Territoire britannique de l'océan Indien

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Cet article concerne le territoire britannique de l'océan Indien en tant qu'entité administrative. Pour l'entité géographique, voir Archipel des Chagos.

Territoire britannique de l'océan Indien

British Indian Ocean territory (en)

Blason de Territoire britannique de l'océan Indien
Armoiries
Drapeau de Territoire britannique de l'océan Indien
Drapeau
Image illustrative de l’article Territoire britannique de l'océan Indien
Administration
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Statut politique Territoire britannique d'outre-mer
Capitale Aucune
Gouvernement
- Commissionnaire
 - Administrateur
Monarchie
John Kittmer
Murielle Benjamin
Démographie
Population 4 000 hab. (2004)
Densité 67 hab./km2
Langue(s) Anglais
PIB
 · PIB/hab.
n/a
n/a
Géographie
Coordonnées 6° 00′ sud, 71° 30′ est
Superficie 60 km2
Divers
Monnaie Livre sterling, dollar américain
Fuseau horaire UTC +6
Domaine internet .io
Indicatif téléphonique 246
Code ISO 3166-1 IOT, IO

Le Territoire britannique de l'océan Indien (en anglais : 'British Indian Ocean Territory', abrégé en BIOT) est un territoire britannique d'outre-mer situé dans le centre de l'océan Indien. L'étendue de sa juridiction territoriale a évolué dans le temps pour se limiter actuellement à l'archipel des Chagos qu'il administre[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Archipel des Chagos.
Carte du Territoire britannique de l'océan Indien.

Le Territoire britannique de l'océan Indien est situé dans le centre de l'océan Indien, entre l'Indonésie à l'est, le sous-continent indien au nord, les côtes orientales de l'Afrique et les Seychelles à l'ouest ainsi que les Mascareignes au sud-ouest[1],[2].

Le territoire se limite actuellement à l'archipel des Chagos qu'il administre entièrement, l'entité administrative se confondant donc avec l'entité géographique[1] soit une superficie de 54 400 km2, y comprenant essentiellement les lagons ne baignant que seulement 60 km2 de terres émergées[1]. Diego Garcia, l'atoll le plus méridional, occupe à lui seul 40 km2[1]. Il compte 4 000 habitants, essentiellement des militaires employés par la base militaire américaine[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue des bureaux de l'administration du Territoire britannique de l'océan Indien à Diego Garcia.
L'atoll de Diego Garcia a une histoire liée au développement de plantations.

Avant la conquête de l'île Maurice par les Britanniques en 1810, la France avait développé sur l'atoll de Diego Garcia qui représente une partie du Territoire britannique de l'océan indien actuel, des plantations qui seront arrêtées à partir de 1838[3].

Le Territoire britannique de l'océan Indien est créé, sous sa forme juridique actuelle, le [4] alors que se prépare l'indépendance de Maurice qui interviendra le . Il regroupe alors des territoires jusqu'alors rattachés à la colonie britannique de Maurice en ce qui concerne l'archipel des Chagos et à celle des Seychelles en ce qui concerne l'île Desroches, l'atoll Providence, l'atoll Farquhar et Aldabra[4]. Lorsque c'est au tour des Seychelles d'acquérir leur indépendance le , l'île Desroches, l'atoll Providence, l'atoll Farquhar et Aldabra lui sont restitués[4]. Le Territoire britannique de l'océan Indien se limite alors depuis cette date à l'archipel des Chagos[4].

Le , la base militaire américaine de Diego Garcia est opérationnelle[4]. Elle est louée à l'armée américaine sur la base d'un accord conclu le [4]. Six mois auparavant, le 17 juillet, commençait l'expulsion intégrale de la population de l'archipel des Chagos vers Maurice et les Seychelles[4]. Terminé en 1973 après le rachat de toutes les terres, ce déplacement était nécessaire selon les autorités pour permettre la construction de la base[4].

Le , l'Assemblée générale des Nations unies (94 voix pour, 15 contre et 65 abstentions) a demandé à la Cour internationale de justice de rendre un avis consultatif portant sur le respect, par le Royaume-Uni, des règles pertinentes du droit international lors du processus de décolonisation. La Résolution interroge également la Cour sur les conséquences juridiques de la séparation de l'archipel de Maurice en 1965 et du maintien de l'archipel sous administration britannique[5]. L'analyse du vote révèle un soutien des pays majeurs du Sud (Afrique du Sud, Algérie, Cuba, Égypte, Inde, Nigeria, Philippines, Vietnam, etc) à Maurice, alors que l'opposition provient des proches alliés des États-Unis et du Royaume-Uni (Australie, Israël, Japon, France, etc)[6]. En septembre 2018, Maurice a porté l'affaire devant la Cour internationale de Justice pour obtenir un avis consultatif contre les objections britanniques[7]. En 2016, les autorités britanniques reconduisent pour 20 ans le prêt de l'île de Diego Garcia aux États-Unis[6].

Le 25 février 2019, dans un avis consultatif, la Cour internationale de justice estime que le Royaume-Uni a « illicitement » séparé l’archipel des Chagos de l’île Maurice après son indépendance en 1968[8],[9].

L'assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution le 22 mai 2019, commandant à la Grande-Bretagne de restituer l'archipel des Chagos à la République mauricienne dans les six mois[10], ce qui permettrait aux Chagossiens de retrouver leurs terres.

Gouvernement[modifier | modifier le code]

La Reine Élisabeth II assume son rôle de chef du Territoire britannique de l'océan Indien. Du point de vue parlementaire, le territoire est administré par un commissaire spécifique de l'outre-mer dont les bureaux se trouvent à Londres[11].

Système légal[modifier | modifier le code]

Le système légal du territoire repose sur le Common law anglais le cas échéant. Dans la même ligne de pensée, il réfère aussi au droit militaire américain et britannique le cas échéant[11].

Philatélie[modifier | modifier le code]

De 1968 à 1976 et depuis 1990, le Territoire britannique de l'océan Indien dispose de sa propre administration postale et émet des timbres postaux spécifiques avec pour légende British Indian Ocean Territory.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f (en) « The World Factbook - British Indian Ocean Territory » (consulté le 22 janvier 2010)
  2. a et b (en) Christian Nauvel, A Return from Exile in Sight? The Chagossians and their Struggle, Northwestern Journal of International Human Rights, 31 p. (lire en ligne), p. 1 à 7 - introduction
  3. Ted Morris, « Diego Garcia - The Plantation », sur www.zianet.com (consulté le 8 septembre 2016)
  4. a b c d e f g et h (en) « World Statesmen - British Indian Ocean Territory » (consulté le 22 janvier 2010)
  5. « Cour internationale de Justice - Communiqué de Presse 2017-27 » (consulté le 7 juillet 2017)
  6. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :4
  7. https://www.courrierinternational.com/article/iles-chagos-le-royaume-uni-se-bat-pour-garder-sa-derniere-colonie-africaine
  8. https://www.nouvelobs.com/topnews/20190225.AFP2175/le-royaume-uni-doit-mettre-fin-a-son-administration-des-chagos-selon-la-cij.html
  9. « Cour internationale de Justice - Avis consultatif du 25 février 2019 » (consulté le 25 février 2019)
  10. Julien Sartre, « Les bras de fer diplomatiques et postcoloniaux reprennent dans l’océan Indien », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  11. a et b http://www.islandstudies.ca/sites/islandstudies.ca/files/jurisdiction/British%20Indian%20Ocean%20Territory%20(BIOT).pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]