Transparency International

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Transparency International
Logo de l'organisation

Région Crystal Clear app package network.png Monde
Création Mai 1993
Type Association à but non lucratif
Organisation non gouvernementale internationale
Siège Berlin, Allemagne
Langue Allemand
Fondateur Peter Eigen
Présidente Huguette Labelle
Personnes clés Cobus de Swardt
Site web Transparence.org

Transparency International (TI) est une ONGI allemande ayant pour principale vocation la lutte contre la corruption des gouvernements et institutions gouvernementales mondiaux[1],[2],[3]. Elle a été fondée par Peter Eigen en 1993 et a aujourd'hui un rayonnement international, possédant des sections autonomes dans 80 pays du Nord comme du Sud. Elle rejette ainsi toute supériorité des premiers sur les seconds quant à la lutte contre la corruption et déplore souvent la baisse dans le classement de certains pays développés, notamment au sein de l'Union européenne.

Transparency International est surtout connue pour publier régulièrement des indices mondiaux sur la corruption : classement des États, taux de corruption par pays ou encore régularité des échanges internationaux. Elle se place également en observateur du fonctionnement démocratique des institutions nationales en émettant des avis sur les actions gouvernementales. C'est le cas par exemple en 2009 vis-à-vis de l'intention de Nicolas Sarkozy de supprimer le poste de juge d'instruction, qu'elle considère comme un risque majeur[4].

Création et historique[modifier | modifier le code]

L'organisation a été fondée à Berlin par Peter Eigen en 1993, qui fut directeur de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et de l’Est et l’Amérique latine de 1975 à 1991. Il en fut le président jusqu'en 2005, date à laquelle lui a succédé la canadienne Huguette Labelle (en)[5].

La section française a été créée en 1995 et est présidée depuis 2005 par Daniel Lebègue, haut fonctionnaire et économiste.

Organisation[modifier | modifier le code]

Transparency International est une association à but non lucratif, et se conforme en France à la loi de 1901[6]. Elle se considère elle-même ainsi :

« Transparency International est l'organisation mondiale, issue de la société civile, en pointe de la lutte contre la corruption. Elle rassemble les peuples à travers une puissante coalition mondiale dans le but de mettre fin à l'impact dévastateur de la corruption sur les hommes, les femmes et les enfants dans le monde entier. La mission de Transparency International est d'instiguer des changements jusqu'à ce que le monde soit libre de toute corruption. »

Transparency International a un mode de fonctionnement très décentralisé. Elle possède un secrétariat central en Allemagne et est divisée en 80 sections nationales présentes sur les cinq continents. Chacune d'elle est autonome tant du point de vue financier qu'opérationnel. En effet, chaque section est chargée de trouver seule des financements, qui sont généralement assurés par les cotisations des membres, l'organisation s'interdisant toute subvention publique[7], bien qu'elle reçoive tout de même des fonds de la Commission européenne. Certaines entreprises et associations participent également à alimenter le budget.

Les actions menées sont libres de tout aval du secrétariat central, même si les sections nationales participent aux efforts communs tels que la mise en place des indices internationaux. Les travaux sont assurés en majeure partie par les membres bénévoles, et l'organisation emploie très peu de salariés à plein temps (trois en ce qui concerne la section française). Les travaux ne portent que sur des organisations ou institutions et non sur des individus, le but étant de rester neutre dans les conflits liés à la corruption et de condamner des groupes plutôt que de choisir des boucs émissaires.

Projets et travaux[modifier | modifier le code]

Indices internationaux[modifier | modifier le code]

Carte de l'indice de perception de la corruption pour l'année 2007. L'échelle de couleur, allant de 1 à 10, est comprise entre le pourpre (pays très corrompu, 1) au vert foncé (pays quasi-exemplaire, 9 et plus).

Transparency International est surtout connue pour développer et publier des indices permettant d'évaluer selon différents critères le taux de corruption des pays du monde. Parmi ceux-ci, trois sont remarquables :

  • L'indice de perception de la corruption (IPC) classe depuis 1995 la plupart des États selon une échelle allant de 0 (pays très controversé, comme la Somalie) à 10 (pays exemplaire, à l'image des pays nordiques)[8]. Bien que cet indice ait un succès notable et soit relayé par de nombreux média, ses résultats sont souvent controversés car présentant un risque de subjectivité. En effet il est entièrement basé sur des sondages de personnalités telles que des hommes d'État, des entrepreneurs ou des universitaires qui peuvent être liés aux gouvernements en place.
  • Le baromètre mondial de la corruption[9] est un sondage réalisé auprès des populations, et qui consiste à rassembler des avis quant à la perception qu'ont celles-ci de la corruption au sein de leur pays. Il est construit sur la base de questions telles que « Quels sont les secteurs publics les plus corrompus ? » ou « Que pensez-vous de l'action de votre gouvernement ? »
  • L'indice de corruption des pays exportateurs (ICPE)[10] recense les pots-de-vin versés par des entreprises des principaux pays exportateurs (22 en 2008, représentant 75 % du total des échanges mondiaux) à l'étranger en vue de s'approprier des marchés dans les pays concernés.

Observation et critique des États[modifier | modifier le code]

Transparency International est impliquée dans l'observation des politiques gouvernementales et émet des avis lorsque celles-ci favorisent ou au contraire limitent la lutte contre la corruption et plus généralement la démocratie[11]. En ce qui concerne TI France par exemple, l'association a suivi de près en 2009 les débats à l'Assemblée nationale française concernant les lois à venir sur le lobbying[12], a publié un rapport critique sur les actions du président de la république française à mi-mandat[13], a déclaré par la voix de son président Daniel Lebègue, qu'obliger les élus et les membres du gouvernement français à déclarer leurs patrimoines et leurs revenus permettra à la France de rattraper son retard en matière de transparence démocratique[14].

Transparency International aussi a joué un rôle important pour la formation de la Convention de l'ONU contre la corruption.

Liens avec le gouvernement américain[modifier | modifier le code]

Le lien historique entre l'association et le gouvernement américain est illustré par le fait que le fondateur de l'association, Peter Eigen, est un ancien directeur de la Banque mondiale, organisation dont le président est désigné par le gouvernement américain, et dont le siège est situé à Washington[15].

Le conseil de direction actuel de la section américaine de l'association compte divers représentants de multinationales (Gillette, Fairfax group,...) à côté de représentants des universités et d'autres organismes. Dans le conseil consultatif, on trouve, entre autres, deux anciens membres de la NED, un de la Banque mondiale, un membre actif de l'Institut Peterson et deux du Carnegie Endowment for International Peace, organisation non-gouvernementale vouée à promouvoir les États-Unis et favoriser leur engagement sur la scène internationale.

Selon Bernard Carayon, « l'ONG n'est une organisation indépendante ni financièrement ni culturellement ». Son existence doit en effet beaucoup à des fondations et des multinationales anglo-saxonnes, ainsi que des institutions gouvernementales américaines[16].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Transparency International, Combattre la corruption : Enjeux et perspectives, Karthala, 2002, 356 p. (ISBN 978-2845863118)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Site officiel TI
  2. « Qui sommes-nous ? », sur Transparency International.fr
  3. (en)« Who We Are », sur Transparency International
  4. « Transparency International critique la suppression du juge d'instruction », sur Le Monde,‎ 13 mai 2009
  5. (en)« Our history », sur Transparency International
  6. (en)« Overview », sur Transparency International
  7. « Finance », sur Transparency International.fr
  8. « Indice de Perception de la Corruption 2008 : la note de la France en baisse », sur Transparency International.fr
  9. « Baromètre mondial de la corruption », sur Transparency International.fr
  10. « Indice de Corruption des Pays Exportateurs (ICPE) », sur Transparency International.fr
  11. Léo Mouren, « Lutte contre la corruption : vous pouvez agir », sur Libération,‎ 10 décembre 2014
  12. Olivier Saretta, « Transparency International appelle le Parlement à plus de rigueur envers les lobbys », sur L'Express,‎ 5 février 2009
  13. Philippe Broussard, « Quand Sarkozy "inquiète" Transparency International », sur L'Express,‎ 13 mai 2009
  14. Rémy Dodet, « Affaire Cahuzac : "Nos élus ne s'appliquent pas les lois qu'ils ont eux-mêmes votées" », sur L'Obs,‎ 9 avril 2013
  15. « Robert Zoellick promet de "calmer les choses" à la Banque mondiale », sur Le Monde,‎ 31 mai 2005
  16. Bernard Carayon, « Transparency International : une éthique à géométrie variable », sur Le Figaro.fr,‎ 10 décembre 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]