Djibouti (ville)

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Djibouti
Principaux sites de la ville
Principaux sites de la ville
Administration
Pays Drapeau de Djibouti Djibouti
Démographie
Population 570 000 hab. (2013[1])
Densité 905 hab./km2
Géographie
Coordonnées 11° 36′ Nord 43° 09′ Est / 11.6, 43.15
Superficie 63 000 ha = 630 km2
Localisation

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Djibouti

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Djibouti

Djibouti (auparavant « district de Djibouti ») est la capitale de la République de Djibouti et l'une des six divisions administratives régionales du pays. S'étendant sur une superficie de 630 km2, la ville de Djibouti est peuplée en 2013 d’environ 570 000 habitants, soit plus des deux tiers de la population totale du pays.

Fondés en 1888 sous domination française, la ville de Djibouti et son port occupent une situation stratégique au sud de la mer Rouge, principal accès à la mer de l'Éthiopie depuis 1998. Depuis sa fondation, la ville accueille une grande partie de la population du territoire et abrite ses principales activités économiques et culturelles.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'échange de notes franco-britanniques des 2 et 9 février 1888 fixe la limite territoriale entre les colonies des deux pays. Il laisse explicitement sous autorité française les côtes méridionales du golfe de Tadjoura, y compris une presqu’île composée de plateaux insubmersibles, le ras Djiboutil. C'est alors que ce point commence à être utilisé comme départ pour des caravanes vers Harar. Une petite ville y est fondée en 1888, protégée par des troupes « sénégalaises » et sous l'autorité d'un fils du notable Abu Bakr Burhan[2]. Elle se développe rapidement, passant de 1 200 habitants en 1893 à 5 561 en 1906[3].

Le port de Djibouti devient une escale des Messageries maritimes sur la route entre la France, Madagascar et l'Indochine en novembre 1895. Le chef-lieu de la colonie y est transféré officiellement depuis Obock en mars 1896, à l'occasion de la création de la Côte française des Somalis. Djibouti devient le point de départ du Chemin de fer djibouto-éthiopien qui va jusqu'à Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie, construit par des sociétés françaises entre 1897 et 1917.

Sa situation géographique est aussi utilisée pour le commerce des armes, activité répandue dans le golfe d'Aden et en Somalie. Le gouvernement français s'engage en 1909 aux côtés du Royaume-Uni et de l'Italie contre les ventes illégales[4].

En 1939, la population de la ville est de 16 000 habitants, avant de descendre à 6 000 en 1942[3] à la suite des expulsions réalisées par l'administration qui organise un rationnement alimentaire. En 1966, la population de Djibouti est estimée à 60 000 personnes, pour croitre à 150 000 habitants après l'indépendance, en 1983[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue satellitaire de la ville.

Climat[modifier | modifier le code]

Djibouti connaît un climat aride ou désertique (type BWh de la classification de Köppen). Les précipitations sont rares. Les températures moyennes mensuelles varient entre 41 °C pour le mois plus chaud et 27 °C pour le moins chaud.

Djibouti
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 23 24 25 27 29 31 32 32 31 27 25 23 28
Température moyenne (°C) 24 25,5 26,5 28 30,5 33,5 35 34,5 32 29,5 27 25,5 29,5
Température maximale moyenne (°C) 27 27 28 30 33 36 38 38 35 31 29 27 32
Source : Weatherbase


Îles Moucha et Maskali[modifier | modifier le code]

Les îles Moucha et Maskali se trouvent à une heure de boutre de Djibouti. Ce sont deux petites îles madréporiques constituées de mangroves de palétuviers.

Elles possèdent de riches fonds sous-marins avec de nombreuses algues multicolores, des jardins de coraux où vivent des poissons variés tels que les mérous, les carangues, les barracudas, les napoléons, des murènes, des raies pastenagues (à points bleus), des raies mantas et torpilles, des dauphins, des tortues, des requins ou encore des requins baleines

Économie[modifier | modifier le code]

Sur cette péninsule s'est développé le Port autonome international de Djibouti (PAID), étendu ensuite à Doraleh, seul port de conteneurs de la région. Toutes les marchandises destinées aux pays limitrophes y transitent. Cette activité commerciale a propulsé la capitale djiboutienne au rang de premier port du Nord-Est africain et a renforcé sa position géostratégique.

Culture[modifier | modifier le code]

Patrimoine et monuments[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'enseignement public djiboutien est principalement francophone, avec une filière arabophone parallèle. Il aboutissait au baccalauréat français délivré par l'académie de Bordeaux jusqu'en 2014[6]. Depuis 2015, c'est un diplôme national djiboutien. La présence éducative française reste importante à Djibouti, avec plusieurs établissements gérés par des Français :

  • l'école primaire Françoise-Dolto ;
  • le collège catholique de La Nativité, sur le plateau du Serpent ;
  • le lycée Joseph-Kessel (collège et lycée), qui prépare au baccalauréat français.

Depuis 2006, une université permet de suivre des études supérieures.

Les sœurs missionnaires franciscaines de Notre-Dame s'occupent de l'orphelinat de la Mission catholique de Djibouti et gèrent le collège de La Nativité. Le corps enseignant français, recruté sur la base du volontariat international, est d'un niveau similaire à celui de la France. Le collège accueille des élèves djiboutiens et d'autres origines.

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diocèse de Djibouti.

La très grande majorité des habitants de la ville de Djibouti sont musulmans sunnites. Des chrétiens de diverses confessions (orthodoxes monophysites, catholiques et protestants) y vivent également.

S'y trouvent de nombreuses mosquées, ainsi que plusieurs églises chrétiennes. Djibouti est le siège d'un diocèse catholique.

Djibouti dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Denis Langlois, L'Aboyeuse de Djibouti, Éditions Acoria, 2001.
  • Pierre Deram, Djibouti, Paris, Libella, 2015, 114 p.
  • Abdourahman Waberi, Balbala, Paris, Serpent à plumes, 1998 (rééd. Gallimard, Folio, 2002, 187 p.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Synthèse des données sur Djibouti sur le site du ministère des Affaires étrangères.
  2. Simon Imbert-Vier, « Djibouti dans les archives françaises (1888-1892) : éléments sur les débuts d’une ville coloniale », Pount, no 4, 2010, p. 89-100.
  3. a et b Pierre Augustin, « Quelques dénombrements de la population du Territoire français des Afars et des Issas », Pount, no 13, p. 27-38 et no 14, p. 15-38, 1974-1975.
  4. Journal officiel du 2 mai 1909 consultable sur Gallica.
  5. Nuria Lopez-Escartin, Données de base sur la population de Djibouti, Paris, Centre français sur la population et le développement, janvier 1992.
  6. Bac : l'adieu à Djibouti dans Sud Ouest du 22 juin 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amina Saïd Chiré, Le Nomade et la ville à Djibouti. Stratégies d'insertion urbaine et production de territoires, Paris, Karthala, 2012, 264 p. (ISBN 9782811105983)