Démocratisation

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Les différentes vagues de démocratisation

Jusqu'à présent, il est possible de comptabiliser au moins trois grandes vagues de démocratisation. La première eut comme point de départ la France ainsi que quelques États des États-Unis dans les années 1790 et se répandit lentement jusqu'à atteindre la majorité des pays industrialisés vers 1918. Puis, encouragée par des mouvements indépendantistes dans des colonies européennes se trouvant principalement en Asie et en Afrique, une deuxième vague de démocratisation fit son apparition au XXe siècle. Toutefois, tandis que la première vague fut entravée par la montée du fascisme et du communisme, la seconde, elle, eut du mal à se réaliser suite à divers conflits internes dans les anciennes colonies[1]. Enfin, il y eut une troisième vague de démocratisation qui débuta dans les années 1970 et qui prit son envol de pays d'Europe du Sud tels que le Portugal où en 1974 la population renversa le régime dictatorial de Salazar et où, dans les mêmes années, la Grèce renversa la dictature des colonels et où l'Espagne, avec la mort de Franco, décida également d'instaurer une démocratie chez elle[2]. Cette troisième vague se propagea donc dans les années 1980-1990 notamment en Amérique latine, en Europe de l'Est ainsi qu'en Europe centrale, puis en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne[1]

Le terme démocratisation est équivoque. Il peut désigner le :

  • Démocratisation au sens économique du terme, c'est-à-dire le processus particulier de changement social, où l'accès à une chose, dont le coût très élevé rendait l’accès restreint à un faible groupe de la population, est facilité par une baisse importante des prix ou une hausse des revenus (démocratisation de l'enseignement, du sport, des loisirs, du système de soins...).

Ce dernier usage est controversé. On peut en effet considérer qu'il procède par glissement de sens, exploitant la connotation positive du terme démocratie pour donner une image favorable à des phénomènes critiquables[réf. nécessaire], en tout cas très éloignés du gouvernement du peuple. Dans beaucoup de cas, le terme "popularisation", non chargé de jugements de valeur, paraît plus neutre et plus objectif. Néanmoins, il parait légitime d'user du terme de "démocratisation" lorsqu'il s'agit de proposer des contre-modèles à des modèles dominants préexistants dont le lien avec les intentions d'ouverture égale au plus grand nombre semble rompu. À ce titre, il est important de souligner que les Grandes Écoles sont précisément dans cette démarche face au constat d'une inégalité d'accès à leurs cursus[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Democratization (DRAFT) - Oxford Reference » (DOI 10.1093/acref/9780199207800.001.0001/acref-9780199207800-e-337, consulté le 7 décembre 2017)
  2. (en) David Robertson, The Routledge Dictionary of Politics, Londres, Routledge, , 515 p. (ISBN 9781280019586), p. 139
  3. Voir site exposant ces contre-modèles : http://www.democratisation.fr/category/programmes/ecoles/

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