Reichssicherheitshauptamt

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Le Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sécurité du Reich, abréviation : RSHA) est une organisation créée le par le Reichsführer-SS Heinrich Himmler en fusionnant le SD (Sicherheitsdienst, « Office central de sécurité ») et la Sipo (Hauptamt Sicherheitspolizei, « Office central de la police de sécurité ») — organisme d'État incluant notamment la Gestapo (Geheime Staatspolizei) et la Kripo (Kriminalpolizei) — afin d'accroître l'efficacité de la lutte contre les « ennemis du Reich » et les « indésirables ». À partir de 1941, il a la tâche d'organiser la déportation et l'extermination des Juifs d'Europe — appliquant en cela les directives de « la solution finale de la question juive », die Endlösung der Judenfrage en allemand — en étroite collaboration avec les « chefs supérieurs de la SS et de la Police » (les HSSPf ) des divers pays d’Europe occupés[1].

Le RSHA est une des plus grandes organisations du IIIe Reich, en dehors de l'armée (Wehrmacht) et de la Waffen-SS. Il a été dirigé par le SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich jusqu’à sa mort[2] le , puis par Himmler[3] qui assura l'intérim et le contrôla attentivement même après la nomination en du successeur d’Heydrich, le SS-Obergruppenführer Ernst Kaltenbrunner.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'appareil central à Berlin est organisé en sept divisions (Ämter), alors que l'appareil régional est divisé en trois secteurs, le secteur du Reich, le secteur des territoires occupés et le secteur des zones envahies où opéraient les unités mobiles de tuerie dénommées Einsatzgruppen, placées directement sous l'autorité opérationnelle de Reinhard Heydrich[4] :

Organigramme du RSHA en 1941.

Les principales divisions[modifier | modifier le code]

DIVISION (Amt) FONCTIONS CHEFS
Ire division Organisation et personnel SS-Brigadeführer[a] Bruno Streckenbach
IIe division Administration et économie SS-Standartenführer[b] Dr Hans Nockemann (de)[c]
IIIe division SD-Inland
Renseignement et sécurité - intérieur
Organe du parti nazi NSDAP
s’occupait de ceux qui étaient ethniquement Allemands,
mais hors des frontières du Reich avant les annexions
SS-Standartenführer Otto Ohlendorf
IVe division GESTAPO
Police secrète d'État
SS-Gruppenführer[d] Heinrich Müller
Le SS-Obersturmbannführer[e] Adolf Eichmann, à la tête de la section IV B-4
  • Judenangelegenheiten,
  • Räumungsangelegenheiten

a été chargé, à partir de Berlin, de l'organisation de la solution finale, et de sa bonne mise en œuvre de 1942 à 1944[f].
D'autres sections s'occupaient de l'Église, des francs-maçons, de la police des frontières, du contre-espionnage (Horst Kopkow pour le IV A 2), etc.

Ve division Kripo
Police criminelle, dans le sens non politique
SS-Brigadeführer Artur Nebe[g]
VIe division SD-Ausland
Renseignement et sécurité - extérieur
Organe du parti nazi NSDAP
Espionnage à l'étranger et contre-espionnage
SS-Brigadeführer Heinz Jost, puis à partir de 1942
le SS-Brigadeführer Walter Schellenberg (voir aussi le SS-Obersturmbannführer Wilhelm Höttl)
VIIe division Documentation et conception du monde
(propagande, idéologie, archives, etc.)
SS-Standartenführer Pr Franz Six

Représentants dans les territoires occupés[modifier | modifier le code]

Dans les territoires occupés, le RSHA était représenté par les Befehlshaber der SP und des SD (BdS) avec sous leurs ordres les Kommandeure der SP und des SD (KdS). Ils ont joué un rôle important dans la préparation et la mise en œuvre des opérations de déportation des Juifs comme cela a été le cas pour Helmut Knochen lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver à Paris en . La plupart des représentants du RSHA dans les divers territoires occupés sont énumérés ci-dessous :

Le RSHA fournissait des forces de sécurité, sur demande, aux chefs de police et aux SS locaux.

L’Amt IV : la Gestapo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gestapo.

La IVe division, celle de la Gestapo dirigée par le SS-Brigadeführer Heinrich Müller, est l'une des plus connues dans la mesure où elle fut directement chargée, entre autres, de l'extermination des Juifs d'Europe et autres « indésirables » (tsiganes, etc.).

C'est dans celle-ci que travaillait le SS-Obersturmbannführer Adolf Eichmann, qui dirigeait la section IV B-4 chargée des « affaires juives ».

D'autres sections s'occupaient de l'Église, des francs-maçons, de la police des frontières, du contre-espionnage (Horst Kopkow pour la section IV A-2), etc.

La section dirigée par Eichmann comptait comme responsables, selon le témoignage du SS-Hauptsturmführer[h] Dieter Wisliceny[5] :

Dans l'équipe personnelle d'Eichmann, Wisliceny citait aussi le SS-Untersturmführer[i] Richard Hartenberger et le SS-Hauptsturmführer Franz Novak[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Équivalent de général de brigade en France.
  2. Équivalent de colonel en France.
  3. Puis à partir du le SS-Obersturmbannführer Rudolf Siegert (de), en 1943 le SS-Standartenführer Kurt Prietzel (de), à compter du le SS-Standartenführer Josef Spacil (de)).
  4. Équivalent de général de division en France.
  5. Équivalent de lieutenant-colonel en France.
  6. Ensuite affecté en Hongrie jusqu'à la fin du conflit, soit quelques mois, Eichmann a consciencieusement poursuivi sa tâche, à un « niveau plus concret », en organisant directement la déportation vers la mort de 450 000 Juifs hongrois, sur les quelques 800 000 recensés.
  7. À compter du , le SS-Obersturmbannführer Friedrich Panzinger (de).
  8. Équivalent de capitaine en France.
  9. Équivalent de sous-lieutenant en France.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Par exemple, Carl Oberg est le HSSPf en France.
  2. Survenue à la suite d'une attaque de résistants tchécoslovaques parachutés après s’être entraînés au Royaume-Uni.
  3. Bernhard Strebel, Ravensbrück, un complexe concentrationnaire. Librairie Arthème Fayard, 2005. (ISBN 2-213-62423-2). Note 11 p. 573.
  4. Raul Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, Folio/Histoire éd. Gallimard 1991 p. 246.
  5. a et b Affidavit of Dieter Wisliceny Source : Nazi Conspiracy and Aggression. Volume VIII. USGPO, Washington, 1946/p. 606-619. [This affidavit is substantially the same as the testimony given by Wisliceny on direct examination before the International Military Tribunal at Nurnberg, 3 January 1946].

Annexes[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Johann Chapoutot, La loi du sang : Penser et agir en nazi, Paris, Gallimard, , 567 p. (ISBN 978-2-07-014193-7).
  • Christian Ingrao, Croire et détruire : Les intellectuels dans la machine de guerre SS, Paris, Fayard (ed.utilisée : Pluriel), 2010 (2011), 703 p. (ISBN 978-2-8185-0168-9).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Adam Tooze, Le salaire de la destruction : Formation et ruine de l'économie nazie, Paris, Les Belles Lettres, , 806 p. (ISBN 978-2-251-38116-9).Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Shoah
  • Allemagne nazie
  • Wilfried Krallert, directeur de la Fondation du Reich pour les Études Géographiques (dépendant du RSHA) et chef du Kuratorium, dépendant du bureau III et VI du RSHA et chargé de la coordination entre le renseignement intérieur et extérieur
  • Eichmannreferat (de)

Liens externes[modifier | modifier le code]