Histoire du Tchad

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garde du Sheikh du Bornou, gravure de E.F. Finden publiée en 1826

L'État du Tchad dans ses frontières actuelles est une création de la colonisation européenne. Ses frontières sont la résultante de négociations entre Français, Anglais et Allemands dans les années 1880. Mais l'espace tchadien possède une histoire riche et relativement bien connue. Il est sans doute l'un des berceaux de l'Humanité comme l'indique la découverte du fossile de Sahelanthropus tchadensis surnommé « Toumaï ». Il a été par la suite le siège de trois grands royaumes sahéliens, le Kanem-Bornou, le Baguirmi et le Ouaddaï.

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique-Équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Éboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.

Devenue république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le sous la présidence de François Tombalbaye. Celui-ci dut bientôt faire face à la révolte des populations du Nord, en majorité musulmanes, ce qui l'amena à solliciter l'aide des troupes françaises en 1968. Après l'assassinat de F. Tombalbaye en 1975, le pouvoir échut au général Félix Malloum, qui dut céder la place en 1979 au nordiste Goukouni Oueddei, à la suite de la première bataille de Ndjamena. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive des troupes de la Jamahiriya arabe libyenne de Mouammar Kadhafi.

Après l'échec d'un projet de fusion entre le Tchad et la Libye en 1981, les troupes libyennes se retirèrent dans le cadre d'un accord conclu avec le gouvernement français. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré, qui dut faire appel l'année suivante aux troupes françaises pour contenir une nouvelle invasion libyenne. En 1987, une contre-offensive des forces tchadiennes contraignit finalement les troupes libyennes à évacuer le pays, à l'exception de la bande d'Aozou, qui ne fut restituée au Tchad qu'en 1994.

En 1990, Hissène Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby, qui est en place depuis lors. Paradoxalement, ce dernier semble bénéficier aujourd'hui du soutien de la France et de la Libye, face aux divers mouvements de rébellion qui seraient plus ou moins encouragés par le Soudan voisin, en liaison avec le conflit du Darfour.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Moulage du crâne holotype de Sahelanthropus tchadensis

« Abel » est le surnom donné au premier spécimen de l'hominidé fossile Australopithecus bahrelghazali, découvert en 1995 au Tchad par une équipe conduite par Michel Brunet[1],[2]. Il aurait vécu entre 3,5 et 3,0 millions d'années BP et serait contemporain d'Australopithecus afarensis.

« Toumaï » est le surnom donné à un crâne de primate fossile découvert en 2001 au Tchad. Il a conduit à la définition d'une nouvelle espèce, Sahelanthropus tchadensis, que certains paléoanthropologues considèrent comme l'une des premières espèces de la lignée humaine[3].

Articles détaillés : Toumaï et Sahelanthropus tchadensis.

Anciens États[modifier | modifier le code]

Plusieurs entités politiques ont existé dans l'espace tchadien actuel. Elles ont souvent coexisté, entretenant entre elles des rapports de rivalité, de domination, de suzeraineté ou d'alliance. Chacune a son histoire et ses caractéristiques. La nature du pouvoir et du chef n'est pas la même partout et à toutes les époques : chef religieux, chef politique et militaire. Certaines de ces formations sont très anciennes et ont un prolongement dans le Tchad d'aujourd'hui par les autorités traditionnelles (sultans, chefs traditionnels) qui coexistent avec les autorités administratives.

Le royaume du Kanem (Kanem-Bornou)[modifier | modifier le code]

Territoire du royaume de Kanem-Bornou.

Le royaume du Kanem est fondé vers le VIIIe siècle par la dynastie Teda (Toubous, population noire originellement établie au Nord du Tibesti). Sa capitale fut la ville de Ndjimi. Musulman à partir du règne d’Oumé (vers 1085), il atteignit son apogée avec Dounama Dibalami (1220/1259), qui l’étendit vers le Fezzan et le Nil et lia des relations avec les royaumes berbères, en particulier avec les Almohades.

Après la mort de Dounama, le royaume se morcela rapidement. Au XIVe siècle, il fut menacé par les Saos et les Boulala venus de l'est. Pour échapper à ces attaques extérieures, les souverains du Kanem durent se réfugier sur la rive ouest du lac Tchad où ils fondèrent le royaume de Bornou en 1395.

Le Bornou reconquit le Kanem et devint le Kanem-Bornou au XVIe siècle. L'empire atteint son apogée sous le règne d'Idriss III Alaoma (1580-1603). À la fin du XVIIIe siècle, le Bornou a retrouvé une puissance certaine et étend son influence jusque sur les peuplades de la Bénoué moyenne. Sa prospérité est essentiellement basée sur le trafic des esclaves. À la fin du XIXe siècle, la région est ravagée par le négrier soudanais Rabah qui s'impose comme le dernier sultan du royaume ; puis ce dernier est écrasé par les troupes coloniales françaises en 1900.

Le royaume du Ouaddaï[modifier | modifier le code]

Le royaume du Ouaddaï émergea]] au XVIe siècle. Au début du siècle suivant, des clans de la région se rallièrent au sultan Abd el Karim, qui renversa les Tunjur et fit de Ouaddaï un sultanat islamique. Au cours du XVIIIe siècle, le pays résista aux tentatives d'annexion du Darfour et vers 1800, le sultan Sabon commença à étendre son pouvoir. Une nouvelle route commerciale vers le nord fut ouverte et Sabun se mit à frapper sa propre monnaie. Il importa des armes et fit venir des conseillers militaires d'Afrique du Nord. Ses successeurs furent moins habiles que lui, et le Darfour tira parti d'une dispute successorale en 1838 pour placer son propre candidat au pouvoir, Mohammed Sharif. Ce dernier se retourna cependant contre le Darfour et instaura son propre règne, ce qui lui permit de se faire accepter par les différents clans de Ouaddaï. Il étendit l'hégémonie du sultanat sur le royaume de Baguirmi et jusqu'au fleuve Chari, et résista aux colons français jusqu'en 1912.

Ouaddaï subsiste comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernes.

Le royaume du Baguirmi[modifier | modifier le code]

Le royaume du Baguirmi émergea au sud-est de Kanem-Bornou au XVIe siècle. Il adopta rapidement l'Islam et devint un sultanat. Absorbé par le Kanem-Bornou, il recouvra son indépendance au cours du XVIIe siècle, pour être à nouveau annexé au milieu du XVIIIe. Il tomba en déclin au cours des années 1900 et se trouva sous la menace militaire du royaume du Ouaddaï. Il résista, mais accepta la tutelle de son voisin dans l'espoir de mettre fin à des dissensions internes. Lorsque sa capitale brûla en 1893, le sultan demanda et obtint le statut de protectorat auprès des autorités françaises.

Baguirmi subsiste comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernes.

Le royaume bilala de Yao-Fitri[modifier | modifier le code]

Les principautés kotoko[modifier | modifier le code]

  • Mani
  • Douguia
  • Mandelia
  • Logone Birni
  • Gaoui
  • Logone Gana

Le royaume moundang de Léré[modifier | modifier le code]

Le royaume Moundang de Léré est un ancien état localisé dans le sud-ouest du territoire actuel du Tchad. Il n'existe plus aujourd'hui en tant qu'entité politique indépendante, mais seulement comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernes.

Le royaume toupouri de Doré[modifier | modifier le code]

Le royaume toupouri de Doré est un ancien état localisé sur les territoires actuels du Tchad (principalement) et du Cameroun. Il n'existe plus aujourd'hui en tant qu'entité politique indépendante, mais seulement comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernes.

Le royaume kenga de Mataya[modifier | modifier le code]

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Mort du Commandant Lamy.

La France entre au Tchad en 1891 et y lance des expéditions militaires contre les royaumes musulmans. En 1898, la France lance trois expéditions en direction du Tchad : la mission Voulet-Chanoine depuis Dakar et le fleuve Niger, la mission Foureau-Lamy depuis Alger et le Sahara algérien et la mission d'Émile Gentil depuis le Moyen-Congo. La bataille décisive du , la bataille de Kousséri, vit s'affronter les forces du Commandant François Joseph Amédée Lamy et celles du seigneur de guerre soudanais Rabah – tous deux morts durant le combat. Émile Gentil fonde alors Fort Lamy sur la rive droite du Chari et devient le premier administrateur du Tchad.

En 1905, l'administration du Tchad fut confiée à un gouverneur général sis à Brazzaville, capitale de l'Afrique-Équatoriale française dont le Tchad fut partie intégrante avant d'être placé sous l'autorité d'un lieutenant-gouverneur à Fort Lamy, actuellement Ndjamena.

La colonisation du Tchad fut marquée par l'absence de politique d'unification du territoire et la lenteur de la modernisation du pays. Le Tchad fut relégué au bas de l'échelle des priorités françaises et l'État colonial ne le considéra guère que comme une source de coton et de main d'œuvre peu qualifiée à employer dans les colonies plus productives du sud. De nombreuses régions n'eurent jamais de réel gouvernement ; l'immense préfecture de Borkou-Ennedi-Tibesti n'était dotée que d'une poignée d'administrateurs militaires et le centre était à peine mieux pourvu. Seul le sud bénéficia d'une réelle administration coloniale.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en juillet 1940, le gouverneur Félix Éboué décida de rallier le général de Gaulle et le Tchad fut la première colonie à se joindre à la France libre. Le Tchad servit alors de point de départ à plusieurs opérations militaires dirigées par Leclerc dans le désert libyen (1941-1943).

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

La marche vers l’indépendance en quelques étapes


L’accession du Tchad à la souveraineté internationale n’est pas le fruit d’une lutte armée de libération comme au Cameroun et plus tard en Algérie mais plutôt un cadeau généreusement offert sur un plateau par la métropole. À l’instar de celle des autres Etats d’Afrique noire francophone, elle résulte d’un assez long processus de décolonisation dont les premiers jalons ont été posés à la Conférence de Brazzaville en 1944.


La vie politique a commencé au Tchad, comme partout ailleurs en Afrique noire francophone, après la Conférence de Brazzaville de février 1944.

De la Conférence de Brazzaville à l’Union Française (1944-1946) 1944 Même si cette Conférence a écarté toute idée d’autonomie et toute possibilité d’évolution hors du cadre français, elle constitue tout de même un pas en avant par rapport au passé colonial pur et dur. Car pour la première fois est envisagée la possibilité de réformes allant dans le sens de l’évolution politique, économique et sociale des colonies. 1946 En 1946, une deuxième étape a été franchie avec la promulgation de la Constitution du 27 octobre qui, en instituant l’Union française, a apporté des changements notables : citoyenneté et droit de vote, représentation des Territoires d’Outre-Mer (TOM) au parlement français et à l’Assemblée de l’Union française, création d’Assemblées territoriales, etc. À partir de cette période, les votes se suivent à un rythme accéléré pour élire les représentants du Tchad dans les différentes Assemblées. Le corps électoral était divisé en deux collèges : un premier collège pour les colons et un deuxième pour les indigènes. Les premiers députés du Tchad à l’Assemblée nationale française ont été élus le 10 novembre 1946. Il s’agit de René Malbrant et de Gabriel Lisette. Le 15 décembre de la même année, les 30 membres de la première Assemblée locale du territoire, dite Conseil représentatif, sont à leur tour élus. Ce conseil était doté de pouvoirs limités, mais à travers lui, on voit apparaître pour la première fois, une élite locale qui va côtoyer les colons dans ce cadre parlementaire. En l’absence de tout parti ou regroupement de partis politiques, ce sont des notables qui ont, pour la plupart, été élus. C’est en 1947 que les premiers partis politiques sont créés. Il s’agit de l’Union Démocratique Tchadienne (UDT), favorable à l’administration coloniale et du Parti Progressiste Tchadien (PPT) de Gabriel Lisette, anticolonialiste. Après quelques années d’hégémonie électorale, l’UDT, minée par des dissensions internes, a commencé par s’émietter dès 1954, au profit du PPT, en donnant naissance à plusieurs petits partis comme : le Parti Social Indépendant du Tchad (PSIT), l’Action Sociale Tchadienne (AST), l’Union Démocratique des Indépendants du Tchad (UDIT), le Mouvement Socialiste Africain (MSA), le Groupe des Indépendants et Ruraux du Tchad (GIRT), etc.

La Loi-cadre : un tournant majeur

1956  En 1956, un tournant majeur a été  amorcé dans l’évolution politique  des territoires grâce aux réformes apportées par la Loi-cadre dite « Loi Gaston Deferre ». Cette loi qui date du 23 juin associe étroitement les populations locales à la gestion de leurs intérêts en instituant le collège unique et le suffrage universel, une Assemblée territoriale aux pouvoirs élargis et un conseil de gouvernement investi par celle-ci et responsables devant elle. À travers  ce Conseil, apparaît un exécutif local tandis que l’accroissement des attributions de l’Assemblée  territoriale la rapproche d’une Assemblée législative. Avec ces réformes, les territoires étaient véritablement engagés  sur la voie de l’autonomie.

Profitant de l’émiettement de son concurrent, l’UDT, le Parti Progressiste Tchadien a commencé à amorcer une montée fulgurante. Après la réélection triomphale de son président, Gabriel Lisette, comme député à l’Assemblée nationale française, le 2 janvier 1956, ce parti remporte les municipales de Fort-Lamy en novembre. Dans la perspective des élections à l’Assemblée territoriale de mars 1957, il forme avec d’autres partis un regroupement dénommé « Entente pour l’Application de la Loi-cadre » (EALC). Le 31 mars, cette coalition remporte une victoire écrasante en raflant 46 des 65 sièges de l’Assemblée. C’est cette Assemblée qui, après l’élection de son bureau le 13 mai 1957, a élu les 9 membres du premier Conseil de gouvernement dirigé par le chef de file des progressistes, Gabriel Lisette.

La communauté franco-africaine : l’indépendance à portée de main 1958 Un nouveau pas décisif est franchi deux ans plus tard par la promulgation de la Constitution française du 4 octobre 1958 qui instaure la Communauté. Rejetant l’option de l’accession immédiate à l’indépendance ainsi que celle du statu quo, c’est à dire le maintien du statut de Territoire d’Outre-Mer, les élites tchadiennes décident le 28 novembre 1958 de proclamer le Tchad une République autonome, membre de la Communauté. C’est donc le choix de la continuité dans le progrès avec la France. La mise en place des institutions politiques de la jeune République a été difficile en raison de l’instabilité politique qui s’est installée très vite et qui trahissait une certaine immaturité de l’élite politique d’alors. Il y eut quatre gouvernements successifs en l’espace de quatre mois ! Il s’agit des gouvernements provisoires dirigés respectivement par Gabriel Lisette (décembre 1958-février 1959), Sahoulba Gontchomé (10 février- 11mars), Ahmed Koulamallah (12-24 mars) et François Tombalbaye (24 mars …). Cependant, l’adoption de la première Constitution de la République le 31 mars puis la victoire écrasante du PPT aux législatives du 31 mai 1959 ont ouvert la voie à la mise en place de nouvelles institutions stables. Tombalbaye qui a été reconduit dans ses fonctions en juin 1959 était chargé de mener à bien ce chantier. Dans le même temps le Tchad adhérait à une politique e coopération avec les trois Etats de l’ancienne AEF : ce qui aboutit à la création d’une conférence des Premiers ministres et à une union douanière.

Un projet moribond : la création de l’URAC

La période d’autonomie a été éphémère. En effet, suivant l’exemple de la Fédération du Mali (Sénégal +Soudan) et de Madagascar qui avaient demandé dès la fin de l’année 1959 à accéder à l’indépendance, les Etats d’Afrique Centrale manifestèrent eux aussi le désir d’accéder à la souveraineté internationale dans un cadre fédéral dénommée « Union des Républiques d’Afrique Centrale » (URAC). C’est dans cette optique que, par la loi n° 60-3 du 15 avril 1960, l’Assemblée législative du Tchad a autorisé le Gouvernement à négocier et à conclure les accords réalisant le transfert des compétences communes et les accords de coopération « en vue de l’accession de la République du Tchad à la souveraineté internationale en amitié avec la France et en union avec les trois autres Républiques de l’ancienne AEF ». Le 17 mai 1960, les Chefs d’Etats et de Gouvernements de la RCA, de la République du Congo et du Tchad paraphent la charte constitutive de l’union lors d’une conférence tenue à Fort-Lamy. Seul le Gabon avait choisi d’accéder seul à l’indépendance pour des raisons de sauvegarde de ses intérêts propres. L’URAC s’était réservé la politique étrangère, la défense extérieure, les postes et télécommunications, l’émission de la monnaie ainsi que la coordination de l’économie. Presque au même moment, une loi constitutionnelle votée par le Sénat de la Communauté, le 2 juin 1960, complète les dispositions de la Constitution du 4 octobre 1958 en indiquant que : « Un Etat membre de la Communauté peut également, par voie d’accords, devenir indépendant sans cesser de ce fait d’appartenir à la Communauté ». C’est donc dire que tout était prêt pour la proclamation de l’indépendance en union (URAC) lorsque le coup de théâtre survient. Réunis à Paris au début du mois de juillet 1960 pour négocier le transfert des compétences de la Communauté, les dirigeants des Etats d’Afrique Centrale renoncent brusquement au projet de l’URAC et décident que leurs pays accèdent séparément à l’indépendance.

La proclamation de l’indépendance 11 août 1960 Le projet de l’URAC étant tombé à l’eau, le Premier ministre François Tombalbaye signe individuellement avec son homologue français Michel Debré, le 12 juillet, les accords de transfert des compétences de la Communauté à la République du Tchad. Dès lors, il ne restait qu’à définir les modalités pratiques de la proclamation de l’indépendance. La devise de la République (Unité –Travail –Progrès) ainsi que les couleurs du drapeau national (bleu-jaune –rouge) ont été déjà fixées en 1959 respectivement par les lois n° 8 et 13 du 6 novembre 1959. L’hymne national (La Tchadienne) lui, a été composé par le révérend-père Gidrol avec la collaboration d’un groupe d’élèves de l’internat Saint-Paul de Fort-Archambault. Par la loi n° 11-60 du 26 juillet 1960, l’Assemblée législative fixe la date de la proclamation de l’indépendance au 11 août 1960 tandis que la date de la fête nationale est fixée au 11 janvier de chaque année, car le mois d’août qui est particulièrement pluvieux au Tchad n’est pas indiqué pour les festivités. Le jour « J », tout le Tchad était au rendez-vous à Fort-Lamy pour la cérémonie qui, d’après les témoignages, a été un événement mémorable.


Article détaillé : Conflit tchado-libyen.
  • 1974 : L’ethnologue Françoise Claustre est prise en otage par les rebelles toubous d’Hissène Habré, dans le désert du Tibesti. Elle ne sera libérée qu’en 1977.
  •  : Le président François Tombalbaye trouve la mort au cours d’un coup d’État d'unités de l'Armée nationale tchadienne qui aboutit à la prise du pouvoir par le général Félix Malloum. Ce dernier demande le départ des troupes françaises quelques mois plus tard[4].
  • 1978 : Les troupes françaises interviennent à nouveau pour soutenir le général Félix Malloum. Celui-ci confie la direction du gouvernement à Hissène Habré.
  • 1979 : Première bataille de Ndjamena : le général Malloum doit céder la place à Goukouni Oueddei, président du FROLINAT, qui prend la tête d’un gouvernement d’union nationale de transition (GUNT). Hissène Habré devient ministre de la défense.
  • 1980 : Seconde bataille de Ndjamena, opposant Hissène Habré à Goukouni Oueddei : ce dernier l’emporte avec l’aide des troupes libyennes, qui occupent la majeure partie du pays.
  • 1981 : Après l’échec d’un projet de fusion entre la Libye et le Tchad, les troupes libyennes évacuent le pays, à l’exception de la bande d’Aozou.
  • 1982 : Hissène Habré s’empare de Ndjamena à la tête des FAN (Forces armées du Nord). Goukouni Oueddei se réfugie au Cameroun.
  • 1983 : Les partisans de Goukouni Oueddei s’emparent de Faya-Largeau avec l’aide des troupes libyennes, tandis que les troupes françaises se déploient dans le centre et le sud du pays (Opération Manta).
Zone contrôlé par le GUNT au Tchad en 1986/1987 (vert clair), "ligne rouge" au 15e et 16e latitude (1983 et 1984) et la bande d'Aozou occupée par la Libye (vert foncé)
  • 1984 : Accord entre Paris et Tripoli prévoyant l’évacuation « totale et concomitante » du Tchad par les forces françaises et libyennes.
  • 1986 : Les forces libyennes ayant repris l’offensive, la France fait bombarder l’aéroport libyen de Ouadi-Doum et déploie de nouvelles troupes à Ndjamena (Opération Epervier).
  • 1987 : Les troupes tchadiennes reprennent Faya-Largeau, dernière place forte libyenne dans le nord du pays. La bande d’Aozou ne sera restituée au Tchad qu’en 1994, sur décision de la Cour internationale de justice.
  • 1990 : Idriss Déby s’empare de Ndjamena à la tête du MPS (Mouvement patriotique du salut). Hissène Habré se réfugie au Cameroun, puis au Sénégal.
  • 2005 : Apparition de deux nouveaux mouvements rebelles, le SCUD (Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie) et le FUC (Front uni pour le changement).
  • 2008 : Les forces rebelles ont lancé un assaut sur la capitale Ndjamena pour tenter de renverser le gouvernement d'Idriss Déby et cela après une traversée du pays depuis le Soudan ; celles-ci sont repoussées par les forces loyalistes. Le gouvernement français et ses portes-paroles Bernard Kouchner et Hervé Morin se déclarent défavorables à cette prise de pouvoir. Cependant, l'attitude des soldats français reste à la neutralité.
Article détaillé : Bataille de Ndjamena (2008).
  • 2009 : Une autre offensive de la rébellion partie du Soudan a lieu.

La Conférence nationale souveraine[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brunet, M., Beauvilain, A., Coppens, Y., Heintz, É., Moutaye, A.H.E et Pilbeam, D. (1995) - « The first australopithecine 2,500 kilometres west of the Rift Valley (Chad) », Nature, 378, pp. 273-275.
  2. Brunet, M., Beauvilain, A., Coppens, Y., Heintz, É., Moutaye, A.H.E et Pilbeam, D. (1996) - « Australopithecus bahrelghazali, une nouvelle espèce d'Hominidé ancien de la région de Koro Toro (Tchad) », Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, vol. 322, pp. 907-913.
  3. Brunet, M., Guy, F., Pilbeam, D., Mackaye, H. T. et Likius, A. et alii (2002) - « A new hominid from the Upper Miocene of Chad, Central Africa », Nature, vol. 418, 11 july 2002, pp. 145-151.
  4. Raymond Morineau, « TOMBALBAYE FRANÇOIS (1918-1975) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 15 novembre 1975)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Samuel Decalo, Historical dictionary of Chad, Scarecrow press, Lanham (Md.), Londres, 1997 (2e éd.), XLVIII-601 p. (ISBN 0-8108-3253-4)
  • (fr) Histoire politique du Tchad : bibliographie chronologique. Troisième partie, 1982-1990, Centre d'étude et de formation pour le développement, N'Djamena, 2001, 76 p.
  • (fr) Victor-Emmanuel Largeau, À la naissance du Tchad (documents présentés par le colonel Louis Caron), Éd. Sépia, Saint-Maur-des-Fossés, 2001, 325 p. (ISBN 2-84280-066-4)
  • (fr) Jacques Le Cornec, Les mille et un Tchad, L'Harmattan, Paris, 2003 (2002), 609 p. (ISBN 2-7475-3723-4)
  • (fr) Jean-Pierre Magnant (dir.), La chefferie ancienne : études historiques sur le pouvoir dans les sociétés précoloniales du Tchad d'après les sources orales, Presses universitaires de Perpignan, Perpignan, 1994, 141 p.
  • (fr) Goual Nanassoum, 300 dates de l'histoire du Tchad, Cefod-Editions, 1995, 67 p.
  • (fr) Jean-Louis Schneider, Le Tchad depuis 25 000 ans : géologie, archéologie, hydrogéologie (préface d'Yves Coppens, Masson, Paris, Milan, Barcelone, 1994, 134 p. + pl. (ISBN 2-225-84335-X)
  • (fr) Tchad, page d'histoire : Les hommes, Centre Al-Mouna, N'Djaména (Tchad), 2005, 47 p. (ISBN 2-915815-04-6)
  • (fr) Tchad, page d'histoire : Les peuples, Centre Al-Mouna, N'Djaména (Tchad), 2005, 72 p. (ISBN 2-915815-06-2)
  • (fr) Tchad, page d'histoire : Les sites et cités, Centre Al-Mouna, N'Djaména (Tchad), 2005, 56 p. (ISBN 978-2-915815-07-8)