Goukouni Oueddei

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Goukouni Oueddei
Fonctions
Président du gouvernement d'union nationale de transition de la
République du Tchad
(chef de l'État)

(2 ans, 9 mois et 4 jours)
Premier ministre Djidingar Dono Ngardoum
Prédécesseur Lol Mahamat Choua
Successeur Hissène Habré
(président de la République)

(1 mois et 6 jours)
Prédécesseur Félix Malloum
(président de la République)
Successeur Lol Mahamat Choua
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Zouar, Tchad
Nationalité Tchadienne
Parti politique Frolinat
FAP (en)
Religion Islam

Goukouni Oueddei
Chefs d'État tchadiens

Goukouni Oueddei ou Weddeye, né en 1944, fils d'Oueddei Kihidemi (chef traditionnel des Teddas), est un homme d'État tchadien, chef de l'État entre 1979 et 1982 ; il est renversé en par Hissène Habré, soutenu par la France et les États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, il dirigea les Forces armées populaires (FAP) (en), mouvement rival des Forces armées du Nord d'Hissène Habré, les deux étant opposés au régime dictatorial de Tombalbaye. Les FAP sont soutenues par la Libye de Kadhafi, tandis que les FAN sont soutenues par le Soudan[1].

Il est l'un des responsables de la détention de plusieurs ressortissants européens, dont l'ethnologue Françoise Claustre entre 1974 et 1977, et de l'exécution de l'émissaire envoyé par le gouvernement français pour négocier leur libération, le commandant Galopin.

Après les accords I et II de Kano (mars et ) et de Lagos (), un gouvernement d'union nationale de transition (GUNT) est créé, avec à sa tête Oueddei[1], qui devient ainsi officiellement chef de l'État, d'abord du au , puis à nouveau du au . Oueddei est accompagné du général Kamougué, à la vice-présidence, et d'Hissène Habré, au ministère de la Défense[1].

Années 1980[modifier | modifier le code]

En , Habré rompt avec le GUNT et s'empare de N'Djamena. Avec l'appui des forces libyennes, Oueddei parvient à le repousser hors de la capitale. En , il annonce à Tripoli la fusion de son pays avec la Libye, suscitant la réprobation internationale, et particulièrement française [1]. En , Hissène Habré, désormais soutenu par la France et les États-Unis, qui considèrent dorénavant le conflit tchadien comme enjeu de la guerre froide, renverse Oueddei[1].

Il anime le GUNT, gouvernement de l'opposition à la dictature d'Hissène Habré, tout au long des années 1980. En 1983, les progrès du GUNT conduisent à l'opération Manta de l'armée française, en soutien à Habré[1]. Trois ans plus tard, une nouvelle offensive conjointe de la Libye et du GUNT suscite une nouvelle réaction de Paris, avec l'opération Épervier[1]. En 1987, Oueddei s'exile à Alger. Le , après 22 ans d'exil, il annonce son retour au Tchad[2].

Années 2020[modifier | modifier le code]

Il publie Combattant, une vie pour le Tchad en 2019 aux éditions Espaces & Signes à Paris, livre qui retrace, en près de 600 pages, l'histoire du Tchad de 1958 à 1991, à travers son parcours personnel : de ses débuts dans la fonction publique tchadienne jusqu'à son exil en Algérie, en passant par l'entrée en rébellion, la lutte du FROLINAT, les rivalités avec Hissène Habré, les rapports houleux avec Kadhafi et avec la France, son arrivée à la tête de l'État, etc.

À la mort d'Idriss Déby en 2021, son fils Mahamat Idriss Déby s'empare du pouvoir par un coup d'État. Il met en place un dialogue national. Oueddei préside le comité technique chargé de s'assurer de la participation des groupes politico-militaires (principalement l'Union des forces de la résistance et le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad)[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Alain Fogué Tédom, Enjeux géostratégiques et conflits politiques en Afrique noire, éd. L'Harmattan, 2008, 418 p., p.103-104
  2. La redaction de Mondafrique, « Séries d’été : Goukouni Weddeye, le maquisard devenu faiseur de paix (8/30) », sur Mondafrique, (consulté le )
  3. « Tchad: les rebelles participeront-ils au dialogue national ? », RFI,