Soukhoumi

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Soukhoumi
სოხუმი
Blason de Soukhoumi
Héraldique
Vue de l'Université de Soukhoumi.
Vue de l'Université de Soukhoumi.
Administration
Pays Drapeau de la Géorgie Géorgie
Subdivision Abkhazie
Maire Adgur Kharazia
Code postal 44xxxxxx
Indicatif téléphonique +995 442
Démographie
Population 43 700 hab. (2003)
Densité 117 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 00′ nord, 41° 01′ est
Altitude 72,5 m
Superficie 37 200 ha = 372 km2
Histoire
Fondation VIe siècle av. J.-C.
Statut Ville selon les uns, capitale selon les autres
Ancien(s) nom(s) Dioscourias (VIe e- Ier siècle av. J.-C.)
Sébastopolis (Ier siècle av. J.-C. - VIe siècle)
Tskhoumi (VIe siècle-1570)
Suhumkale (1570-1878)
Localisation

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Soukhoumi

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Soukhoumi
Liens
Site web sukhum.abkh.eu

Soukhoumi ou Sokhoumi (en géorgien : სოხუმი, Sokhumi ; en abkhaze : Аҟәа, Aqwa ; en russe : Сухум, Soukhoum) est la capitale de l'Abkhazie, région séparatiste de la Géorgie. Sa population est de 64 478 habitants en ville en 2011, contre 43 700 en 2003 et près de 120.000 en 1989. Cette diminution s'explique par l'expulsion de la population géorgienne par l'armée russe au début des années 1990. Autrefois station balnéaire réputée de la mer Noire, la ville a durement souffert des combats lors de la guerre des indépendantistes abkhazes et des Russes contre la Géorgie, beaucoup d'immeubles et des infrastructures ferroviaires restant en ruine.

Généralités[modifier | modifier le code]

Port, de nœud ferroviaire et de station balnéaire, Soukhoumi située au bord d'une large baie sur la côte est de la mer Noire, possède le plus grand aéroport de la région d'Abkhazie, l'Aéroport de Soukhoumi-Dranda. Bénéficiant d'un climat pontique, la ville abrite un jardin botanique créé en 1840. Jusqu'en 1992, Soukhoumi était une ville multiculturelle, neuf langues différentes y étaient parlées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Soukhoumi en 1912 (photographie couleur de Sergueï Prokoudine-Gorski).

L'histoire de la ville débute au VIe siècle av. J.-C., lorsque des colches s'installent dans la région. Une colonie grecque fondée par la cité de Milet se développe ensuite, sous le nom de Dioscurias (en grec: Διοσκουριός, qui fait référence à une fondation mythique par les Dioscures). Le port sert alors pour le commerce du sel du Caucase, du bois et du lin et des esclaves, en direction principalement de la Grèce : selon Xénophon[1] ce furent les Lacédémoniens, de tous les Grecs les moins adonnés au commerce, qui fondèrent une colonie sur la côte qui séparait les Achéens de la Colchide. Ils prirent le nom d'Hénioques[2]), et appelèrent leur capitale Dioscurias.

La baie de Soukhoumi vue du ciel.

Rattachée au Royaume du Pont sous le règne de Mithridates VI au IIe siècle av. J.-C., la région est ensuite conquise par les Romains sous Auguste, appelé en grec Sebastos, qui rebaptisa la ville Sebastopolis.

En 542, les Romains d'Orient durent céder la cité aux Perses sassanides mais deux décennies plus tard, en 565, sous le règne de l'empereur Justinien Ier, ils la reprirent. La région demeura une place forte byzantine jusqu'à sa prise en 736 par les Arabes, qui la pillèrent et rasèrent. Aux XIIe et XIIIe siècle, une nouvelle ville du nom de Tskhumi fut élevée sur les ruines de Sebastopolis. Tskhumi prospéra sous les royaumes abkhazes alors chrétiens. Les Génois y établirent au XIVe siècle un comptoir commercial, mais qui sera rapidement abandonné. Après 1570, Tskhumi fut occupée par les Turcs, qui la nommèrent Suhumkale, kale signifiant « forteresse » en turc. C'est sous la domination ottomane qu'une partie des habitants de l'Abkhazie commença à se convertir à l'islam pour ne plus avoir à payer le Haraç (impôt sur les non-musulmans).

Le prince d'Abkhazie, allié de la Russie contre l'Empire ottoman, demanda en 1810 une attaque de la ville par la marine russe, qui prit la ville. Le port fut dès lors utilisé comme une base importante de l'Empire russe. Durant la guerre russo-turque, entre 1877 et 1878, Suhumkale fut brièvement occupée à nouveau par les Ottomans.

Après la révolution russe de 1917, un soviet bolchevik s'installa à Soukhoumi pour être ensuite chassé de la ville en 1918 lorsque la région fut incorporée à la République démocratique de Géorgie, qui en fit le chef-lieu du Conseil Autonome Populaire d'Abkhazie et le quartier général du gouverneur général de l'Abkhazie. L'Armée rouge s'empara de la ville en 1921 et anéantit le gouvernement géorgien, incorporant l'Abkhazie et la Géorgie à l'URSS. Soukhoumi fut désignée en 1931 par les autorités soviétiques comme capitale de la République socialiste soviétique autonome d'Abkhazie, elle-même partie de la République Socialiste Soviétique de Géorgie.

La NKVD installa le 27 juillet 1945 un Institut de physique mathématique[3], où furent détenus de 1945 à 1954 plusieurs ingénieurs et physiciens allemands, notamment pour le développement de la bombe atomique soviétique[4].

En 1989, la ville de Soukhoumi comptait 100 000 habitants et servait de station balnéaire, accueillant de nombreux touristes venus des autres régions de l'URSS.

Lors du conflit armé qui dura quatre ans de 1989 à 1993, la ville fut considérablement détériorée par les combats des indépendantistes abkhazes et les attaques aériennes de la Russie contre les autorités Géorgiennes. En 1993 la population géorgienne de la ville, communauté jusque-là la plus nombreuse, subit le massacre de Soukhoumi, commis par des indépendantistes abkhazes et l'armée russe. Les Géorgiens survivants s'enfuirent par mer ou à pied vers les régions du pays encore sous autorité du gouvernement géorgien, et en particulier dans la région de Zougdidi. Ceux qui voulurent rester furent pour la plupart expulsés. En rétorsion, la Géorgie imposa un blocus économique rendant difficile la vie quotidienne dans la petite capitale désormais à moitié dépeuplée. Après la déclaration d'indépendance de 2008, la paix revint dans la capitale abkhaze, ville devenue bon marché car sous-peuplée et peu active : seuls deux pays commercent régulièrement avec elle, la Russie et la Turquie (voir l'article Abkhazie). Soukhoumi a été partiellement reconstruite, mais les conséquences de la guerre sont encore visibles. Depuis la proclamation de l'indépendance de l'Abkhazie, reconnue par la Russie en 2008, Soukhoumi est la capitale de cette république.

Démographie[modifier | modifier le code]

Ethnies[modifier | modifier le code]

Année Abkhazes Arméniens Estoniens Géorgiens Grecs Russes Turcs Ukrainiens Total
1897 1,8 % (144) 13,5 % (1.083) 0,4 % (32) 11,9 % (951) 14,3 % (1.143) 0,00 % (1) 2,7 % (216) 7.998 habitants
1926 3,1 % (658) 9,4 % (2.023) 0,3 % (63) 11,2 % (2.425) 10,7 % (2.298) 23,7 % (5.104) 10,4 % (2.234) 21.568 habitants
1939 5,5 % (2.415) 9,8 % (4.322) 0,5 % (206) 19,9 % (8.813) 11,3 % (4.990) 41,9 % (18.580) 4,6 % (2.033) 44.299 habitants
1959 5,6 % (3.647) 10,5 % (6.783) 31,1 % (20.110) 4,9 % (3.141) 36,8 % (23.819) 4,3 % (2.756) 64.730 habitants
1979 9,9 % (10.766) 10,9 % (11.823) 38,3 % (41.507) 6,5 % (7.069) 26,4 % (28.556) 3,4 % (3.733) 108.337 habitants
1989 12,5 % (14.992) 10,3 % (12.242) 41,5 % (49.460) 21,6 % (25.739) 119.150 habitants
2003 65,3 % (24.603) 12,7 % (5.565) 0,1 % (65) 4,0 % (1.761) 1,5 % (677) 16,9 % (8.902) 1,6 % (712) 43 716 habitants
2011 67,3 % (42.603) 9,8 % (6.192) 2,8 % (1.755) 1,0 % (645) 14,8 % (9.288)

Monuments et sites naturels[modifier | modifier le code]

Soukhoumi compte de nombreux monuments, dont le pont de Beslet, bâti lors du règne de la Reine Tamar de Géorgie, au XIIe siècle. Il existe également des ruines provenant du fort génois construit au XIVe siècle, des fortifications construites par les princes abkhazes et de la forteresse ottomane du XVIIIe siècle.

À 22 kilomètres de Soukhoumi se trouve le site de l'ancienne cité médiévale d'Anacopia, aujourd'hui Nouvel Athos, avec son célèbre monastère.

Au nord se trouve le gouffre Krubera-Voronja, le plus profond au monde.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Xénophon, Anabase, pp. 49 et 50. Trad. de M. Larcher)[réf. incomplète],
  2. « les cochers » en grec : Heniochos en grec signifie mot à mot : « celui qui tient les rênes » selon Emile Boisacq, Dictionnaire étymologique de la langue grecque
  3. D'après « Polonium 210 comes from Abkhazia – Georgian Greens », The Messenger, Tbilissi,‎ (lire en ligne).
  4. D'après Michael Schaaf, Heisenberg, Hitler und die Bombe. Gespräche mit Zeitzeugen, Berlin, GNT-Verlag, , « Wir haben die russische Atombombe beschleunigt: Interview mit Manfred von Ardenne ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]