Archipel des Chagos

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 Cet article concerne l'archipel des Chagos en tant qu'entité géographique. Pour l'entité administrative, voir Territoire britannique de l'océan Indien.
Archipel des Chagos
Chagos Archipelago (en)
Carte de l'archipel des Chagos.
Carte de l'archipel des Chagos.
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Revendication par Drapeau de Maurice Maurice
Localisation Océan Indien
Coordonnées 6° S, 72° E
Superficie 60 km2
Côtes 698 km
Nombre d'îles 55
Île(s) principale(s) Diego Garcia, banc Great Chagos, îles Salomon, Peros Banhos, îles Egmont
Point culminant non nommé[1] (15 m sur Diego Garcia)
Géologie Atolls
Administration
Territoire britannique d'outre-mer Territoire britannique de l'océan Indien
Démographie
Population 4 000 hab. (novembre 2004[1])
Densité 66,67 hab./km2
Gentilé Chagossien(ne)s
Plus grande ville Base militaire américano-britannique sur Diego Garcia[1]
Autres informations
Découverte 1512
Fuseau horaire UTC+06:00

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)
Archipel des Chagos
Archipel des Chagos
Archipels du Royaume-Uni - Archipels de Maurice

L’archipel des Chagos est un ensemble de cinquante-cinq îles réparties en sept atolls situés dans le centre de l'océan Indien, au sud des Maldives et à l'est des Seychelles. Il est administré par le territoire britannique de l'océan Indien mais il est revendiqué par Maurice. Il est peuplé de Chagossiens du XVIIIe siècle jusqu'au début des années 1970, époque de la construction d'une base militaire américaine sur Diego Garcia, sa plus grande île, et de sa protection en tant que site Ramsar dans la partie orientale de Diego Garcia et réserve naturelle pour le reste de l'archipel. La seule île habitée est celle de Diego Garcia, qui accueille des militaires américains, des fonctionnaires britanniques et des travailleurs sous contrat.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'archipel des Chagos est appelé en anglais Chagos Archipelago. Son nom est parfois rencontré avec l'orthographe « Tchagos », que ce soit en français ou en anglais. Il est appelé Feyhandheebu en divehi, une langue parlée aux Maldives et dans le territoire indien de Lakshadweep, Phehandweep, फेहंद्वीप en hindi et Pékaana Tiivougal, பேகான தீவுகள் en tamoul, soit "les Îles Pékaana".

Son ancien nom colonial est Oil Islands, en français « Îles de l'Huile »[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

L'archipel des Chagos est situé dans le centre de l'océan Indien, au sud du sous-continent indien et à mi-chemin entre les côtes orientales de l'Afrique à l'ouest et l'Indonésie située à l'est[1],[3]. Il est entouré par les Maldives au nord, les Seychelles à l'ouest et les Mascareignes, dont l'île Maurice, au sud-ouest[1].

Relief[modifier | modifier le code]

Plage aux îles Salomon.

L'archipel des Chagos compte six atolls émergés en 55 îles[1],[4], quatre atolls submergés et sept récifs coralliens submergés. Tous ces atolls sont situés au nord ou au sud du banc Great Chagos, le plus grand atoll de l'archipel, sur une zone couvrant 250 kilomètres de longueur pour 150 kilomètres de largeur[4]. La superficie totale de l'archipel est de 54 400 km2, lagons inclus, pour seulement 60 km2 de terres émergées dont 40 km2 rien que pour Diego Garcia[1]. Les îles, d'origine corallienne, ont un relief très peu marqué, majoritairement moins de deux mètres d'altitude[1]. Le point culminant de l'archipel, non nommé, s'élève à quinze mètres d'altitude sur Diego Garcia[1]. Le littoral, essentiellement composé de plages de sable[3], totalise 698 kilomètres de longueur[1]. L'éparpillement des îles confère à l'archipel une zone économique exclusive de 636 600 km2[réf. nécessaire] de superficie, mitoyenne de celle des Maldives au nord[5].

Diego Garcia est l'atoll le plus méridional de l'archipel[1]. Ses terres émergées, la majorité de l'archipel[1], entourent un lagon qui constitue un port naturel pouvant accueillir les plus grands navires du monde[3]. Seul atoll habité de l'archipel des Chagos[4], il abrite une base militaire américaine comportant, outre le port dans le lagon, un aéroport et quelques routes reliant les différents bâtiments militaires, d'habitation et techniques[1],[3].

Carte de l'archipel des Chagos.

Les îles isolées, atolls et récifs qui composent l'archipel sont, du nord au sud :

Géologie[modifier | modifier le code]

L'archipel des Chagos repose sur un plateau sous-marin d'une superficie de 20 607 km2[réf. nécessaire] formé il y a 45 millions d'années[6]. Celui-ci constitue l'extrémité méridionale de la ride Chagos-Laquedives, une chaîne de montagnes sous-marines de l'océan Indien qui émerge pour former les archipels des Laquedives, des Maldives et des Chagos[6]. Cette chaîne de montagnes s'est formée par le point chaud de La Réunion lors de la remontée du sous-continent indien en direction de l'Asie à travers l'océan Indien[6].

Les îles et atolls de l'archipel sont toutes d'origine corallienne[3],[6].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de l'archipel des Chagos est tropical, caractérisé par la douceur de ses températures et son humidité modérées par les alizés[1],[3]. Les cyclones y sont inexistants du fait de sa proximité avec l'équateur[1].

Faune[modifier | modifier le code]

Ctenella, une espèce de corail cerveau endémique de l'archipel des Chagos.

De par sa nature et sa topographie, l'archipel des Chagos abrite une faune essentiellement marine[6]. Le principal biome est constitué par les récifs coralliens constituant les atolls[6]. Ceux-ci ont été construits par 220 espèces de coraux[6]. Ils apportent un abri et une source de nourriture pour plus de 1 000 espèces de poissons ainsi qu'un site de reproduction sûr pour plusieurs espèces de requins, de tortues marines, de dauphins, de crabes[6].

Plusieurs espèces d'oiseaux nidifient sur les îles de l'archipel des Chagos[6].

Flore[modifier | modifier le code]

La flore de l'archipel des Chagos est constituée d'une végétation tropicale[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Découverte de l'île et colonisation[modifier | modifier le code]

Bas-relief du temple de Borobudur (VIIIe siècle) dans le centre de Java en Indonésie, montrant un bateau à balancier typique de la technologie navale austronésienne.
Plantation en ruine sur Diego Garcia en 1970.

Des simulations sur ordinateur de la navigation entre l'Indonésie et Madagascar permettent de comprendre les itinéraires possibles qui ont amené à la colonisation de Madagascar par des Austronésiens à partir du début de notre ère. Outre les Maldives, les Chagos étaient une escale probable sur la route de Madagascar, aussi bien depuis Sumatra que depuis le sud de l'Inde et Sri Lanka, où des marins et marchands javanais et malais se rendaient pour le commerce[7]. Les habitants des Maldives connaissaient les Chagos[8]. L'archipel est peut-être découvert en 1512 par Pedro de Mascarenhas qui le mentionne sur une carte. Le premier nom donné à l'Archipel est Bassas de Chagas, une étymologie qui pourrait se rapporter aux blessures du Christ[9],[10]. Cependant, les Portugais ne semblent pas s'y intéresser particulièrement et c'est seulement en 1744 que Peros Banhos est revendiquée par une puissance européenne, la France[9].

Ce n'est qu'à partir de 1784 que l'archipel commence à être occupé de façon permanente. Pierre Marie Le Normand, un planteur spécialisé dans le sucre et la noix de coco basé en Ile-de-France (aujourd'hui île Maurice), demande une concession dans l'île de Diego Garcia au gouverneur Souillac afin d'y établir une grande plantation de noix de coco[11]. Il obtient la concession le 17 novembre 1783 en échange du paiement de taxes sur sa future production d'huile de coco et emmène avec lui entre vingt-deux[9] et soixante-dix-neuf esclaves originaires de Madagascar et du Mozambique ainsi que quelques "libres de couleur"[11]. Le 4 mai 1786, les Britanniques prennent possession de Diego Garcia puis l'abandonnent par crainte d'un incident diplomatique avec la France. Plusieurs planteurs français de noix de coco venus d'Ile-de-France rejoignent à leur tour l'archipel avec leurs esclaves pour s'y implanter et exploiter l'huile de coco et le coprah : il s'agit de Monsieur Didier, les frères Cayeux et Monsieur Lapotaire[9],[11] qui débarque en 1793[12]. Un autre entrepreneur, Monsieur Danquet, choisit d'installer une entreprise de pêche sur l'île. En 1808, les archives notent que Monsieur Lapotaire possédait à lui seul une centaine d'esclaves sur Diego Garcia et un nombre similaire pouvait être observé en 1813 sur Peros Banhos[9],[11].

Entre 1780 et 1828, l'archipel est aussi utilisé par les Français et les Britanniques pour isoler et soigner les lépreux dans l'espoir qu'un régime alimentaire basé sur l'abondance de viande de tortues disponible sur l'île leur sera bénéfique[11],[13]. Certains spécialistes pensent que des esclaves lépreux ont pu y être envoyés avant l'arrivée des premières concessions de coprah[14]. En 1826, on comptait 375 esclaves, 9 blancs, 22 "libres de couleurs" et 42 lépreux dans l'archipel. Au total, les Chagos étaient peuplées à cette période par 448 habitants dont la moitié vivaient à Diego Garcia[11].

Finalement, les Britanniques prennent formellement possession de l'archipel avec le traité de Paris du à l'issue des guerres napoléoniennes[2],[3],[6]. Les Chagos sont alors intégrées à la colonie des Seychelles sous le nom d'Oil Islands puis passent dans le cadre de la colonie de Maurice le [2]. Après l'abolition de l'esclavage en 1834, les Britanniques emploient les anciens esclaves comme travailleurs dans les usines de coco et importent des engagés indiens qui se marient avec les autres travailleurs et adoptent les rites locaux[11]. L'intérêt économique de l'archipel se résume alors au coprah extrait des cocoteraies où travaillent des esclaves amenés sur les îles par les Français[6]. Des scientifiques s'intéressent aussi à l'archipel si bien que Charles Darwin s'appuiera sur certains de leurs travaux sur les coraux pour élaborer sa théorie de l'évolution des espèces à la fin du XIXe siècle[6].

Territoire britannique d'outre-mer[modifier | modifier le code]

Vue aérienne d'une partie de la base militaire américaine de Diego Garcia montrant le porte-avion USS Saratoga accosté dans le port en 1985.

Le , trois ans avant l'indépendance de la colonie britannique de Maurice, l'archipel des Chagos en est détaché pour constituer le territoire britannique de l'océan Indien, un territoire britannique d'outre-mer[1],[2],[3],[6]. Cette scission de territoire fait suite à un accord du conseil des ministres de Maurice qui reçoit d'importantes subventions en dédommagement[6]. Entre le et 1973, les Chagossiens, habitants autochtones de l'archipel, sont intégralement expulsés et déportés vers Maurice et les Seychelles[1],[2],[3]. Dans le cadre de cette déportation, le gouvernement britannique crée une caisse à la suite de négociations menées entre 1971 et 1982 afin de les aider financièrement à s'installer dans leurs nouveaux pays[1]. Cette déportation est motivée par la construction d'une base militaire britannique et ouverte aux Américains[2]. Autorisée le , la base est ouverte le après le rachat de toutes les terres le [2].

C'est dans ce contexte que les Chagossiens se lancent à partir de 1998 dans une série de recours en justice à l'encontre du gouvernement britannique[1]. Leurs revendications portent sur un meilleur dédommagement de leur expulsion, le droit de pouvoir retourner vivre dans l'archipel et l'obtention de la nationalité britannique lors d'une demande formulée en 2001[1],[2]. La politique d'immigration inscrite en 2004 dans la constitution du territoire britannique de l'océan Indien est invalidée en 2006 et 2007 par la Haute Cour de justice britannique[1],[2]. Mais dans le même temps, cette cour d'appel confirme le statut militaire et extraordinaire de Diego Garcia[1]. Quelques Chagossiens ont la possibilité de retourner en visite dans l'archipel en [1]. Finalement, les Chagossiens sont déboutés le lorsque la Chambre des lords, le dernier recours en appel dans le système judiciaire britannique, entérine la situation et ne laisse aucune possibilité de retour pour les Chagossiens[1],[2].

Présence et activités humaines[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chagossiens.

À l'origine, l'archipel des Chagos est peuplé de Chagossiens, un peuple cultivateur[1],[3] issu du métissage de populations africaines et indiennes[réf. nécessaire]. Ces populations y sont amenées par la France, puissance coloniale de l'époque, au cours du XIXe siècle pour y servir de main-d'œuvre[réf. nécessaire]. Ils sont entre 800 et 1 500 sur Diego Garcia, les îles Salomon et Peros Banhos lorsqu'ils sont déportés vers les Seychelles et Maurice entre 1966 et 1973[1],[3]. Depuis le départ des derniers Chagossiens, les seuls occupants de l'archipel se trouvent sur Diego Garcia[1]. Ce sont des militaires britanniques et américains ainsi que des employés britanniques, américains, mauriciens et philippins dont l'effectif s'élevait à environ 4 000 personnes en [1].

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Vue des bureaux de la police du territoire britannique de l'océan Indien sur Diego Garcia.

L'archipel des Chagos est intégralement inclus dans le territoire britannique de l'océan Indien, en anglais British Indian Ocean territory abrégé en BIOT, un territoire britannique d'outre-mer[1]. Dans le cas de l'archipel des Chagos, les entités géographiques et administratives se superposent totalement[1].

Les installations de la base militaire britannique située sur Diego Garcia sont louées à l'armée américaine dans le cadre d'un bail se terminant en 2016[1]. Toutefois, la défense et la sécurité intérieure du territoire sont assurées par la Royal Overseas Police Officers[1],[3].

Jusqu'alors intégrée à la colonie britannique de Maurice, l'archipel des Chagos en est détaché en 1965 avec l'indépendance de ce pays[1]. Toutefois, Maurice réclame la souveraineté de l'archipel[2],[3].

Économie[modifier | modifier le code]

Les ressources naturelles de l'archipel des Chagos sont le coprah issu des cocoteraies, le sucre de canne et la pêche[1],[3]. Toutefois, seules les ressources halieutiques sont exploitées par la vente de licences de pêche, les terres cultivées et les industries étant inexistantes dans l'archipel[1]. Une autre source de revenus est constituée de la vente de timbres postaux[1], le territoire britannique de l'océan Indien possédant sa propre administration postale détachée de celle du Royaume-Uni[15].

Les occupants de l'archipel disposent du téléphone, d'internet, y compris d'un domaine de premier niveau .io, d'une chaîne de télévision et utilisent le dollar américain[1] et la livre sterling comme monnaie[2].

Protection environnementale : la zone marine protégée[modifier | modifier le code]

Étude d'un récif corallien de l'archipel des Chagos par un plongeur.

Le 1er avril 2010, à l'initiative du Secrétaire britannique aux Affaires Etrangères David Miliband et sur une idée de l'organisme à but non-lucratif américain Pew Environment Group[16], l’archipel des Chagos est déclaré zone marine protégée[17], à l'exception de l’atoll de Diego Garcia[18]. Selon certaines sources, une partie de l'entourage politique de David Miliband n'était cependant pas favorable à la création du parc, estimant le projet précipité par l'approche des élections et mal préparé[16].

Pour ses défenseurs, la création du parc est justifiée par l'argument selon lequel l'archipel des Chagos abriterait le plus grand atoll au monde dont le récif corallien est en totalité sain[6]. Celui-ci est constitué de 220 espèces de corail qui constituent un refuge et une source de nourriture pour plus de 1 000 espèces de poissons[6]. L'intégralité de l'archipel des Chagos est donc classé en réserve naturelle et quelques îles sont classées en réserve naturelle stricte ce qui interdit formellement leur accès et leur approche sans autorisation[19]. La partie orientale de Diego Garcia et de ses fonds sous-marins qui n'est pas dévolue aux activités de la base militaire américaine est classée en site Ramsar[20],[21],[22]. D'autres mesures de protection sont mises à l'étude comme l'interdiction totale de la pêche et un programme de protection des requins[22].

Conflit juridique et diplomatique autour de la création du parc marin[modifier | modifier le code]

Les militants chagossiens et leurs soutiens soupçonnent la décision de créer un parc marin d'être liée à une volonté du gouvernement britannique d'empêcher définitivement le réétablissement de la population sur l'archipel[23]. Les autorités assurent que ce n'est pas vrai[17],[24] mais des câbles diplomatiques de 2009 publiés par Wikileaks l'année suivante[25] dévoilent des discussions qui auraient eu lieu entre les Américains et les Britanniques et qui confirmeraient la thèse du parc marin comme obstacle pour les Chagossiens. L'un des officiels britanniques aurait même déclaré « Etablir une réserve marine pourrait bien, en effet, être la façon la plus efficace à long-terme d'empêcher les anciens habitants des Chagos ou leurs descendants de se réinstaller sur l'île »[26],[24]. En revanche, comme le soulignent les Américains, l'existence d'une base militaire dans la zone protégée pourrait à terme sembler étonnante aux yeux de l'opinion publique[27]. Les autorités britanniques et américaines n'ont pas souhaité confirmer ou démentir les révélations de Wikileaks puisqu'il s'agirait d'une violation du secret diplomatique[17],[24]. En 2013, après avoir jugé les preuves obtenues par Wikileaks recevables dans le conflit juridique opposant les Chagossiens au gouvernement britannique, la Haute Cour de Londres annule cette décision et déclare qu'elles ne peuvent être utilisées en raison du droit international relatif au secret diplomatique[28],[29].

Ces révélations altèrent cependant les relations entre les gouvernements mauriciens et britanniques. Au début du mois de décembre 2010, lors de la visite officielle de la princesse Anne de la famille royale britannique à l'Ile Maurice, le Premier Ministre mauricien Navin Ramgoolam choisit délibéremment de rompre le protocole diplomatique en ne se rendant pas aux événements auxquels elle est invitée[30],[31]. Le 21 décembre, il annonce qu'il va porter le cas du parc marin dont il juge la création illégale devant le Tribunal international du droit de la mer. Selon lui, seule l'Ile Maurice est en mesure de décider de la création d'un tel parc au regard du droit international[32]. Il déclare aussi que le gouvernement britannique mène « une politique de la tromperie »[33] et que ce parc marin est « un acte odieux de provocation contre l'Ile Maurice »[31]. En octobre 2012, le gouvernement mauricien refuse l'entrée de son port à un navire de Greenpeace en raison du soutien de l'ONG à la création du parc marin[34]. Après une déclaration officielle d'un représentant de Greenpeace qui explique que le soutien de l'organisation a toujours dépendu de « la claire assurance que la réserve marine protégée n'entrainera aucun préjudice pour les droits des Chagossiens ou la souveraineté de l'Ile Maurice », le navire est autorisé à mouiller à Port-Louis[35]. Le 18 mars 2015, le Tribunal international du droit de la mer donne raison au gouvernement mauricien et déclare la création du parc marin par le Royaume-Uni illégale. Il estime que « le Royaume-Uni n'a pas été en mesure de fournir une explication satisfaisante pour l'urgence avec laquelle il a proclamé la zone marine protégée le 1er avril 2010 ». Selon le jugement, l'Ile Maurice aurait dû être consultée et détient une souveraineté sur le territoire maritime des Chagos[36],[37].

Une étude d’impact menée par le Chagos Conservation Management Plan estime qu'il n’est pas écologiquement souhaitable de sacrifier cette réserve naturelle unique ; le littoral de ces îles de sable est sujet à un cycle de forte érosion naturelle suivie d’un ensablement saisonnier au rythme des moussons. Les Chagossiens habitaient autrefois à l’intérieur des îles[38], ce qui laissait les plages aux cocotiers et aux palétuviers dont les racines ralentissent le phénomène d'érosion. Une repeuplement humain, s’il impliquait l’aménagement de ce territoire selon des critères modernes et de développement touristique des plages et ainsi que la levée de l’interdiction de pêche commerciale côtière, serait préjudiciable à tout le biotope, selon ce même rapport, critiqué par ceux qui défendent le retour des Chagossiens[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag, ah, ai, aj et ak (en) « The World Factbook - British Indian Ocean Territory » (consulté le 22 janvier 2010)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (en) « World Statesmen - British Indian Ocean Territory » (consulté le 22 janvier 2010)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Nauvel 2007, p. 1 à 7 - introduction
  4. a, b et c (en) « Chagos Conservation Trust - About CCT »
  5. (en) Marine conservation in the British Indian Ocean Territory (BIOT) : science issues and opportunities, National Oceanography Centre Southampton, 16 p. (lire en ligne)
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (en) « Chagos Conservation Trust - About Chagos »
  7. Scott M. Fitzpatrick et Richard Callaghan (2008), « Seafaring simulations and the origin of prehistoric settlers to Madagascar », in Islands of Inquiry : Colonisation, Seafaring and the Archaeology of Maritime Landscapes (Geoffrey Richard Clark, Sue O'Connor et Bryan Foss Leach éds.), ANU E Press, Canberra, p. 47-58
  8. Romero-Frias, Xavier, (2012) Folk tales of the Maldives, NIAS Press, ISBN 978-87-7694-104-8, ISBN 978-87-7694-105-5
  9. a, b, c, d et e (en) Sandra Evers et Marry Kooy, Eviction from the Chagos Islands: Displacement and Struggle for Identity Against Two World Powers, vol. 1 : African History, Brill, , 293 p. (ISBN 9004202609), « A History of Chagos and the Chagossians »
  10. (en) Sydney Selvon, A New Comprehensive History of Mauritius: From the Beginning to this Day, vol. 2 : From British Mauritius to the 21st century, (ISBN 9994934929), « The Chagos Archipelago », p. 394-400
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  13. Olivier Péguy, « RFI - Les « Palestiniens de l'océan Indien » », sur www.rfi.fr (consulté le 8 septembre 2015)
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  18. Jean-Marc Poché, « Chagos : damer le pion aux Anglais | Le Mauricien », sur www.lemauricien.com,‎ (consulté le 12 juillet 2015)
  19. (en) British Indian Ocean Territory - Laws and Guidance for visitors, British Foreign & Commonwealth Office, 5 p. (présentation en ligne, lire en ligne), p. 1
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  23. Alain Dreneau, « La Cour Européenne des Droits de l’Homme est en vue », sur www.temoignages.re,‎ (consulté le 6 juillet 2015)
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  28. « CHAGOS : Londres protégé des révélations de Wikileaks », sur www.lemauricien.com,‎ (consulté le 12 juillet 2015)
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  30. « L’après WikiLeaks : Ramgoolam snobe la princesse Anne selon les observateurs anglais », sur www.lexpress.mu (consulté le 12 juillet 2015)
  31. a et b (en) Sean Carey, « WikiLeaks, Princess Anne and Mauritius », sur www.newstatesman.com,‎ (consulté le 12 juillet 2015)
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  33. (en) Richard Norton-Taylor et Rob Evans, « WikiLeaks cables: Mauritius sues UK for control of Chagos islands », sur the Guardian,‎ (consulté le 12 juillet 2015)
  34. « INTERDICTION D’ACCOSTER: Le PM invité à revoir sa position sur Greenpeace », sur www.lemauricien.com,‎ (consulté le 7 septembre 2015)
  35. « SOUVERAINETÉ DES CHAGOS: Greenpeace dissipe des doutes sur la MPA », sur www.lemauricien.com,‎ (consulté le 7 septembre 2015)
  36. Nilen Kattany, « Zone maritime des Chagos : la création du parc marin décrétée illégale », sur www.defimedia.info,‎ (consulté le 12 juillet 2015)
  37. (en) Sam Jones et Owen Bowcott, « UN ruling raises hope of return for exiled Chagos islanders », sur The Guardian,‎ (consulté le 12 juillet 2015)
  38. Leurs maisons, les objets et les traces de leur habitation restent tels qu’ils ont été abandonnés subitement au moment de leur départ. Voir Il était une île, Diego Garcia, Michel Daëron, documentaire diffusé le 21 janvier 2010 sur France 2 (Documentaires - France 2).
  39. Thierry Ollivry, Diego Garcia. Enjeux stratégiques, diplomatiques et humanitaires, L’Harmattan, , 193 p. (ISBN 9782296052765) (cf. Google books)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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