Leo Perutz

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Leo Perutz
Naissance
Prague, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès (à 74 ans)
Bad Ischl, Haute-Autriche, Drapeau de l'Autriche Autriche
Activité principale
écrivain
Auteur
Langue d’écriture allemand

Œuvres principales

Leo Perutz, né le à Prague, en Autriche-Hongrie, et mort le à Bad Ischl[1], est un écrivain autrichien de langue allemande du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils aîné de Benedikt Perutz, industriel prospère dans le textile, Leo Perutz est issue d'une famille d'ascendance juive-espagnole établie depuis au moins 1730 dans la ville de Rakovník. La famille, de confession juive, s'avère essentiellement laïque et peu religieuse. Leo hésite pour ses études entre les mathématiques et la littérature, pour se lancer finalement dans la première voie. Il quitte Prague à 17 ans pour étudier à Vienne. Il découvre une formule qui porte son nom, et publie un traité de jeu de bridge fondé sur le calcul des probabilités. En octobre 1907, il est employé comme actuaire par la compagnie d'assurances italienne Assicurazioni Generali, où Franz Kafka travaille aussi à la même période pendant quelques mois.

En 1914, il est blessé sur le front Est de la Première Guerre mondiale. Il est opéré, à sa demande, sans anesthésie, et jette les deux côtes qu'on lui enlève à un chien, qui n'y touche pas. De retour à Vienne, il publie son premier ouvrage, La Troisième Balle, premier roman caractéristique de son style, qui fait suivre au lecteur une poursuite inexorable dans l'Amérique du Sud en cours de colonisation par les Espagnols.

Il lit Émile Zola, Robert Louis Stevenson, Anatole France, G. Lenotre, et continue ses romans et ses voyages. Au printemps 1925, il séjourne à Tunis, Sfax et Kairouan, puis en URSS en 1926-1927.

Ses livres commencent à rencontrer quelque succès : Le Maître du Jugement dernier, publié à Munich en 1923, est traduit en français dès 1925, et Le Marquis de Bolibar paraît chez Albin Michel en 1930 ; c'est ce roman historique et fantastique qui le fait connaître au public français. Où roules-tu, petite pomme ?, qui paraît en 1928 sous la forme d'un roman-feuilleton dans les pages du Berliner Illustrierte Zeitung, est lu par 3 millions de lecteurs. En dépit de ses succès, Perutz est, à la fin des années 1920, presque ruiné. En outre, il devient veuf à la naissance de son troisième enfant, et décide de se remarier.

Reçu au Gorsedd de Bretagne à Riec-sur-Bélon en 1927, il devient membre actif du Comité de patronage d’An Oaled, une revue éditée par François Jaffrennou.

En collaboration avec Hans Adler, il signe en 1930 la pièce de théâtre Die Rese nach Preßburg (littéralement : Le Voyage à Presbourg) qui ne rencontre pas le succès espéré. En 1931, Ian Fleming, le « père » de James Bond, lui écrit son admiration. Perutz collabore aussi avec l'écrivain autrichien Paul Frank pour l'écriture de plusieurs romans et pièces de théâtre, dont Le Cosaque et le Rossignol, qui sert de base à un film tourné en 1935. Deux ans auparavant, son roman La Neige de Saint Pierre est interdit par les nazis.

En 1938, Perutz fuit Vienne et s'installe en Palestine mandataire, à Tel-Aviv, où il reprend son métier d'actuaire, sans rien publier jusqu'à 1953.

Il rédige deux lettres, adressée l'une au procureur général de la Cour d'appel de Rennes le (N°430), l'autre au général de Gaulle (N°431), de Tel-Aviv (Palestine), le , pour la défense de François Jaffrenou, emprisonné après la libération.

Mordecaï Meisel (ou Meisl ou Maisl) lui a inspiré La Nuit sous le pont de pierre (Nachts unter der steinernen Brücke - 1953), un recueil de 14 nouvelles qui se déroulent dans le Prague XVIIe siècle.

À partir de 1954, ce bon skieur revient en Autriche chaque année. C'est lors d'un de ces séjours à Bad Ischl, près de Salzbourg, qu'il meurt le .

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Comme Friedrich Dürrenmatt, Leo Perutz est passionné d'histoire, d'investigation, de justice, mais aussi de fantastique. Ses romans captivants, narrent souvent des poursuites d'individus, de preuves, de réponses ou d'absolu et reflètent toujours quelques lueurs d'optimisme.
  • Dans ses romans, Perutz parvient à entretenir le suspense jusqu'à une chute imprévue qui sème le doute dans l'esprit du lecteur quant à la réalité des évènements dont il a pris connaissance dans le corps du récit (voir notamment la conclusion de La Neige de Saint-Pierre et celle du Maître du Jugement dernier).
  • Le Pont des ombres, un opéra composé par Olivier Dejours, est inspiré de La Nuit sous le pont de pierre de Léo Perutz. La création mondiale de cet opéra a eu lieu début mars 2008 à l'Opéra du Rhin de Strasbourg.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Die dritte Kugel (1915)
    Publié en français sous le titre La Troisième Balle, traduit par Jean-Claude Capèle, PAris, Fayard, 1987 (ISBN 2-213-02092-2), réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche. Biblio » no 3128, 1989 (ISBN 2-253-05144-6) ; réédition, Paris, Zulma, coll. « Z a » no 18, 2015 (ISBN 978-2-84304-706-0)
  • Das Mangobaumwunder. Eine unglaubwürdige Geschichte (1916), écrit en collaboration avec Paul Frank
    Publié en français sous le titre Le Miracle du manguier : une histoire invraisemblable, traduit par Jean-Jacques Pollet, Paris, Albin Michel, coll. « Les Grandes Traductions », 1994 (ISBN 2-226-06922-4) ; réédition, Paris, 10/18, coll. « Domaine étranger » no 2904, 1997 (ISBN 2-264-02305-8)
  • Zwischen neun and neun (1918)
    Publié en français sous le titre Le Tour du cadran, traduit par Jean-Jacques Pollet, Paris, 10/18, coll. « Domaine étranger » no 2159, 1991 (ISBN 2-264-01609-4) ; réédition, Paris, Christian Bourgois, coll. « Titres », 2012 (ISBN 978-2-267-02337-4)
  • Der Marques de Bolibar (1920)
    Publié en français sous le titre Le Marquis de Bolibar, traduit par Odon Niox Chateau, Paris, Albin Michel, 1930 ; réédition, Verviers, Marabout, coll. « Bibliothèque Marabout » no 709, 1980 ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de Poche. Biblio » no 3236, 1995 (ISBN 2-253-93236-1)
  • Der Meister des Jüngsten Tages (1923)
    Publié en français sous le titre Le Maître du jugement dernier, traduit par Hugo Richter, Paris, Librairie-des Champs-Élysées, coll. « Le Masque fantastique » no 3, 1978 (ISBN 2-7024-0725-0) ; réédition sous le même titre dans une nouvelle traduction par Jean-Claude Capèle, Paris, Fayard, 1989 (ISBN 2-213-02306-9) ; réédition de la nouvelle traduction, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche. Biblio » no 3173, 1992 (ISBN 2-253-05966-8) ; réédition, Paris, Zulma, coll. « Z a » no 16, 2014 (ISBN 978-2-84304-708-4)
  • Turlupin (1924)
    Publié en français sous le titre Turlupin, traduit par Jean-Claude Capèle, Paris, Fayard, 1986 (ISBN 2-213-01897-9) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3150, 1991 (ISBN 2-253-05550-6) ; réédition, Paris, Stock, coll. « La Bibliothèque cosmopolite », 1998 (ISBN 2-234-0500-14)
  • Der Kosak und die Nachtigall (1927), écrit en collaboration avec Paul Frank
    Publié en français sous le titre Le Cosaque et le Rossignol, traduit par Jean-Jacques Pollet, Paris, Albin Michel, coll. « Les Grandes Traductions », 1994 (ISBN 2-226-06924-0) ; réédition, Paris, 10/18, coll. « Domaine étranger » no 2957, 1998 (ISBN 2-264-02304-X)
  • Wohin rollst du, Äpfelchen… (1928)
    Publié en français sous le titre Où roules-tu, petite pomme ?, traduit par Jean-Claude Capèle, Paris, Fayard, 1989 (ISBN 2-213-02257-7) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche. Biblio », no 3186, 1992 (ISBN 2-253-06223-5)
  • St. Petri Schnee (1933)
    Publié en français sous le titre La Neige de Saint Pierre, traduit par Jean-Claude Capèle, Paris, Fayard, 1987 (ISBN 2-213-01909-6) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche. Biblio » no 3107, 1988 (ISBN 2-253-04773-2)
  • Der schwedische Reiter (1936)
    Publié en français sous le titre Le Cavalier suédois, traduit par Frédérique Daber, Paris, Seghers, coll. « Les Fenêtres de la nuit », 1982 (ISBN 2-221-00762-X) ; réédition sous le même titre dans nouvelle traduction par Martine Keyser, Paris, Phébus, 1987 (ISBN 2-85940-088-5) ; réédition de la nouvelle traduction, Paris, 10/18, coll. « Domaine étranger » no 1964, 1988 (ISBN 2-264-01164-5) ; réédition, Paris, Phébus, coll. « Libretto » no 32, 1999 (ISBN 2-85940-597-6)
  • Der Judas des Leonardo (1959), publication posthume
    Publié en français sous le titre Le Judas de Léonard, traduit par Martine Keyser, Paris, Phébus, 1987 (ISBN 2-85940-078-8) ; réédition, Paris, 10/18, coll. « Domaine étranger » no 1965, 1988 (ISBN 2-264-01165-3) ; réédition, Paris, Phébus, coll. « Libretto » no 127, 2003 (ISBN 2-85940-885-1)

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Herr, erbarme Dich meiner (1930)
    Publié en français sous le titre Seigneur, ayez pitié de moi !, traduit par Ghislain Riccardi, Paris, Albin Michel, coll. « Les Grandes Traductions », 1988 (ISBN 2-226-03267-3) ; réédition, Paris, 10/18, coll. « Domaine étranger » no 2679, 1995 (ISBN 2-264-00126-7)
  • Nachts unter der steinernen Brücke (1953)
    Publié en français sous le titre La Nuit sous le pont de pierre, traduit par Jean-Claude Capèle, Paris, Fayard, 1987 (ISBN 2-213-02065-5) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche. Biblio » no 3138, 1990 (ISBN 2-253-05350-3)
  • Mainacht in Wien (1996), recueil posthume de fragments, de nouvelles et de textes inédits
    Publié en français sous le titre Nuit de mai à Vienne et autres récits, traduit par Jean-Jacques Pollet, Paris, Fayard, 1999 (ISBN 2-213-60138-0)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Die Reise nach Preßburg (1930), écrit en collaboration avec Hans Adler
  • Morgen ist Feiertag (1935), écrit en collaboration avec Hans Adler et Paul Frank
  • Warum glaubst Du mir nicht? (1936), écrit en collaboration avec Paul Frank

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Die Feldgerichte und das Volksgericht (1919), pamphlet politique, publié de façon anonyme, dénonçant le système judiciaire de l'armée pendant la Première Guerre mondiale
  • Das Gasthaus zur Kartätsche. Eine Geschichte aus dem alten Österreich (1920)
  • Die Geburt des Antichrist (1921)

Études[modifier | modifier le code]

  • Roland Stragliati : Avez-vous lu Perutz ?, Fiction, avril 1962. Sans doute la première étude consistante en français sur Perutz.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir partie "Biographical informations"
  2. C'est ce livre qui est cité par les critiques de la revue Fiction parmi les grands romans fantastiques du XXe siècle

Liens externes[modifier | modifier le code]