Pont Charles

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Pont Charles
Pont Charles depuis la rive ouest.
Pont Charles depuis la rive ouest.
Géographie
Pays Drapeau de la Tchéquie Tchéquie
Commune Prague
Coordonnées géographiques 50° 05′ 11″ N, 14° 24′ 42″ E
Fonction
Franchit Vltava
Fonction relier Malá Strana et
la Vieille Ville
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 515,76 m
Largeur 10 m
Matériau(x) Pierre
Construction
Construction 1357 - 1380
Architecte(s) Oto, Peter Parler

Le pont Charles (en tchèque : Karlův most Écouter) est un pont qui relie la Vieille Ville de Prague (Staré Město en tchèque) au quartier de Malá Strana, au pied du château de Prague. Sa construction remonte au XIVe siècle. Il doit son nom à Charles IV, empereur du Saint-Empire, qui laisse dans la ville une empreinte considérable.

Il s'agit du plus ancien et du plus célèbre pont de Prague. Ainsi dénommé depuis 1870 et la Renaissance nationale tchèque, il s'agit du deuxième plus vieux pont du pays, construit en remplacement d'un premier pont de pierre, le pont Judith, emporté par la fonte des glaces en 1342. Il fut par ailleurs jusqu'en 1841 le seul pont de la ville. Connu pour son architecture médiévale et sa nombreuse statuaire, il voit le passage quotidien de près de 30 000 touristes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tour gothique, côté Staré Město.

La construction du pont a été décidée après l'inondation de 1342 durant laquelle le pont Judith datant de 1170 a été emporté lors de la fonte des glaces[1]. Une longue tradition attribue la construction de ce pont à l'architecte Peter Parler. Il s'avère cependant que le véritable concepteur du pont était un certain « Maître Otto », ou « Otlin ». Peter Parler n'aurait qu'achevé la construction du pont, à partir des années 1360[2].

La pose de la première pierre a eu lieu en 1357, selon les chroniqueurs. On ignore le jour précis. Le philosophe et astronome tchèque Zdeněk Horský (de) a proposé le à 5 heures et 31 minutes, pour des raisons liées à l'astrologie. Cette date palindrome (1357-9-7 5:31, qui se lit aussi bien de droite à gauche que de gauche à droite) avait été jugée propice par l'astrologue de la cour de Charles IV, étant établi en outre que ce jour-là eut lieu une conjonction exacte du Soleil et de Saturne, le Soleil cachant même la planète. L'empereur, féru de mysticisme, espérait que l'ouvrage résistât aux assauts du temps et du fleuve. D'autres proposent le , pour la saint Vít.

Il est achevé en 1402[3].

Chaque extrémité du pont est protégée par une tour. Du côté de la Vieille Ville, la tour gothique date ainsi du XIVe siècle. Les historiens supposent qu'à l'origine le pont était plus long d'un pilier à chaque extrémité. Les tours n'étaient donc pas aux extrémités[4].

Le pont Charles a inspiré tout un recueil de fables, comme celle qui raconte que des tonnes d'œufs ont été rapportés des villages alentour pour servir de liant au mortier[2].

Il s'agit du plus ancien pont de Prague (le seul jusqu'en 1841) et le second de tout le pays[1].

Tout d'abord dénommé « pont de pierre » puis « pont de Prague », il prend son nom actuel à partir de 1870[3].

Symbole de la ville, il attire chaque jour 30 000 touristes environ[1].

Statues[modifier | modifier le code]

Statue de Jean Népomucène sur le pont.

Au cours des XVIIe siècle et XXe siècle, diverses institutions praguoises, ordres religieux ou particuliers font réaliser trente statues en vis-à-vis[5] sur toute la longueur du pont. Aujourd'hui certaines sont remplacées par des copies reconnaissables à leur teinte plus claire, les originaux étant conservés au musée national.

L'une d'entre elles, la plus ancienne (datant de 1683), représente le saint Jean Népomucène. Créée et mise en place à la demande des jésuites, elle célèbre le futur saint Jean Népomucène (il n'est béatifié qu'en 1721 et canonisé qu'en 1729). Ce dernier, prêtre à Prague sous le règne de Venceslas IV, fut jeté, par ordre du roi, par-dessus le pont en 1393[5]. D'après des récits du XVIIIe siècle, le roi jaloux n'acceptait pas que Jean Népomucène ne lui répète pas ce que la reine Jeanne lui avait confessé[6]. Une fois décédé, une auréole serait apparue au-dessus de l'eau. Les sources contemporaines mentionnent plutôt qu'à l'occasion d'un conflit entre l'archevêque et le roi, un des assistants de l'archevêque Jean de Pomuk est torturé à mort et que son corps est jeté du pont[6].

Aujourd'hui, sa statue est surmontée d'un halo doré et accompagnée, à quelques mètres de distance, d'une croix en or marquant le lieu du crime. Les touristes aiment toucher, sur le piédestal, la silhouette du chien de la famille royale (signe de fidélité) et celle de la reine, qui apporterait le bonheur.

Entre 1683 et 1714, sur le modèle du pont Saint-Ange de Rome, chaque pilier est surmonté d'une statue ou d'un groupe sculptural qui évoque l'histoire religieuse de la ville ou du pays. Les statues sont l'œuvre des sculpteurs baroques Jan Brokoff et de son fils Ferdinand Maxmilián Brokoff, Matthias Bernhard Braun ainsi que d'autres artistes.

Vue panoramique du pont Charles (en hiver).

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Pièce de 50 couronnes tchèques représentant le pont Charles.

Numismatique[modifier | modifier le code]

Le pont Charles est représenté sur la pièce de 50 couronnes tchèques depuis 1993.

Animation[modifier | modifier le code]

Dans la série d'animation Dragons et Princesses de Michel Ocelot, le pont Charles est au centre de l'intrigue de l'épisode Le Pont du petit cordonnier, où le jeune héros rêve qu'un trésor est caché sous la septième statue du pont.

Galeries[modifier | modifier le code]

Photographies des statues[modifier | modifier le code]

Côté sud, en allant de la Vieille Ville vers Malá Strana :

Côté nord, en allant de la Vieille Ville vers Malá Strana :

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Guillaume Narguet, « Le « Pont du cerf » à Písek et le Pont Charles, les deux plus vieux ponts tchèques existants (3e partie) », sur Radio Prague (consulté le ).
  2. a et b « Histoire du pont Charles », sur Radio Prague International, (consulté le )
  3. a et b « Pont Charles (Karlův most) », sur prague.eu (consulté le )
  4. Lidové noviny, .
  5. a et b Nombre et localisation des statues du pont Charles sur le site de Radio Prague, consulté le 15 décembre 2012
  6. a et b « JEAN NÉPOMUCÈNE saint (1330 env.-env. 1393) », sur universalis.fr (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]