Zaghawa (peuple)

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Zaghawa

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Langues zaghawa

Les Zaghawas sont un peuple d'Afrique, se nommant eux-mêmes Beri, vivant au Darfour (Soudan) et au Tchad. Ils sont relativement proches des Toubous. Leur langue, le zaghawa ou beria, appartient à la famille des langues sahariennes. Les Zaghawas entretient des liens de sang avec les Goranes, les Toubous et les Arabes.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe de multiples variantes :

  • Béri, Berri
  • Zaghaoua, Zaghawas, Zeggaoua, Zeghawa, Zogaoua, Zogawa, Zoghawa, Zorhaua, Zorhawa, Zagaoua, Zagawa, Soghaua[1].

Certains Beri vivant autour des 17e et 18e parallèles, dont le coeur est le massif de l'Ennedi, sont nommés par les Arabes non pas Zaghawa mais Bideyat. Il s'agit toutefois de la même population[2].

Autres noms : Chiguera, Habâsa, Kebadi, Merida[1].

Géographie et démographie[modifier | modifier le code]

Ils composent environ 4,5 % de la population du Tchad et 6 % de la population du Soudan.[réf. nécessaire]

Au Tchad, Ils vivent dans les régions suivantes :

  • Ennedi Ouest ;
  • Ennedi Est ;
  • Wadi Fira.

Au Soudan, ils vivent principalement dans la région du Darfour, notamment à Touer, Darghala et Eimbirou.

La majorité des clans zaghawas sont nomades mais ont tout de même des régions d'attache.

Langue[modifier | modifier le code]

L'alphabet zaghawa (proposé).

Les Zaghawa ont leur langue, le beria (ou zaghawa). Mais ils font aussi, quoique rarement, usage du kouya ou dazaga (langue d'une ethnie voisine), très influente dans leur culture. Ces langues ont, selon certains, des racines communes.

Cette langue (beria) varie selon les clans. Parfois, les accents et certains mots changent.

Clans[modifier | modifier le code]

Au Soudan, les Zaghawas sont répartis entre sept chefferies, dont trois sont importantes[2].

Au Tchad, un sultan unique chez les Zaghawa Kobé a sous son autorité les trois autres chefferies[2]. Les Bideyat sont à part[2].

On distingue plusieurs sous-groupes de Zaghawas qui sont répartis entre le Soudan et le Tchad, parmi lesquels les Kobés, les Bilias ou Bilieras, les Diroungs, les Kapkas, les Touer. On dénombre plusieurs dizaines de sous-clans Zaghawas.

Les Toubas/Bideyates/Kobés/Annas/Boregat (Bourgates) vivent majoritairement au Tchad, dans l'Ennedi Ouest aux alentours de Fada, chef-lieu de l'Ennedi, ainsi qu'à Tiné et Iriba (région de Wadi-Fira), et au nord du Darfour soudanais, essentiellement à Al-Genaïna. Ils sont composés d'environ cinquante sous-clans. Par manque de pâturages et d'eau, beaucoup d'entre eux ont émigré vers la région de Dar Tama. Les Nohiras sont aussi un sous-clan des Bideyates (Boregat) de Fada et ils sont originaires de Nohi qui se situe à quelques heures de marche de Fada mais le régime en place cherche coûte que coûte à les rattacher aux Bilias (Bilieras) de la région de l'Ennedi Est. Ainsi, il y a aussi les kiregoura un sous-clan des kobés qui vivaient entre Iriba et Tiné qui sont reconnus par des montagnes gigantesques autour d'elle, certains ancêtres disaient qu'ils avaient découvert un Taureau dans cette montagne qu'on a surnommée <<Kiregoui-ha>> qui veut dire montagne de kiregoui, le Taureau sortira de sa grotte si vous êtes issu de ce sous-clan en lui dédiant la chansons ancestrale.[pas clair]

Culture[modifier | modifier le code]

Les Zaghawa ont commencé à être islamisé et arabisé approximativement au XVIe siècle par la présence de prédicateurs musulmans et de petits groupes d'Arabes ou d'arabisés à proximité[2].

Zaghawa et politique tchadienne[modifier | modifier le code]

Les Zaghawa tiennent les rênes du pouvoir depuis l'arrivée au pouvoir par la force du président actuel (2017) Idriss Déby Itno en décembre 1990, et dont ils ont constitué l'essentiel des troupes. Avant cette date, les Zaghawas participaient toutefois déjà activement à la vie politique tchadienne fournissant des combattants à l'armée de Goukouni Weddei (ancien président du Tchad) et celle de Hissène Habré actuellement jugé au Sénégal. Plusieurs intellectuels zaghawas ont aussi refusé de participer et ont pris les armes avec les autres communautés.

Lors de le guerre civile de 2005-2010, des Zaghawas ont fait défection et sont entrés en rébellion contre le régime du président Déby. Après plusieurs combats et les événements du 13 avril et du 2 février 2008, la plupart de ces rebelles ont regagné le pays en signant des accords de paix.

Au Darfour, Khalil Ibrahim, chef du MJE (Mouvement pour la justice et l'égalité), fut assassiné et remplacé par son frère. Mais un autre général, Minni Arkoi Minawi, dirige la plus grande branche de la SLM (Armée de libération du Soudan). Il a signé un accord de paix avec le gouvernement en 2006 tout en gardant l'autonomie de son armée à part entière avant de s'opposer à Oumar el-Béchir en 2009.

Ces rebelles, composés de 15 000 hommes munis de pick-ups Toyota et d'artillerie de guerre, sont aujourd'hui stationnés entre le Darfour et le Kordofan. Allié à d'autres factions, ils luttent pour la conquête du pouvoir tout en déstabilisant les Arabes qui tiennent le pouvoir depuis l'indépendance du pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source RAMEAU, BnF [1].
  2. a b c d et e Tubiana Marie-José et Tubiana Joseph, « Un peuple noir aux confins du Tchad et du Soudan : les Beri aujourd'hui », Cahiers d'outre-mer, no 103,‎ , p. 250-261 (lire en ligne, consulté le 10 février 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Marie José et Joseph Tubiana, The Zaghawa from an ecological perspective: foodgathering, the pastoral system, tradition and development of the Zaghawa of the Sudan and the Chad, A. A. Balkema, Rotterdam, 1977, 119 p.
  • Marie José Tubiana, Survivances préislamiques en pays Zaghawa, Institut d'ethnologie, Paris, 1964, 229 p.
  • Marie José Tubiana, « Danses Zaghawa », Objets et mondes, 6 (4) hiver 1966, p. 279-300.
  • Marie-José Tubiana, Joseph Tubiana et Michel Leiris, Contes Zaghawa du Tchad : trente-sept contes et deux légendes, L'Harmattan, 1989, 123 p. (ISBN 9782738402516).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]