Alfons Mucha

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Alfons Mucha

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Alfons Maria Mucha (Chicago, 1906)

Naissance
Ivančice
Décès (à 78 ans)
Prague
Nationalité Drapeau : Tchécoslovaquie Tchèque
Activités Peinture affichiste
Mouvement artistique Art nouveau

Œuvres réputées

Le Pater
Affiche publicitaire F. Champenois Imprimeur-Éditeur (1897).

Alfons Maria Mucha, est un affichiste et un peintre tchèque né à Ivančice (ville de Moravie qui faisait alors partie de l'Empire d'Autriche, aujourd'hui sise en République tchèque) le et mort à Prague le , fer-de-lance du style Art nouveau.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Affiche publicitaire pour le Salon des Cent de 1901.

Deuxième enfant d'Ondřej Mucha, huissier de justice, son aptitude au chant lui permet de poursuivre son éducation dans la capitale morave, Brno. Très peu de ses dessins de jeunesse ont été conservés. Parmi ceux-ci, se trouve Ukřižování (La Crucifixion), dessiné à l'âge de huit ans. À l'occasion d'un voyage, il rencontre le dernier représentant de la peinture sacrale baroque, le vieux maître Umlauf, dont les fresques que l'on pouvait voir dans l'église d'Usti et surtout dans l'église Saint-Ignace de Prague ont profondément marqué Mucha. Après avoir réalisé quelques travaux décoratifs en Moravie (essentiellement des décors de théâtre), il émigre en 1879 à Vienne afin de travailler pour la plus grande entreprise de décors de théâtre de la ville, tout en continuant sa formation artistique au cours de laquelle il fut l'élève de Hans Makart. Il revient en Moravie en 1881, après la destruction de l'entreprise par un incendie, et réalise des décorations et des portraits en indépendant. Le comte Karl Khuen-Belasi (le plus gros propriétaire de la région), l'ayant recruté pour décorer les murs du château d'Emmahof[1], est tellement impressionné qu'il finance les études de Mucha à Munich chez les professeurs Herterich et Lofftz. Après le château d'Emmahof, Mucha travaille pour Egon Khuen-Belasi, frère du comte Karl, à la décoration du château de Candegg situé dans les Dolomites[1].

La vie parisienne[modifier | modifier le code]

L'essor parisien[modifier | modifier le code]

Affiche de Mucha représentant Maude Adams dans le rôle de Jeanne d'Arc, dans La Pucelle d'Orléans de Schiller, en 1909.

Mucha se rend ensuite à Paris en 1887 pour continuer ses études au sein de l'Académie Julian et de l'Académie Colarossi, tout en produisant une revue, en réalisant des affiches publicitaires et en illustrant des livres, des catalogues ou des calendriers. « Pour un graphiste habile, il n'était pas trop difficile à s'employer dans un Paris à l'activité commerciale stimulée par une nouvelle Exposition Universelle - celle de 1889 »[2]. Les qualités techniques et artistiques de Mucha finissent par être reconnues et il est embauché par la première grande maison d'édition parisienne Armand Colin[3]. Seul artiste disponible en décembre 1894, il réalise l'affiche publicitaire de Gismonda, la pièce jouée par Sarah Bernhardt au Théâtre de la Renaissance où il est engagé pour six ans. Son style délié lui vaut une certaine notoriété. Il réalise notamment Lorenzaccio, La Dame aux camélias (1896), Hamlet et Médée (1898). En 1896, il participe à l'Exposition du Cirque de Reims et réalise l'affiche du Salon des Cent qui se tient à Paris.

En 1901, Mucha conçoit la bijouterie Fouquet au 6 de la rue Royale (la boutique fut démontée en 1923 et est aujourd'hui présentée reconstituée au musée Carnavalet).

Chez la mère Charlotte[modifier | modifier le code]

Peu après son arrivée à Paris, conseillé par son camarade de l'Académie Colarossi, Wladyslaw Slewinski, Mucha s'installe au-dessus d'un petit restaurant (on disait une « crèmerie ») situé rue de la Grande-Chaumière[réf. souhaitée], à côté de l'académie. Avec Slewinski, Mucha décore la façade de ce petit restaurant alors tenu par une certaine Charlotte Caron. Cette décoration subsista plusieurs années, mais est aujourd'hui disparue[3].

Les modèles de Mucha[modifier | modifier le code]

Dès ses débuts à Paris, Mucha photographie ses modèles. Il se constitue ainsi un important catalogue qu'il utilise ensuite pour réaliser ses illustrations. Ce travail sur photo explique la ressemblance de certains de ses dessins bien qu'ils aient été réalisés à plusieurs années d'intervalle. Son catalogue photographique constitue par ailleurs un intéressant témoignage sur les femmes de son époque[4].

On suppose que Cléo de Mérode fut son inspiratrice pour le buste en bronze "la Nature" exposé au nouveau musée Fin-de-Siècle à Bruxelles.

Par économie, plutôt que de faire appel à des modèles professionnels, Mucha préfère faire appel à ses camarades. Paul Gauguin et František Kupka lui servent ainsi de modèle[5].

Le passage aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Après son mariage avec Maruska Chytilova, Mucha se rend aux États-Unis de 1906 à 1910. Il y travaille aux académies de New York, Chicago et Philadelphie. Accueilli a bras ouverts il ne trouvera pas la réception espérée à sa peinture, considérée comme trop proche du modèle. Mucha n’enjolive pas ou peu, et les merveilleux drapés qui faisaient son succès au cours de sa période parisienne, n’ont plus d’impact une fois retranscrits à l’huile sur la toile.

Il se tournera à nouveau vers l’affiche et l’illustration pour reconstituer ses fonds dépensés rapidement pour financer son installation aux États-Unis, mais aussi perdus à "aider" financièrement certains "amis" dans le besoin. Il réalisera aussi la décoration du théâtre germanique de New York (aujourd’hui disparu).

C’est sur sa proposition que le Comité des Slaves fut créé à New York.

L’idée qui le taraude depuis des années de réaliser vingt toiles monumentales pour illustrer l’histoire et l’essor des Slaves depuis les festivités de la Saint Guy à Rujana jusqu’à la libération du peuple slave, va peu à peu prendre corps.

Après une période de négociations et de présentation du projet, l’homme d'affaires fortuné américain Charles R. Crane met à sa disposition les fonds nécessaires a leur exécution, et Mucha, à son retour en Bohême réalise en dix ans ce qu’il considérait comme son œuvre majeure, L'Épopée slave.

Le retour aux sources[modifier | modifier le code]

Détail du Vitrail Mucha dans la Cathédrale Saint-Guy de Prague.

Charles Crane, un riche industriel rencontré à Chicago, qui lui permet de revenir en Bohême et de s'établir à Prague. Outre la réalisation de l'Épopée, il décore le Théâtre national, la Maison municipale ainsi que d'autres monuments de la ville. Lorsque la Tchécoslovaquie obtient son indépendance après la Première Guerre mondiale, il conçoit les nouveaux timbres-poste (dont la première émission du Château de Prague), billets de banque et autres documents officiels pour la nouvelle nation.

Il meurt à Prague le 14 juillet 1939 d'une pneumonie à l'âge de 78 ans, quelques jours après avoir été interrogé par la Gestapo qui s'intéresse à lui du fait de son appartenance à la franc-maçonnerie. Son corps est jeté à la fosse commune. Une plaque commémorative lui est dédiée au cimetière des Grands Hommes de Prague.

À l'époque de sa mort, son style était déjà considéré comme dépassé, mais l'intérêt pour cet art est réapparu dans les années 1960 et continue périodiquement à inspirer et à influencer les illustrateurs contemporains. Son fils Jiří Mucha, un auteur qui a beaucoup écrit sur son père, a souvent attiré l'attention sur son travail.

Une loge maçonnique francophone, à Prague, porte son nom.

Mucha en quelques dates[modifier | modifier le code]

Portrait charge d'Alfons Mucha par David Ossipovitch Widhopff paru dans La Plume en 1897.
  • 1860 : Le 24 juillet, Alphonse Maria Mucha naît à Ivancice, dans le sud de la Moravie. Son père, Ondrej Mucha, est huissier au tribunal.
  • 1871 : Mucha obtient une place dans une chorale de l'église Saint-Pierre de Brno, capitale de la Moravie.
  • 1875 : Il revient dans sa ville natale où son père lui trouve un emploi de greffier au tribunal.
  • 1878 : Mucha pose sa candidature pour entrer à l'Académie des Beaux-Arts de Prague. Sa demande est rejetée avec la recommandation : « Choisissez une autre profession où vous serez plus utile. »
  • 1879 : il part à Vienne pour travailler comme peintre de décors pour l'entreprise Kautsky-Brioschi-Burghardt.
  • 1881 : Il quitte Vienne lorsque le Ringtheater, le meilleur client de son employeur, brûle dans un incendie où 500 personnes trouvent la mort. Mucha, en sa qualité de plus jeune employé, est congédié. Il se rend à Mikulov où il gagne sa vie comme portraitiste. Il rencontre le comte Khuen Belasi qui lui passe une commande pour la décoration de son château à Emmahof.
  • 1883 : Il s'installe au château de Gandegg dans le Tyrol, où le frère du comte Khuen, un artiste amateur, devient le mécène de Mucha.
  • 1885 : Il commence ses études à l'Académie de Munich, parrainé par le frère du comte Khuen.
  • 1887 : Il s'installe à Paris pour étudier à l'Académie Julian, toujours parrainé par le comte.
  • 1888 : Il quitte l'Académie Julian et devient étudiant à l'Académie Colarossi.
  • 1889 : Le parrainage du comte prend fin. Il quitte l'Académie Colarossi et cherche du travail comme illustrateur.
  • 1890 : Il s'installe dans le studio au-dessus de la crèmerie de Madame Charlotte dans la rue de la Grande Chaumière. Il commence à illustrer un magazine de théâtre, dans lequel paraît son premier dessin de Sarah Bernhardt en Cléopâtre.
  • 1900 : Il reçoit la médaille d'argent à l'exposition universelle, il est également fait chevalier de la Légion d'honneur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Gismonda, 1894, lithographie en couleurs, 74,2 × 216 cm
  • Zodiaque, 1896, lithographie en couleurs, 48,2 × 65,7 cm
  • Série de lithographies en couleurs intitulée Les Saisons, 1896, 14,5 × 28 cm
  • Le Fruit, 1897, lithographie en couleurs, 44,4 × 66,2 cm
  • La Fleur, 1897, lithographie en couleurs, 44,4 × 66,2 cm
  • Rêverie, 1897, lithographie en couleurs, 55,2 × 72,7 cm
  • Série de lithographies en couleurs intitulée Les Arts, 1898 : la Danse, la Peinture, la Poésie et la Musique, 38 × 60 cm
  • Série de lithographies en couleurs intitulée Les Fleurs, 1898 : la Rose, l'Iris, l'Œillet et le Lys, 43,3 × 103,5 cm
  • La Nature, 1899
  • Série de lithographies en couleurs intitulée Les Heures du jour, 1899 : Éveil du matin, Éclat du jour, Rêverie du soir et Repos de la nuit, 39 × 107,7 cm
  • Série de lithographies en couleurs intitulée Les Pierres Précieuses, 1900 : La Topaze, Le Rubis, L'Améthyste et L'Émeraude, 30 × 67,2 cm
  • Illustre Clio d'Anatole France, Calmann-Levy, 1900.
  • Gismonda, La Dame aux camélias et Amieux-Frères publiées dans Les Maîtres de l'affiche (1895-1900).
  • Série de cartes postales artistiques pour la collection des cent, 1901-1903.
  • Le Lierre, 1901, lithographie en couleurs, 39,5 × 53 cm
  • Le Laurier, 1901, lithographie en couleurs, 39,5 × 53 cm
  • Bruyère des falaises, 1902, lithographie en couleurs, 35 × 74 cm
  • Chardon des sables, 1902, lithographie en couleurs, 35 × 74 cm
  • L'Apothéose des Slaves, 1926

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]