Royaume du Kanem-Bornou

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Royaume du Kanem-Bornou

VIIIe siècle-1900

Description de cette image, également commentée ci-après

Le royaume en 1810.

Informations générales
Capitale Njimi puis Dikoa
Langue kanembou
Religion Islam
Démographie
Population kanembou
Histoire et événements
VIIIe siècle Fondation du royaume du Kanem Magui
XIIIe siècle Apogée territorial du Kanem
1395 Fondation du royaume de Bornou
XVIe siècle Conquête du Kanem par le Bornou ; naissance du Kanem-Bornou
Bataille de Kousséri : le royaume intégré à l'empire colonial français

Le royaume du Kanem est fondé vers le VIIIe siècle par la dynastie Teda, population noire chamelière, originellement établie au Nord du Tchad. Sa capitale fut la ville de Njimi.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Kanem signifie, en kanuri, « pays du sud ». Le mot est formé du préfixe « k », qui annonce un substantif, et de l'étymon anem, qui signifie « sud »[1]. Les kanembou sont les « gens du pays du sud », par opposition aux toubou, c'est-à-dire les « gens de la montagne », sous-entendu le Tibesti.

Histoire[modifier | modifier le code]

Groupe de guerriers Kanembu, gravure publiée en 1892.

Majoritairement musulman à partir du règne du maï (« roi ») Oumé (vers 1085), il atteignit son apogée avec Dounama Dibalami (1220-1259), qui l’étendit vers le Fezzan et le Nil et noua des relations avec les royaumes berbères, en particulier avec les Almohades.

Après la mort de Dounama, le royaume se morcela rapidement. Au XIVe siècle, il fut menacé par les Saos et les Boulala venus de l'est. Pour échapper à ces attaques extérieures, les souverains du Kanem durent se réfugier sur la rive ouest du lac Tchad où ils fondèrent le royaume de Bornou en 1395.

Le Bornou reconquit le Kanem et devint le Kanem-Bornou au XVIe siècle. L'empire atteint son apogée sous le règne d'Idriss III Alaoma (1571-1603[2]).

Du temps de Ahmed al-Mansour Ad-Dhahbî (1578 -1603), le royaume de Bornou devient vassal des Saadiens du Maroc[3].

À la fin du XVIIIe siècle, le Bornou a retrouvé une puissance certaine et étend son influence jusque sur les peuplades de la Bénoué moyenne. Sa prospérité est essentiellement basée sur le trafic des esclaves. Le dernier souverain de la dynastie des Sefuwa, Ali V est détrôné en 1846 par un chef local du Kanem, Omar IV ibn Mohammed el-Kanémi (1835-1880).

À la fin du XIXe siècle, la région est ravagée par le négrier soudanais Rabah, qui s'impose à Hashim ibn Omar (1885-1893) comme sultan du royaume ; Rabah est écrasé par les armées françaises en 1900. Les descendants de la lignée des El-Kaméni sont rétablis avec Omar Ibn Hachem (1901 et 1922-1937) mais, désormais, il s'agit de souverains titulaires sans pouvoir, contrôlés par l'administration coloniale française.

Liste des rois[modifier | modifier le code]

Selon la tradition le royaume de Bornou est fondé par un certain Saef originaire du Yémen. Toutefois la période historique commence avec le roi Oumé ibn Selma vers 1085. Sa dynastie perdure jusqu'en 1846 quand Ali V ibn Ibrahim est détrôné par un chef Kanémin qui se proclame roi sous le nom de Omar IV ibn Mohammed el-Kanémi (1835-1880) [4],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. M.-D. Lebeuf, Les populations du Tchad: nord du 10e parallèle, p. 3, L'Harmattan, Paris, 2006.
  2. « Essai sur l'histoire pré-coloniale de la société matakam», par J.Y. Martin.
  3. Brahim Harakat, « Le makhzen sa'adien », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, no 15-16,‎ , p. 43-60 (p. 45) (DOI 10.3406/remmm.1973.1226)
  4. Anthony Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les États du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, préf. H. F. Wijnman, éditions Brill Leyde 1888, réédition 1966, Volume I Part2 Africa, America,Polynésia, chapitre II § .1 « Bornu » p. 483-484
  5. Avec une chronologie légèrement différente Y. Urvoy, « Chronologie du Bornou ». Dans: Journal de la Société des Africanistes. 1941, tome 11. p. 21-32.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dierk Lange, Contribution à l'histoire dynastique des Kānem-Bornū (des origines jusqu'au début du XIXe siècle), Université Panthéon-Sorbonne, Paris, 1974, 2 vol., 282 p. (thèse de 3e cycle d'Histoire ; avec une traduction du Dīwān al-salaṭīn Bornū, chronique des souverains de l'empire Kānem-Bornū)
  • Annie M.-D. Lebeuf, Les populations du Tchad (Nord du 10e parallèle), L'Harmattan, Paris, 2006 (ISBN 2296004474)
  • (de) Arnold Schultze Das Sultanat Bornu mit besonderer Berücksichtigung Deutsch-Bornus, thèse de doctorat, Essen, 1910, traduite en anglais en 1968 The Sultanate of Bornu, Londres, éditions Frank Cass
  • Y. Urvoy, « Chronologie du Bornou ». Dans: Journal de la Société des Africanistes. 1941, tome 11. p. 21-32.

Lien externe[modifier | modifier le code]