Réalisme socialiste

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L'Ouvrier et la Kolkhozienne de l'artiste soviétique Vera Ignatievna Moukhina.
Building à Varsovie (1955) dans la série des gratte-ciel staliniens construits dans le bloc de l'Est.
Monument à Staline à Prague (1955-1962) autre exemple gigantesque du réalisme socialiste.
Позвольте нам бороться за мир - Wir kämpfen für das Friede - Nous luttons pour la paix - huile sur toile (6 m x 3 m, 1951).

Le réalisme socialiste (abrévié соцреализм en russe et soreal dans les pays satellites) est une doctrine littéraire et artistique du XXe siècle inspirée du réalisme et dans laquelle l’œuvre doit refléter et promouvoir les principes du communisme de type soviétique.

En Union soviétique, dans le bloc de l'Est, en Mongolie communiste, en Chine, en Corée du Nord, au Vietnam, à Cuba et dans une moindre mesure en Yougoslavie, le réalisme socialiste est un courant artistique érigé en canon par un État dit marxiste-léniniste pour illustrer de manière la plus figurative possible, dans des postures à la fois académiques et héroïques, la « réalité sociale » des classes populaires, des travailleurs, des militants et des combattants des guerres dans lesquelles ces pays furent impliqués[1]. Le réalisme socialiste fait de l'art un instrument d'éducation et de propagande[2], en mettant de l'avant la critique et la représentations des contradictions du capitalisme et la description du développement révolutionnaire et l'émancipation du prolétariat et la paysannerie.

Le concept de « réalisme socialiste » est établi comme doctrine et forme d'art officielle de l'Union Soviétique lors de débats qui ont lieu entre la création en 1932 et le Ier Congrès de l'Union des écrivains soviétiques en 1934.

Évolution historique du réalisme socialiste[modifier | modifier le code]

Élaboration de la doctrine[modifier | modifier le code]

« Le réalisme socialiste, étant la méthode fondamentale de la littérature et de la critique littéraire soviétiques, exige de l'artiste une représentation véridique, historiquement concrète de la réalité dans son développement révolutionnaire. D'autre part, la véracité et le caractère historiquement concret de la représentation artistique du réel doivent se combiner à la tâche de la transformation et de l'éducation idéologiques des travailleurs dans l'esprit du socialisme. »

— Extrait des statuts de l'Union des écrivains soviétiques, 1934

Soviétisation de l'art en République démocratique allemande et dans le reste de l'Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

Murale socialiste réaliste au Palais de la Culture de Dresde, Allemagne de l'Est.

Les premier jalons de l'implantation du réalisme socialiste soviétique en République démocratique allemande sont la construction de Maison de la culture de l’Union soviétique à Berlin-Est en février 1947, l'application de la Doctrine Jdanov en Europe de l'Est qui mène la tenue de la 3e exposition nationale de Dresde en mars 1953, où le réalisme socialiste est mis de l'avant, et la création d’une Union des artistes plasticiens (Verband Bildender Künstler, VBK) en 1952[3].

Réalisme socialiste en Chine maoïste[modifier | modifier le code]

Sculpture au cimetière des Martyrs de Longhua, Shanghai.

« Dans le monde d'aujourd'hui, toute culture, toute littérature et tout art appartiennent à une classe déterminée et relèvent d'une ligne politique définie. Il n'existe pas, dans la réalité, d'art pour l'art, d'art au-dessus des classes, ni d'art qui se développe en dehors de la politique ou indépendamment d'elle. La littérature et l'art prolétarien font partie de l'ensemble de la cause révolutionnaire du prolétariat ; ils sont, comme disait Lénine, "une petite roue et une petite vis du mécanisme général de la révolution". »

— Mao Zedong, Interventions aux causeries sur la littérature et l'art à Yenan, 1942

Pendant la Révolution culturelle, sous l'autorité de Jiang Qing, la dernière épouse de Mao Zedong, seule huit œuvres peuvent être jouées dont deux ballets, Le Détachement féminin rouge et La Fille aux cheveux blancs.

Déclin du réalisme socialiste comme doctrine[modifier | modifier le code]

Auditorium en ruine au monument de Buzludzha, Bulgarie.

La période des années 1970 et 1980 est présentée comme une période de déclin du réalisme socialiste[3].

Réalisme socialiste contemporain[modifier | modifier le code]

Œuvres réalistes socialistes dans le monde[modifier | modifier le code]

Union Soviétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : réalisme socialiste soviétique.

République démocratique allemande[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : réalisme socialiste en France.

Canada[modifier | modifier le code]

Les œuvres du peintre Frederick B. Taylor, qui montrent les milieux ouvriers de Montréal, sont considérés comme appartenant au réalisme socialiste[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Aucouturier, Le Réalisme socialiste, Paris, PUF, « Que sais-je », 1998.
  2. « Réalisme », dans Le Grand Robert 2017, Dictionnaires Le Robert, Paris, 2017
  3. a et b Bazin Jérôme, « Le réalisme socialiste et ses modèles internationaux », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1/2011 (no 109), p. 72-87.
  4. Luis de Moura Sobral, « Peinture et luttes sociales:· Talking Union de Frederick B. Taylor », Journal of Canadian Art History / Annales d'histoire de l'art canadien, Vol. IV:2 (1978), p. 111-120

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robin Régine, Le réalisme socialiste. Une esthétique impossible, Paris, Payot, 1986, 348 p.