Rendement agricole

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En agriculture, on appelle habituellement rendement la quantité de produit récolté sur une surface cultivée donnée. Il est souvent exprimé en quintaux métriques (1 q = 100 kg) par hectare pour les grains, ou en tonnes par hectare pour les produits riches en eau (racines et tubercules, fruits...) Ce terme, consacré par l'usage, est impropre, puisqu'un rendement est une grandeur sans dimensions, le numérateur et le dénominateur ayant la même unité. Le vrai rendement serait donc le rapport entre la quantité récoltée et la quantité de semence, qui a été utilisé pendant des millénaires ("un rendement de 5 pour 1", disait-on par exemple). Ou bien un rendement énergétique, rapport entre la quantité de calories produites et celle dépensée pour la produire.

Expression du rendement[modifier | modifier le code]

Le rendement est exprimé de différentes manières suivant la forme de la récolte attendue.

  • Dans le cas d'une culture céréalière comme le blé, l'orge, le maïs grain, où on ne s'intéresse qu'aux grains récoltés, on parle de rendement en unité de poids sur une unité de surface. Par exemple, on utilisera le quintal par hectare (q/ha).
  • Dans le cas d'une culture fourragère où l'on récolte la culture pour sa matière sèche comme les herbes de prairie, le maïs à vocation d'ensilage, on exprimera le rendement en unité de poids de matière sèche .
  • Dans le cas des vignes par exemple, on calcule le rendement en quantité de vin produit par unité de surface. On parlera donc en volume rapporté à la surface cultivée. L'unité la plus utilisée est l'hectolitre par hectare.
  • On peut aussi calculer le rendement en production finale de la culture, par exemple pour le colza ou le tournesol, en volume d'huile par hectare.


Composantes du rendement[modifier | modifier le code]

Le rendement, quelle que soit la culture (excepté le vin, exemple qui sera traité plus loin), est dépendant de trois paramètres : le potentiel génétique de la plante cultivée, l'environnement de la plante et enfin, l'interaction de ces deux composantes. Le potentiel génétique d'une plante (d'un individu) est immuable, c'est-à-dire qu'il sera toujours le même lorsque les conditions environnementales seront optimales. Le rendement obtenu dans ces conditions est appelé rendement potentiel. Dans ces conditions, la plante reçoit suffisamment de rayonnement solaire, de température, d'eau, elle a accès à tous les nutriments nécessaires à sa croissance et ce à n'importe quel instant, elle n'est attaquée par aucun ravageur, enfin elle dispose de suffisamment d'espace pour se développer. Tous les paramètres évoqués ci dessus permettant d'obtenir le rendement potentiel sont les éléments de l'environnement qui peuvent s'ils ne sont pas présents tout au long du cycle de la plante diminuer le rendement effectif.

On peut analyser et isoler différentes composantes du rendement effectif d'une culture a posteriori afin de mieux comprendre quelles conditions n'ont pas été réunies au cours de la culture et ont empêché la plante d'atteindre son rendement optimal.

Dans le cas d'une culture où l'on récolte les graines uniquement (blé, orge, sarrasin, pois fourrager ou féverole par exemple), les deux composantes principales de rendement sont le nombre de grains par hectare et le poids moyen d'un grain. Ceci permet par une formule très simple arriver au rendement effectif :

Poids Moyen d'un Grain x Nombre de grains = rendement

Ces composantes peuvent être découpés en d'autres composantes dans le cas d'une céréale :

Nombre de grains = Nombre d'épis x Nombre de grains par épi

où le Nombre de grains par épi est dépendant du nombre d'épillet par épi et où le nombre d'épis dépend du nombre de talles, tous ces paramètres étant rapportés à une surface donnée.

L'intérêt de séparer ces composantes de rendement est qu'elles sont reliées chacune à un effet de l'environnement à un moment donné. Si l'environnement n'était pas optimal à un instant donné, le rendement atteignable ne pourra plus être le rendement potentiel mais pourra toujours être majoré.

Dans le cas d'une céréale, ces composantes sont bien séparées dans le temps, par contre, dans le cas d'une féverole ou d'un pois, elles se chevauchent. Ce qui rend l'analyse de l'élaboration du rendement plus complexe.

Rendement maximum et rendement optimum[modifier | modifier le code]

Dans les deux dernières décennies, en particulier dans l'Union européenne, les nouvelles contraintes environnementales (plan de diminution des produits phytopharmaceutiques, essai de limitation des rejets en nitrates et en phosphore) ont encouragé les agriculteurs à rechercher un rendement optimum et non un rendement maximum. Le rendement agronomique optimum pour une culture est défini comme étant le point où le rendement marginal s'annule. Cependant le rendement optimal peut aussi se calculer pour une exploitation ou une rotation, incorporer des éléments économiques (investissements, décisions sur la main-d'œuvre) ou sociétaux (contraintes environnementales. Ainsi le rendement agronomique des cultures en TCS est-il en général moindre, mais le rendement économique peut être meilleur et plus proche de l'optimal.

Amélioration continue des rendements[modifier | modifier le code]

Certains chercheurs pensent que pour certaines céréales comme le blé et le maïs, l'amélioration de la productivité a atteint un plateau, d'autres pensent que le potentiel d'amélioration est toujours existant mais que d'autres facteurs interviennent[1].

Cas du vin[modifier | modifier le code]

Dans le cas des rendements de vignes, on utilise l'hectolitre par hectare. L'utilisation du rendement en produit fini et non en produit produit vient du fait que pour le vin, on ne cherche pas à récolter toutes les grappes produites, on sélectionne celles qui seront intéressantes pour produire le vin souhaité. Il existe des réglementations pour les grands crus classés où il n'est pas possible de récolter un rendement supérieur à une norme donnée, afin de garantir que les raisins récoltés soient les meilleurs de l'année.

Évolution des rendements[modifier | modifier le code]

Le progrès technique ainsi que la sélection des plantes a permis au cours des siècles une forte augmentation des rendements agricoles. Le progrès technique a toujours eu pour but d'améliorer les conditions liés à l'environnement et dont dépend le rendement, on peut citer le travail du sol et le labour jusqu'à l'utilisation d'engrais et de pesticides. De son côté, l'homme après avoir domestiqué les espèces sauvage pour les cultiver les a sélectionnées afin d'améliorer leurs paramètres génétiques. La sélection s'est effectuée par le choix des plus belles graines ou des plus beaux épis (cas du maïs en Amérique centrale et du sud), par l'utilisation de populations s'adaptant à chaque cycle aux conditions du milieu ou plus récemment, par l'utilisation de croisement, d'hybrides ou par l'insertion de gènes étrangers (OGM par exemple).

Productivité du travail ("Rendement" par unité de main-d'œuvre)[modifier | modifier le code]

La productivité du travail agricole est le rapport entre la production récoltée et le temps de travail nécessaire pour l'obtenir. Les rendements soit par surface soit par homme peuvent être très différents : concernant les céréales, si le rendement par unité de surface varie à l'échelle mondiale au moins de 1 à 30, une fois calculé par unité de main-d'œuvre la variation des rendements est de 1 à 3000.


Exemples[modifier | modifier le code]

En 2013 en France, on constatait les rendements moyens suivants pour ces grandes cultures :

Attention, pour calculer le rendement global d'une parcelle, il faut tenir compte des intrants nécessaires (engrais, eau, traitements phytosanitaires) à la culture et de l'indispensable rotation des cultures. En tenant compte de ces éléments, Miscanthus et Jonc sont les cultures les plus rentables en termes de rendement en matière sèche.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]