Constanța

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Constanța
(tr) Köstence
(el) Κωνστάντζα
(bg) Кюстенджа
Blason de Constanța
Héraldique
Drapeau de Constanța
Drapeau
Cazinoul din Constanta la rasarit HDR.jpg
Constanta Historisches Museum.JPG Constanta Griechische Kirche.JPG
Restorated medieval lighthouse and modern radio tower.jpg Constanta Moschee.JPG Fatada principala Casei cu Lei.JPG
De gauche à droite: Casino de Constanța, Musée d'archéologie et d'histoire, Église grecque pontique, Phare dit « génois »[1], Mosquée Carol Ier, Maison aux lions.
Administration
Pays Drapeau de la Roumanie Roumanie
Région Blason de la Dobrogée Dobrogée
Județ Actual Constanta county CoA.png Constanța
Maire
Mandat
Decebal Făgădău (PSD)
depuis
Code postal 900xxx
Indicatif téléphonique international +(40)
Démographie
Gentilé Constanzain, constanzaine
Population 425 916 hab.[2] ()
Densité 3 410 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 11′ 00″ nord, 28° 39′ 00″ est
Altitude 28 m
Superficie 12 489 ha = 124,89 km2
Superficie de l'agglomération 12 166 ha = 121,66 km2
Fuseau horaire +02:00 (heure d'hiver)
+03:00 (heure d'été)
Divers
Site(s) touristique(s) Plages, parcs des falaises, musées, parc archéologique, Mamaia
Code SIRUTA 60419
Localisation

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Constanța

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Constanța
Liens
Site web www.primaria-constanta.ro

Constanța (prononcé : konˈstant͡sa Prononciation du titre dans sa version originale Écouter), en grec Κωνστάντζα / Konstantsa, en turc : Köstence, en bulgare Кюстенджа (Kioustendza), est une ville portuaire de l'est de la Roumanie située sur les rives occidentales de la mer Noire : elle est le chef-lieu du județ de Constanța en Dobrogée.

La municipalité de Constanța compte une population de 283 812 habitants en 2011[2] (la cinquième du pays par le nombre d'habitants), mais l'agglomération compte environ 450 000 habitants avec les communes limitrophes sur une superficie de 1 013,5 km2, soit la seconde agglomération du pays après Bucarest.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Constantiana lui a été donné par l'empereur romain Constantin Ier (274-337) en l'honneur de sa sœur Constantia. Auparavant la cité se nommait en grec ancien Tomis ou Tomes signifiant « tranché ». Une légende relie ce nom à Jason, à Médée et aux Argonautes, selon laquelle, s'enfuyant avec la toison d'or, ils ont pris en otage Apsyrte fils d'Éétès, roi de Colchide (l'actuelle Géorgie) et que, en passe d'être rattrapés par la flotte de ce dernier, ils ont mouillé ici, découpé l'otage en morceaux et dispersé ceux-ci afin de retarder leur poursuivant, obligé de les chercher et de les ramasser pour donner une sépulture honorable à son fils. Toutefois, les archéologues et historiens Theodor Capidan, George Vâlsan et Adrian Rădulescu pensent que Tomis provient en réalité de la forme du port antique, aujourd'hui enfoui sous la gare maritime moderne, qui coupait la ligne de côte, à l'ouest de ce qui était alors la presqu'île de Tomis. Sur les portulans génois du XIVe siècle, la cité apparaît sous le double nom de « Constanza » ou « Tomi ». Depuis qu'elle est roumaine (1878), elle se nomme Constanța, prononcé « Constántsa ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte du Service hydrographique de la Marine française : port de Constanța, 1893
Panorama de Constanța.
Vue satellite de Constanța et de son port en 2001
  • Préhistoire : un village de pêcheurs mésolithiques s'élève ici, laissant des traces d'habitations, d'outils et de coquilles antérieures aux Gètes (Thraces septentrionaux).
  • Ve siècle av. J.-C. : après la colonisation du Pont Euxin, les Ioniens lui donnent au Ve siècle av. J.-C. le nom de Tomis. Au IIIe siècle av. J.-C., son développement atteint son apogée. Ovide, le célèbre poète latin, y est exilé en 8 ap. J.-C. et y meurt en 17. Entre temps arrivent des Scythes, qui se mêlent aux Gètes, aux Grecs et aux Romains. La région est alors surnommée « Scythia Minor » et fait partie de la province romaine de Mésie.
  • 311 - lorsque l'empereur romain Galère (d'origine dace) décrète la liberté de religion pour les chrétiens en 311, la ville est élevée au rang de métropole de la « Scythie mineure » (patrie de Jean Cassien), avec 14 évêchés. On y parle et écrit alors autant le grec que le latin.
  • IVe siècle : la ville reçoit le nom de Constantiana.
  • IVe au XIe siècle : du IVe au XIe siècle, toute la région subit les invasions des Goths, Huns, Slaves, Avars, Bulgares et autres, au point que l'Empire finit par l'abandonner au VIIIe siècle : la ville n'est plus que ruines. Aucune mention ne nous en est parvenue des quatre siècles de domination bulgare. L'Empire (désormais appelé byzantin) en reprend le contrôle en 977 et la relève, car c'est un abri naval important entre Constantinople et les bouches du Danube. Des populations grecques, valaques, bulgares et arméniennes laissent des inscriptions et sont signalées par les chroniques byzantines[3].
  • Après les invasions russes et petchénègues, le Regnum Bulgarorum et Valachorum (royaume des Bulgares et des Valaques, dans les documents de l'époque, indépendant de Byzance en 1186) hérite de la ville, mais la grande invasion tatare de 1223 réduit à nouveau tout à néant.
  • 1325 - 1389 : la Dobrogée est indépendante et Constanza est une escale génoise (comme de nombreux autres ports en mer Noire et sur le Bas-Danube)[4].
  • 1389 - 1422 : elle fait partie de la principauté de Valachie.
  • 1422 - XVIIIe siècle : lors de la conquête par les Turcs au XVe siècle la ville, alors appelée Köstence (prononcé Queustendjé) connaît un déclin majeur, et ne compte plus, selon les recensements turcs du XVIIIe siècle, qu'une centaine de foyers : ce sont des pêcheurs ou charpentiers de marine grecs pontiques, des bergers roumains (les « Diciens »), des jardiniers bulgares et des marchands et militaires turcs, soit pas plus de 2 000 habitants en tout.
  • XVIIIe siècle - 1812 : la région devient champ de bataille entre la Russie et l'Empire ottoman ce qui dépeuple encore plus la ville.
  • 1812 - 1878 : la Russie ayant annexé la Bessarabie, l'Empire ottoman a désormais une frontière commune avec l'Empire russe. La guerre de Crimée la ravage et le médecin français Camille Allard la trouve quasi-désertée en 1855[5] mais ensuite Constanța devient un refuge, où des Lipovènes, des Tatars et des bergers transylvains (les « Mocans ») s'ajoutent à la population revenue. En 1861 les Britanniques construisent un chemin de fer qui la relie au Danube, pour écouler les grains de la Valachie.
  • À partir de 1878, lors du rattachement à la Roumanie, celle-ci, grâce à des capitaux britanniques, français et allemands, développe son unique grand port, qui devient un prospère centre industriel et commercial, port d'attache de la flotte du Service maritime roumain. Constanza fut parmi les premières villes d'Europe à utiliser l'électricité pour l'éclairage[6]. Dans l'Entre-deux-guerres, tandis qu'Odessa et les autres ports russes périclitent en raison de la révolution russe et de ses suites, Constanza devient le plus grand port de la mer Noire, avec plus de 70 % du trafic de celle-ci.
  • Comme toute la Roumanie, Constanza est soumise aux régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de février 1938 à décembre 1989. Entre autres, Nicolae Ceaușescu fait ici une partie de sa carrière à ses débuts.
  • Dans la décennie 1990, avec le rétablissement de la démocratie et l'ouverture des frontières, Constanza devient une ville très dynamique au niveau de vie parmi les plus élevés du pays dont elle est la seconde agglomération après Bucarest.
  • Suite à la crise financière mondiale débutant en 2007, au regain régional de tension internationale lié au retour de la Russie aux pratiques soviétiques, à la crise de Crimée et à la guerre du Donbass, ainsi qu'au mandat à Constanza même, du maire controversé Radu Mazăre qui finit condamné pour corruption et association de malfaiteurs[7],[8], les activités maritimes déclinent fortement et la ville, surnommée Mazaristan par ses habitants, perd sa prospérité et son rang de seconde agglomération du pays.

Démographie[modifier | modifier le code]

Historique des recensements
Ann. Pop.  %±
1912 27 201
1930 59 164 117,5%
1948 78 586
1956 99 676 26,8%
1966 150 276 50,8%
1977 256 978 71,0%
1992 350 581 36,4%
2002 310 471 −11,4%
2011 283 872 −8,6%

Ethnies[modifier | modifier le code]

Composition ethnique en 2011[2]

  •      Roumains (83,1%)
  •      Turcs (2,29%)
  •      Tatars (2,59%)
  •      Autres (1,63%)
  •      Non-déclarée (10,36%)
Ethnie 1853[9] 1895[10] 1913[11] 2002[12] 2011[2]
Roumains 279 5,4 % 2 519 24,1 % 15 663 57,6 % 286 332 92,2 % 83,1 %
Tatars 1 853 35,6 % 2 202 21,1 % 277 1,0 % 8 724 2,8 % 2,6 %
Turcs 104 2,0 % 2 451 9,0 % 9 018 2,9 % 2,3 %
Grecs 1 542 29,6 % 2 460 23,6 % 3 170 11,6 % 546 0,2 %
Bulgares 342 6,5 % 1 060 10,1 % 940 3,4 % 48 > 0,1 %
Juifs 344 6,6 % 855 8,2 % 1 266 4,6 % 44 > 0,1 %
Roms 127 2,4 % Données indisponibles 2 962 0,95 %
Total 5 204 100,0 % 10 419 100,0 % 27 201 100,0 % 310 471 100,0 % 100,0 %

Religions[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2011, 83 % des habitants de Constanța ont déclaré être de tradition orthodoxe et 5 % de confession musulmane, 1,5 % pratiquant une autre religion et 10,5 % n'ayant pas souhaité répondre à cette question[13].

En raison de son passé ottoman, la ville abrite près d'un quart de la population musulmane de Roumanie[14], ainsi que la plus grande mosquée du pays, bâtie en 1911 par le roi Carol Ier.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1996 2000 Gheorghe Mihăieș PD  
2000 2015 Radu Mazăre Indépendant, puis PSD  
2015 en cours Decebal Făgădău PSD par intérim jusqu'en juin 2016

Personnes célèbres nées à Constanța[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Constanța.

Universités et institutions culturelles ou scientifiques[modifier | modifier le code]

Statue d'Ovide, qui a fini sa vie ici.
  • Université Ovidius
  • Université Maritime (École navale)
  • Institut roumain de recherches marines (IRCM) : hydrographie, biologie marine, halieutique et océanographie
  • Centre de géologie et de géonomie marine, devenu Institut national de recherches et de développement GeoEcoMar.
  • Musée d'histoire et d'archéologie (MINAC): histoire de la Mésie, province située entre le Danube et la mer Noire, du paléolithique à nos jours.
  • Musée d'art
  • Musée d'histoire de la marine
  • Centre d'histoire naturelle et des sciences de l'univers : aquarium, marineland et planétarium.

Constanța possédant environ 500 centres d'enseignement, les élèves peuvent également suivre des cours de russe, grec ou turc (à cause des minorités lipovènes, helléniques, turques, bulgares ou tatars) comme Lv3, après le roumain et, au choix en LV2, l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien ou le chinois.

Transports[modifier | modifier le code]

L'aéroport international Mihail-Kogălniceanu (Aeroportul Internațional Mihail Kogălniceanu Constanța) est situé à une vingtaine de km de Constanța (code AITA : CND).

La ville est aussi desservie par des trains Rapid sur la ligne BucarestMangalia de la CFR.

Le transport urbain suit une évolution à l'encontre des politiques européennes qui privilégient les transports électriques et par rail (trolleys et trams) : à Constanța, l'élection en 2000 du maire Radu Mazăre (qui a enchaîné 4 mandats), s'est traduite par la suppression des transports électriques (on a même enlevé les rails des trams), remplacés par des bus à énergies fossiles, comme on le faisait aux États-Unis et en France dans les années 1950 et 1960, lorsque le pétrole était abondant et bon marché.

Constanța est l'extrémité orientale de l'itinéraire européen E 60 au départ de Brest (France) via Nantes, Mulhouse, Zurich, Salzbourg, Vienne, Bratislava, Budapest, Bucarest.

Constanța est aussi une des extrémités de l’EuroVelo 6 (EV 6), également dénommée « la route des fleuves », une véloroute EuroVelo longue de 3 653 km faisant partie d’un programme d’aménagement de voie cyclable à l’échelle européenne, qui relie la mer Noire, au port atlantique de Saint-Nazaire en France.

Économie[modifier | modifier le code]

Le port de commerce de Constanța

Constanța est le premier port de Roumanie, avec des terminaux pétroliers et à conteneurs. La ville a une importante industrie, commerce et tourisme naturel. Beaucoup d'industries pétrolières et d'entreprises d'import-export se situent à Constanța du fait de ses installations portuaires.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La mer Noire gelée en hiver autour du casino de Constanța

Le tourisme est très développé dans la ville, grâce à ses monuments de toutes époques, depuis la Halle romaine aux mosaïques, jusqu'au Casino moderne à la grande baie vitrée en forme de coquille Saint-Jacques.

Sport[modifier | modifier le code]

La ville est célèbre en Roumanie comme en Europe pour son club de handball, le HCM Constanța.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Statue de la Liberté (Statuia Libertății)

La ville de Constanța est jumelée avec[15] :

Constanța entretient également des accords de partenariat avec :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Seul le soubassement du XIVe siècle est génois, le phare lui-même date de 1860 et a été construit par l'ingénieur français d'origine arménienne Artin Aslan en 1858-1860 pour la compagnie britannique Danube & Black Sea Railway sous les auspices de Marius Michel
    (ro) Ștefan Bălan et Ștefan N. Mihăilescu, Istoria științei și tehnicii în România, date cronologice, éd. de l'Académie roumaine, Bucarest 1985, p. 37.
  2. a, b, c et d (ro) « Tab8. Populația stabilă după etnie – județe, municipii, orașe, comune », sur Institutul Național de Statistică din România (consulté le 17 août 2015)
  3. Jean Skylitzès : Synopsis historiôn
  4. Piero Boccardo, Clario Di Fabio (dir.), Il secolo dei genovesi, ed. Electa, Milan 1999, 472 p., (ISBN 9788843572700) ; Octavian Iliescu, Contributions à l'histoire des colonies génoises en Roumanie aux XIIIe - XVe siècles, Revue Roumaine d'Histoire, no 28 de 1989, p. 25-52.
  5. Camille Allard : Entre mer Noire et Danube, Dobroudja 1855, éd. "Non Lieu" 2013, (ISBN 978-2-35270-135-4).
  6. Mihail Șerbănescu, Constanța, Romart Design 2002, (ISBN 973-97864-2-1)
  7. Mariana Iancu, Cristian Stănescu, « Radu Mazare are un nou dosar la colectie », sur Cotidianul,‎ (consulté en 5 octombrie 2008)
  8. « Mazare, cercetat de DNA pentru retrocedari ilegale », sur Evenimentul zilei,‎ (consulté en 5 octombrie 2008)
  9. (ro) Dobrogea în secolele VII - XIX: evoluţie istorică, Ed. DC Promotions, (ISBN 9789738678231, lire en ligne)
  10. (en) Lucian Boia, History and Myth in Romanian Consciousness, Central European University Press, (ISBN 9789639116979, lire en ligne), p. 182
  11. La Dobrogea roumaine: études et documents, (lire en ligne)
  12. (ro) « Structura Etno-demografică a României », sur www.edrc.ro (consulté le 2 décembre 2015)
  13. (ro) « Tab13. Populaţia stabilă după religie – judeţe, municipii, oraşe, comune », sur Institutul Național de Statistică din România (consulté le 24 septembre 2015)
  14. 14 557 des 64 337, soit 23 %, des musulmans de Roumanie vivent à Constanța.
    (ro) « Tab13. Populaţia stabilă după religie – judeţe, municipii, oraşe, comune », sur Institutul Național de Statistică din România (consulté en 17 août2015)
  15. Orase infratite

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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