, MacRitchie Reservoir, Bedok Reservoir, etc.), d’autres ont été aménagés en fermant les estuaires de certaines rivières (Tengeh Reservoir, Kranji Reservoir, Seletar Reservoir, Punggol Serangoon Reservoir, etc.).

Une politique volontariste, visant à accroître l'autonomie en matière d'approvisionnement en eau, baptisée « New Water », a été lancée il y a quelques années[Quand ?] avec, notamment, la participation du groupe français Veolia Environnement, très présent et actif à Singapour. Il s'agit, entre autres, du retraitement et du recyclage des eaux usées.

Économie[modifier | modifier le code]

Un des magasins IKEA de Singapour, symbole de l'ouverture économique du pays.
Article détaillé : Économie de Singapour.

Singapour est, avec la Corée du Sud, Taïwan, et Hong Kong, l'un des quatre « dragons » d'Asie comme l'on qualifie ces pays alors en pleine croissance économique dans les années 1980. Elle possède une économie prospère et moderne[21], caractérisée par un environnement ouvert et exempt de corruption, des prix stables et un des plus élevé PIB par habitant au monde (36 378 $US en 2009)[22]. Son économie repose sur les services bancaires et financiers (deuxième place financière d'Asie après le Japon), le commerce, la navigation (le deuxième port du monde derrière Shanghai[23] pour le tonnage cargo avec 501,566 millions de tonnes en 2010, mais aussi en conteneurs pour la même année avec 28 431 100 TEUs)[24], le tourisme, les chantiers navals et le raffinage du pétrole (troisième raffineur mondial). Le secteur de l'industrie électronique est également très dynamique et connu dans le monde entier (la société Creative Technology a diffusé dans le monde entier les célèbres cartes-son Sound Blaster). Signalons aussi l'importance du secteur de l'armement, dopé par les commandes publiques de l'État singapourien qui dispose de deux fonds souverains, le Temasek Holdings depuis 1974 et le Government of Singapore Investment Corporation (GIC) depuis 1981.

En 2001 la récession mondiale et la chute du secteur des TIC n'ont pas épargné l’économie singapourienne. Le PIB a reculé de 2,1 %. Et l’épidémie de SRAS début 2003 n'a fait qu'amplifier cette crise. Pour contrer ce ralentissement, le gouvernement a mis en place en décembre 2001 un comité de veille économique dont les résultats ont été publiés en février 2003. Il en résulte une volonté réaffirmée du gouvernement de s’insérer dans les échanges mondiaux en répartissant mieux ses intérêts (notamment avec l’Europe) tout en réduisant les coûts locaux.

Singapour fait partie de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

Le port de Singapour, deuxième mondial en termes de tonnages exportés (le premier étant celui de Shanghai).

Éducation[modifier | modifier le code]

Religions[modifier | modifier le code]

La cathédrale anglicane Saint Andrew.

D'après le recensement de 2015, 33,1 % des habitants de Singapour sont bouddhistes, 18,8 % chrétiens, 14 % musulmans, 11 % taoïstes, 5 % hindouistes, 0,6 % ont une autre religion et 18,4 % n'en ont aucune[25].

Confession religieuse selon l'appartenance ethnique à Singapour, d'après le recensement de 2000.

Religions selon l'appartenance ethnique, d'après le recensement de 2010 :

  • Chinois : bouddhisme 43 %, christianisme 20 %, taoïsme 14,4 %, islam 0,5 %, autres religions 0,3 %, sans religion 21,8 %
  • Malais : islam 99,6 %, christianisme 0,2 %, autres religions 0,1 %, sans religion 0,1 %
  • Indiens : hindouisme 58,9 %, islam 21,7 %, christianisme 12,8 %, autres religions 5,4 %, sans religion 1,1 %

La première église catholique fut fondée par la Mission Portugaise en 1825[26].

Homme portant un kavadis lors de la fête de Thaipusam.
Temple de Sri Srinivasa Perumal

Le temple de Sri Srinivasa Perumal est un des principaux lieux de culte de Singapour. Datant de 1855, ce temple hindou est dédié au culte de Vishnou (aussi appelé Perumal). Il est composé d'une simple salle de prière et d'une mare (comblée plus tard pour des raisons écologiques). En 1966, lors de sa consécration, le temple de Sri Srinivasa Perumal fut doté d'une tour impressionnante haute de 20 mètres et comptant six rangées de sculptures.

Le temple de Sri Srinivasa Perumal est également le point de départ de la fête annuelle de Thaipusam. Cette dernière est un hommage à Murugar, dieu de la bravoure, de la puissance, de la beauté et de la vertu. Lors de cette fête, les hommes portent des kavadis (structure en métal) richement ornés, fixés à leurs torses par des crochets. Les femmes, elles, portent des pots de laits, accomplissant également des vœux de pénitence. Au son de mélopées et de chants, ils se rendent à pied au temple de Sri Thendayuthapani dans Tank Road, à environ 3 kilomètres de là.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de Singapour.

Singapour est une juxtaposition de différentes cultures provenant de différentes ethnies : Chinois, Malais et Indiens. Chaque groupe est encouragé à maintenir ses traditions, tout en embrassant un mode de vie conformiste et moderne. Singapour est donc un lieu unique de paradoxes. Sur le plan des célébrations on peut voir un mariage chinois prendre place juste à côté d’un mariage malais. Il est également possible de participer à un ensemble de fêtes illustrant la variété d'origines des Singapouriens.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Nouvel an New Year’s Day
Fin janvier-début février Nouvel an chinois ou fête du printemps 农历新年 Nónglì xīnnián Premier jour du calendrier lunaire chinois.
Variable (10e jour du mois Dou Al Hijja) Aïd al-Adha Hari Raya Haji Fête musulmane : fête du sacrifice
Fin mars - Début avril (variable) Vendredi saint Good Friday Fête chrétienne : commémoration de la crucifixion de Jésus-Christ
1er mai Fête du travail Labour Day
Variable Fête de Vesak Vesak Day Fête bouddhiste : commémore la naissance de Bouddha
9 août Fête nationale National Day Commémoration de l’indépendance
Variable Deepavali Deepavali Fête hindouiste : fête des lumières
Variable (1er jour du mois de Shawal) Aïd el-Fitr Hari Raya Puasa Fête musulmane : fin du ramadan
25 décembre Noël Christmas Day Fête chrétienne : naissance de Jésus

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues à Singapour.

Les langues officielles sont l'anglais, le mandarin, le malais et le tamoul. Le malais est aussi symboliquement la langue nationale (utilisé pour l’hymne national). Le parti dirigeant a préféré toutefois promouvoir l’usage de l’anglais comme langue fédérant les communautés et les échanges extérieurs. Plus récemment, la place du mandarin s’est vue renforcée dans l’enseignement et l’affichage public.

L’anglais enseigné et promu suit la norme du Royaume-Uni. Toutefois, sur place, cette langue a connu une certaine inflexion de sa forme. Cet anglais de Singapour, appelé singlish, se caractérise par une accentuation reprenant les tonalités du chinois hokkien, par l’utilisation de nombreux mots hokkien et malais, et par certaines simplifications grammaticales. La population étant à plus de 70 % d’origine du Fujian en Chine (hokkien). Cela explique cette influence. 85 % de la population sait parler l'anglais à des degrés divers, du fait de la scolarisation obligatoire : la langue est apprise dès la maternelle, et est utilisée comme langue véhiculaire, pour éviter de favoriser une ethnie sur une autre, éviter de mettre en concurrence le chinois contre le malais, et enfin, pour faire l'union nationale. Toutefois, un nombre conséquent de Chinois parlent malais, en langue seconde, mais le plus grand nombre, pour communiquer, parlera en anglais aux Malais.

Sports[modifier | modifier le code]

Singapour a accueilli en 2008 le premier Grand Prix de Formule 1 de nuit de l'histoire de la Formule 1. Il s'y déroule depuis, chaque année, durant le mois de septembre.

Les premiers Jeux olympiques de la jeunesse d'été se sont déroulés à Singapour en 2010.

Défense[modifier | modifier le code]

Importante base britannique jusqu'en 1971, Singapour, depuis, possède avec les Singapore Armed Forces une armée moderne. Sur ses 4,5 millions d'habitants, 250 000 sont mobilisables en moins de 24 heures.

La défense est assurée principalement par une importante force aérienne de dissuasion. Les nouveaux appartements sociaux sont pourvus d'un abri antiaérien doublé d'une porte blindée. Les forces terrestres sont constituées par des unités légères de commandos organisées sur le modèle britannique des Malayan Scouts qui ont combattu avec succès lors de l'insurrection de Malaisie menée principalement par ses immigrants chinois. La marine de Singapour (Republic of Singapore Navy) a pour mission principale la défense des lignes de communication maritime du pays (principalement contre les actes de piraterie).

En 2009, le budget militaire atteignait 8,4 milliards d'euros, soit 5 % du produit intérieur brut, l'un des pourcentages les plus forts de la planète.

La cité-État a signé en 1971 l'accord des Five Power Defence Arrangements avec le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie et compte sur l'appui de ses partenaires de l'ASEAN.

Depuis les années 1990, Singapour a également signé un accord avec la France, permettant l'installation d'un escadron d'avions d'entraînement A4 Skyhawk sur la base aérienne de Cazaux (BA 120) dans le sud-ouest de la France, afin de bénéficier de plus d'espace aérien pour former leurs pilotes de chasse, qui y résident en permanence avec leurs familles. Depuis 2012, cet escadron est transformé sur Aermacchi M-346.

Un mémorandum de 1990 autorise les forces armées des États-Unis à utiliser la Paya Lebar Air Base et la base navale de Sembawang. Celle-ci abrite depuis juillet 1992 un important centre logistique de l'US Navy[27].

En opérations extérieures, outre des missions de maintien de la paix, de petites unités singapouriennes ont participé à la coalition militaire en Irak de décembre 2003 à décembre 2008 et participent à la guerre d'Afghanistan de 2001 depuis 2007.

La police de Singapour comporte un contingent de Gurkhas, unité spéciale d'environ 2 000 hommes chargée de surveiller certains bâtiments ou événements particuliers.

Législation[modifier | modifier le code]

Ancien bâtiment de la Cour suprême de Singapour (le New Supreme Court Building est à droite de l'image).

Les lois sur le comportement social sont réputées très strictes (certains disent que « Tout ce qui est amusant est interdit à Singapour »). Le maintien de l'ordre est assuré par un corps de police dont la plus grande partie des membres agit en civil, permettant ainsi de surveiller toute entorse à la loi de manière plus efficace. La législation est d’ailleurs appliquée strictement tant aux nationaux qu’aux étrangers. Ainsi, le taux de criminalité de Singapour figure parmi les plus bas du monde, les rues étant sûres à toute heure.

Propreté[modifier | modifier le code]

  • De grosses contraventions sont infligées aux gens qui jettent des papiers et déchets (y compris les mégots de cigarette), qui crachent ou qui urinent dans les lieux publics, ce qui est passible d'une amende de 1 000 S$[28].
  • Manger, boire, ainsi que transporter des durians ou des bidons d'essence, est interdit dans les bus et le métro de Singapour (MRT pour « Mass Rapid Transit », passible d'une amende d'environ 500 S$.
  • La vente de chewing-gum a été interdite en 1992, mais pas l’usage. Cependant, depuis mai 2004, date d'un accord commercial avec les États-Unis, seule la délivrance de ce produit pour des usages médicaux ou dentaires est désormais autorisée, pourvu que le client en pharmacie présente un document d'identité, et, pour les chewing-gums à la nicotine, un certificat médical.

Ordre et contrôle des mœurs[modifier | modifier le code]

Contrôles d'identités lors de la nuit du 31 décembre 2006
Article détaillé : Peine de mort à Singapour.

Les manifestations sans autorisation et les grèves sont interdites.

L'autocensure règne à Singapour où les rapports avec les autorités s'apparentent à une « danse », pour citer Alvin Tan, le directeur artistique du Necessary Stage, un théâtre qui a montré des dizaines de pièces touchant à des questions sensibles comme la peine de mort et la sexualité.

La censure y est pratiquée :

  • Certains magazines et journaux tels que le Far Eastern Economic Review accusé d'avoir diffamé en 2006 l'actuel premier ministre Lee Hsien Loong[29], ont vu leurs distributions restreintes. Tandis que les journaux malaisiens sont eux, strictement interdits à Singapour et réciproquement.
  • Internet est placé sous le contrôle du Media Development Authority (anciennement sous celui de l'Autorité audiovisuelle de Singapour, la Singapore Broadcasting Authority, ou SBA) qui peut exiger des opérateurs qu'ils bloquent l'accès aux sites proposant des contenus « portant atteinte à la sécurité publique, à la défense nationale, à l'harmonie raciale et religieuse, et à la morale publique ». Les FAI, dont les activités sont soumises à l’obtention d’une licence, doivent par ailleurs installer des systèmes de filtrage au travers desquels doivent passer les connexions Internet locales. Ce filtrage touche certes majoritairement les sites pornographiques, mais il s’étend également aux publications politiques, surtout en période électorale[30].
  • La possession d'antennes paraboliques est interdite. Seule la télévision par câble est autorisée.
  • Certains objets d'ordre politique ou pouvant nuire à l’harmonie religieuse et culturelle du pays sont interdits.
  • La pornographie est interdite ; les représentations d’ordre sexuel sont très restreintes : Playboy et d’autres magazines pour adultes sont interdits. En général, les films qui comportent des scènes de nudité, d’érotisme et de violence sont classés « R » (pour « Restricted »).

Certaines pratiques sexuelles désignées par le gouvernement comme « contre nature » sont illégales bien qu'elles soient tolérées. Il s'agit en fait de l'héritage de lois britanniques de l'époque victorienne n’ayant pas été révoquées après l'indépendance (une nouvelle législation annulant les lois anti-sodomie est entrée en vigueur lundi 17 septembre 2007 mais est limitée aux hétérosexuels[31]). On y trouve la pratique du sexe oral si elle n’est pas suivie de pénétration vaginale et l’homosexualité masculine. L’homosexualité féminine, d’après le Code pénal singapourien, semble tolérée. Dans l'ensemble, la société serait donc plus tolérante que ses lois. La rigueur de cette législation est d’autant plus surprenante que Singapour est une ville ouverte aux influences extérieures puisqu'une communauté gay influente y est organisée.

La prostitution est autorisée uniquement dans certains districts.

Le comportement vis-à-vis des femmes, notamment en public, ne doit jamais être équivoque. Sur simple dénonciation, la police peut procéder à des arrestations pour « exhibition sexuelle ». Les cas se sont récemment multipliés, et plusieurs Européens de passage se sont retrouvés bloqués pour ce motif à Singapour pour une quinzaine de jours avant leur comparution devant le tribunal[28].

Les lois anti-drogues sont très strictes :

  • Singapour recourt aux châtiments corporels pour punir le trafic de drogue. Quiconque pris en possession de plus de 13-14 g d'héroïne, 28 g de morphine ou 480 g de cannabis est passible de la peine de mort. De 1991 à 2005, 420 personnes ont été pendues à Singapour, majoritairement pour trafic de drogue, selon un rapport d'Amnesty International. Le nombre d’exécutions capitales par habitant de Singapour est le plus élevé du monde[32].
  • La possession d’ustensiles permettant la consommation de drogue (pipes, seringues, etc.) est également interdite[28].
  • Des contrôles peuvent même être effectués à l’entrée dans le pays (test d’urine confirmé par un test sanguin). En cas de test positif, la personne est réputée avoir consommé de la drogue sur place[28].

Deux casinos accueillent les touristes étrangers, mais les Singapouriens doivent payer un droit d'entrée de 100 S$, censé décourager la passion du jeu.

Circulation[modifier | modifier le code]

Le réseau autoroutier est long de plus de 160 km. La circulation se fait à gauche (comme en Malaisie ou en Thaïlande... ce qui permettrait à un conducteur singapourien de rallier Bangkok sans changer de sens de circulation).

Singapour compte plus de cinq millions d'habitants. Afin de réguler le trafic routier, différentes mesures sont utilisées pour limiter le nombre de véhicules :

  • Ceux-ci sont soumis à des taxes d'importation de 120 %. Ainsi, le prix des voitures est deux à trois fois plus élevé qu'en Europe (par exemple : une Nissan Micra en état de circuler coûte près de 90 000 S$ c'est-à-dire l'équivalent de plus de 50 000 euros.
  • Tout véhicule ne peut être autorisé à circuler qu'avec un « Certificat d'habilitation » (Certificate of Entitlement (en) - CoE). Ces permis, au nombre limité, sont vendus aux enchères deux fois par mois et ont une validité de dix ans. De cette façon, la croissance du parc automobile singapourien est contrôlée par l'État. Le montant du CoE est élevé, par exemple, début mai 2012, ceux de catégorie A (réservés au véhicules de moins de 1,6 litre de cylindrée et aux taxis) est de 62 600 S$, soit environ 38 800 euros.
  • Une taxe de circulation biannuelle (Road Tax) est également imposée.
  • Un système à péage appelé « Electronic Road Pricing (en) » ou « ERP » (« Péage urbain électronique ») fonctionnant à certaines heures régule le trafic routier sur les axes les plus encombrés.

Transports[modifier | modifier le code]

Transports urbains[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Métro de Singapour.

Le réseau de transport singapourien est très développé et pratique d'accès. Les cinq lignes de métro actuelles ont été construites à partir de 1985. Le réseau de bus est également très bien maillé et la plupart des lignes ont une fréquence élevée, même tard le soir. Par ailleurs, le taxi est un mode de transport très utilisé (Singapour est la ville du monde ayant le plus grand nombre de taxis par habitant) étant donné que posséder une voiture est onéreux. En 1975, la ville avait été l'une des premières à créer un péage urbain. Tous les taxis, la plupart des bus et toutes les rames de métro, sont climatisés.

Transport international[modifier | modifier le code]

Singapour est accessible de plusieurs manières :

  • Par train depuis la Malaisie : depuis le terminus de la gare de Woodlands. La gare de Tanjong Pagar, fermée depuis le 1er juillet 2011 était l'ancien terminus constituant une enclave malaisienne à Singapour. L'emprise de la voie désaffectée a été transformée en promenade (Greenway) ;
  • Par avion : l'aéroport international de Changi, dans l'est de l'île, connaît un fort trafic et est toujours en expansion ;
  • Par bus : certaines lignes singapouriennes traversent la chaussée Johor-Singapour vers le centre-ville de Johor Bahru.
  • Par autocar : de nombreuses compagnies privées relient Singapour aux grandes villes de Malaisie (Malacca, Kuala Lumpur, etc.)
  • Par bateau : de nombreux ferries et navettes relient Singapour à l'Indonésie notamment.

Divers[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Codes[modifier | modifier le code]

Singapour a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.singstat.gov.sg/statistics/latest-data#14
  2. a, b et c Département des statistiques de Singapour : dernières données, consulté le 26 avril 2016.
  3. PIB nominal, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  4. PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  5. a et b Fonds monétaire international, World Economic Outlook Database - Données pour l'année 2013.
  6. United Nations, International Law Commission, Annuaire De La Commission Du Droit International 1997 : Documents de la quarante-neuvième session, United Nations Publications, , 80 p. (ISBN 92-1-233326-5, lire en ligne), p. 65
  7. (en) World Economic Outlook Database, April 2010 - Fonds monétaire international
  8. « Singapour, la Suisse d'Asie », sur www.mensup.fr (consulté le 17 novembre 2010)
  9. Article de The Straits Times: More Singapore millionaires (11/06/2010)
  10. (en) Robin Ramcharan, Forging a Singaporean Statehood, 1965-1995: The Contribution of Japan, Kluwer Law International, La Haye, 2002, p. 8
  11. (en) Malcolm H. Murfett, John Miksic, Brian Farell et Chiang Ming Shun, Between 2 Oceans (2nd Edn): A Military History of Singapore from 1275 to 1971, Marshall Cavendish, Singapour, 2011, pp. 34-35
  12. L'équipe de Perspective Monde, « 9 août 1965 : Proclamation de l'indépendance de Singapour », sur Perspective Monde, Université de Sherbrooke
  13. (en) Philippe F. Delhaise, Asia in Crisis: The Implosion of the Banking and Finance Systems, Willey, (ISBN 0-471-83450-5), p. 123
  14. Pieter Van Dijk, « Flux financiers et marchés émergents en Asie », dans Revue d'économie financière, 1999 [lire en ligne]
  15. (en) Paul Hirst et Grahame Thompson, Globalisation in Question, seconde édition, Cambridge, Polity Press, 1999, pp. 134-162
  16. Dates figurant sur sa tombe au Mémorial de Kranji
  17. Daniel Goh, « 2 novembre 2006 », Le Journal des alternatives (voir archive)
  18. (en) Kristin M. Lord, The perils and promise of global transparency: why the information revolution may not lead to security, democracy, or peace, SUNY Press, 2006, pp. 106-108
  19. (en) « Climate of Singapore », Weather.gov.sg (consulté le 8 décembre 2015)
  20. (en) [1]
  21. Gouvernance, Lien social et Performance - Rapport Odis 2012, Jean-François Chantaraud
  22. IMF (International Monetary Fund) World Economic and Financial Surveys World Economic Outlook Database octobre 2010
  23. Shanghai supplante Singapour, devient le 1er port mondial pour conteneurs - France 24/AFP, 8 janvier 2011
  24. (en) World Port Ranking - 2009 - American Association of Port Authorities [PDF]
  25. (en) General Household Survey 2015 - Département des statistiques de Singapour, 14 mars 2016
  26. (en) James Newton Boss, An Account of the Portuguese Mission in Singapore (1825-1999): Founding of St. Joseph's Church, James Newton Boss, Singapore 2009 (ISBN 978-981-08-4610-7)
  27. (en) Command History - Commander, Logistics Group Western Pacific (voir archive)
  28. a, b, c et d Conseils aux voyageurs (Ministère français des Affaires étrangères et européennes)
  29. (en) Editor 'defamed' Singapore leader - BBC News, 24 septembre 2008
  30. « Singapour », Reporters sans frontières,‎ (voir archive)
  31. Les lois anti-sodomie abrogées pour les hétérosexuels uniquement - Villagegay.com, 18 septembre 2007 (voir archive)
  32. (en) The Singapore Government's Response To Amnesty International's Report "Singapore - The Death Penalty: A Hidden Toll Of Executions" - Site du gouvernement, 30 janvier 2004 (voir archive)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Bocquet, L'urbanité singapourienne au défi de la globalisation : stratégies, formes et fonctions urbaines en transition, Métropoles, 2015 [lire en ligne]
  • Rodolphe De Koninck, Singapour, la cité-État ambitieuse, Belin et La Documentation française, 2006
  • Noel Barber, Tanamera, 1981
  • Georges Cassel, Singapour, éd. du Sonneur
  • J.M. Glaskin, Un lion au soleil, Fleuve noir, 1964
  • Guide Voir, Singapour, Hachette Tourisme.

Liens externes[modifier | modifier le code]